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LES ARMOIRIES

La nouvelle noblesse, comme l’ancienne, eut ses armoiries et ces armoiries lui furent conférées en même temps que les lettres-patentes créant les nouveaux nobles, ne laissant pas à ces derniers les facultés qui appartenaient à l’ancienne. L'esprit organisateur de l’Empire se révélait même dans cette matière. Les armoiries impériales par elle-mêmes indiquaient le rang des familles, la dignité dont était revêtu l’aîné de chacune d'elles. Une partie des armoiries, soit le chef, soit un franc quartier, soit une pièce quelconque révélait la vassalité des nouveaux nobles relevant directement de l'Empereur.

Les princes de l’Empire, les grands dignitaires portaient le chef d’azur', semé d’abeilles d’or. Tous les dues, le chef de gueules semé d'étoiles d'argent.

Les comtes et les barons portaient tous un franc quartier, variant selon l’origine du premier titulaire. Par exemple, les comtes sénateurs portaient le franc quartier à dextre, d'azur à un miroir d’or en pal dans lequel se mire un serpent tortillé autour du manche. Les comtes archevêques, le franc quartier à dextre d’azur, à la croix pattée d’or ; les comtes militaires, le franc quartier à dextre d'azur à l’épée haute en pal d’argent, moutée d’or ; les barons

évêques. le franc quartier à senestre, de gueules, à la croix alaisée d’or ; les barons propriétaires, le franc quartier à senestre d’or, de gueules à l’épi d'argent ; les conseillers d'Etat, le franc quartier à dextre, échiqueté d'azur et d’or ; les barons tirés de l’armée, le franc quartier à senestre de gueules à l'épée haute en pal d'argent; les barons, maires des bonnes villes, le franc quartier à dextre de gueule à :a muraille d'argent ajourée et maçonnée de sable.

Les chevaliers de l’Empire portaient tous une croix de la Légion d'honneur sur une pièce honorable de l’écusson.

Pareillement des signes et des francs quartiers étaient imposés aux bonnes villes de l'Empire.

Tous les autres dignitaires ou fonctionnaires de l'Etat portaient une indication de leur vassalité.

La Chancellerie affectait d’ailleurs de suivre les anciens systèmes de la science du blason. Elle respectait les armoiries des anciens nobles pourvus d'un nouveau titre, tout en y ajoutant une modification. ;

Comme autrefois, elle donnait des armoiries qui rappelaient le nom patronymique et l’on peut citer un comte de l’Empire qui voyait figurer dans ses armoiries un sanglier, en raison de sou nom de famille.

Les couronnes, cimiers, heaumes, qui surmontaient les armoiries de l’ancienne noblesse furent supprimés. La Chancellerie impériale inventa tout un système de coiffures ou toques qui surmontèrent les armoiries, ainsi que cela se voit encore sur certaines pièces ou sur certains monuments. Toutes ces coiffures étaient indistinctement de velours noir. Ce qui différenciait était la garniture. Elle était de vair, de contre-vair, de sinople, etc., selon le grade dans la hiérarchie de la noblesse impériale, et aussi le nombre de plumes dont étaient décorées ces coiffures.

Les princes, grands dignitaires, portaient la toque de velours noir, retroussée de vair, avec porte-aigrette d’or, surmoutée de sept plumes. Les-ducs ne se distinguaient que par la toque retroussée d’hermine, au lieu de vair. Les comtes avaient la toque de velours noir retroussée de contre-hermine avec porte-aigrette d’or et d'argent, surmontée de cinq plumes. Les barons retroussaient la toque de contre vair, avec porte-aigrette en argent et trois plumes. Les chevaliers portaient la toque de velours noir, retroussée de sinople. surmontée d’une aigrette blanche ou d'argent.

Sous l’Empire, on ajouta des lambrequins aux toques qui remplaçaient les couronnes, et par une erreur qu’il est impossible de s'expliquer, on viola les règles du blason en les composant de métal sur métal.

Evidemment cette erreur de la Chancellerie impériale n’était pas une dérogation « à Enquerre », destinée à attirer l’attention et à rappeler un fait glorieux, comme cela avait eu lieu autrefois, puisque cette dérogation était générale.

Les princes grands dignitaires et les ducs portaient six lambrequins d’or; les comtes ornaient leur toque de quatre lambrequins, les deux premiers supérieurs en or, les deux inférieurs en argent. Les barons avaient deux lambrequins en argent. Les chevaliers n’en avaient pas.

En 1815, tous les nobles de l’Empire et les villes conservèrent leurs armoiries, mais pour se confondré avec la noblesse royale, par vanité mal comprise, par flatterie pour le nouveau régime, ils supprimèrent les chefs et les francs quartiers.

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