L'AIR
» Revenons à notre dent à la période d'activité et soit F la résultante des efforts qu’elle subit et qui assure la nutrition normale de son périoste (fig. 18).
» Faisons agir simultanément sur cette dent la force P, le point d'application J de celte force peut être transporté sur un point quelconque de sa direction sans changer l'état d'équilibre, puisque nous supposons le raisonnement fait pendant une période de temps très court sur un organe qui se déplace très lentement, la force P est alors représentée par la force OP,. Cette dent devient donc sollicitée par: deux forces P, et F qui ont leur point d'application en O, les efforts qu’elle supporte ne sont donc plus dirigés, ni suivant son axe, ni suivant OP, mais bien suivant OR, diagonale du parallélogramme des forces construit sur OP, et OF. Résultante en grandeur et en direction des forces P et F.
» La nouvelle force OR agit dans le sens du déplacement que produirait P toute seule, mais sa direction est voisine de celle de F, condition de nutrilion normale, nous avons donc
Fic. 18.
maintenant à rechercher un appareil qui nous permette d'appliquer la force P en même temps que F, tel que R ne
dépasse pas les limites de nutrition normale du périodonte,
» Maintenant, y a-t-il avantage à ce que cette force P soit continue ou discontinue ?
» Quand une dent est déplacée, il se fait des modifications dans le maxillaire qui sont, d'après les auteurs, de l'ostéite raréfiante d'un côté et condensante de l’autre, de telle sorte que la dent conserve ses moyens de rétention et de soutien.
» Est-ce bien là l'expression de la vérité? Nous ne le pensons pas, Car si les choses se passaient exactement ainsi, les dentsse déplaceraient sans apporter les modifications que l'on constate dans les maxillaires.
» C'est-à-dire qu'un éperon constitué par le procès alvéolaire devrait persister derrière la dent qui se déplace et la paroi peu épaisse du procès alvéolaire placée devant serait bientôt sectionnée tandis qu'il n’en est rien.
» Cliniquement, les procès alvéolaires suivent la dent et nous croyons que si l'ostéile joue un rôle dans le déplacement des dents, elle est peu importante à cette période.
C'est le déplacement en bloc des procès alvéolaires qui a le rôle prépondérant, nous ajouterons d'ailleurs que s'il en était autrement, il faudrait admettre la formation et la résorption de l'os dans d’autres régions que celles qui sont en rapport” avec le périoste alvéolo-dentaire; en effet, considérons une dent dans son alvéole, soit a b c, avec son périoste alvéolodentaire et le maxillaire m ben qui la contient, b metcn étant Les périostes sous-muqueux (fig. 20).
» Cette force va se déplacer lentement sous cette influence, mais supposons un instant qu'elle ne se déplace pas, l’alvéole lui faisant équilibre, comme fout à l'heure, nous pourrions opposer des forces égaleset contraires aux forces p, p'(fig. 19).
» Dans la réalité, l’alvéole lui fait bien équilibre, en effet, mais il subit l'influence de cette force P, se déforme et per-
met, par une modification lente, Ie mouvement de la racine,
» Comme ce déplacement est très lent et que nous pouvons envisager le phénomène pendant un temps très court, tout se passera comme si la dent restait en équilibre et fixe.
» Avant d'aller plus loin, nous devons envisager l'influence de cette force sur l'état physiologique du périodonte.
» Près du collet J et près de l’apex a, sous l'influence des forces p et p', le périoste alvéolo-dentaire se trouvecomprimé, d'où compressions nerveuses et vasculaires (fig. 17 et 19).
» Au contraire, les régions diamétralement opposées à ces zones 1, Zi ischémiées se trouvent deux zones n, n° où le périodonte est relâché et ne subit aucun effort (fig. 19).
» Conséquemment, entre ces deux zones s’en trouve une
autre z z' virluelle; ni comprimée ni relâchée. Bien que ces
zones ne se trouvent pas dans la réalité aussi démarquées que l'indique le schéma, il ne s'en trouve pas moins exact que le périodonte se trouve divisé en cinq zones dépendantes les unes des autres qui, par le fait de l'application de la force P, se trouvent profondément modifiées quant à leur vascularisation et à leur innervation.
» Nous laissons de côté l'action douloureuse du moyen d'allache sur les gencives ainsi que les foyers d'infection qui
se produisent à leur niveau, nous attirerons seulement votre
attention sur les conditions favorables dans lesquelles se trouve mis le périodonte pour s'infecter ; sa nutrition forcément défectueuse ne le met-elle pas à la merci des microbes qui pullulent au niveau des moyens d'attache ?
