‹ Étude de quelques cas de trachéo-bronchite pseudo-membraneuse diphtérique et recherche d'un traitement rationnelChapitre 8 sur 13 · LAS LS · texte numérisé non relu

LAS LS

le frottement de la canule qui l’a décollée de la muqueuse trachéale, sans la perforer, sur une longueur de 8 centimètres

environ.

La seconde trachéotomie à porté sur les sixième, septième et huitième anneaux. Plus difficile à faire, plus profonde, que la première, le bistouri a cette fois ouvert la membrane ; etencore elle est tellement rigide que sur la pièce entière, qui a été conservée dans le liquide de Bouin, les lèvres sont exactement join. tes, et il faut introduire un corps dur pour les entr'ouvrir.

Ce tube membraneux se continue dans les bronches, et nous avons pu le suivre jusque dans ses plus petites ramifications.

Les poumons sont congestionnés, mais il n’y a pas de lésions broncho-pneumoniques.

Sous les membranes, la muqueuse est rouge et semble épaissie.

On trouve autour de la trachée, et entre les deux bronches de nombreux ganglions hypertrophiés.

Examen bactériologique des membranes négatif pour le ba-

cille de Lôffler (membranes prélevées à l’autopsie seulement).

OBSERVATION V (Personnelle)

S... Vincenta, âgée de deux ans.

Cette enfant cst transportée au pavillon de diphtérie le 28 septembre 1907.

‘À son entrée (2 heures du soir) l’enfant est très pâle, avec les lèvres bleutées, une dypsnée assez forte, qui dure depuis vingt-quatre heures, sans crises de suffocation. Le tirage existe,

mais n'est pastrès accentué. Toux légère et continuelle. Gan-

glions sous-maxillaires très développés, avec œdème du cou.

L'examen de la gorge permet de reconnaître une pharyngite pseudo-membraneuse, qui est cliniquement une pharyngite diphtérique. Température 38 degrés.

Pour parer à des accidents qu'il redoute, mon collègue Souillard décide de faire un tubage du larynx ; deux tentatives sont faites sans succès. L’échec est dû à l’étroitesse de l’orifice laryngé, à sa situation basse et au retrait sous une épiglotte volumineuse. Cet état doit reconnaître pour cause un œdème généralisé du pharynx et du larynx. L'enfant malgré tout ne se cyanosant pas, notre collègue a cru devoir attendre pour pratiquer la trachéotomie que les phénomènes de dypsnée deviennent plus rates D'ailleurs le faciès de F’enfant était resté pâle, etilne semblait pas qu'il y eût véritablement obstacle au passage de l’air.

20 centimètres cubes de sérum sont injectés à la petite malade

A.l’auscultation, on note de la bronchite desséminée aux

deux côtés.

El Ar

La nuit est agitée, mais sans crise de suffocation.

La dyspnée est toujours de même intensité.

On fait ro centimètres cubes de sérum.

Le lendemain, on ne constate aucune amélioration.

Sur le soir, la température s'élève et la dyspnée augmente graduellement. On pratique alors un tubage avec un tube un peu plus petit (tube court) ; l'œdème du larynx semble avoir un peu diminué.

La dyspnée n’est pas soulagée.

Le lendemain 30, amélioration à peine sensible.

La température reste assez élevée. On commence à baigner l'enfant.

Nous avons eu l’occasion de voir cet enfant le lendemain 1e" octobre. Il est toujours pâle, les traits tirés, les lèvres bleuâtres, les pupilles dilatées. La dyspnée assez forte est accompagnée de petits accès de toux fréquents.

A l'examen, la gorge apparaît à peu près nette ; il ne reste plus qu’un peu de rougeur.

A l’auscultation, on entend, outre de gros râles trachéaux et bronchiques, de nombreux foyers de petits râles fins et humides, mêlés à des foyers de râles sous-crépitants. Les bases paraissent congestionnées.

La température est de 39 degrés, le pouls à 140.

Le diagnostic de bronchite pseudo-membraneuse est émis ; l'absence de tout rejet membraneux le fait abondonner.

On ordonne les enveloppements humides permanents ; potion tonique.

2 octobre, — Amélioration apparente, mais la température atteint 395. On décide de laisser le tube en place,

10 centimètres cubes de sérum sont faits chaque jour.

3 octobre, — Au moment dela visite, détabage du tube par énucléation. Quelques minutes après, le petit malade a une quinte de toux très violente ; puis à un moment donné, il fait des efforts terribles et asphyxie brusquement.

Sans perdre un instant, nous pratiquons la trachéotomie, mais c'est à peine si quelques bulles d’air passent par la bou tonnière trachéale, lorsqu'on fait la respiration artificielle. Nous scrutons la canule, la trachée, mais en vain. Très rapidement la mort survient. Le faciès de l'enfant n’a cependant pas pris la teinte foncée habituelle, ce qui,un instant nous a fait songer à une syncope toxique.

L’autopsie devait nous démontrer la nature de cette asphyxie foudroyante, que la trachéotomie n’avait pu lever.

Elle a lieu le lendemain 4 octobre, exactement vingt-quatre heures après la mort.

Le larynx ouvert apparaît immédiatement très altéré ; la muqueuse est rouge vif, cruentée par endroits. On remarque rois petites plaques brunâtres indiquant un sphacèle limité de la muqueuse.

Dèés le haut, nous trouvons des débris membraneux encore adhérents à la trachée ; les parties de la muqueuse qui ne sont pas couvertes par les membranes sont rouges et paraissent épaissies. Le tiers inférieur de la trachée est presque intégralement recouvert de membranes. Au niveau de la bifurcation des bronches, nous trouvons un épais bouchon membraneux et muqueux à la fois qui s'étend à droite très loin, jusqu’au hile du poumon ; à gauche la bronche semble être moins complètement obstruée. Nous avons trouvé dans toute l'étendue du poumon les petites bronches plus ou moins garnies

de membranes à moitié liquéfiées ; dans certaines lobes, les

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moules membraneux étaient à peu près intacts. Les poumons, congestionnés aux bases, sont œdémateux. À droite un foyer de broncho-pneumonie. Hypertrophie des ganglions péri-bronchiques et péri-trachéaux.- Dans l'estomac on retrouve un amas defausses membranes moulées et ramifiées, dont la provenance ne peut être douteuse.

« L'examen direct de ces membranes au point de vue bactériologique a surtout fait voir du streptocoque, Les ensemencements n’ont pas permis d'étudier de colonies caractéristiques de Lôffler. » (D' Lemaire.)

Les urines contenaient de o gr. 5o à 1 gramme d’albumine.

Il a été fait 5o centimètres cubes de sérum.

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