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que d’origine centrale. Si, dans ce cas, les douleurs n’ont jamais été très vives, par contre les troubles de la sensibilité se sont montrés des plus nets dans tout le territoire du trijumeau. La limitation absolue au côté gauche de la face et de la langue, le peu de douleur déterminée par la pression des points d’émergence, la parésie des masticateurs, l'intégrité des autres nerfs, la céphalée, les antécédents du malade, et l’évolution de l’affection permettent de penser qu’il s'agissait d’une lésion méningo-radiculaire syphilitique de la cinquième paire.
On serait tenté de rattacher à une même cause basilaire cette particularité neurologique que nous avons relevée chez notre malade : l'insuffisance du releveur de la paupière et du droit supérieur. Elle lui est complètement étrangère ; elle date de la première enfance, elle ne traduit pas une paralysie partielle de la troisième paire, mais plutôt une anomalie précoce ou congénitale (agénésie des cellules nucléaires) analogue à celle que Deere, Gaucxcer et Roussy (1) ont mise en évidence à l’autopsie d’un cas de ptosis congénital.
Le début récent de l’atteinte du trijumeau, l’absence de lésions graves dégénératives et surtout le traitement précoce des accidents expliquent ici la guérison rapide et complète par le traitement mercuriel.
Ces deux observations, en somme, nous paraissent concordantes et confirmatives de ce mode d'interprétation. De leur étude et de celle d’autres cas analogues nous semblent ressortir deux notions importantes : la nature syphilitique et le siège méningo-radiculaire des lésions qui conditionnent ces névralgies de tout le trijumeau.
Des observations comparables de névralgie faciale syphili-
(1) DéserINE, GAUGKLER et Roussy, Soc, de newr'ol. de Paris, 1e décembre
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tique, pour lesquelles il est permis de penser à une localisation radiculaire, ont été relatées par Fourier. Cet auteur a vu des gommes ou de véritables névromes syphilitiques comprimant les racines de la 5° paire.
Lancereaux, en 1892, a trouvé, à l’autopsie d’un cas de ce genre, une masse fibreuse de même nature, siégeant en arrière du rocher et englobant l’origine des 5°, 7° et 8° paires droites, qui étaient atrophiées et partiellement détruites. Il s'agissait d’un homme atteint de névralgie faciale avec anesthésie, paralysie faciale incomplète et troubles de la mastication.
Dans un cas de Barrour, une névralgie faciale syphilitique était associée à un ptosis ; l’autopsie montra une tumeur gommeuse allant de la selle turcique aux pédoncules cérébraux et détruisant les racines de la 3° paire.
Une observation très analogue a été publiée par Vecesey : névralgie avec anesthésie gauche de la face, paralysie de la 3° paire droite, méningite basilaire probable, guérison par le traitement antisyphilitique.
Des cas semblables sont décrits par Kancer et par Urnorr.
Dans le cas de Ruuze (1), un homme de 41 ans souffrait de névralgie faciale droite avec céphalée et diplopie. Le côté correspondant de la face était anesthésique trois mois après le début des douleurs. Un peu plus tard, le malade fit une hémiplégie gauche et mourut. L’autopsie montra lexistence d’une première gomme englobant les racines du trijumeau à leur point d’émergence protubérantielle et une seconde gomme dans la moitié droite du pont.
Dans les observations publiées par Max Nonxe en 1905 se trouve un exemple comparable.
(1) Observations relatées in Thèse de G. Ravaur, La névralgie faciale syphilitique. Paris, 1907.
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Dans celle de Loxc et Eccen, il s’agit d’une névralgie syphilitique du trijumeau accompagnée de paralysie des muscles masticateurs, d'anesthésie, de ptosis, de kératite et de troubles auditifs. Elle guérit par le mercure.
Min, dans son mémoire de 1903, rappelle quelques-uns de ces faits et différencie nettement, par la clinique, Pétiologie et l’anatomie pathologique, ces névralgies faciales syphilitiques tertiaires de celles qu’on peut voir à la période secondaire ou au cours du tabès (1).
Herrourr (2) se base sur les mêmes caractères et arrive aux mêmes conclusions. Il note parfois de l'hypertension du liquide céphalo-rachidien sans lÿmphocytose et de l’exagération des réfléxes tendineux.
VerGer (3), dans son important travail de 1904, faitun essai fructueux de classification des névralgies faciales. Il montre que l’injection de cocaïne /oco dolenti permet de distinguer les névralgies de cause périphérique, où la cocaïne agit, de celles de cause centrale, où ses effets restent négatifs. Parmi ces dernières, les 3 observations suivantes de l’auteur nous paraissent des plus intéressantes :
OsservarioN XI. — Névralgie faciale droite depuis 15 ans, rebelle à des interventions chirurgicales multiples, sans points de VaLLeix, avec crises paroxystiques, signe d'A. Roserrson, inégalité pupillaire, lymphocytose céphalo-rachidienne et pour laquelle cocaïne et alcool restent sans effet.
OgservarTioN XIX. — Femme de 51 ans, présentant une névralgie
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(1) Dansle (abès, les névralgies faciales ne sont pas rares; elles se traduisent par des douleurs fixes ou paroxystiques, véritables douleurs fulgurantes ‘de la face, assez souvent bilatérales avec troubles sensitifs, trophiques et vaso-moteurs. Dues à de la sclérose des fibres du trijurneau, elles peuvent être considérées comme des radiculites crâniennes analogues par leur nature el leur pathogénie,à celle des nerfs rachidiens qu'elles accompagnent.
(2) Hernouer, Thèse de Paris, 1903.
(3) VerGer, Revue de médecine, 1904, p. 34.
LR.