MATE. V
sont nombreuses et toutes concluantes : chez l’animal éthyroïdé le métabolisme basal est toujours abaissé (Achard et Binet, Labbé et Stévenin, Gley en France). Au contraire il augmente si l’animal subit un traitement thyroïdien.
Labbé et Stévenin ont vu que le lapin éthyroïdé présentait en même temps un abaissement du M. B. et une augmentation du poids. Alors que le lapin témoin consomme 1,28 litre d'oxygène par kilo-heure et rejette 0,684 litre de CO*?, le lapin opéré absorbe 0,887 litre d'oxygène et élimine 0,560 litre de CO?.
Ayantfait absorber de la thyroïde à l'animal, ils ont constaté que le taux de l’oxygène remontait à ce qu’il était chez le témoin, soit 1,283 litre.
En clinique les résultats sont tout aussi constants. Le métabolisme basal est abaissé dans toutes les formes d’hypothyroïdisme. Ce fait signalé par Magnus-Lévy a été confirmé par tous les auteurs qui ont depuis étudié cette question.
Les insuflisances légèrès donnent en général un abaissement de — 10 à — 20 % ; les insuffisances moyennes de — 20 à — 30 % ; les grandes insuffisances de — 30 à — 50 %.
Ces derniers chiffres correspondent à ce qu’on trouve chez les myxædémaieux congénitaux ou acquis qui sont des hypothyroïdiens types. On ne trouve pas d’ailleurs un parallélisme constant entre les manifestations cliniques et le taux du méta-
bolisme. | Dans le goftre simple, colloïde d’après Plummer,
ne
le M. B. est normal ou même abaissé de 6 à 18 %. Plummer explique cela par le fait que la glande ne donne pas à l'organisme une quantité suffisante de thyroxine. Mais là où le métabolisme basal présente tout son intérêt — ce quise conçoit aisément — c'est dans les formes frustes de l’insuffisance thyroïdienne. Ces formes, difficiles à déceler d’après les seules données de la clinique et surtout d’après les « petits signes » de l’hypothyroïdisme : signe du sourcil, cyanose des extrémités, troubles du système pileux, etc., sont aujourd hui de plus en plus facilement diagnostiquables grâce à la recherche du M. B.
Elles sont de plus extrèmement nombreuses et le traitement thyroïdien ou thyroxinien étant dans. presque tous ces cas d’une efficacité réelle, l’importance de les reconnaître est grande.
En dehors de l'hypothyroïdie avérée, il existe une série d’affections dans lesquelles l'insuffisance thyroïdienne a été incriminée :
Ce sont :
1° l'obésité. Ici la mesure du métabolisme basal est d’un précieux secours pour différencier entre elles les différentes variétés d’obésité.
Pour Bouchard l'obésité était due à un ralentissement de la nutrition. Actuellement on envisage deux sortes d’obésité. La première est due à une atteinte endocrinienne, l’autre à une suralimentation chez des sujets qui digèrent bien et font d’abondantes réserves de graisses. Dans la ‘première catégorie l'obésité est bien due à un ralentissement de la
DA AQU
nutrition, d'origine endocrinienne. Le M. B. y est diminué par insuffisance thyroïdienne, ou par insuffisance thyro-testiculaire,thyro-hypophysaire,thyro: ovarienne. semble que dans tous les cas il y ait atteinte thyroïdienne puisque dans tous ces cas le traitement thyroïdien se montre actif.
Dans une deuxième catégorie d’obésité, le M. B. est normal ou même augmenté. Le traitement thyroïdien est souvent ici très mal supporté, et le sujet présente assez rapidement des palpitations, de l’angoisse, des malaises.
20 Le rhumatisme chronique thyroïdien. On admet aujourd’hui que cette affection dépend,comme les autres rhumatismes endocriniens, d’un déséquilibre endocrino-végétatif. Encore nommée ostéoarthropathie dystrophique, ou arthrose, elle a été récemment l’objet de nombreux et intéressants travaux. Dans cette maladie l’os est atteint d'emblée, avec épaississement des extrémités articulaires, parfois même production d’ostéophytes. L’atteinte sÿnoviale est rare, et si la déformation est souvent considérable il s’agit non pas d’une infiltration périarticulaire mais bien d’une déformation osseuse qu'on peut vérifier à la radiographie. Ces arthroses sont douloureuses, pouvant rendre les mouvements extrêmement pénibles.
