Chapitre ï. — fréquence actcélle deô divorces en etirope i
donc été obligé de me servir de ceux de 1870 et de 1871, quitte à les rectifier' par le calcul. Quoique je ne puisse pas m'étre trompé beaucoup dans cette .rectification, je ne dois donner les nombres ci-dessus que comme des approximations, dont le dernier chifl're est sujet à caution. Les chifi'res relatifs à la France, la Norvège, la Finlande et la Suisse résultent seuls de données positives. Les autres devront être rectifiés après les prochaines publications.
C'est pourquoi, pour éviter le soupçon d'avoir été fantaisiste, j'ai adopté, dans ce tableau même et dans le reste de celte ELude^ la méthode ordinaire, qui consiste à comparer le nombre des divorces, non pas aux couples existants, mais aux mariages célébrés. Nous venons de voir que les comparaisons internationales n'en étaient pas notablement altérées.
Autre méthode, — Le savant recueil italien Ânnalidi statistica, dans un travail très intéressant sur le divorce, a fort bien senti combien était illogique la méthode ordinaire, et, d'autre part, combien il était difficile de connaître actuellement le nombre des couples existants pendant la période 1871-81. C'est probablement pour échapper à cette difficulté qu'après avoir suivi la méthode ordinaire il a comparé en outre le nombre des divorces à la population générale. Malgré l'autorité qui s'attache aux excellentes publications de la savante et laborieuse direction italienne^ je ne puis adopter cette méthode de calcul : la proportion des enfants, celle des célibataires, celle des veufs, varient trop d'un pays à un autro pour qu'on puisse baser avec sûreté une comparaison internationale sur des éléments aussi variables. Mieux vaut encore la méthode ordinaire.
Autre méthode, — Mon père, dans un passage remarquable consacré au divorce dans son article Mariage, emploie, sans d'ailleurs la recommander, une autre méthode. Il calcule, sur 1,000 mariages dissous, combien le sont par la mort y combien par divorce ? Ce rapport est forcément plus élevé que celai dont nous nous servons : 5ttr1, 000 mariages célébrés, combien de divorces? Cela se comprend. Le nombre des mariages dissous en 1880, par exemple, est nécessairement inférieur à celui des mariages célébrés en cette même année 1880. Car les mariages célébrés proviennent de la population actuelle. Les mariages dissous, au contraire, proviennent de la population ancienne du pays. Or il n'est pas de pays, sauf l'Irlande, où la population n'augmente et où par conséquent le nombre absolu des mariages célébrés n'augmente.
di Ainsi la fraction cj- (di:= nombre des divorces, Ma = nombre des mariages)
sera plus faible si par Ma nous entendons les mariages célébrés. Elle sera plas forte si nous y substituons les mariages dissous, car ceux-ci sont en moindre nombre.
Cette dernière méthode s'efforce d'évaluer la probabilité du sort de chaque mariage. Elle prévoit au mariage deux issues : la mort de l'un des époux ou le divorce, et elle pèse la probabilité de chacune de ces deux solutions.
Cette méthode vaut incontestablement beaucoup mieux que celle que nous adoptons (malgré nous d'ailleurs) dans le cours de ce travail. Elle serait môme excellente : 1» si un certain nombre (insignifiant d'ailleurs) de mariages ne disparaissaient d'un pays par immigration ; 2o si surtout la durée moyenne des mariages dissous par la mort n'était pas très supérieure à la durée moyenne des mariages dissous par divorce.
En effet, les mariages dissous par la mort ont eu moyenne durée une vingtaine
âO ETUDE DÉSiOGBAPmQUE "DU DIVORCE m J
^J\r^ %/'. ^'^nnées. Ceux dissous par divorce ont une durée moyenne de dix années /(} / / . ^ environ. Quand on compare les uns aux autres, on assimile une fournée de ma-
iW-^^ . i / ^v • . , riages anciens de vingt ans (et par conséquent moins nombreux) à une fournée
de mariages plus récents (et par conséquent plus nombreux, puisque la population augmente et que le nombre des mariages devient de plus en plus nombreux).
Ce rapport, quoique préférable de beaucoup à la méthode ordinaire, n'est donc pas aussi logique qu'il semble au premier abord. Aussi mon père y a peu insisté et lui préfère celui-ci : 5wr 100,000 coujjles, combien de divorces annuels vivants?
Peur nous, nous n'avons pas de choix. Voulant faire une étude aussi générale que possible, et portant spécialement sur les dix dernières années, nous sommes forcé d'adopter le rapport ordinaire : Sur 1,000 mariages célébrés^ combien de divorces /