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la policlinique de notre maître le Prof. Gaucuer. L'interrogatoire le plus minutieux ne fait découvrir dans ses antécédents rien qui permette de penser à la syphilis : ni chancre, ni roséole, quelques aphtes (?) dans Ja bouche.
Depuis 3 mois, le malade souffre, nous dit-il, de douleurs violentes dans le membre supérieur gauche. Ces douleurs ont débuté dans la région cervicale postérieure, la nuque et l’espace interscapulovertébral gauche; elles irradient dans le bras, l’avant-bras et la main en suivant le bord interne du membre, ce qui fit penser tout d’abord à une névralgie cubitale. Elles sont continues, puis entrecoupées de paroxysmes violents en éclairs, provoqués surtout par l’éternuement et la toux. Progressivement la force diminue dans ce membre,
Le malade va consulter M. Baginskr, qui constate l'existence du signe d’A. Rogerrsox et lui ordonne des frictions mercurielles. Onze doses consécutives sont employées sans aucun résultat, mais, de l’avis du malade lui-même, elles le sont de façon défectueuse : onctions simples et non frictions, aucune trace de stomatite à leur suite.
Au moment de notre examen, les douleurs sont toujours des plus vives ; elles sont accompagnées de douleurs de tête continuelles, plus fortes depuis 15 jours et entravant le sommeil.
La pression des nerfs du bras et de l’avant-bras, particulièrement des nerfs cubitaux dans la gouttière épitrochléo-olécränienne, n’est “pas plus douloureuse d’un côté que de l’autre. La pression digitale provoque cependant de la douleur dans la gouttière vertébrale gauche dans les zones cervicales inférieure et dorsale supérieure. Engourdissement et fourmillement dans le bord interne de la main.
La sensibilité cutanée est nettement diminuée sur une bande occupant tout le bord interne du membre supérieur gauche, de l’aisselle à la paume (8 cervicale et 1" dorsale) et aussi bien pour le contact que pour la douleur à la piqûre. Cette hypoesthésie existe également sur le thorax suivant une zone transversale antérieure et postérieure haute de 8 à 10 cent. et sous-jacente à la racine du membre (2° à 5° ou 6€ dorsale) (fig. 5 et 6).
Diminution de la force musculaire de ce côté, mais plus marquée pour le triceps brachial que pour le biceps et à l’avant-bras, plus accusée également dans les extenseurs que dans les fléchisseurs.
Diminution de volume des segments comparés à ceux du côté
SMS. =
sain : circonférence maxima du bras gauche -— 25 cent., du droit — 27 cent. ; de l’avant-bras gauche — 2/,5, du droit — 27.
Diminution de volume et de tonicité des éminences thénar et hypothénar gauches. Dynamomètre à gauche — 29; à droite = 51.
Réflexes tendineux du membre supérieur faibles. Réflexes des membres inférieurs, rotuliens et achilléens, égaux et normaux.
Aucun trouble moteur ni sensitif aux membres inférieurs. Pas de troubles urinaires, sphincters intacts.
Papilles étroites, égales, ne réagissant pas à la lumière, réagissant légèrement à la distance (signe d'A. RoBERTSON).
Le malade est soumis aux piqûres quotidiennes de benzoate de mercure et à 3 grammes d'iodure de potassium.
Evolution : le 28 octobre, légère amélioration. Les douleurs sont un peu moins vives. La toux et l'éternuement déterminent des paroxysmes moins douloureux. Le traitement est continué régulièrement:
31 octobre. L'hypoesthésie toujours aussi nette dansla bande radiculaire interne s'arrête au poignet.
14 novembre. Amélioration considérable. Ne souffre presque plus; n’a plus de crises douloureuses à la toux. Mouvements du bras libres et faciles. Bon état général. Le malade est enchanté du résultat obtenu.
Cette autre observation est encore un exemple de radiculites cervico-dorsales à symptômes sensitifs et moteurs. Les troubles parétiques dominent dans les groupes musculaires innervés par les 7°, 8° cervicales et 1'° dorsale. L’anesthésie s'étend aux territoires de ces racines, et, sur le thorax du côté correspondant, envahit jusqu'à la 6° dorsale. Ce cas établit ainsi une transition entre les précédents à localisation cervicale et dorsale supérieure et ceux des régions dorsale moyenne et dorso-lombaire.
M.C..., 48 ans, mécanicien, vient, le 13 juillet 1906, consulter à la Salpêtrière, dans le service du Prof. Deserixe, pour des douleurs dans la nuque et de l’affaiblissement du membre supérieur droit.
L’affection dont il se plaint aurait débuté, trois mois auparavant,
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