‹ Étude de la Noblesse d'Empire: CrééeChapitre 20 sur 39 · PRE · texte numérisé non relu

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armoiries et livrées, en remplacement de celles que les Lois ne leur permettaient plus de porter.

Mais, par application du statut de 1808, cette collation ne pourra avoir lieu qu’autant que les titres nouveaux seront accompagnés d’un majorat de propre mouvement ou composé de biens patrimoniaux, majorats dont la dévolution héréditaire sera en tout identique à celle des majorais français.

Le sort des soldats de l'Empereur et des nobles qu'il avait faits, après 1815, fut des plus misérables. Réduits par la loi qui les mettait en demi-solde, privés de leurs majorats, les conditions matérielles de l'existence furent souvent très dures pour eux et leur famille, tandis qu’à la tête des régiments, le gouvernement plaçait de nouveaux officiers, qui n'avaient servi qu’à l’armée des émigrés, contre la France, ou en Verdée, où l'insurrection frappait dans le dos la Patrie occupée à se défendre à la frontière. L

Des traditions de famille rapportent l’éclat de rire qui s'éleva quand apparurent à la tête des régiments les nouveaux officiers, aux cheveux poudrés, aux ailes de pigeon, aux petites épées pendant : « que nos braves officiers, illustrés par tant de victoires, furent renvoyés honteusement ». 108

Je puis citer la misère de la famille de l’un des nobles dont les lettres-patentes sont rappelées. Cette misère était telle, que les six enfants avaient à peine des vêtements et ne sortaient pas le dimanche, faute de pouvoir s'habiller décemment. Ces enfants, aussitôt qu'ils le purent, devinrent soldats.

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