Défense de M. Arnauld, 5» partie, p
3. Des vraies et des fausses idées. Ch. VI, p. 207-209. — Défense de M. Arnauld, 5* partie p 530-531.
LA CONTROVERSE AVEC ARNAULD
serve que l’existence des objets connus dans l’esprit est un tait sui generis et résulte de ce qu’a d’original et d’incomparable l’acte de connaître ; il paraît donc indiquer que le rapport à l'objet connu est impliqué dans la constitution du sujet connaissant et en dérive d’une certaine manière. C’est là, à coup sûr, une interprétation intéressante et forte dUjCartésianisme, et du caractère fondamental et irréductible que le cartésianisme a attribué à la pensée. Ainsi pourrait être exclue la doctrine qui tient la nature immuable et essentielle des idées pour un objet de vision, et ainsi serait préparée la doctrine qui en fait la condition, immanente à l’esprit, de ce qui est objectivement visible et connaissable. Ainsi l’on aboutirait finalement sans doute à l’idéalisme critique. Mais l’on n’y aboutirait qu’en refoulant les autres conceptions d’Arnauld, tout à fait incompatibles avec cette conception initiale, et qu’en continuant à se demander comment l’esprit peut aller de lui-même à la connaissance des choses. Or de ce grandproblème Arnauld a complètement laissé échapper le sens. Malebranche au contraire en a découvert toute l’importance, en a posé méthodiquement les termes, et a offert pour le résoudre, en môme temps que des analyses pénétrantes et précises, l’un des systèmes les plus hardis et les plus profonds de la philosophie moderne.