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Lonrar-Jaco8 et SABARÉANU (1) faisaient, /peu après,connaître. un cas analogue.
Il s'agissait d’un homme de 39 ans, syphilitique avéré, souffrant de douleurs dans le membre inférieur gauche. Les points de VarLeix étaient frustes ou atypiques. Il y avait une scoliose homologue. Les bandes radiculaires correspondant aux 1'9 et 2° sacrées étaient anesthésiques ; la sensibilité du territoire des lombaires était diminuée, celle des sacrées sous-jacentes était normale. La motilité du membre présentait de l’affaiblissement avec troubles des réflexes correspondants : atrophie musculaire, troubles vaso-moteurs et troubles des
réactions électriques. Les pupilles étaient normales et rien ne pouvait justifier l'hypothèse de tabès.
Les mêmes auteurs, l’année suivante, dans un important
mémoire (2), publiaient 4 observations nouvelles des plus intéressantes.
La première concernait un homme de 56 ans, atteint de douleurs vives et d’affaiblissement des membres inférieurs, prédominant à gauche. Hyperesthésie douloureuse en bande externe radiculaire de tout le membre. Signe de Lasècur. Troubles des réflexes correspondants. Amélioration par le traitement antisyphilitique, malgré l’absence d’antécédents connus.
Dans la 2° observation, il s'agissait d’un homme de 59 ans, atteint de douleurs aiguës, récidivantes sur tout le trajet du sciatique gauche, avec signe de LasèGue et points de Varzerx, Abolition du réflexe achilléen. Anesthésie en bande externe de la cuisse, de la jambe et du pied, ainsi que du périnée. Troubles vaso-moteurs. Pas de troubles sphinctériens ni pupillaires. Amélioration des douleurs par le mercure.
La 3° observation était celle d’un homme de 65 ans, souffrant également pour la deuxième fois de douleurs dans le membre inférieur gauche et présentant aussi de l’anesthésie sur une bande externe étendue de la fesse au pied Abolition des réflexes achilléens. Pupilles
(4) Lorrar-Jacog et Sagar£anu,Sciatique radiculaire unilatérale (Presse mé. dicale, 5 oct. 1904).
(2) Lonrar-JAcoB et SABARÉANU, Revue de médecine, 1905, p. 917.
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et sphincters normaux. Stigmates de tuberculose et d’alcoolisme. Amélioration rapide par le traitement antisyphilitique.
La 4° observation enfin se rapportait à un homme de 42 ans, souffrant de phénomènes semblables avec points de Vazzeix et signe de LasèGux. Atrophie musculaire. Anesthésie radiculaire des territoires de la cinquième lombaire etdes 2 premières sacrées. Abolition des réflexes achilléens. Scoliose homologue et contracture lombaire gauche.
A l’aide de ces faits, les auteurs montraient la valeur et la fréquence de certains symptômes; ils insistaient particulièrement sur l’importance des troubles de la sensibilité cutanée pour le diagnostic des sciatiques radiculaires et tronculaires.
Gavazenni (4), en 1905, publie, sous le nom de sciatique radiculaire, un cas de lésion syphilitique probable des racines lombaires et des 2 premières sacrées du côté droit, avec ätrophie fessière et scoliose homologue.
Berrnéoz (2), Pannée suivante, dans sa thèse très documentée sur cesujot, rapporte, parmi d’autres, 3 nouvelles observations cliniques intéressantes avec scoliose homologue et dues probablement à la syphilis.
Nous avons,avec notre collègue Sézary, présenté à la Société de Neurologie (3) un cas de radiculite sensitive et motrice observé dans le service du prof. Deere. Voici cette observation :
Le nommé C..., âgé de 38 ans, marchand de vins, vient consulter pour des douleurs dans la région lombaire et le membre inférieur droit et pour des troubles de la marche.
Rien de notable dans ses antécédents héréditaires. Jamais de maladie grave. Blennorragie il y a dix ans. Marié 2 fois. Aucune de ses femmes n’a fait de fausse couche. Pas de syphilis avérée, mais
(1) Sinvio GAVAZENNI, [l Policlinico, août 1905.
(2) Beniuéoz, Thèse de Paris, juillet 1906.
