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l'étude de l’agent pathogène de la variole et de la vaccine. Ann. des Sc. médic., janvier 1911). BEzIN [XV] décrit au virus vaccinal une morphologie assez complexe et distingue : 1° des corpuscules ultra-microscopiques (qui mesurent moins de 1 p); 2 des corpuscules microscopiques (plus de 1 p); 3° des cellules souches dans l’intérieur desquelles on peut voir parfois des figures de segmentation; 4° des flagelles qui peuvent se séparer el se déplacer seuls dans la préparation. Enfin, pour certains, agent de contage du vaccin est un microbe invisible assez semblable à celui de la clavelée qui peut passer à travers la bougie Berkefeld, mais qui est retenu par la bougie Chamberland F.
L'importance de la question est bien démontrée par le nombre de ces travaux, et si nous essayons de tirer une conclusion des faits indiqués par ces auteurs, nous voyons que rien de certain n’est encore connu. L'hypothèse, qui serait donc encore permise, élant donné la fréquence de ces champignons dans la pulpe vaccinale et qui d’ailleurs a été plusieurs fois envisagée positivement (cf. HazLier, Buisr, etc.), de levure comme agent spécifique, ne nous paraît pas cependant devoir être proposée.
Les inoculations faites au cobaye, spécialement celles par scarification vulvaire, ne nous ont pas donné de résultats (cf. p. 96).
Surtout, les recherches faites avec la Iymphe recueillie dans les pustules d'enfants récemment vaecinés s'opposent à cette identification des levures étudiées plus haut au virus du vaccin. Nous avons récolté le produit des
grosses pustules ouvertes, comme il s’en présente sou-
vent chez les enfants vaccinés pour la première fois, soit par raclage avec l’üse de platine, soit par aspiration au moyen d’une pipette stérilisée. Les ensemencements sur carole, sur pomme de terre, sur gélose maltosée, n’ont donné que des cocci, parfois de courts bacilles, mais jamais de levures.
Réactions humorales
Nous avons également étudié le sang des lapins vaccinés. [mitant le procédé que Widal et Abrami on pré-
conisé pour la sporotrichose, nous avons essayé la sporo-
agglutination. Avec le sang de lapin vacciné depuis 8
jours, la réaction a été complètement négative au 1/20, 1/90, 1/300, 1/500, en présence des dilutions faites dans le sérum physiologique des levures Torula I el Mycoderma. Faisons remarquer à ce sujet la nécessité de l’examen microscopique dans la recherche du pouvoir agglutinant d'un sérum lorsqu'il s'agit de champignons. Avec les levures, macroscopiquement, les tubes paraissent donner un résultat positif; si l'on examine un tube témoin, on s'aperçoit que partout il s’est formé un dépôt. Seul l'examen au microscope peut donc donner des résultats précis, et encore l’agglutination serait-elle moins nette chez certaines espèces dont les éléments sont plus ou moins groupés. Dans les formes étudiées ici (qui, lors de l'étude du sérum de lapins inoculés avec les levures Torula I et Mycoderma du vaccin, nous ont donné des résultats positifs au point de vue agglutination), formes le plus souvent isolées ou par chaïînettes ne dépassant pas 2 ou 3 individus, l’aspeet était très
reconnaissable. On pouvait comparer cette agglutina-
DT ONU tion à celle de l'Eberth, sauf, bien entendu, la mobilité des éléments.
L'hémoculture pratiquée sur pomme de terre et gélose maltosée a été négative. Des colonies de cocct sont apparues, mais il y avait absence complète de levures.
Le fait de la filtrabilité du virus, quoique récemment la question ait été remise en discussion (JULLIEN [CXVIIT]) ferait aussi écarter l'hypothèse des levures comme virus du vaccin.
Il semble donc qu'il soit plus vraisemblable de ranger les levures du vaccin au nombre des saprophytes constamment trouvés dans la pulpe vaccinale, saprophytes qui jouent peut-être un rôle plus ou moins actif dans les phénomènes qui accompagnent la vaccination antivariolique. Remarquons cependant que pour être affirmatif sur la question de ces rapports de la levure avec l'agent de contage, il faudrait une série d’études complètes sur le singe, par exemple, études d'inoculation avec plusieurs passages successifs, exigeant un matériel qu il est difficile de se procurer.
Il eût été intéressant de voir si l'étude de ces levures pouvait donner quelque renseignement sur la question des rapports de la variole et de la vaccine. Dans le cours des années 1912, 1913, il ne s’est produit à Lyon aucun cas de variole authentique et la recherche de levures n’a pu être faite chez des varioleux. D'ailleurs, nous n'avons pas trouvé d’auteurs signalant la présence de ces champignons dans la Iymphe variolique. Seules quelques descriptions de protozoaires douteux offrent quelquefois certains rapprochements à faire avec des
formes levures.
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Origine possible de ces levures
Il restait à se demander, puisque nous écartons l’identité avec le virus, d’où proviennent ces champignons qui se trouvent si constamment dans la pulpe vaccinale animale. |
La présence des microorganismes saprophytes de la pulpe vaccinale est expliquée ainsi par plusieurs auteurs : Microbes des poussières, des litières des étables, de l'air, parasites vivant sur les téguments ou.à l’intérieur des téguments des animaux vaccinifères; la présence de levures dans la glycérine a été observée,, mais nos chservations montrent que le nombre des levures est aussi grand dans la lymphe fraîche que dans la pulpe glycérinée.
Tous les auteurs qui traitent la question des microbes de l’air ont signalé la présence de levures : MIQuEL et CamBIER [CXLII}, Miquez [CXLI], Sarrory et Lan- GLAIS [CLXVI bis], etc. La technique de la recherche des microbes dans l'air a suscité récemment l’intéressante communication de MM. G. Bonnier, MATRUCHOT et Comges !, où ils indiquent la manière de récolter le, « Plankton » aérien. Malheureusement, la difficulté des identifications ne permet pas de rapporter la plupart des formes mentionnées à des espèces ayant des caractères bien tranchés.
Signalons aussi que des levures (le plus souvent sans
1. G. Bonnier, L. Marrucnor et R. Comres : Recherches sur la dissémination des germes microscopiques dans l’atmosphère. C. R. Ac. des Sc., t. CLIT, 13 mars 1911.
ere autre déterminalion) ont été signalées sur la peau des animaux et dans les pailles qui servent à confectionner les litières.
Cette dernière origine parait, dans le cas particulier des levures de la pulpe vaccinale, pouvoir présenter quelque vraisemblance. L'origine aérienne peut aussi être envisagée avec cette réserve que les rayons solaires ont, d’après plusieurs auteurs, une action destruc-
ve très nelle vis-à-vis d’un certoin nombre de levures.