‹ Étude de la philosophie de MalebrancheChapitre 19 sur 42 · La preuve que vous apportez, pour montrer que M. Des · texte numérisé non relu

La preuve que vous apportez, pour montrer que M. Des

LA CONTROVERSE AVEC ARNAULD

aurons à analyser des dispositions d’esprit, non pas seulement diverses, mais essentiellement antagonistes.

Dans cette lutte prolongée ils ont du reste bien mis chacun son tempérament. Arnauld, logicien rigoureux, ou, peut-être mieux, formidable disputeur, ne marche qu’avec un lourd appareil de raisons bien rangées et accumulées à plaisir ; il n’en éprouve pour lui-même aucune gêne, tant s’en faut, et il va droit devant lui, c’est-à-dire contre l’autre, emporté en même temps qu’affermi par le poids même de ses arguments. La rectitude inflexible de son procédé, la force de son application au détail des expressions et des idées, la simplicité catégorique de ses thèses, l’impétueuse mise en train de ses discussions, l’acharnement sans merci de sa critique excitée par toutes les affirmations successives de la doctrine adverse : tout cela donne à son attaque un air perpétuel de victoire. « La méthode d’Àrnauld, a écrit Sainte-Beuve, demeure celle de la réfutation puissante ; ce livre des Vraies et des Fausses Idées en est un beau modèle, et tout système métaphysique qui ne sera pas de force à soutenir un assaut de ce genre méritera de crouler, même sans assaut »*. S’il en est ainsi, il vaut mieux le dire sans condition : tout système métaphysique doit crouler. Car tout système métaphysique, en raison de son originalité même, est exposé à rencontrer devant lui, norï point nécessairement la force lumineuse de la logique immanente à l’esprit, mais la brutalité oppressive de cette logique qui a fait corps avec les conceptions qu’il prétend exclure ou dépasser.

cartes n’est pas de mon sentiment, est tout à fait merveilleuse. C’est le passage même de ce Philosophe que je vous avais opposé». Lettres de M. Arnauld au R. P. Malebranche, 9* lettre, Œuvres d’ Arnauld, 1791, t. XXXIX, p. 138.

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