OBSERVATION VIII
(Empruntée à l'ouvrage de MM. Bayeux et Variot. La Diphtérie.)
Croup et diphtérie des bronches
F... Georges, dix-sept mois.
19 octobre 1909. — Entre à l’hôpital avec toux et voix rauque, tirage très intense et cornage. Exsudats sur la face interne de la luette et amygdales, et au niveau de la naissance du voile du palais.
L'enfant est placé dans la chambre de vapeur. On constate que l'enfant est dans un état de grande faiblesse : absence complète de dents, la face est bouffie et blème. Le tronc et les membres sont très peu développés, mais sans déformations rachitiques. |
La fontanelle antérieure n’est pas soudée. Ni paralysies ni
contractures.
On porte dès l'entrée un pronostic grave à cause du faible développement de l'enfant et de son mauvais état général,
Vers midi, l'enfant, dont le tirage n’est pas calmé, est tubé.
Le tube court ne pouvant être introduit, on met un tube long ; l'enfant est un peu soulagé.
Vers 5 heüres du matin, l'enfant est pris subitement d’une gêne extrème de la respiration, avec cyanose. Les mouvements de respiration artificielle ne faisant pas pénétrer l'air, on recherche le tube que l’on trouve avec ie doigt, dans la bouche. Son extrémité inférieure estencore dans le larynx, mais ses trois quarts supérieurs sont cachés par le voile du palais sur la face supérieure duquel le tube repose arc-bouté. Le tube accroché avec l'index recourbé en arrière du voile est ramené avec une certaine résistance de la bouche et extrait.
On constate qu’il est obstrué par une fausse membrane qui emplit presque toute la lumière du tube,
L'enfant, cyanosé et dans le collapsus, est couché sur la table d'opération et trachéotomisé, mais sans qu’on puisse le ramener à la vie.
Autopsie. — Fausses membranes sur le fond du pharyÿnx et au niveau des replis aryténo-épiglottiques. La trachée et les fausses bronches sont tapissées de fausses membranes. Poumons congestionnés.
Pas de broncho-pneumonie.
PME 7e REA
OBSERVATION IX (In thèse de M. Schultz. Paris, 1897.)
Diphtérie laryngo-trachéo-bronchique.
Ecouvillonnages répétés.
N.. Lucienne, vingt-deux mois, entrée à l’hôpital le 7 juin 1896 à 7 heures du matin, en état de mort apparente.
Elle est malade depuis quatre jours, pendant lesquels elle a beaucoup toussé, et depuis vingt-quatre heures elle a eu de nombreux accès de suffocation.
A l'entrée, elle est d’une pâleur cadavérique, avec tirage très lent, convulsif, pouls filiforme, incomptable.
D'urgence on introduit un tube (tube court), on fait un grand lavage de la bouche, lequel donne issue à une grande quantité de pus ; on réchauffe l’enfant ét au bout de cinq miputes on pratique l’énucléation. On a donc fait un écouvillonnage de cinq minutes.
À la suite de cette intervention, le soulagement est très frappant, la voix est redevenue claire, la respiration s’est régularisée ; après quelques minutes d'observation, on couche l’enfant qui s'endort.
L'examen de la gorge a montré une angine pseudo-membraneuse siégeantsur les piliers postérieurs et et les amygdales, adénopathie légère.
On diagnostique : diphtérie du pharynx avec croup. On injecte 20 centimètres cubes de sérum de Roux. La température est de 3804.
À 10 heures du matin, au moment de la visite, la voix est
ne CE à peu près claire, la toux rauque : l’état général assez satisfaisant.
À 5 heures du soir, accès de suflocation violent qui nécessite un deuxième écouvillonnage, à la suite duquel l'enfant rend un paquet de débris membraneux ; soulagement momentané ; nouvelle crise à 11 heures du soir; en raison du jeune âge de l'enfant, et de la rapidité de la reprise du tirage, on place un tube à demeure pour la nuit, opération qui amène -un calme parfait. La température est à 38 degrés. On injecte 10 centimètres cubes de sérum.
8 juin. — L'enfant a été calme toute la nuit. Enucléation à 11 heures du matin, rejet de débris membraneux. Les exsudats pharyngés sont restés stationnaires.
À 8 heures du soir, l’enfant, dont la respiration est redevenue pénible dans l'après-midi, redevient asphyxiante. Tubage qui n’amène pas de soulagement.
Alors, on se décide à la trachéotomie, laquelle amène un soulagement notable et permet le rejet d'un paquet de membranes et de pus.
Dans la nuit, l’état s'aggrave, les respirations se précipitent et l’enfant meurt à 1 heure du matin le 9 juin.
Opposition à l’autopsie.
Examen bactériologique. — Lôüfler pur.
OBSERVATION X (In Thèse de M. Schultz. Paris, 1897.)
Diphtérie laryngo-trachéo-bronchile trailée par l'écouvillonnage
B... Henri, deux ans, entré à l'hôpital le 22 mai 1896
à 8 heures dusoir. Malade depuis six jours ; a eu mal à la gorge,
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a toussé, et depuis deux jours il est très gêné pour respirer A sonentrée, le tirageest intense, mais l’état génénal bon ; voix et toux éteintes. Dans la gorge, on aperçoit un îlot perlé sur le pilier postérieur droit, situé très bas, et un îlot rétro-pharyngien. %
On diagnostique diphtérie légère du pharynx avec croup. Température 3806.
