Des vraies et des fausses idées, ch. x, p
174 ÉTUDE DE LA PHILOSOmM DE MALEBRANCHE
ble, et de plus malpropre à nous taire apercevoir les objets matériels que nous souhaitons de connaître 1 ». Après avoir varié sur les choses ^u’il prétend que l’on voit en Dieu et la façon de les y voir 2, Malebranche soutient finalement que nous voyons les choses dans une étendue intelligible infinie que Dieu renferme. Mais cette conception d’une étendue intelligible infinie est pleine de contradictions comme la façon de la prouver pleine de paralogismes. Pourquoi Dieu enferme-t-il en lui une étendue intelligible infinie ? — C’est que, répond-on, il connaît l’étendue, puisqu’il l’a faite ; or il ne peut la connaître qu’en lui-même. — Mais, par un semblable raisonnement, on pourrait tout mettre en Dieu, aussi bien des moucherons, des puces et des crapauds que l’étendue ; et de plus, quoi de plus contestable que cette prémisse du raisonnement : Dieu ne connaît que ce qui est en lui ? Cette étendue intelligible, savons-nous même ce qu’elle est? Est-elle une créature ou non? Est-elle divisible ou non ? Est-elle Dieu ou n’est-elle pas Dieu? N’est-ello en Dieu qu’éminemment? Ou bien y est-elle formellement ? Autant de questions sur lesquelles les réponses de Malebranche sont ou vagues ou sans concordance. Dans le fond, rien n’est plus inintelligible que cette étendue dite intelligible.
Insistons sur la plus importante de ces questions, sur celle qui concerne le rapport de l’étendue intelli-