» Déplaçons cette dent et faisons-lui occuper la position tout arbitraire en pointillé a’ b'c', la base de l'os m n, n’a pas changé et la dent reste toujours avec les mêmes procès alvéolaires qui l’engainent comme un manchon; cliniquement, il est impossible de dire qu'ils ne soient pas sembla-
bles à ce qu'ils étaient avant le déplacement (fig. 20).
Fic. 20.
» D'après les idées ayant cours, il se serait fait en ce de l'ostéite raréfiante et en b de l’ostéite condensante; mais alors comment se fait il qu'on ait gardé toujours la même épaisseur ?
» Nous sommes obligé alors d'admettre qu'il s'est fait simultanément de l’ostéite condensante au niveau du périoste sous-muqueux € n de l'os, de façon à satisfaire à la raréfaction qui se produit du côté de la surface alvéolaire, puisqu'elle conserve son procès intact, sans quoi ce dernier serait usé et échancré jusqu'au point où la région c h’ d s'était
résorbée,
» Au contraire, le périoste sous-muqueux m b de l'os doit faire de l'ostéite raréfiante à mesure que l’ostéite condensante fabriquée par le périodonte b, a rempli le vide laissé par la dent qui s'éloigne, sans quoi le point b ne bougerait pas et la zone b h b’ serait pleine d'os nouveau et créerait un éperon derrière la dent, ce qui ne se rencontre pas.
» D'autre part, commeut se fait-il que lorsqu'on écarte une dent, soit avec du coton, soit avec du caoutchouc, il faille si longtemps, huit à quinze jours souvent à cause de la douleur, et qu'en moins de quarante-huit heures, sans aucune traction, la dent ait repris sa place? Pourquoi et comment se fait-il qu'un redressement fait en plusieurs mois ne soit pas définitif?
» Evidemment, il y a paradoxe entre les faits et la théorie; il faudrait admettre pour ces relours en arrière que la dent fasse de nouveau en sens inverse, spontanément, de l'ostéite raréfiante et condensante.
» Nous pensons que la mobilisation des dents dans les maxillaires, puisque ces derniers suivent loujours la dent dans ses translations, est due à l’élasticité de ces os, qualités qu'ils tirent de leur architecture ».
Si on admet la théorie établissant que la dentition temporaire et les organes permanents qui vont les remplacer occupent sur le maxillaire la même place, que bien souvent même la somme métrique des organes temporaires est bien supérieure à la somme des organes permanents évoluant sur la même portion de maxillaire, on ne doit nullement compter sur un agrandissement spontané pour la régularisation ultérieure des dents.
Nous devons, par lous les moyens, agir sur les ‘dents de lait et les mettre en élal d'occuper leur place normale sur
un maxillaire qu'on dilatera, s'il est besoin, afin que lors de
Mort
l'éruption des dents adulles, il offre une surface suffisante, pour leur insertion dans de bonnes conditions d'antagonisme.
Il faut agir au moment où le tissu osseux des alvéoles n'a pas acquis la densité qu'il aura plus tard et cela facilite singulièrement le travail. l
Le traitement sera d'autant plus rapide que le sujet sera plus jeune à cause de la moindre densité des alvéoles. Le but qu'on se propose avec tous les appareils était, d'après les classiques : premièrement d'amener par la pression la résorption de la partie osseuse contre laquelle passe la dent; deuxièmement de favoriser la formation du tissu osseux du côté opposé de façon à avoir un nouvel alvéole qui maintienne la dent dans la position qu'on lui a donnée. En fait, on repousse, en dilatant les maxillaires, toute la masse alvéolaire avec son contenu, car il n’est pas douteux que tous tous les appareils font indirectement de la dilatation, quelle que soit la méthode employée. Les recherches de Robin ont éclairei la question et on s'explique encore mieux pourquoi il est utile que les sujets présentent par leur jeune âge une certaine malléabilité de leur tissu osseux. On pourra, toutefois, obtenir des résultats chez des adultes jusqu'à 35 ans, mais ce travail est lent et pénible. On tiendra compte de l'intelligence et de la volonté du sujet, on lui fera apprécier les bénéfices de l’orthodontie.
Le D' Pitch est partisan d'attendre que le sujet ait 12 ans, c'est-à-dire que toutes les dents, sauf les dents de sagesse, aient effectué leur complète éruption.
Pierre Robin n'hésite pas à intervenir sur des maxillaires d'enfants de 7 ans et il obtient de superbes résultats ; on commencera le traitement à cet âge seulement, dans les cas
simples, lorsqu'il s'agit de rélroversion ou d'antéversion d'in-