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du trijumeau droit avec paralysie des masticateurs, paralysie faciale, ophtalmoplégie et surdité du même côté. Hypoesthésie du territoire correspondant. Action nulle de la cocaïne et du traitement mercuriel. La cause probable est une production néoplasique juxtaprotubérantielle englobant et irritant les racines de-la 3° à la 8° paire du côté droit.
OBsERvATION XX. — Femme de 64 ans, opérée de cancer du sein, présente une névralgie faciale gauche avec paralysie des masticateurs et de la face du même côté. Hypoesthésie de tout le trijumeau. Ophtalmoplégie gauche et cécité de l’œilgauüche. Rien aux membres, donc grande probabilité d’un noyau métastatique cancéreux.
Dans ces 3 cas, la lésion siège très probablement sur les racines du trijumeau ; c’est une radiculite de là 5° paire, pure däns la première observation, associée à des altérälions des autres paires crâniennes dans les deux dernières. La première relève peut-être de la syphilis, malgré les renseignements négatifs de la malade, les deux autres sont prodüites par des lésions néoplasiques.
F. Lévy (1) montre que les névralgies de la syphilis tertiaire sont dues souvent à de la pachyméningite basilaire comprimant le nerf et qu'il y a alors non seulement névralgie, mais paralysie du trijumeau sensitif et moteur. On note des douleurs paroxystiques en décharges terribles, de l’anesthésie, de la paralysie des masticateurs, de la céphalée, de la lymphocytose, quelquefois du zona et des paralysies concomitantes des autres nerfs.
Ces paralysies multiples seraient assez fréquentes. Dans un cas de Bazrour, les 3° et 5° paires étaient atteintes : névralgie faciale syphilitique et ptosis, et à l’autopsie on vit une tumeur gommeuse étendue de la selle turcique aux pédoncules cérébraux et détruisant l’origine de la 3° paire.
(1) F. Lévy, Essai sur les névralgies faciales. Thèse de Paris, 1906.
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Une autre forme serait assez fréquente, sa pathogénie s'explique facilement, c’est la paralysie simultanée du facial et de l’acoustique d’origine syphilitique.
En 1906, Lanvois (1) en rapporte plusieurs observations, dont trois de la période tertiaire nous intéressent ici particulièrement. Dans l’une, la syphilis date de 20 ans, dans l'autre de 15 ans, et s’accompagne de syphilis des tertiaires, de gommes ulcérées du voile du palais et de symptômes de syphilis cérébrale ; dans la troisième, il s’agit d’hérédosyphilis.
L'auteur discute avec soin le diagnostic, il élimine les affections de l'oreille et les lésions nucléaires et localise la lésion (gomme ou plaque de méningite) sur les racines des nerfs entre le bulbe et le conduit auditif interne. Il rapproche de ces faits d’autres observations antérieures de Burcer et Per, Brun, RuGANI, ROSENSTEIN.
L'observation de Burcer et Pez est un cas de paralysie syphilitique des nerfs crâniens d’un côté,de la 5° à la 9° paire, avec hémiparésie des membres du côté opposé, dù à une méningite gommeuse de la base et guérie par le mercure. Celle de Bruur concerne un syphilitique atteint de surdité et paralysie faciale unilatérales avec céphalée et guéri par le traitement antisyphilitique en 15 jours.
Lesonne et Orrerr (2) ont publié un cas de paralysie unilatérale de nerfs crâniens multiples (moteurs oculaires, trijumeau, facial, auditif, glosso-pharyngien et hypoglosse) chez un homme de 36 ans, syphilitique depuis {8 ans. Cette paralysie était accompagnée de lymphocytose céphalo-rachidienne et due très vraisemblablement à une méningite spéei-
(4) Lanxwors, Ann. des maladies de l'oreille el du larynæ, sept. 1906. (2) P. Leone ct E. Orrert, Rev. neurologique, 15 juillet 1907, p. 637.
fique de la base ; elle s’amenda peu à peu par le traitement mercuriel.
Les auteurs rappellent à ce propos les observations de Beevor, ARoNsHoN, Roramanx, Mexner, attribuées également à des processus basilaires et insistent avec raison sur le diagnostic de ces cas avec les polynévrites.
En résumé, de tous ces faits ressortent un certain nombre de caractères communs qui permettent de distinguer les paralysies radiculaires crâniennes des paralysies tronculaires ou périphériques.
C’est tout d’abord l'atteinte totale du nerf intéressé. Tout le territoire sensitif ou moteur est pris, et rien que ce territoire, car le nerf n’a encore émis ni reçu aucune anastomose ou branche collatérale. Il n’y a pas comme dans les névrites périphériques ou comme dans les paralysies intra-pétreuses du facial, par exemple, atteinte d’une branche à l’exclusion d’une autre.
Un autre caractère est fourni par la méthode de Prrres et Vercër, c’est l’inefficacité des calmants (cocaïne) ou des caustiques (alcool) appliqués loco dolenti. C'est aussi l’inutilité et l’échec de résections chirurgicales du tronc ou des branches périphériques.
Très fréquemment on voit d’autres paires voisines atteintes simultanément et de la même manière. Ces paralysies sont très souvent aussi unilatérales. D’autres lésions bulbaires, protubérantielles, pédonculaires ou cérébrales, coexistent souvent et sont de même nature.
Des symptômes méningitiques plus ou moins marqués, la céphalée particulièrement, en traduisent l'existence.
La ponction lombaire révèle presque toujours des modifications du liquide céphalo-rachidien : hypertension, lymphocytose. Enfin les notions étiologiques montrent souvent une
syphilis antérieure; donnée que vient confirmer l’efficacité du traitement spécifique.
L'étiologie, la pathogénie, l'anatomie pathologique et la symptomatologie rapprochent done atteinte des racines des nerfs crâniens de celles des nerfs rachidiens; elles autorisent l’homologie de ces paralysies cràniennes basilaires ainsi comprises et des paralysies radiculaires rachidiennes ct, par ces caractères communs, permettent de les réunir dans un mème groupe sous le vocable de radiculites.
RADICULITES DISSÉMINÉES
A côté des formes de radiculites en quelque sorte uniques ou limitées, c’est-à-dire n’atteignant qu’un étage radiculaire ou plusieurs racines contiguës, il en est d’autres, où les lésions sont multiples et disséminées à des niveaux divers de l’axe céphalo-rachidien.
L'aspect etla fréquence varient suivantlesrégions.L’atteinte des racines inférieures de la queue de cheval est souvent bilatérale : leur longueur, leur trajet, leur accolement expliquent la propagation de leurs lésions. Dans quelques observations cette symétrie est notée.
Plus rares sans doute et de diagnostic plus délicat sont les formes généralisées.
Deserne et Eccer (1) ont publié un cas de névrite radiculaire sensitivo-motrice généralisée à marche chronique.
C’est l'observation d’une femme de 57 ans, hospitalisée à la Salpétrière depuis 1895.
Dans ses antécédents, on ne trouve qu'une fièvre typhoïde à 27 ans; on ne peut mettre en évidence ni syphilis, ni alcoolisme. Six enfants, dont trois morts en bas âge; pas de fausses couches.
(1) Drssrine et EcGer, Revue neurolog., 15 juin 1904, p. 527.