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IH. — LA LANGUE PEUT-ELLE ETRE ARTIFICIELLE

Dans toute langue nationale, il y a déjà quantité de mots créés artificiellement par les savants, les invenleurs et même par le peuple. On n'entend plus par langue artificielle une iangue construite a priori sur des donnéés purement arbitraires ou scientifiques, mais une langue combinée avec des éléments internationaux, communs aux langues mortes et aux langues vivantes.

l! mest pas question de faire concurrence aux langues nitionales qui continueront à être parlées à l'intérieur de leurs frontières et que les étrangers érudits pourront continuer à étudier pour leur salisfaction personnelle. I s'agit seulement de trouvé un outil universel que tout le monde pourra manier, à défaut des outils compliqués que chacun continuera à utiliser à sa guise. |

Le probième de la langue artificielle est résolu depuis les travaux de Schleyer, Rosenberger, Courtonne, Zamenhof,Péano, ete.. Depuis plus de vingt ans, les adeptes des systèmes artificiels comme le Volapuk, le Neutral, FEsperanto et le Latin simplifié s'écrivent et s'entretiennment verbalement avec la plus grande facilité, après quelques semaines d'ébude, sans professeur, ;

Tous les idiomes artificiels sont actuellement basés sur la considération qu'il existe dans les langues modernes un grand nombre de mots latins ou grecs, scientifiques ou techniques, qui sont semblables ou qui dérivent de la même racine, mais qu'on ne reconnait pas dans la langue du voisin parte qu'il y a divergence sur Pécriture ou sur le son.

Les auteurs réunissent tous ces mots communs à plusieurs langues el leur donnent une orlhographe,une prononciation uni forme et à la portée de tous. Les mots étant en nombre restrcint, mais ne faisant jamais double emploi, il est facile, avec quelques règles grammaticales sans exceptions, de combiner une langue neutre qui s'apprend cent fois plus vite qu'une langue ordinaire.

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Le vocabulaire est aussi naturel que les autres, puisque les mots ne sont pas inventés, mais choisis : la grammaire est beaucoup plus naturelle pour l’ensemble des hommes puisqu'elle n'a pas besoin de commentaires, ni d'explications embrouillées et qu'elle est entièrement logique.

IV. — SERA-T-IL POSSIBLE DE SE METTRE D'ACCORD SUR LE CHOIX D'UNE LANGUE NEUTRE f

Nous avons dit que le problème de l'intercempréhensicn est résolu en principe puisqu'on s'entend facilement à l'aide de toute langue artificielle qui admet l'internalionalité du vocabulaire et la simplification de la grammaire.

Si les auteurs de langues artificielles avaient pu être réunis en une commission d'étude dirigée par un gouvernement ou par une société assez puissante pour leur imposer une direction unique, la solution pratique ne serait plus à chercher et les peuples auraient maintenant la langue nevtre dont ils ont le plus pressant besoin. Malheureusement, chaque auteur a travaillé isolément et les adeptes qu'il fait sent si émerveillés du résultat qu’ils obtiennent en pouvant correspondre entre eux, après quelques jours d'essai, qu'ils se refusent à toute étude comparative avec les autres svstèmes.

Convaincus que leur idiome est le plus parfait de tous, ils n'attendent plus que la consécration officielle du Gouvernement ou de la Société des Nations. Ils oublient que l'union fait la force. Le public constate les divergences et s'abstient,.

Après la chute du Volapuk, l'Esperanto, qui avait pris la blace, semblait marchier seul vers le succès. Grâce à une propagande habile, au dévouement de ses anôtres. à ses congrès retentissants, on pouvait s'attendre à son adoption dans les écoles. L'Espéranto apparaissait comme le latin des pauvres, gymnastique intellectuelle très utile à défaut de la version latine.

Des réformateurs parurent et les dissidents, connus sous le nom d'Idistes (les fils de l'Espéranto), voulurent faire subir à l'Espéranto le sort du Volapuk. Cette lutte passionnée entre les Idistes et les Esnérantistes avait découragé les Sociétés Internationales qui s’apprêtaient à adopter l’Espéranto. Elle a rendu la liberté à ceux qui s'abstenaient de chercher une anutre solution, dans l'espoir de faire triompher plus vite l'idée. et on a vu paraitre de nouveaux projets. Si la solution s'esl. trouvée retardée, on peut s'en consoler en remarauant que les inventeurs se rapprochent de plus en plus du but idéal. Chaque jour, on atteint une plus grande internat'onalité el tous ces

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dialectes apparaissent de plus en plus vivants, naturels et homogènes.

