‹ Étude de neuropathologie sur les radiculitesChapitre 10 sur 20 · AUTRES · texte numérisé non relu

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cervicales, 1° dorsale); sur le thorax, elle envahit toute la zone comprise entre la 2° et la 6° dorsale, aussi bien en avant qu’en arrière. Cette large bande d’anesthésie thoraco-brachiale est surmontée d’une zone d’hypoesthésie, correspondant à la sixième cer vicale. Au-dessus de celle-ci, la région cervicale semble, au contraire, le siège d'hyperesthésie superficielle et profonde (fig. 7 et 8). La sensibilité osseuse, explorée au diapason, est abolie à l’auriculaire, diminuée à l’annulaire; elle est conservée à la clavicule et au sternum.

Les réflexes tendineux sont altérés au membre supérieur : le réflexe olécrânien est diminué, celui des radiaux est presque aboli à droite, il estnormal à gauche. Les réflexes tendineux des membres inférieurs sont normaux.

Les pupilles sont égales; celles réagissent paresseusement à la lumière. Bon état général; on ne note l'existence d’aucun autre trouble.

Le malade, bien qu'il n’avoue dans ses antécédents aucune maladie antérieure, est soumis au traitement mercuriel ; il ne suit ce traitement que quelques jours, s'améliore, puis n’est plus revu,

Les radiculites de la région dorsale sont peut-être moins fréquentes que celles des autres régions; elles doivent être en tous cas bien souvent méconnues et confondues dans le groupe vaste et mal défini des névralqies intercostales.

Les lésions de ces racines ne sont pas en effet exceptionnelles, ainsi qu’en témoignentles examens anatomo-pathologiques faits dans des cas de zona. Deere et André THouas(1) ont montré ces altérations radiculo-ganglionnaires dans un cas où l’éruplion était strictement localisée au territoire de la 8& dorsale droite. Ils ont vu le processus inflammatoire et dégénératif porter à la fois sur la racine postérieure, le ganglion et sur la racine antérieure, constatations concordantes avec celles de H£ap et CamPbELL.

Il est aussi sans doute permis de penser que certains de

(1) DRyerinE el A. Tnomas, Soc. neurologie, A1 avril 1907. Rev. neurol., 1907, p. 469.

Re

ces faits de zona fruste ou sans éruption, tels que ceux signalés par Wipaz, doivent dépendre de radiculites de ce genre.

Cupaurr et Le Fur (1) ont communiqué une observation de radiculites dorsales inférieures. Il s’agissait de névralgies dans les territoires des 8, 9° et 10e dorsales avec, symptôme réflexe particulier, un tic abdominal du côté correspondant. La résection radiculaire fut pratiquée et le résultat favorable ; l'opération permit de mettre en évidence la lésion causale : plaque de méningite localisée aux racines intéressées.

OPPenuen (2) a décrit un syndrome abdominal qu’on peut rencontrer aussi bien dans les rhizopathies que dans les myélopathies de cette région. Il consiste en douleurs et troubles sensitifs dans lesterritoires radiculaires de la 8e à la 9° dorsale, paralysie des muscles abdominaux, disparition de leurs réflexes et météorisme.

Radiculites lombaires.

Les racines lombaires sont très fréquemment atteintes, ainsi qu’en témoignent beaucoup d'observations; mais d’ordinaire elles le sonten même temps que d’autres racines dorsales ou sacrées. Quand elles sont seules intéressées, les radiculites doivent être différenciées des névrites du nerf crural. |

Un exemple fort intéressant de ce genre a été présenté par JeanseLme et Sézary (3). Voici l’histoire de ce malade :

C..., 47 ans, entre fin mai 1907à Tenon pour vives douleurs dans la région lombaire et dans la jambe gauche.

Nie la blennoragie et la syphilis. Légère leucoplasie de la mu-

(1) Carrauzr et Lx Fur, Académie de médecine, 18 mars 1902.

Î (2) Orrexuem, Deutsche Zeilsch. f. Nervenheilk, t. XXIV. (3) Jeansezue et Sézary, Soc. de neurol., 4 juillet 1907.

queuse de la commissure labiale, Grand fumeur, éthylique, pituites matinales. Tempérament nerveux.

En juin 1906, crises douloureuses avec fourmillements et sensation de brûlure dans les pieds, survenant 5 à 6 fois par mois et rappelant tout à fait l’acroparesthésie. Arrêt de sécrétion sudorale des pieds, qui auparavant était très exagérée.

En juillet et août 1906, douleurs suivant le trajet du crural et au niveau des adducteurs de la cuisse droite calmées par des pointes de feu, puis disparaissant lentement,

Le 4 mai 1907, à la suite d’une quinte de toux et en se baissant, le malade ressent subitement dans les reins une douleur très vive, irradiant aussitôt dans la cuisse gauche et l’immobilisant par son intensité. Une heure après seulement il peut se lever et faire péniblement quelques pas :il lui semble moins souffrir debout qu’assis ou couché. Trois heures après on le transporte à l'hôpital, où on lui fait deux piqüres de morphine ; il yreste3 jours, souffrant un peu moins, mais redoutant de tousser, car la toux réveille la douleur dans la région lombaire et à la cuisse. Il constate alors lui-même qu'à la partie antérieure de la jambe il ne sent plus le contact ni la douleur, ni la température.

