LE
CALOMEL. — Hg°Cl°
(Syn.: Chlorure mercureux.— Protochlorure de mercure.—Mereure doux.}
Ce corps a reçu le nom de Calomelas, de Turquet de Mayerne, mort en 1655 (xédos : beau — pèax : noir), en souvenir d’un nègre qui travaillait à sa préparation (1).
Dès le début de son histoire, on lui donna beaucoup d’autres noms, suivant le procédé que l’on employait pour l'obtemr, suivant même le nombre de sublimations qu'on lui faisait subir (3-6-9). | |
Louis XIV acheta le secret de la préparation de la panacée mercurieile (9 sublimations).
C’est Neumann qui l’appela mercure doux.
On le connait aujourd'hui sous trois états, différents comme aspect extérieur, différents aussi comme propriétés.
Préparation. — Mercure doux cristallisé. — On broie 4 p. de sublimé avec 3 p. de mercure, dans un mortier de porcelaine, après avoir humecté le bichlorure, et jusqu’à extinction complète du métal. On fait ainsi passer le sel mercurique à l’état de sel mercureux. On dessèche la masse à l’étuve, on l'introduit dans un matras à fond plat qu’on place ensuite, à moitié plein seulement, sur un bain de sable. On chauffe avec précaution, jusqu'à sublimation du mercure doux, ou calomel cristallisé.
(1) Biblioth. méd., LXXII, 406.
Calomel à la vapeur. — On n’a qu'à prendre le sel cris-
__tallisé que l'on vient d'obtenir et le mettre dans un tube de
terre, fermé à une extrémité. On lute le tube avec un enduit Ni l F
argileux et on le place dans un fourneau à charbon, assez long
pour le contenir presque en entier. Le tube communique avec une grande fontaine de grès, destinée à servir de récipient, On place un couvercle sur la fontaine et l'on bouche toutes les join-
AA tures, les unes avec de F argile, les autres avec du papier collé, ne ménageant qu'une faible ouverture, pour le passage de l'air
dilaté.
On isole le fourneau par un double diaphragme, et l’on dimi-
nue, autant que possible, la distance quile sépare de la fon-
iaine pour que le calomel ne puisse se condenser, dans la partie du tube qui se trouve en dehors du foyer. On bouche égale-
ment l'ouverture du fourneau qui laisse passer Le côté ouvert
du tube, pour empêcher l’échauffement de la masse d'air de la fontaine. On chauffe ensuite, en portant d'abord au rouge la partie du tube la plus voisine du récipient.
Les vapeurs de chlorure mercureux viennent se condenser en poudre fine, au contact des molécules d'air. C’est le même mode de pulvérisation que pour le soufre sublimé.
Primitivement, on se servait de la vapeur d’eau pour produire cette division. Elle n'offre pas d'avantages et a été abandonnée, C'est néanmoins cet emploi qui a fait appeler le produit : calomel à ia vapeur.
Au lieu de se servir du mercure doux cristallisé, on peut agir sur un mélange de sulfate mercurique et de mercure, qui donne, par trituration en présence de l’eau, du sulfate mercu-
reux, et que l'on chauffe, parfaitement sec, en présence de chlorure de sodium décrépité et en excès.
‘Le mercure doux, le calomel renferment toujours du sublimé. On re doit pas s'en servir, sans l’avoir purifié par des lavages ; 4
Top répétés, à l’eau tiède ou à l'alcool, jusqu'à ce que le véhicule n'entraîne plus rien.
Précipité blanc. — Broyer 100 p. d’azotate mercureux, dans un mortier de porcelaine, et le dissoudre dans l'acide azotique au dixième. Puis, verser cette solution dans l'acide chlorhydrique officinal : 50 p.Il se produit un précipité de chlorure mercureux, qu’il faut laver à l’eau tiède comme le calomel, pour le débarrasser du sublimé qu'il pourrait contenir. On sèche à l'étuve.
C'est une poudre blanche, onctueuse, qu'il ne faut pas confondre avec le précipité blanc des anciens chimistes qui est un exschlorure ammonieest de mercure. Ce dernier est beaucoup
plus actif que le chlorure mercureux, et c'est probablement par
la substitution des deux produits, qu’on a trouvé souvent que le précipité blanc agit plus énergiquement que le calomel.
D'après Mialhe et Buchner, cette activité plus grande serait due à la présence d'oxyde et de nitrate mercureux, que renferme quelquefois le précipité blane, surtout quand on précipite par un chlorure alcalin.
On évite ces deux impuretés, en opérant en solution étendue et par digestion à chaud en présence d’un excès de sel marin.
C'est dans le même but que l’on avait conseillé d’ajouter un acide dans la préparation : NO°H, HCI. (Chenevix — Geiger — Trautwein.)
Dumas prétend que lorsqu'on précipite par le chlorure de sodium, ce dernier reste toujours un peu mêlé au chlorure précipité, ce qui le rend plus soluble et peut-être aussi plus actif.
Mialhe prétend qu'il n'a pas pu trouver de différence dans la solubilité du calomel et celle du précipité blanc.
Auires modes de production ou de préparation. -- Action directe du chlore sur le mercure. À 3006, il se fait du
bichlorure.
— Réduction du sublimé, par un réducteur quelconque : SO? par exemple, en liqueur étendue et à 75° environ. (4) |
— Réduction de Hg CE par Hg,
— Réduction du perchlorure de fer par Hg.
Composition. — Ge sel est formé de : chlore 15,08 ; mercure 84,92 0/..
Propriélés. — Poudre amorphe ou cristalline, suivant la sorte ; sans odeur ni saveur. — Cristallise dans le système quadratique.
Densité — 6,992 (Karsten), 7,140 (Boullay)
Se volatilise sans fondre à 450° — 500.
Insoluble dans l'alcool, dans léther ; à-peu près insoluble dans l'eau. ,
CI — NO°H bouillant, le changent en sublimé.
HCI donne Hg + HgCl, à l'abri de l'air. Au contact de l'air, pas de mercure libre.
KoH, à chaud, donne O + Hg + KCI.
SO* donne une masse grise, sans globules de métal. Voge] prétend que c’est un chlorure inférieur.
Altérations. — Le calomel s’altère, à la lumière seule.
L'altération est plus rapide, quand il se trouve en présence de matières organiques (Gay Fr. — Altérations spontanées des médicaments), Elle se fait, suivant la formule suivante .
He’ CU — Hg + HgCl
(1) Sartorius, — Ann. chim. pharm., XCVI, 325