CHAPITRE IV. — INFLUENCE DES ORIGINES ETHNIQUES H
Tableau XIII.
Mariages et divorces dans les différents comitats de Hongrie^ classés
suivant les langues parlées (1878-1879).
Nombre Nombre Poor 1.000
absolu absoltt mariages,
des des combiea de
mariages. divorces. divorces f
A. — GomitaU hongrois oa en grande majorité
hongrois 68,855 636 9.24
— roumains ou en grande majorité
roumains 31,334 323 10.31
— allemands ou en grande majo-
rité allemands 1,306 3 2.30
— slaves ou en grande majorité
slaves 20,778 18 0.87
B. — Gomitats mixtes : hongrois et roumains. 24,569 258 10.50
•— hongrois et allemands. 36,839 205 5.56
— hongrois et sl^ives . . 25,650 117 4.56
G. — Gomitats mixtes : roumains et allemands 10,472 333 31.80
— roumains et slaves. • 4,242 15 3.54
— allemands et slaves. • 5,768 9 1.56
D. — Gomitats mixtes : hongrois , roumains ,
allemands 8,173 13 1.59
— hongrois , allemands ,
slaves 31,627 52 1.64
La lecture de la dernière colonne de ce tableau laisse évidemment à l'esprit une impression salisfaisunle. Voici en eflet ce qu^on remarque dès le premier coup d'oeil :
Â. — Les comitats hongrois et les comitats roumains présentent des chiffres élevés ; au contraire les comitats slaves présentent un chiffre plus faible, et les allemands un chiffre plus faible encore.
B. — Voyons maintenant les comitats mixtes dont une partie de la population est hongroise (c'est-à-dire à divorces nombreux).
L'autre partie est-elle roumaine, le chiffre des divorces sera élevé : 10.5.
Est-elle allemande, il sera moindre (quoique supérieur à celui des comitats purement allemands) : 5.6.
Est-elle slave, il sera moindre encore (quoique supérieur à celui des comitats purement slaves) : 4.6.
C. -— Les comitats roumains et allemands ont un chiffre excessivement élevé, évidemment dû à quelque circonstance exceptionnelle qui m'est inconnue.
M ÉTUOfi DÉMOGRAPHIQUE DU DIVORCE
Les comitats roumains çt slaves fournissent peu de divorces.
Quant aux comitats mi-partie allemands, mi-partie slaves (tous deux à divorces rares, nous l'avons vu), leur chiffre est des plus faibles.
Ainsi on voit les chiffres croître et décroître très régulièrement, suivant que nous avons affaire à des comitats où telle ou telle race est plus ou moins représentée.
Mais n'oublions pas Tobservation que je faisais tout à l'heure : c'est que derrière les différences de race se cachent en Hongrie les dillérences de religion. Si les Allemands de Hongrie présentent peu de divoi^es, ce n'est certainement pas. parce qu'ils sont Allemands, c'est parce qu'ils sont catholiques romains pour la plupart (I). Au contrftÎFe, une partie des Hongrois -sont protestants.
La princi^le conclusion à tirer de ce tableau est la différence remarquable que présentent les Roumains et les Slaves. Les uns et les autres sont catholiques, du culte grec pour la plupart : cependant nous voyons les ^aves présenter fort peu de divorces et les Roumains en présenter beaucoup. Évidemment, nous pouvons invoquer ici l'influence ethnique.
Il est même curieux det, voir les Roumains de Hongrie présenter justement la mâme proportion de divorces que ceux de Roumanie mime (i).
§ 19. — Étude de la Belgique. — Cette comparaison de races différentes dans ua même pays peut se faire plus fructueusement dans des pays où des différences de religion ne se doublent pas des différences de race.
Paripi ces pays, nous en examinerons deux : la Belgique et la France. Malheureusement la carte ethnologique de la France est très mal connue, et nous n'avons pour en déterminer les gros traits aucun renseignement statistique, puisque le recensement s'obstine à ne pas vouloir rçlaver le langage des habitants, contrairement à ce qui se fait dans tous les autres pays et contrairement au vœu formellement ex-
1. Les quelques divorces de leurs comitats ne sont dus qu'à la fraction non catholique, puisque la loi hongroise n'admet pas le divorce des catholiques.
2. Cepen<lant nous avens vu que les peuples latins ont généralement peu de tendance au divorce. Il ne faut pas oublier que la langue ne fait pas la race; elLe Tindique sculemeiit. LèS B^umatns descendent des soMats de Trajan (ioto tx orbe rofnano) et des Daces, dont M. Obédénare est fort tenté de faire des Gaulois, et dont la/wf esl» il f^^ l'avouer, mal déterminée.