‹ Étude de quelques formes rares de contractures hystériquesChapitre 6 sur 18 · TESTER · texte numérisé non relu

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peut ne pas supprimer complètement la déformation, lorsque la contracture est de date ancienne. Charcot, dans ses cliniques des maladies nerveuses, a longuement insisté sur ce fait : limmobilisation prolongée par l’état pathologique, en attitude irréguhère, peut entraîner à la longuedesatrophies musculaires qui ne sont ni fréquentes, ni accusées, à la vérité, mais qui existent néanmoins ; elle peut entraîner surtout des rétractions tendineuses et fibreuses telles, que lintervention chirurgicale peut devenir nécessaire pour rétablir l'attitude normale, alors que la contracture musculaire elle-même a disparu.

Un autre caractère de la contracture hystérique, sur lequel les auteurs ont peu insisté et qui nous parait avoir son importance, c'est qu’elle s’exagère par l’examen du malade. Il suffit que son attention soit spécialement attirée sur son état par l'examen médical, que l’on cherche à vaincre la raideur musculaire, pour sentir nettement que les muscles setendent et se contractent avec un surcroît d'intensité, comme pour mieux fixer l'attitude vicieuse que l’on essaie de corriger.

A côté de ces formes très accentuées, quelques auteurset M. P. Richer, en parliculier, en ont signalé d'autres moins marquées, qui disparaissent pendant le sommeil physiologique, etqui souvent, ont une mobilite extrême, mais ce sont là des formes tout-à-fait rares el exceplionnelles.

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Enfin, nous rappellerons la forme douloureuse dont le type le mieux connu est, sans contredit, a coxalgie hystérique, et qui peut coexister avec des zônes d’anesthésie douloureuse de la peau.

Du reste, les troubles de ia sensibilité cutanée vont généralement de pair avec la contracture et la précédent la plupart du temps dans une zône déterminée. Si ce symptôme existe dans la majorité des cas et devient un précieux moyen de diagnostic, il faut pourtant bien savoir qu'il n’est pas indispensable et, dans deux cas, nous avons pu nous assurer que les troubles de sensibilité de la peau manquaient complètement ; on ne doit donc pas leur attribuer une valeur absolue, et leur absence ne saurait faire rejeter d'emblée le diagnostic de contracture hystérique.

L'exagération des réflexes tendineux n’est pas non plus un symptôme constant, elle est même rare, de même que la trépidation épileptoïde. Alors même qu'on croit les rencontrer, 11 faut songer à l'erreur possible et se mettre en garde ; Babinski et Souques ont montré que souvent on avait l'illusion de ces deux phénomènes, par une sorte de trémulation, de tremblement hystérique, qui simule plus où moins parfaitement la véritable épilepsie spinale. [ls arrivent même à considérer la trépidation et l’exagération vraie des réflexes, comme deux signes diagnostics à peu près constants dans la contracture par lésion orga-

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nique, et n'existant jamais au sens propre du mot, dans la contracture hystérique.

Par seslocalisations les plus fréquentes, Les plus-ha- bituelles, la contracture hystérique doublée de paralysie de même nature revêt les formes hémiplégique ou monoplégique ; dans ces cas le membre supérieur prend une attitude très différente de celle du membre supérieur. Le bras se trouve en adduetion forcée, tandis que l’avant-bras, le poignet et les doigts sont contracturés en flexion Au membre inférieur, l'attitude est uniforme, c’est l'extension ; la cuisse est étendue sur le bassin, la jambe sur la cuisse, le pied sur la janrbe, seuls les orteils sont souvent fléchis et contractés en une sorte de griffe. Cette contracture en extension s'accompagne presque toujours de l’adduetion du pied avec rotation de la pointe en dedans, donnant ainsi un pied-bot varus-équin véritable, plus ou moins accentué et rendant la marche fort pémible, sinon impossible. |

D'autres fois encore c’estr1e quadriplégie que l’on constate ; les quatre membres -ontatteints. Cette forme, est beaucoup plus rare que + précédentes, Souques nous dit que Briquet sur cer! vingt cas, ne l'a obser

vée que six fois, Dans sa ht: sur la paralysie hystérique des quatre membres, (hevallier (Paris 1886) n’a pu en rapporter que vingl-et-1n cas bien avérés. Bien plus fréquente est la forme j71plégique, complète ou

incomplète, dans laquelle ! contracture est la règle

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générale, et précède ou suit la paralysie. Les deux membres inférieurs sont alors dans une rigidité extrême, fixés en extension forcée. Les muscles fessiers, pelvi-trochantériens participent-ils à la contracture, la marche devient absolument impossible, et le malade est immobilisé au lit avec la raideur d'une planche. Lorsque ces derniers muscles sont au con-. traire aemeurés libres, la marche est encore possible mais reste néanmoins très difficile, et le sujet va en sautillant avec la démarche spasmodique bien connue telle qu'on l’observe dans le tabes dorsal spasmodique et dans Ja maladie de Little.

Felles sont les formes communes de contraciures hystériques, avec leurs caractères les plus saillants.