(3) P, Camus et Sézany, Un cas de radiculite sensitivo-motrice (Soc. de neurol., 6 déc. 1906).
mes
leucoplasie à la face interne des joues et aux commissures labiales. Depuis 6 ans, prend 4 à 5 apéritifs par jour. Caractère émotif, irritable.
L’affection actuelle remonte à {4 ans. À ce moment survient une première crise douloureuse durant plusieurs jours, à la région lombaire droite, puis dans le membre inférieur du même côté. Ces douleurs s’atténuèrent peu à peu. Pendant les 3 années suivantes, quoique souffrant plus ou moins, il n’eut pas de crise grave.
Il y a un an, une nouvelle crise, plus violente que la première, éclata brusquement dans la nuit, à l’occasion d’une quinte de toux. La douleur occupa tout d’abord la région lombaire droite et presque aussitôt descendit dans le membre inférieur droit, « comme une décharge électrique ». Et même les testicules étaient rétractés vers les anneaux inguinaux.
Un médecin, appelé en toute hâte, fit le diagnostic de colique néphrétique, et pratiqua une injection de morphine qui amena un grand soulagement. Mais lorsque le malade put se lever, il constata que son pied droit était affaibli et que sa démarche était gênée. Depuis, en même temps que ces troubles moteurs persistaient, il éprouvait par moments des douleurs ayant le même siège, mais moins vives. C’est à l’occasion d’une dernière poussée qu'il est venu consulter.
Actuellement cet homme présente une paralysie de ses muscles jambier antérieur et extenseur propre du gros orteil du côté droit. Il ne peut relever le pied. Lorsqu'on lui demande d'étendre le gros orteil, on note un léger mouvement dû à la contraction du muscle pédieux, mais l’extension,à peine marquée, n’a pas l'ampleur de celle des autres orteils. Lorsqu'il marche, il steppe du côté droit et on le voit très nettement relever ses quatre derniers orteils, alors que le premier reste à peu près immobile.
On constate encore que la voûte plantaire droite s’efface légèrement dans la station deboutet pendant la marche, du fait quesa charpente osseuse n’est plus maintenue par le jambier antérieur. L'empreinte plantaire montre cependant qu’en dehors des modifications suscitéss par le steppage le pied repose sur le sol d’une façon normale,
Les muscles paralysés sont notablement atrophiés et l'examen électrique, qu'a pratiqué W. Reper, montre que l'excitabilité galvanique, si elle ne révèle pas une D. R. absolue, est très modifiée :
contraction difficile à obtenir NFS—PFS à 10 milliampères. Pas de contractions vermiculaires.
Les douleurs sont peu marquées, elles surviennent plutôt par périodes durant de 4 à 6 semaines environ, puis se calment. Signe particulier : la toux, l’éternuement les réveillent d’une façon aiguë pendant les crises ou les rappellent légèrement, dans les périodes d’accalmie. La région lombaire est un peu douloureuse à la palpation et à la percussion : la pression des troncs nerveux du membre inférieur droit est sensible. Le signe de LAsÈGuE existe à droite,
L'examen objectif de la sensibilité révèle une bande radiculaire d’anesthésie s'étendant de la région lombaire à la face dorsale du pied. Elle intéresse le gros orteil ainsi qu’une petite portion adjacente de la plante du pied, remonte à la partie antérieure du cou-de-pied et de la jambe, au devant et en dekors du tibia, sur une largeur de 3 à 5 travers de doigts, elle passe à la face externe du genou, traverse la partie postérieure de la cuisse et se termine près du rachis, au niveau des dernières vertèbres lombaires. Au-dessous du genou l'anesthésie est absolue, au-dessus il n'y a que de l’hypoesthésie. Les 3 modes de la sensibilité sont également intéressés. La sensibilité osseuse est légèrement diminuée dans ce membre (fig. Q et 10).
Les réflexes tendineux sont normaux et égaux des 2 côtés. Le réflexe des orteils se fait en flexion. Pas d'ArGyzz-RoBEerTson. Pas de troubles des sphincters. Urines normales.
