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X.—De ï emploi de l'cilcool dans la pneumonie

§ l.Nous n’avons pas besoin défaire ressortir ici l’utilité des spiritueux dans le traitement des pneumonies des vieillards, où la prostration et l’adynamie constituent les symptômes les plus menaçants et les plus favorables à la médication alcoolique. Les praticiens sent unanimes aujourd’hui pour adopter ce traitement préconisé par un grand nombre d’auteurs (Rœsch, Royer-Collard, Chomel, Grisolle, Gasté, Béhier, Trastour, etc.).

Mais il est un fait beaucoup moins connu et beaucoup moins accepté dans la pratique, c’est l’utilité des alcooliques dans les pneumonies franches, à caractère inflammatoire avec frisson, point de côté, élévation considérable delà température, qui dès le début atteint 40 à 41°, chez des sujets jeunes, vigoureux et d’un tempérament sanguin.

Sauf Béhier, qui, comme nous l’avons dit, d’après quelques observations de pneumonie guérie par les alcooliques,

APPLICATIONS

prises sur des hommes adultes, pense qu’il y aurait dans ce fait sujet à expérimentation, nous voyons tous les médecins proscrire l’emploi des spiritueux, dès que l’affection pulmonaire s’observe sur un sujet jeune et vigoureux et s’accompagne de réaction fébrile : témoin Trastour (1), qui dans l’étude savante et approfondie qu’il consacre à la médication alcoolique dans la pneumonie, signale seulement comme indications des alcooliques : « la faiblesse des sujets, l’absence de réaction, la pâleur de la face, le refroidissement de la peau, les crachats purulents faisant craindre l’hépatisation grise, la vieillesse, la dépression excessive causée par les antimoniaux, etc. »

Pourtant, dans ces derniers temps, S. Jaccoud a préconisé les spiritueux dans la pneumonie fibrineuse des adultes où il s’est bien trouvé de leur emploi, non-seulement contre certaines complications telles que l’adynamie et le délire, mais encore contre l’élévation exagérée de la température organique.

Comparant les diverses médications employées dans la pneumonie, il donne le tableau suivant, où l’on voit que les toniques et les excitants ont produit la mortalité la plus faible :

PneumoDies, Traitement.

Auteurs.

Mortalité.

Saignée seule

Idem

Tartre stibié

. . Rasori

lOti

Idem. .......

Résultats groupés de Laennec, Grisolle : Maximum. 1 6 .00

Minimum. 12 05

Moyenne. 14.25 •/<>

Expectation pure et simple. . Dielt 7.04

Médication tonique exclusive

(alcool, quinquina) Bennett 3.10

§ 2. Ainsi que le dit le savant clinicien de Lariboisière : «la pneumonie, maladie à cycle défini comme la variole ou la rougeole, ne présente aucune indication causale ou patho-

(1) Des indications des alcooliques à hautes doses dans les maladies aiguës, et en particulier dans la pneumonie ( Bulletin général de thérapeutique, 18G0).

génique, et l’évolution naturelle de la lésion ne peut être abrégée d’une heure. »

La courbe thermométrique présente trois périodes: 1° une période d’ascension comprenant 1 ou 2 jours et pendant laquelle la température atteint de 39° à 40°5; 2° une période d’état qui dure h à G jours, caractérisée par des oscillations faibles et stationnaires; 3° une période de déclin qui commence du 6e au 11e jour de la maladie et pendant laquelle la température subit des oscillations rapidement décroissantes (Vov. courbes 10 et 11).

Sous l’influence de la médication alcoolique, la courbe thermométrique subit des modifications évidentes, comme le démontrent les tracés de Jaccoud, de Charcot (Voyez courbe 12) et les nôtres (Voy. courbes 13 et 14). On voit alors la chaleur descendre dès le 3e ou le 4e jour de la maladie, si bien qu’au bout de quelques jours le thermomètre n’indique que 37° ou 3G°5. La période d’état est donc ainsi diminuée.

Nous avons employé la médication alcoolique dans 30 cas de pneumonie franche et n’avons point eu de décès à enregistrer.

Chez un de nos malades, atteint de délire alcoolique, l’administration des spiritueux à hautes doses a été rapidement suivie de la disparition des accidents cérébraux.

§ 3. Bien des explications ont été données pour rendre compte des effets des alcooliques dans la pneumonie.

En France, Trastour (1) cherche à établir sur la théorie de la substitution l’utilité des alcooliques dans les phlegmasies pulmonaires.

D’après cet auteur, la substitution proviendrait de l’influence dépressive de l’alcool sur les vaso-moteurs du poumon et des effets locaux irritants (pneumonie alcoolique) déterminés par l’élimination de cette substance à travers le parenchyme pulmonaire.

Enfin Gingeot, et plus récemment Godfrin (2), font jouer

( 1 ) Loco citato, p. 20 et suiv.

(2) Loco citato, p. 67.

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à l’alcool un très-grand rôle comme antipyrétique dans la pneumonie comme dans tout étatpblegmasique aigu. Ce dernier, insistant sur la nécessité de combattre directement l’élément fièvre dans ces affections, attribue les bons résultats desspiritueux dans ces cas à l’abaissement de la température qu’ils déterminent.

Nous croyons devoir, avec Jaccoud, rapporter l'utilité de l’alcool dans la pneumonie : 1° à l’excitation du système nerveux; 2° à l’abaissement de la température; 3° à la diminution des déperditions et des oxydations organiques; faits que nous avons invoqués du reste nous-même, dès 1869, pour expliquer les bons effets des spiritueux comme stimulants généraux, antipyrétiques et antidéperditeurs (1 ).

XL — De l'emploi de l'alcool dans le rhumatisme articulaire aigu.

Les guérisons publiées par Stokes, Bébier (2) et autres, de rhumatisme articulaire aigu traité par la médication alcoolique, nous ont engagé à expérimenter cette médication dans la même maladie.

Le nombre de rhumatisants que nous avons soumis à l’action des alcooliques s’élève à 13; nous avons enregistré 13 guérisons. A la suite de l’administration des spiritueux, nous avons constaté, outre la cessation des douleurs, la disparition du délire, la diminution considérable dans la fréquence du pouls (faits indiqués par Bébier), une chute assez rapide de la chaleur fébrile, du 4e au 11e jour de la maladie (Voy. courbes 21 et 22).

Les complications cardiaques ont été trop rares (dans 4 cas) pour faire craindre l’action irritante que l’alcool absorbé pourrait exercer sur l’endocarde.

Dans 9 cas, la disparition des douleurs a coïncidé avec une diaphorèse assez abondante.

Les préparations alcooliques nous ont semblé indiquées

(1) Voy. A. Marvaud, Action physiologique cl thérapeutique de i alcool ( Bulletin de la Société de médecine de Bordeaux, 1869).

(2) Bulletin de thérapeutique, 1865.

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dans le rhumatisme articulaire aigu, soit comme excitantes, contre l’adynamie survenant chez des sujets déjà débilités, soit comme antipyrétiques, contre l'acuité des accidents liés e ssentiellement à la chaleur fébrile.

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