‹ Étude de la philosophie de MalebrancheChapitre 25 sur 42 · Des vraies et des fausses idées, ch. iv, p · texte numérisé non relu

Des vraies et des fausses idées, ch. iv, p

LA CONTROVERSE AVEC ARNAULD

de l'Etre parfait, c’est l’Être parfait lui-même présent à notre âme? Alors la pétition de principe saute aux yeux. En réalité, Descartes a soutenu que, si parmi nos idées il en est qui contiennent plus do réalité objective que d’autres, elles ne cessent pas, pour être essentiellement représentatives, d’être des modalités de notre âme. En cela il n’a fait que développer la conception de la connaissance impliquée dans le Cogito. Par cette adhésion au cartésianisme tel qu’il l’entend, Arnauld veut échapper du même coup aux façons scolastiques d’envisager la connaissance: l’esprit a par lui-même le faculté de connaître et d’apercevoir des objets sans les recevoir ; même si on la rapporte comme on doit à une cause infiniment parfaite, il y a une lumière naturelle de la pensée E

Cette manière d’expliquer la connaissance est au reste, d’après Arnauld, tout à fait conforme au principe de la simplicité des voies si volontiers invoqué par Malebranche. Dieu ayant voulu que notre esprit connût les corps et que les corps fussent connus par notre esprit, il a été incontestablement plus simple de rendre notre esprit capable de connaître immédiatement les corps et les corps capables d’être connus immédiatement par notre esprit que de laisser l’âme dans l’incapacité de voir les corps autrement que par le moyen de certains êtres représentatifs E

Puis donc que les êtres représentatifs ne sont que des fictions, la doctrine de la vision en Dieu, qui est destinée à en expliquer la présence dans notre esprit, est une conjecture inutile. Par surcroît « il n’y eut jamais rien de plus mal inventé, de plus inintelligi-

1. Des vraies et des fausses idées, ch. n, p. 183-185 ; ch. vi, p. 205-207 ; ch. xxvi, p. 336-339. — Défense de M. Arnauld, lettre à Monsieur..., p. 385-393 ; 5e partie, p. 590-599. — Troisième lettre du, P. Malebranche, reproduite dans le Recueil de toutes les réponses du P. Malebranche, p. 26-31, t. iv.

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