CHAPITRE I
Le pneumothorax en général est l’épanchement de gaz dans la cavité pleurale. L’exhalation de gaz par la plèvre saine n’est plus admis aujourd’hui comme du temps de Laennec, car il est prouvé que cette dernière ne peut être le siège de pneumatose.
Le pneumothorax résulte toujours d’une perforation pleurale, perforation qui se fait, soit des poumons vers la plèvre, soit de cette dernière vers ceuxlà. L’emphysème, par suite de la rupture de vésicules sous-pleurales, la gangrène pulmonaire, les infarctus, les noyaux hémorragiques superficiels, la pleurésie purulente généralisée et interlobaire, les foyers ganglionnaires péribronchiques, les kystes et les abcès du foie et du rein, un traumatisme, sont les causes ordinaires de ces perforations pleuro-pulmonaires.
Mais la tuberculose est de beaucoup la cause dominante, C’est du reste la seule éventualité que nous envisagerons ici. Dans ces différents cas, le pneumothorax n’est évité que si des adhérences ont soudé entre eux les deux feuillets de la plèvre.
Laissant de côté le pneumothorax localisé, presque toujours latent et souvent méconnu, survenant sou-
vent à la période terminale de la tuberculose, et dû
MAO NE à des adhérences pleurales le plus souvent, nous ne nous occuperons ici que des pneumothorax généralisés, survenant au cours de cette maladie, sans adhérences pleurales.
Rien n’est plus variable que lexpression clinique du pneumothorax. Il peut être, ou bien l’un des premiers symptômes d’une tuberculose, jusque-là méconnue et latente, ou bien il peut survenir au cours. d’une tuberculose avérée et reconnue qui a déterminé des lésions uni ou bilatérales. À quelque période qu’il se produise, il est toujours déterminé par l'existence de lésions récentes évolutives.
Le début, ainsi que nous l’avons dit plus haut, est excessivement brutal. Rien ne le fait prévoir.
A l’occasion d’un effort, d’une quinte de toux, parfois sans aucune cause provocatrice, le malade ressent un point de côté extrêmement violent, sousmammaire ou sous-scapulaire, véritable sensation de déchirure intrathoracique.
En même temps, le sujet est pris d’une dyspnée extrêmement intense (50 à 60 respirations par minute), pouvant aller jusqu’à lorthopnée. Il est penché en avant, les mains crispées sur sa poitrine, cherchant par la mise en jeu de ses muscles respiratoires accessoires à suppléer au manque d’air qui l’oppresse. Le faciès est cyanosé, hagard ; les ailes du nez battent un mouvement désordonné, le cœur palpite, le pouls est rapide, petit, filant ; l’angoisse puis l’anxiété se traduisent dans le regard ; la voix est éteinte, les
lèvres tremblantes, la toux spasmodique, l’expectora-