L'enfant est placé dans la chambre de vapeurs, et reçoit une injection de 10 centimètres cubes de sérum de Roux. Pendant la nuit, le tirage augmente. À 7 heures du matin, le 23 mai, l'enfant devient pâle et se fatigue visiblement.
On pratique alors l’écouvillonnage ; une fois le tube énucléé l'enfant rejette une fausse membrane de 12 centimètres après quelques efforts de toux. Cette membrane est tubulée, épaisse, cohérente, à fond cruenté, Soulagement de dix minutes ; reprise de la gène respiratoire qui nécessite une nouvelle application du tube ; à cause de la grande fatigue de l'enfant, on laisse le tube à demeure.
Deuxième injection de 20 centimètres cubes de sérum de Roux à 7h. 1/2 du matin. La température est à 38 degrés. Le tube que l’on a introduit est un tube de deux ans. À 7 heures du soir, rejet du tube avec nouvelle expulsion de débris membraneux ; pendant une heure le calme est parfait, et la respiration relativement faible.
La température atteint 39 degrés.
À 8 heures du soir, reprise du tirage, lequel semble bien dû au clapottement des débris membraneux dans les bronches et la trachée ; c’est un tirage profond, régulier, avec soulèvement
marqué des fausses côtes.
On entend un bruit de drapeau surtout expiratoire très mar-
qué. À 11 heures du soir, l’enfant a de nouveau pâli, s’agite, toussote.
On se tient auprès de lui en prévision d’une intervention. On ordonne un bain sinapisé et du grog.
À r heure du matin, le 24 mai, la situation devient grave ; le tirage est extrême et semble toujours plutôt tracéo-bronchique que laryngé. Ecouvillonnage. Le tube de trois à quatre ans mis en place n'amène pas de soulagement appréciable. On pratique alors l’énucléation du tube, et on trouve que le tube contient une membrane effilée de 1 centimètre environ.
En même temps, l'enfant toussant expulse une énorme fausse membrane, aussi épaisse que la veille, longue de 13 centimètres.
Soulagement très marqué. Retour des couleurs surle visage, respiration calme. L'enfant s'endort.
24 mai. — L'état général de l’enfant est assez bon, température 38°6. Pouls bon, plein, régulier à 132.
En prévision d'une repullulation de membranes trachéo-bronchiques, on injecte de nouveau 20 centimètres cubes de sérum de Roux.
L'examen bactériologique a donné Lôüffler et staphylocoques et nombreux streptocoques. À minuit, nouvelle crise asphyÿxique et écouvillonnage.
25 mai, — A 1x h. 1/2 du soir, mêmes accidents. Quatrième écouvillonnage qui amène un soulagement trachéo-bronchique définitif.
Troisième injection de sérum de 20 centimètres cubes.
26 mai. — Cette nuit, l'enfant a commencé à cracher du pus, épais, verdâtre. La température est à 39 degrés. On pra-
tique de fréquents lavages de la gorge, le tirage à disparu. À
6 heures du soir, température 39 degrés, toux assez fréquente avec rejets de flots de pus.
On ordonne des bains à 32 degrés pour la nuit.
27 mai. — Ce matin latempérature s'élève à 4o degrés, la respiration à 45, le pouls 'à 160. Le larynx est manifestement libre, et les signes d’auscultation dénotent quelques râles. On continue les baïns tièdes.
28 mai. — L'état général s'aggrave. L'enfant est très agité, dévoré d’une soif ardente. Le soir à 9 h. 1/2, la température monte à 42°3 et l’enfant s'éteint presque subitement.
Autopsie. — Larynx sain, sans ulcérations. Trachée et bronches livides, contenant des traînées purulentes épaisses et concrètes. Quelques petites bronches contiennent des filaments membraneux. Congestion marquée des bases pulmonaires.
Cœur un peu dilaté.
OBSERVATION XI (Résumée)
(In thèse de M. Schultz.)
J... Pierre, cinq ans, croup, angine. Malade trois jours avec Voix rauque.
24 juillet. — À 2 heures du matin accès de suffocation.
Entre le 23 juillet à 4 heures du matin. Tirage léger, toux rauque, voix éteinte. Albuminurie. On fait 20 centimètres cubes de sérum. À
A 7 heures du matin écouvillonage de nécessité, rejet d’une |
fausse membrane, un moule de trachée et deux bronches.
—— Oi —
3 heures du soir, nouvel écouvillonnage de nécessité : le tube est obstrué par une fausse membrane.
À 2 heures du soir, plusieurs introductions successives du tube, plusieurs rejets (tubes de cinq à sept ans). Souligement momentanée. |
24 juillet. — À 6 heures du matin, enfant asphyxiant sans tirage.
À 8 heures du matin, trachéotomie, respiration artificielle sans résultat.
Lôffler.
Autopsie. — Toutes les voies aériennes jusqu'aux plus petites ramifications bronchiques sont tapissées de fausses membranes épaissies, tubulées.
Poumons : Lobes supérieurs : emphysème : lobes inférieurs :
splénisation massive.