‹ Etude De La Thyroxine Synthétique Et De Son Emploi ThérapeutiqueChapitre 18 sur 37 · PS 1 EE · texte numérisé non relu

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Avant l'isolation de la thyroxine et malgré les très beaux travaux de Magnus-Lévy on n'avait pas pu découvrir la relation quantitative entre l’administration de substance thyroïdienne et l'élévation du M. B. puisque le degré d’activité de ces substances était essentiellement variable. Ce fait est étudié dans la chapitre « Variations saisonnières du contenu en iode de la glande thyroïdienne » de la « Thyroxine » de Kendall. ;

En 1917, Plummer entreprend à ce sujet des recherches qui seront continuées par Boothby et ses associés.Ils firent des expériences sur un grand nombre de sujets myxœdémateux et normaux.

Kendall avait déjà constaté que l’administration de thyroxine n’était pas comme celle d’extrait thyroïdien suivie d’un effet presqu'immédiat, mais qu'il y avait chez l'individu normal une période latente précédant la période d’action ; plus tard, il fit la même constatation chez un sujet myxædémateux. Il remarquait qu’une faible élévation du M.B. se produisait après 6 à 8 heures, mais que l’augmentation maxima n'avait lieu que 8 à 10 jours après.

Ces résultats furent confirmés par les expériences de Casteix et Schteingart, expériences que nous relaterons au cours de ce chapitre.

Mouzon dit aussi que tous les tests effectués avec les extraits thyroïdiens, surtout en ce qui concerne la métamorphose des batraciens,ont été exactement reproduits avec la thyroxine synthétique. Fontès

SANT pe

et Max Aron surtout, firent ces expériences sur des larves d’anoures et constatèrent l’équivalence de la thyroxine et des extraits thyroïdiens (C. R. Sté Biol. 1929, p. 679).

Sainton fit des expériences sur le blanchiment des plumes de volailles avec la thyroxine et les extraits thyroïdiens. Il prit deux poules de même taille et de même poids. L'une fut soumise à une injection sous-cutanée quotidienne d'extraits thyroïdiens de 0 gr.20 à 0 g. 40 ; l’autre à 1/4 de millig. de thyroxine synthétique.Le blanchiment et le déplumage se sont produits à la même date, dans les mêmes conditions ; la perte de poids a été la même,si bien qu'il était impossible de les distinguer l’une . de l’autre sans index.

Cette expérience et d'autres pratiquées sur des tortues et sur des têtards par Abderhalden, Rosser et Hartmann, et Haffner ont amené Sainton aux conclusions suivantes : « Ces expériences montrent que l’hyperthyroxinisme amène les mêmes troubles que l’hyperthyroïdisation : même modification des phanères, même accélération de la croissance ».

Il conclut aussi : « De ces observations, il résulte qu’au point de vue expérimental l’action de la thyroxine est analogue à celles des extraits thyroïdiens».

Les expériences de Casteix et Schteingart, dont nous avons parlé plus haut, furent conduites de la facon suivante. Après avoir déterminé le métabolisme basal ils administrèrent de la thyroxine à la dose de 1 à 2 mill. à 10 sujets ; à 10 autres ils admi-

nistrèrent de l'extrait thyroïdien et constatèrent que : chez les 10 sujets traités à la thyroxine le M. B. n'avait pas varié dans les 20 à 40 minutes qui suivirent l’administration ; chez les sujets traités à l’extrait thyroïdien, le M. B. était monté jusqu’à 19 % au-dessus de la normale ou dans certains cas descendu à 13 % au-dessous. Nos expériences personnelles nous ont permis de faire les mêmes constatations.

Cette différence d’action doit être attribuée à l’albumine des extraits qui réagit sur le système nerveux végétatif. 4

Holboll de Copenhague montre sur des sujets myxœdémateux que l’action éloignée de la thyroxine administrée par la bouche est identique à celle des extraits thyroïdiens. (Hospitaltidende 11 oct. 1918).

Murray Lyon, et F. A. Redhead se sont attachés à démontrer l’équivalence thérapeutique de la thyroxine synthétique et des extraits thyroïdiens. Ils ont recueilli et publié les observations suivantes :

OBSERVATION I (Empruntée à Murray Lyon et Redhead).

Mme A. S..., Gr ans, ménagère.

Myxœdème reconnu depuis 1921 mais existant probablement antérieurement. Admise à l’hôpital en octobre 1922, offrant le tableau typique de cette aflection. Le sujet s’amé-

liore pendant un certain temps avec traitement à la thy-

reïde, puis administration d'extrait rétropituitaire qui n'empêche pas une rechute. Médication thyroïdienpe interrompue après sa sortie de l'hôpitalen janvier 1993.

Deux ans plus tard, le 31 janvier 1995, elle revient à l’hôpital se plaignant de malaise. Elle y entre le 7 février et y demeure jusqu’au 23 mars. Le M.B,. a été mesuré plusieurs fois afin d’avoir un résultat constant et 4 doses de thyroxine synthétique préparée d’après des bases erronnées lui ont été données. Pas de changement du M. B. La patiente ne s'était pas soignée en dehors de l'hôpital.

À sa troisième admission à l'hôpital (24 nov. 1926) elle présente encore les signes classiques de son affection : mentalement déficiente, obèse, facies typique, peau dure et sèche. Le M. B. était le même à peu près qu'à sa première admission.

Le 27 novembre 1926, 5 mgr. de thyroxine synthétique dissous dans une goutte de Na OH puis mélangés à 1 eme. 1/2 d'eau distillée lui furent administrés en injection intraveineuse. Le jour suivant la malade se plaint de migraine et de palpitations. Le 29 novembre, 2 jours après la première, . injection, le M. B. s'était élevé de — 32à — 179%. Le 30, la malade remarque elle-même son amélioration. Elle est plus lucide et plus gaie, ses enflures ont diminué et les rides sous ses yeux et le dos des mains sont très perceptibles.

Deux doses lui furent encore administrées, 4 et 5 mgr. le 29 novembre et le 2 décembre qui font monter le M.B.à—6 % le 4 décembre. Pendant cette période le pouls et la température se relèvent. Une quatrième dose donnée le 6 décembre semble avoir eu peu d'effet puisque M. B., pouls et

températuré déscendirent, Le 18 décembre, la malade était

AR} 0 € 7 retournée à son état primitif avec un M. B. de —34 %. La peau était redevenue dure et sèche et l’état mental plus

obscur.

Le parallélisme étroit du M. B., du pouls et de la tempé-

rature est très apparent sur le graphique.

Cas No I.

DATE M.B. Q.R. | Pouls | Temp. | Poids |Systoii-| Diasto- REMARQUES que lique D1-LO DIE ÈS 64 | 97,0 | 158 = — | Prenant Extrait thyr.

1-11-22| — 23 | — 72 | 97,0 | 162 | 112 | 80 | E.Rétropituitaire de 9- 182 EME ne 70 | 972465 60 TE NO0 ER

8- 3-25 | — 28 0,78 60 98,0 167 a — | Ancienne prép. synth. 44- 3-25 | — 30 | 0,71 |: 67 | 98,2 | 467 | — | —| "Rare AE 21- 3-25 | — 32 | 0,73 | 60 | 97,2 | 167 | 158 | 100 23- 3-25 | — 30 | 0,75 | 60 | 97,0 | 167 | 158 | 80 27-11-26 | — 32 | 0,80 | 54 | 97,0 | 151 | 128 | 60 29-11-26 | — 17 | 0,78 | 66 | 98,0 | 149 | 110 | 76 | 5 mmg. Thyr. synth.

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