Des manifestations de cet ordre ne peuvent nous étonner de la part d’une glande comme la thyroïde, \bien que nous sachions qu’elle est moins souvent
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en cause que l'ovaire) puisque nous avons étudié plus haut l'influence de la thyroxine sur la calcifica. tion et le développement du squelette des jeunes animaux. Evidemment le problème est moins simple qu'il ne paraît et le système végétatif est intéressé également dans ces manifestations articulaires, comme le prouvent la symétrie fréquente des lésions, la coïncidence des amyotrophies et la sensibilité du système végétatif que l’on note souvent dans ces cas. Il ne faut d’ailleurs pas oublier que l’équilibre du système vago-sympathique est en grande partie commandé par l’équilibre endocrinien.
Dans ‘le rhumatisme chronique thyroïdien, le métabolisme basal est abaissé, Dans l’une de nos observations, que nous rapportons plus loin, il était de 27% au-dessous de la normale, Il est inutile . d’insister sur l’importance qu'il y a à connaître sa valeur puisque les arthroses d'origine endocrinienne présentent souvent le même tableau clinique. Dans le. cas dont nous parlons il n’existait pas de petits signes d’hypothyroïdisme, mais le métabolisme étant abaissé de 27 % nous avons institué un traitement thyroxinien qui a donné d’excellents résultats,
3° La néphrose lipoïdique. — L'étude de cette maladie est à l’ordre du jour, et aux travaux d’Epstein et de Munk ont fait suite, depuis 1926, de nombreuses études en France et à l'étranger. Elle a ramené au premier plan les relations existant entre l'insuffisance thyroïdienne, les œdèmes et la diurèse.
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La néphrose lipoïdique d'Epstein, ou néphrite tubu. laire est « caractérisée par une forte albuminurie, une tendance prononcée aux œdèmes généralement volumineux, une hypercholestérinémie très notable,
l’abaissement de la teneur en albumine du plasma
albumines globulines ”?
grande rareté d’hématuries microscopiques, l’ab-
avec inversion du rapport l'absence ou la sence de rétention urique et d’hypertension, une évolution chronique, un pronostic assez favorable et la curabilité par le régime hyperazoté, auquel, pour Epstein, doit s'ajouter l’opothérapie thyroïdienne intensive » (Ch. Mattei).
Eppinger avait déjà montré que chez l’animal éthyroïdé il y a augmentation du phosphore, diminution du calcium dans les fèces et les urines ; en même temps le taux des chlorures et de. l’urée diminue d’une facon notable dans les urines.
On sait également que l’hyperthyroïdie ou labsorption de thyroxine provoquent la diurèse et que dans ces cas les urines sont plus riches en acide urique, en urée et en chlorures. Ces faits — ainsi que d’autres relevés dans certains cas d’æœdèmes cardiaques, — s'ils ne sont pas encore élucidés font entrevoir néanmoins le rôle de la secrétion thyroïdienne dans la pathogénie des œdèmes. On connaît d’ailleurs des cas de néphrose lipoïdique transformés en myxædème complet. D’autre part le M. B. est diminué dans un grand nombre de cas d’œdèmes d’origine rénale (1).
É Voir Archives of internat. med., 1917, p. 468 et p. 20,
P. Martin NEA
Une observation, publiée par Sainton et Doumer (de Lille), et que nous rapportons plus loin, montre l’heureux effet de la médication thyroxinienne dans
un cas de néphrite hydropigène.
Zo Certaines affections cardiaques: — Le rôle de la thyroïde dans certaines atteintes cardiaques a été signalé à plusieurs reprises. Eppinger (1917), Tilgren, de Christiania (1923) ont publié des cas d'œdèmes cardiaques volumineux dans lesquels les diurétiques habituels étaient inactifs et qui ont été jugulés par le traitement thyroïdien. Mais ici encore le traitement agit surtout Sur les œdèmes et il faut noter que dans ces affections le M. B. est le plus souvent normal.
Ch. Laubry, Mussio-Fournier et Walser ont rapporté un cas d’angine de poitrine guéri par la médication thyroïdienne.
5 Affections cutanées. —- L'insuffisance thyroidienne entre en jeu dans un grand nombre de maladies de la peau. Ces mêmes aflections se rencontrent d’ailleurs fréquemment dans les états myxœdémateux ; elles peuvent être aussi des manifestations isolées de l'hypothyroïdisme, Les principales sont des manifestations parakératosiques ; la sclérodermie est fréquente, de même de l’icthyose. Certains psoriasis et certaines pelades, de même que les précédentes, coexistent avec un abaissement du métabolisme basal. Dans ces cas, le traitement thy-
ETS eu
roïdien ou thyroxinien est particulièrement actif, et une malade de Sainton présentant une sclérodermie étendue, après avoir été soumise à de nombreux traitements restés inactifs a été guérie par la thy-
roxine.