Etatau 1° juin : Douleur sourde dans la région lombaire gauche et sur le trajet du crural, augmentée par la toux, avec quelques exacerbations paroxystiques, surtout nocturnes.

La pression du crural est moyennement douloureuse. Pas de signe de LasèauE. Des points de Vazreix de la sciatique, on ne trouve que celui de la partie moyenne de la cuisse.

Bande d’anesthésie absolue, aux 3 modes, au devant du tibia gauche large de trois travers de doigts, se poursuivant en bas audessus du cou-de-pied par une bande d’hypoesthésie allant jusqu’à la racine des orteils qui ne présentent aucun trouble de sensibilité, se continuanten haut, à partir du genou, avec une zone radiculaire d’hypoesthésie remontant vers la région lombaire, en suivant les faces externe, puis postérieure de la cuisse.

Réflexe rotulien très diminué à gauche, vif à droite. Réflexes achilléens normaux des deux côtés. Pas de clonus du pied, pas de Ba- BINskI ; réflexe abdominal identique des deux côtés.

Atrophie notable dela cuisse et de la jambe gauches, dont la force musculaire est un peu diminuée par rapport au côté droit.

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Examen électrique fait par W. Riener : Au courant faradique tous les muscles réagissent normalement à la fesse, à la cuisse, à la Jambe et au pied des deux côtés, sauf le quadriceps crural et le jambier antérieur gauches, dont la contraction est Imolle et nettement retardée (pas de réaction d’épuisement). Au courant galvanique, ces deux muscles présententseuls une modification : contraction retardée (avec le pôle négatif), 3 milliampères à droite, 8 milliampères à gauche), pas de R. D. nette, mais N. F. S. presque égale, à P.F.S.

Le membre inférieur droit ne présente actuellement aucun trouble de motilité ou de sensibilité. Pas de scoliose. Réactions pupillaires normales. Aucun signe de tabès. Urines normales.

Ponction lombaire : lymphocytose légère, 6 à 8 éléments par champ (ocul. 3,0bj. 6 Leitz).

Ce malade a été revu à plusieurs reprises. Soumis au traitement mercuriel, il a guéri desa radiculite.

Mosny et Mazcorzez (1) ont rapporté un cas de méningoradiculite lombaire consécutive à une ostéite tuberculeuse transverso-vertébrale.

Il s’agit, en résumé, d’un homme de 23 ans, atteint, depuis 3 mois, de douleurs lombo-abdominales en ceinture, avec irradiations dans le domaine dusciatique et du crural du côté gauche.

L'étude de la sensibilité cutanée montre une hypoesthésie symétrique en bande à la face antéro-externe des deux cuisses. Les réflexes rotuliens sont très affaiblis. Il n’y a pas de signe de Baginsxr. Les pupilles sont normales. La ponction lombaire révèle de la lymphocytose céphalo-rachidienne. La pression des parties latérales de la 1'° lombaire réveille une douleur vive et décèle une lésion tuberculeuse de l’apophyse.

Radiculites lombo-sacrées

De toutes les formes cliniques décrites jusqu'ici, la plus

(1) Mosny et MazLorzeL, Soc. médic. Hôvit., 9 nov. 1907.

Camus 4

fréquente est celle à laquelle on a donné le nom de sciatique radiculaire. {] s’agit dans ce cas de radiculites lombo-sacrées c’est-à-dire de lésions atteignant les racines des nerfs du membre inférieur.

Comme le remarque A. Taomas (1), la lésion ne se limite pas d'ordinaire aux racines du sciatique, elle déborde plus ou moins sur celles des autres nerfs du membre, aussi de quel droit appeler sciatique radiculaire une affection qui intéresse non seulement les racines du sciatique, mais encore celles du nerf crural? La dénomination de radiculite du membre inférieur lui serait donc de beaucoup préférable.

Dans les observations publiées par des auteurs déjà anciens sous le nom de névrites ou de névralgies sciatiques, il est possible de retrouver des cas qui correspondent à ce type. Mais ce n’est que tout récemment que les recherches se sont orientées vers les lésions primitives des racines rachidiennes et que les observations les plus démonstratives ont été publiées. Elles ont été surtout indiquées par DEyeRINE et ses élèves.

GauaxLer et Roussy (2), en 1904, en présentaient un bel exemple à la Société de neurologie.

C'était un homme de 58 ans, syphilitique de longue date, qui souffrait de névralgies du membre inférieur droit, ressemblant à une sciatique. Signe de LasèGuE, diminution du réflexe rotulien de ce côté, hypoesthésie à topographie radiculaire dans le domaine des 3 dernières racines lombaires et légère lymphocytose du liquide céphalo-rachidien imposaient en quelque sorte le diagnostic de méningo-radiculite syphilitique.

(1) A. Tuomas, Les radiculites du membre inférieur (La Clinique, 15 fév. TOUT TPS AD DE

(2) GaucxkLer et Roussy, Soc. de neurologie, 2 juin 1904. In Rev. neurologique, 1904, p. 617,

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