Quand elles surviennent chez un sujet qui est un hystérique avéré, à la suite d'une grande crise par exemple, le diagnostic ne présente guère de difficulté ; la brusquerie du début, les caractères propres de la contracture, les circonstances dans lesquelles elle est survenue, sont autant de preuves de la nature de laffection. Mais il s’en faut que les choses se passent toujours ainsi; assez souvent même, la contracture survient chez un sujet qui jusqu'alors n'a pas eu une seule attaque, et pourtant c'est bien à la névrose qu’il faut rapporter laccident. Outre les caractères de cette contracture qui, nous lavons vu, sont bien spéciaux, il y a toujours chez le sujet quelques stigmates.

C’est un malade impressionnable, au facies mobile,

iritable, nerveux : c'est une jeune fille qui présente de véritables accès de pleurs ou de rires non motivés. Ona dit que dans les cas de contracture et de paralysie hystériques, il y avait toujours une zône correspondante d’anesthésie, en tous cas, un trouble sensitif bien net : ceci est exact dans la majorité des cas, mais - non dans tous, assurément ; chez plusieurs des mala- ‘des que nous avons eu l’occasion de voir à la Salpétrière, les troubles de la’ sensibilité faisaient défaut, tout au moins pour la sensibilité cutanée ; chez lune des malades, dont nous rapportons ici l'observation, il n'y en avait aucun.

Ce qui fait le moins souvent défaut. c'est peut-être la sensibilité dans la région ovarienne, sensibilité que réveille la pression profonde, et qui s'accompagne d'une sensation d’étouffement, de constriction à la gorge, de boule partant du creux épigastrique ou de la région précordiale, pour remonter vers le larynx, ete. Ce sont [à des stigmates d’hystérie bien connus et sur lesquels nous n'avons pas besoin d’insister.

Ajoutons encore que l'influence de l'hypnose est aussi un excellent moyen diagnostic ; sans doute, on ne peut pas toujours arriver, au premier essai, à la première teutalive, à endormir du sommeil hypnotique un sujet, mais déjà on peutcommencer à voir s'accentuer les signes névropathiques pendant cette tentative ; el si lon n'obtient pas le sommeil complet, on constate une certaine influence subie par la malade,

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qui ne peut plus fixer le regard ou le point brillant qu on l’a fait regarder, et qui ressent un besoin invincible de fermer les yeux, auquel elle cède bientôt.

On voit done que les stigmates hystériques et les divers symptômes de la névrose, si inconstants, peuvent parfois être masqués au point que le diagnostic devient d'une réelle difficulté, surtout lorsqu'à la place d’une contracture commune et assez typique, en somme, on voit soudain paraître des contractures à siège bizarre, entraïnant des déformations qui sont habituellement dues à des affections de nature toute différente.

Laissons de coté les contractures communes, dont nous avons cru utile de rappeler à grands traits les caractères spéciaux, quisont communs, du reste, avec toutes les autres contractures hystériques, et jetons un coup d'œil sur les localisations rares de cette opporlunité de contraction. |

Quelques-unes de ces formes sont particulièrement importantes, à cause des erreurs de diagnostic auxquelles elles prêtent beaucoup. Nous ne ferons que signaler l'hémispasme facial et le trismus nerveux, dont nous n'avons pas d'observation à rapporter comme exemple.

Le blépharospasme, quise rencontre ordinairement avec l’hémispasme facial et lingual, peut cependant exister à l'état de contracture isolée de l'orbiculaire des paupières. D'après Souques, il en existe trois types, clonique, tonique ét pseudo-paralytique, siégant d’un seul côté ou revêtant la forme bilatérale. Dans la forme elonique, il existe un véritable elignotement des paupières à demi fermées, une continuelle vibration qui, nous semble-t-il, est très importante. Cette forme nous parait très fréquente, nous l'avons

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bien souvent rencontrée ; et, plusieurs fois, dans l’une de nos observation en particulier, ce clignotement fut le premier symplômequ atlirât l'attention, et conduisit au diagnostic de contracture hystérique, pour une difformité qu'on eût été tenté d'attribuer à toute autre' cause.

Dans la forme tonique, les yeux sont fermés avec force, les #aupières sont plissées et tendues, il est très difficile d'en obtenir l'écartement, parfois même impossible, car la contracture gagne d'autant plus en intensité, qu'on s'évertue davantage à la vaincre.

Quant à la forme pseudo-paralvtique, voici comment Souques la décrit: « Enfin dans le spasme pseu- « do-paralytique, le plissement et la tension font « défaut ; mais parfois quelques frémissements con- « vulsifs en révèlent la nature. »

Quelle qu'en soit la forme particulière, le blépharospasme peut être douloureux, accompagné de larmoiement et d'une vraie photophobie, ou bien au contraire, parfaitement indolent pendant toute sa durée, qui peut varier de quelques jours à des mois et des années. Gilles de la Tourette, en 1889, dans la nouvelle iconographie de la Salpêtrière, a insisté sur des signes diagnosties importants ; ce sont d'abord une zône d’anesthésie en diaphragme ou d’hypéresthésie de même forme, respectant la cornée transparente el frappant au contraire la conjonctive et la peau, jusque dans un rayon de deux centimètres autour de la ré-

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