La topographie des troubles sensitifs et moteurs est ici fort intéressante. Dans les schémas classiques, nous voyons que l’innervation motrice du jambier antérieur et de l’extenseur propre du gros orteil dépend des 4° et 5° lombaires et que, d'autre part, la bande d’anesthésie observée correspondrait au domaine de la première sacrée. Au lieu d’invoquer la lésion d’une racine motrice et d’une racine sensitive d’étages différents, il est plus vraisemblable d'admettre ici l'atteinte de 2 racines homologues et que ce sont les 5° lombaire et première sacrée qui innervent les muscles paralysés et atrophiés et la bande cutanée sus-jacente,
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Roussezuer (1), en 1907, reprend toute cette étude de la radiculite sciatique syphilitique, et, réunissant les documents antérieurement publiés, dégage les caractères propres à celte affection.
À l’appui de sa thèse, il apporte 8 observations inédites recueillies presque toutes dans le service ou à la consultation du prof. Deere. Les troubles de la sensibilité cutanée y sont systématiquement recherchés et notés d’une manière attentive. Leur topographie, rapportée aux schémas habituels, montre que, dans ces formes, la lésion radiculairese localise presque toujours sur les première et deuxième racines sacrées et que les quatrième et cinquième racines lombaires sont aussi très fréquemment atteintes.
Presque constamment, l’auteur relève des troubles moteurs et des amyotrophies concomitantes, Il note soigneusement l’état des réflexes tendineux dans les domaines radiculaires intéressés et constate souvent l’exacerbation des douleurs par la toux. Il insiste enfin sur l’amélioration ou la guérison des symptômes sous l’influence du traitement mercuriel.
Raymowp et Oprerr (2) présentent, sous le nom de méningoradiculite, un nouveau cas que ses caractères essentiels rapprochent des observations précédentes. Le voici brièvement résumé :
Une femme de 31 ans, sans antécédents pathologiques connus, éprouve des douleurs fulgurantes intermittentes dans les membres inférieurs, avec sensation d'engourdissement du pied et de serrement du genou. Ces phénomènes rappellent ceux du tabès; ils s'accompagnent d’abolition des réflexes achilléens et patellaires. Signe de Ro- BERG. Ni clonus du pied, ni signe de Barixsxi.
Anesthésie ou hypoesthésie, au tact, à la douleur et à la température, dans les territoires radiculaires des 4° et 5° lombaires et des
(1) Roussezzren, Thèse de Paris, juillet 4907, (2) Raymoxo et Orpenr, Soc. de neurol., T fév, 4907.
4 premières sacrées, Paresthésie, rotard de la sensibilité, Ancatht sie articulaire, musculaire, osseuse.
Parésie du membre inférieur droit, Hypotonie, Réactions éloctriques un peu diminuées, Lymphocytose moyenne da liquide céphalo-vachidien, Pas d'a
taxie. Absence du signe d'Anavir-Ronenrson, Rien aux membres supérieurs.
Les auteurs concluent à l'existence d’une méningo myéloradiculite probablement spécilique, prédominante dans la région lombo-sacrée postérieure, Is expliquent li parésie par l'extension du processus aux racines antérioures où peutêtre par la compression du faisceau pyramidal par cette plaque de méningite.
Nous avons pu, nous-même, depuis quelques annéos ot au milieu d'assez nombreux cas de sciatiques ou de névrites des membres inférieurs, observer el réunir un certain nom. bre de radiculites lombo-sacréos, Quelques-unes de ces observations, parmi les plus typiques, méritent, croyons-nous, de prendre place ici.
La première est un exemple de radiculite récidivante dont nous avons pu observer deux atteintes à plus de 4 années de distance. L'étiologie semble s'être affirmée par l'appart tion dans l'intervalle d'accidents syphilitiques graves, La 80conde atteinte, superposée à la première, #'est traduite par des douleurs en lancées, réveillées par la toux et les efforts, par de l’hyperesthésie en bande radiculaire et dos moditica-
tions des réflexes tendineux du membre intéress6,
B. H..., 37 ans, garçon de magasin, a été soigné et auivi par nous, à Saint-Antoine, il y a 5 ans, en juin et juillet 190%, dana le service de notre maître le Prof, Gaucnæn, [ avait à ce moment une névral gie sciatique gauche extrêmement violente et rebelle qui dura plus de 3 mois, elle ne s'atténua que lentement, aprèn (choc dés cale mants et des révulsifs usités, De vives douleurs lombaires, apparues