‹ Étude de la philosophie de MalebrancheChapitre 24 sur 42 · Des vraies etdes fausses idées, ch. v, p · texte numérisé non relu

Des vraies etdes fausses idées, ch. v, p

2. Défense de M. Arnauld, lettre à Monsieur... p. 383. — Cf. Des vraies et des fausses idées, ch. n, p. 184.

toutes ses opérations sont accompagnées de conscience, mais encore en ce qu’elle fait de son objet un examen intérieur exprès; d’où il résulte qu’elle a alors pour objet immédiat l’idée, c’est-à-dire la réalité objective enveloppée dans la perception. Mais si c’est l’idée que nous voyons alors immédiatement, cela n’empêche pas que nous ne voyions, par cette idée, l’objet qui contient réellement ce qui n’est qu’objectivement dans l’idée; pour être, parla réflexion, l’objet immédiat de cette pensée, l’idée ne rend pas invisible l’objet réel qu’elle représente L

Nos perceptions sont donc par elles-mêmes représentatives des objets. Cette thèse, que Malebrancho conteste malgré les claires révélations de la conscience, c’est d’ailleurs la thèse même de Descartes. Rappelons les définitions données par Descartes à la fin de ses réponses aux secondes objections : « Par le nom d’idée, j’entends cette forme de chacune de nos pensées, par la perception immédiate de laquelle nous avons connaissance de ^es mêmes pensées .. Par la réalité objective d’une idée , j'entends l’entité ou l’être de la chose représentée par cette idée, en tant que cette entité est dans l’idée ». Par ces définitions, aussi bien que par les explications que fournit Descartes dans la troisième Méditation, il apparaît bien que l’idée n’est l’objet immédiat de la pensée que parce que la pensée a conscience d’elle-même, et que par conséquent la réalité objective de l’idée n’est rien qui soit hors d’une conscience. Les démonstrations cartésiennes de l’existence de Dieu, notamment celle qui montre l’existence nécessaire enfermée dans l'idée que nous avons de l’Être parfait, n’ont de portée que parce que l’idée ne peut être entendue que comme la perception de l'Être parfait. Sans cela, où serait la preuve? Admet-on que l’idée

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