FEAR
sont souvent contaminés par l’Aspergillus fumigatus, qui se rencontre assez fréquemment dans les tumeurs du plancher buccal de ces Colombins. Réxow, en 1893, confirme ces faits et constate deux ans plus tard que ces affections mycotiques s'étendent à une deuxième catégorie professionnelle, celle des peigneurs de cheveux. Lucer publie en 1894 des observations importantes sur l’aspergillose chez les animaux domestiques. Bournay (1895) [9] rapporte un cas de mycose concernant une Vache. Scavarrz (1904) [81] trouve l’Aspergillus fumigatus chez une Femme atteinte de gangrène pulmonaire. Cosranrix et Luazr [18] publient en 1905 quelques recherches sur les Aspergillus pathogènes. NicoLLe et PINoY [61] rapportent, en 1906, un cas de mycétome aspergillaire observé en Tunisie, et peu après Brumpr [13] contribue à lPétude clinique des mycétomes par un grand nombre d'observations nouvelles. Signalons, en terminant, la revue de DugreuiLx (1891) [25] sur les moisissures pathogènes, la monographie des Aspergillus de WExMER (1901) [907,les Traités importants de NEUMANN (1892) [60; sur les maladies non microbiennes des animaux, de GEpogLsr (1902) [32] sur les champignons parasites de ? Homme et des animaux domestiques, de GuéGuEen (1904) 185] sur les champignons parasites observés dans toute la série animale. |
« Si l’on met à part, écrit ce dernier auteur, les Asper-
gillus repens, glaucus et flavus, qui, en éliminant les « cas douteux de pneumomycose, paraissent être bien plus « des saprophytes que de véritables parasites, on voit « qu'il n’y a de véritablement pathogènes que les Asper-
gillus de la section fumigatus, le Sierigmatocystis
Ne ee
« nidulans et peut-être le Sterigmatocystis nigra. Si l'on « considère que les deux principales conditions réalisées « par les Mucorinées pathogènes (spores d’un diamètre de € 2 à Gu, optimum cultural voisin de 37°) sont également « remplies par ces Aspergillées, on est conduit à supposer « que tout Aspergillus et Sterigmatocystis, et peut-être « toute Mucédinée présentant ces deux particularités « réunies, est susceptible de devenir pathogène pour les « animaux supérieurs ». Soumettre cette hypothèse au contrôle de l’expérimentation, tel a été le but de notre travail. Pour le mener à bien, monsieur le Professeur RADpaïs a mis à notre disposition toutes les ressources de son laboratoire, et nous a toujours témoigné le plus grand intérêt. Monsieur le Professeur-agrégé GUÉGUEN, qui nous a donné l’idée première de ces recherches, a bien voulu nous guider dans leur accomplissement et nous a constamment prodigué ses savants conseils; les nombreux travaux de ce mycologue sur là biologie des champignons microscopiques nous ont été d’un précieux concours. Monsieur BAINIER nous a généreusement ouvert la riche Mycothèque de l'Ecole de Pharmacie qui nous a permis de faire porter nos premiers essais sur plus de trente formes de Mucédinées. Monsieur Sarrory nous à aidé de sa grande expérience dans l'étude délicate de l’histologie pathologique. C’est un devoir et un plaisir pour nous d'exprimer ici à tous, nos respectueux sentiments de bien vive gratitude et de profonde reconnaissance.
Nos recherches se sont limitées à la tribu des Périsporiées. Seize espèces de Penicillium ont été ensemencées sur Raulin normal, bouillon et carotte et placées à l’étuve
à 37°. Après quinze Jours, nous avons examiné au micros-
rar Er
cope une parcelle de chacun de ces milieux. Quelques conidies -avaient augmenté de volume, d’autres présentaient une hernie latérale simulant un début de germination ; le trentième jour, aucun filament mycélien ne s'était encore développé. Sur cinq Aspergillus soumis au même essai, trois ont donné un résultat semblable ; l'Aspergillus clavatus Desmazières émit quelques maigres filaments et seul l’Asp. fumigatus Fresenius se recouvrit de fructifications en 48 heures. Il nous restait à examiner à ce point de vue le genre Sterigmatocystis Cramer ; sur quatorze espèces placées dans les mêmes conditions que précédemment, cinq donnèrent un thalle vigoureux après 24 heures; lesS£. nidulans Eidam, lutea Baïnier, fusca Bainier, nigra Van Tieghem et carbonaria Bainier forment leurs appareils reproducteurs dès le deuxième ou troisième jour. En ajoutant à cessix moisissures, le Pæcilomyces Varioti Bainier, étudié précédemment par nous [47], nous réunimes ainsi sept Mucédinées capables de se développer à la température de 37°. Ces espèces seules ont servi aux expé-
riences dont l’exposé va suivre.