LES NOMS
« Nomen, numen. »
(Ancienne devise héraldique.)
Les nobles de l'Empire reviennent à l’ancien usage, qui avait longtemps prévalu dans la monarchie française. Ils ne portent pas le nom de leur fief ou de leur majorat, sauf quelques exceptions. Ils se bornent à faire précéder leur nom patronymique du nouveau titre. Exemple : « Le comte Duchatel; le général Joseph G...., baron de l’Empire; le Maire de la ville d'Orléans, Chevalier de l'Empire...»
On peut rapprocher le système français des nobles de Napoléon Ier du système romain. À leur agnomen, les romains ajoutaient un cognomen. Et pour les généraux victorieux ce cognomen était tiré de leur victoire ou du nom du peuple qu'ils avaient réduits. Britannicus signifie le vainqueur des Bretons; Alemanicus, le vainqueur des Allemands.
On se rappelle la constitution de l'Empereur Justinien où il exagère quelque peu le nombre de ses cognomina.
Il en fut de même pour les nobles de Napoléon, et le titre qu'ils portaient est une sorte d’adjectif ajouté à leur
titre honorifique. Que veut dire duc de Montebello? C'est le général d'armée, le duc qui a été vainqueur à Montebello, et si l’on est obligé d'employer cette expression, duc de Montebello, c’est faute d’un adjectif qui le remplace en français. Le duc d’Auërstaedt est le général vainqueur à Auërstaedt, le duc de Valmy est le vainqueur à Valmy.
Le prince de Wagram, le prince de la Moskowa, sont ceux qui contribuèrent aux victoires de ce nom.
Dans d’autres pays : Souvaroff, vainqueur en Italie, por-tait le titre d’Italinski, ou prince d'Italie alors qu'il ne possédait rien dans Ce pays. Au xixe siècle Nicolas Mourawieff s'empare de la citadelle de Kars, dans le Caucase : il reçoit le titre de prince Karski qui rappelle sa victoire.
Il faut remarquer cependant que les nouveaux nobles prirent quelquefois le nom de leur majorat. Cela eut lieu rarement et on peut les citer :
M. Dizez, sénateur, devint comte d’Arène; M. Curée, sénateur, comte de la Bedissière; le général de division Dumonceau, comte de Bergendal; M. Sezeur. procureur près la Cour impériale d'Orléans, chevalier de Boismandé ; M. Foucher, général de division, baron de Careil; M. Lacuée, ministre, comte de Gessac; Monseigneur Fournier, évèque de Montpellier, prit le titre de baron de la Contamine; M. Simon, adjudant-commandant, devint baron de la Mortière; le genéral de division Drouet, comte d’Erlon; le sénateur Latour-Maubourg, comte de Fay, et le général! du même nom, baron de Fay ; M. Nougarède, conseiiler à vie de l’Université, fut baron de Fayet; le sénateur Lecouteulx- Canteleu, comte de Grenelle; le préfet Régnier, fils du grand-Juge, ministre de la Justice, comte de Gronau; le sénateur Emery, comte de Grosyeult; le sénateur Delvé, comte d’Imstenraed; le général de division Chambarlhac, baron de Laubépain; le général Bagest-Becker,
baron de Mons; le sénateur Vernier.comte de Montorient,; le général de division Villatte, baron d'Outremont; le général Gazan fut comte de la Peyrière; le général Rivaud, baron da la Raffinière; l’écuyer de l'Empereur Fouler, comte de Relingue; le sénateur Porchet, comte de Richebouig; le sénateur Beurnonville, comte de Riel; le sénateur Le Brun, comte de Rochemont; le conseiller d’État . Quinette, baron de Rochemont, du nom de son majorat situé dans l'Aisne; l’évêque de Vannes Bausset, baron de Roquefort; l’écuyer de Napoléon, M. Vathier, comte de Saint-Alphonse; le général l’ouzet, baron de Saint-Charles; le général de division Belon-Lapise, comte de Sainte- Hélène; le général Le Blond, comte de Sainte-Hélène; l’ancien maire de Marseille, M. Anthoine, baron de Saint- Joseph; M. Bonardy, comte de Saint-Sulpice: le sénateur Lacroix, comte de Saint-Vallier ; M. Collin, ministre du Commerce et des Manufactures, comte de Sussy; M. Journu- Aubert, sénateur, prit le titre de comte de Tustal; le général de division Vandamme devint comte d'Unsebourg et M. Tiburne, sénateur, comte de Valence.
Le sénateur Monge prit le titre de comte de Péluse, non pas de son majorat, mais en souvenir de l'expédition d'Egypte.