CHAPITRE III
Transformation dés substances alimentaires chez l’adulte et chez le nourrisson
A la vérité, les phénomènes chimiques, les transformations subies par les substances alimentaires ne sont pas si simples ; c’est plutôt un tableau schématique qu’une reproduction exacle des faits.
Aussi avons-nous dû passer sous silence la production d’un grand nombre de déchets de l'assimilation tels que leucine, créatine, acide urique, etc.,.que l'organisme élimine dans les fèces, les urines, etc.
Toutefois cet exposé succinct nous permettra d’aborder le problème de la nutrition humaine en général et celle du nourrisson en particulier,
L'alimentation a constamment un double but :
4° Elle fournit à l'organisme les principes nécessaires à la rénovation des cellules et des tissus;
2 Elle fournit, en outre, la source principale de l’énergie que déploie l'être vivant. Nous disons source principale, parce qu’une partie de l'énergie est acquise direc!ement, grâce au milieu exlérieur, sous forme de chaleur, d'électricité.
Cette énergie donnée par les aliments est une énergie latente, potentielle, qui ne deviendra énergie réelle qu'au
De Dre
moment des mutations diverses des substances alimentaires dans l'organisme.
L'appréciation de celte énergie, qui seule peut nous donner la notion exacte de l’utilisation complète des matières alimentaires, n’est pas chose facile. L'énergie animale se manifesle tantôt sous forme de chaleur, tantôt sous forme de travail mécanique, tantôt enfin sous d’autres formes, pensée, par exemple. À quel crilérium s’en rapporter?
Depuis les remarquables travaux de BérTHÈLOT (1), les physiologistes ont adopté l'unité de chaleur, la calorie, comme unité de comparaison de l'énergie.
Voici en quoi consiste la théorie thermochimique de BERTHELOT.
Les produits ullimes des substances alimentaires sont, — abstraclion faite des produits minimes {el qu’acide urique, — au nombre de trois : eau, acide carbonique et urée. Les malières alimentaires, en subissant lestransformalions qui vont les amener à ces termes ultimes, dégagent de la chaleur. Or, si on calcule la somme de chaleur dégagée par la ration alimentaire normale d'un adulte en 24 heures, on arrive à ce résultat que cette quantité, enregistrée par le calorimètre, est à peu près équivalente à celle que dégage l'organisme en 24 heures,
En d’autres lermes, si on mesure dans les excreta — sueur, air respiré, urines — la quantilé d’eau, d'acide carbonique et d’urée éliminée en 24 heures et si on calcule la quantité de chaleur nécessaire ‘pour transformer les aliments utilisés en ces subslances, on arrive à un
(1) Benruecor, Essai de mécanique,