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XIII. Élimination de l'alcool en nature par les sécrétions

Nous avons suivi l’alcool dans son trajet à travers l’appareil circulatoire, et nous avons étudié longuement les effets qu’il détermine sur les centres nerveux; il nous reste à examiner son passage dans les principales sécrétions, où L. Lallemand, Perrin et Duroy ont déterminé sa présence (I).

§ 1. Poumons. On avait été frappé, depuis longtemps, par l’odeur alcoolique qu’exhale l’haleine des buveurs. Magendie, Tiedemann, Royer-Collard avaient admis l’éli-

(!) Du rôle de l’alcool , etc., p. 31.

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de l’alcool. 53

mination de l’alcool en nature par les poumons, quand Bouchardat et Sandras (1), voulant vérifier ce fait, imaginèrent l’expérience suivante :

Un homme ayant pris, en un quart d’heure, 200 grammes d’alcool additionnés de 400 grammes d’eau, les gaz et les vapeurs provenant de la respiration furent recueillis dans un appareil de Wolff, entouré d’un mélange réfrigérant.

L’opération, continuée pendant deux heures, ne fournit qu’une quantité insignifiante de liquide alcoolique.

La même expérience faite sur un autre homme donna absolument les mêmes résultats.

C’est grâce aux expériences de L. Lallemand, Perrin et Duroy que l’élimination de l’alcool par les poumons a été bien démontrée :

Quatre hommes ayant pris 100 grammes d’eau-de-vie à doses successives, les produits de leur expiration fournirent environ 4 grammes d’un liquide présentant faiblement l’odeur alcoolique et verdissant la solution sulfurique de bichromate de potasse.

L’ingestion d’une quantité beaucoup plus faible de boisson spiritueuse (20 à 30 grammes d’eau-de-vie) fut même suffisante pour déceler la présence de l’alcool dans les produits de l’expiration.

Il est vrai, comme le fait remarquer Maurice Perrin, qu’une partie de l’alcool éliminée par le poumon échappe toujours à la distillation et par suite au dosage. Quoi qu’il en soit, la proportion de ce liquide ainsi obtenue est toujours minime, comparativement à la quantité absorbée.

L’élimination par les poumons se continue pendant environ huit heures (Maurice Perrin).

§ 2. Reins. — Avant L. Lallemand, Perrin et Duroy, les physiologistes qui avaient recherché l’alcool dans les urines étaient arrivés à des résultats négatifs. (Tiedemann, Gsnelin, Seiler, Ficinus, Woehler, Royer-Collard, Bouchardat et Sandras.) Il est vrai que Ivlencke avait seul annoncé le passage de l’alcool dans l’urine, mais c’est aux

(t) Annales de chimie et de physique, t. 21 , mém. cité, p. 454.

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expérimentateurs du Val-de-Grâce que nous devons véritablement la démonstration de ce fait important.

30 grammes d’eau-de-vie, absorbés par un homme dans un verre d’eau, leur ont suffi pour déceler la présence de ce liquide dans 60 grammes d’urine émise au bout d’une demi-heure (1).

« Après l’usage d’une quantité modérée de boissons fermentées (6 à 700 centim. cubes de vin, par exemple), les urines rendues quelques heures plus tard renferment assez d’alcool pour fournir à la distillation un produit capable de brûler. » (M. Perrin.)

Et cette élimination se prolonge assez pour qu’il ail été possible au professeur du Val-de-Grâce de constater encore la présence de l’alcool, seize heures après son ingestion, à l’aide d’une liqueur d’épreuve composée de bichromate de potasse dissous dans l’acide sulfurique.

§ 3. Peau. — L. Lallemand, Perrin et Duroy ont constaté la présence de la vapeur alcoolique dans les produits de la perspiration cutanée d’une jeune levrette tà laquelle ils avaient administré 30 grammes d’alcool à 21 degrés, additionnés du même poids d’eau.

L’alcool s’échappe donc par la peau. Ce serait par cette voie, d’après Maurice Perrin, qu’il en sortirait le plus chez l’homme; il serait difficile d’en donner la preuve directe à cause de l’état physique dans lequel se trouvent les produits de l’expiration cutanée.

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