VII. — De l' alcool considéré comme antidéperditcur
Dans la savante introduction qui précède les commentaires du Codex, Gubler a indiqué le premier l’application heureuse qu’on peut faire des médicaments antidéperditeurs au traitement de certaines maladies. Nous- même , dans un récent travail, nous avons étudié les effets physiologiques et thérapeutiques des principaux d’entre eux (café, thé, coca, maté).
Grâce à leur influence modératrice sur le mouvement de dénutrition, l’emploi des spiritueux doit être étendu, croyons-nous , à tous les états morbides caractérisés par l’affaiblissement, l’amaigrissement, le marasme (chlorose, anémie, dyspepsies chroniques, dyssenterie chronique, tuberculose (2); on devra en attendre encore d’excellents effets dans les convalescences longues et difficiles, dans les affections où l’organisme est débilité, soit par des pertes abondantes et continues (polydipsie, métrorrhagie, sueurs profuses), soit par une désassimilation trop rapide (polyurie).
Quant au diabète sucré, l’alcool pourrait agir contre cette affection à titre d’antidéperditeur, h la façon de l’arsenic préconisé dans ce cas par quelques médecins (Owen llees, Saikowski); mais les essais tentés par Bouchardat n’ont pas été heureux; l’expérimentation physiologique et la clinique s’accordent aujourd’hui pour signaler l’influence des préparations alcooliques sur l’augmentation de la quantité de sucre éliminé par les urines des diabétiques (3).
(1) Les animaux auxquels on injecte sous la peau des substances putrides ne présentent que peu ou point de lièvre, s’ils ont été préalablement narcotisés avec l’alcool. (Berliner centrallat, 1870, s. 705.)
(2) Tripier. De l'eau-de-vie dans la phthisie ( Bulletin de Ihérapeu tique, 1804, p. 271); Fuster (de Montpellier), Journal de Martin Lauzer , 1800 , p. 385.
(3) Voy. Kosenstein, Arch. f. path. anat. und pliy., l. 13, nos 4 et 5,j an. 1860.
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