‹ Étude de physiologie thérapeutiqueChapitre 9 sur 40 · VI. Présence de l'alcool dans les centres nerveux · texte numérisé non relu

VI. Présence de l'alcool dans les centres nerveux

On avait reconnu (Franck (1), Ogston (2), A. Tardieu (3), etc.) que le cerveau répandait quelquefois une odeur alcoolique chez les individus morts à l’état d’ivresse ; mais la présence de l’alcool dans les centres nerveux n’a été démontrée expérimentalement que par L. Lallemand, Perrin et Duroy, qui ont retiré, par la distillation de la matière nerveuse, une certaine quantité d’alcool chez six chiens, dont chacun avait reçu, dans l’estomac, euviron 16 grammes d’eau-de-vie (4).

D’après ces observateurs, l’alcool s’accumule dans les centres nerveux en vertu d’une affinité spéciale ; il y séjourne plus longtemps que dans tous les autres organes, et s’en élimine avec lenteur.

On a bien essayé de fouiller plus profondément dans l’intimité de l’encéphale pour déterminer exactement dans quel élément séjourne l’alcool que la distillation retire de la matière cérébrale. On s’est demandé si l’alcool agit sur la cellule nerveuse, directement parce qu’il l’imprègne et la pénètre, ou indirectement par sa présence dans son stimulant physiologique habituel, dans le liquide sanguin.

Nous ne pourrions, à ce sujet, émettre qu’une interprétation bien hasardée; aussi nous ne pousserons pas plus loin cette analyse physiologique.

Contentons-nous des résultats de l’expérimentation, sans nous laisser aller dans le champ des conceptions théoriques et des hypothèses. Le fait bien constaté de la présence de l’alcool libre dans la substance nerveuse peut suffire, du

(1) J. Franck, Praxcos medicœ universœ prœcepla, t. 4, cap. 24, De ebrietate.

(2) Ogston, On the more advanccd stages of intoxication ( The Edinb. med. and surg. Journal, octobre 1842.

(3) Amb. Tardieu, Observations médico-légales sur l’état d'ivresse (Ann. d'hygicne et de médecine légale, 1848, t. 40, p. 300 et suiv.)

(4) Loco citato, p. 82 et suiv.

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reste, pour expliquer les troubles suscités par ce liquide dans l’appareil cérébro-spinal et dans ses dépendances.

Il est vrai que, d’après les recherches récentes mentionnées plus haut (1), l’alcool produirait dans les centres nerveux une décomposition du protagone, et cet effet pourrait rendre compte des troubles et de l’abolition des fonctions nerveuses ; mais nous croyons prudent de ne pas nous prononcer nettement sur ces résultats, qui ne sont pas suffisamment prouvés pour avoir une grande importance scientifique.

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