On aperçoit une tendanca à la conciliation entre les frères ennemis, l'Espéranto et lIdo, qui ont le plus d'adhérents. C'est ainsi qu'un journal, Moderna Edukisto, organe des professeurs et des éducateurs de toutes les nations, se publie dans les deux lengues juxtaposées. De son côté, Monsieur de Saussure, savant suisse très apprécié, a fait paraître une combinaison des deux langues sous le nom de l’'Espérantido.

Un Bureau de la langue inlernalionale fonctionne à Berne et a pour! but de réaliser union entre tous les adeptes d'ua langage commun.

M. Péano, auteur du Latino sine Flexione, a repris la direzlion de l'ancienne Académie Volapuk, qui était devenue le Neutral et il y a aujourd'hui à Turin une Academia pro Interlingua, qui comprend les membres les plus connus de tous les systèmes, citons notamment : pour l'Espéranto, M. le Général Sebert ; pour lIdo, MM.: Schnecher ger, Creux. ; pour le Latin classique simpifié, MM. Pinth, ‘Basso, Hély, Phipson ; pour le Latin modernisé, MM. de Wahl, Hartl, Møæser, Meysmans, elc.

Ces académiciens conservent leurs idées personnelles et les développent librement dans la Revue de l'Académia, mais ce travail en commun dans la meilleure urbanité produit ses fruits et ne retarde plus la solution pratique comme le faisait la lutte discourloise dés années précédentes.

Enfin, comme les Sociétés Internationales et même plusieurs petits Etats s'occupent de la question, on peut entrevoir. à brève échéance, la nomination officielle d'une Commission Internationale qui fera un choix définitif, soit en adoptant purement et simplement une des langues artificielles existantes, soit en élaborant avec les éléments divers une combinaison finale que l'Assemblée des Nations adoptera comme la langue seconde de tous les peuples.

Cette consécration viendra fatalement el la période des essais sera close. N'en ful-il pas loujours ainsi pour les autres inventons ? Avant d'arriver au tvpe actuel de la locomotive, də “automobile de la bicyclette, que d'essais variés et infrut tueux. L'aviation est à la veille de trouver l'instrument type qui sera universellement adonté. TI en sera de même très pro- Chainement pour la langue internationale.

La convergence de tous les projets vers un moule latin, avec adoption des mots déjà internalionalisés, indique manifestement que l'évolution des langues artificielles touche à sa fin. Pour nous qui avons étudié ct pratiqué tous les projets parus.

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nous nous proposons de rechercher impartialement quelles sont les conditions qui s'imposent pour l'adoption prochaine d'un type définitif de la langue auxiliaire.

Y. — QUELLES SONT LES CONDITIONS QUI S'IMPOSENT POUR LE SUCCÈS DÉFINITIF DE LA LANGUE AUXI- LIAIRE.

I. — Base latine. — Outre les qualités de simplicité et de clarié qu'on doit reconnaitre à la plupart des langues artificielles, il y a deux conditions à imposer pour le succès défivitif.

Il faut dabord une base indiscutable pour que le choix des mots ne soit plus laissé à l'arbitraire des auteurs qui, tout en admettant linternationalité, la conçgoivent différemment.

La seule base solide est certainement celle de l'Académia : le latin qui, à lui seul, nous donne plus des trois quarts des mots internationaux. Cette langue morte continue à être étudiée et utilisée par les érudits du monde entier : on l'enseigne jusque dans les écoles du Japon.Elle a servi longtemps de langue auxilaire, Jusqu'au 18° siècle et même jusqu'au 19° pour certains ouvrages scientifiques et philosophiques. Jusqu'à François Je le latin était la langue officielle pour les actes publics ; c'était la langue judiciaire. N'est-il pas encore nécessaire pour le Droit, la Médecine et la Théologie ?

Le latin serait accepté par tous. parce quil ne froisse aucune susceptibilité patriotique, qu'il est toujours en honneur et que ses dictionnaires figurent dans toutes les bibliothèques, mais on objecte qu'il ne peut traduire les mots modernes. On oublie que Cest aux langues mortes, le lalin et le grec, que les savants et les inventeurs s'adressent chaque fois qu'ils ont besoin d'un mot nouveau pour désigner leur création. Quels sont les mots modernes qui sont communs à plusieurs lan: gues ? On en trouve très peu en dehors de ceux qui ont élé ainsi formés. Citons comme exemples, mots grecs : agonie, base, baromètre, bibliothèque, céramique, cycle, dièse, dia- Iribe drame, dynamo, électro, écho, glucose. gramme, horizon, hippodrome, machine, pneu, téléphone, télégraphe, thorax, trapèze, typhus, tyran, zèle, zéphir, zone : mots latins : action, adverse, agriculture, aride, ample, altitude, commode, désert, description, diligent, dément, dimension, direct, doctrine, débile, élément, figure, formation, front, fragile, grave image, infect, impartial, impur, indifférent. imprudent, immense, local, mobile, majuscule,médical, moral, nalure,néeli-

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