‹ Étude de la philosophie de MalebrancheChapitre 2 sur 42 · ME ET ŒUVRES · texte numérisé non relu

ME ET ŒUVRES

Pendant longtemps, tout ce qu’on a su et écrit de la vie de Malebranche était tiré soit de l 'Éloge de Fontenelle, soit du Journal clés Savants de 1715, soit d’une notice contenue dans un Traité de VInflni créé qui est sans doute pour une bonne part l’œuvre du comte de Boulainvilîîers, sou enfin de l’article du Père Tabaraud dans la Biographie universelle. Victor Cousin recueillit et publia un certain nombre de documents qui représentaient déjà une contribution importante à la connaissance plus exacte et plus complète de l'histoire du grand philosophe oratorien. Mais aujourd’hui la source principale de renseignements dont nous disposons est sans contredit la biographie qui a pour auteur le Père André. Ce dernier, fort attaché aux principes du cartésianisme, était un Jésuite contemporain, disciple et admirateur passionne de Malebranche, pour la personne et la philosophie duquel il professa un véritable culte : culte a vrai dire

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aussi méritoire que fervent, car le dévouement auquel il donna naissance valut à son auteur non seulement de nombreux ennuis, mais encore de véritables persécutions. C’était là le résultat inévitable de son attachement pour un homme et une doctrine qui ne pouvaient manquer d’inspirer une certaine défiance autour de lui et qui, d’une manière générale, n’étaient pas agréés dans sa Compagnie. Ce qui est certain, c’est que, quand le Père André mourut à Caen en 1764, il laissa entre les mains de son ami M. de Quens le manuscrit d’une vie et d’une analyse des œuvres de Malebranche qu’il n’avait pas réussi à publier lui-même. Remis par M. de Quens à M. Coquille, bibliothécaire de laMazarine, ce manuscrit fut confié en 1807 à l’abbé Hemey d’Auberiv^ qui devait en assurer la publication. Or, à partir de cette époque, on perd complètement la trace du précieux document. Les adjurations les plus éloquentes, les plus véhémentes même de M. Cousin ne parvinrent pas à. décider ceux qui le détenaient à le produire au jour. En 1861, M. l’abbé Blampignon découvrit bien à la bibliothèque de Troyes un manuscrit de cent soixante pages qui provenait manifestement de l’œuvre du Père André. Mais ce manuscrit écrit de la main du Père Lelong, confrère et ami de Malebranche, ne reproduisait qu’une partie et se rapportait vraisemblablement à une première rédaction de cette œuvre. C’est seulement en 1873 que l’œuvre principale et complète du Jésuite qui s’était fait l’historien de Malebranche fait son apparition. A ce moment une certaine madame Marmier, fille d’un bibliophile nommé Mastrella, la propose à M. Ollé-Laprune qui avait fait paraître en 1870, sous le titre, La Philosophie de Malebranche, deux volumes qui restent la meilleure étude que nous ayons sur ce philosophe. Le document ainsi mis au jour n’est pas le manuscrit du Père André ; mais il a pratiquement une

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