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CHAPITRE XVII. — INFLUEiXCE DtS ENFANTS SUR LE DIVORCE

DoDC, si la présence des enfants était une circonstance indiiTérente à la séparation de corps, et que le hasard seul présidât à la question de savoir si les époux ont ou n'ont pas d'enfants, il est clair que, sur 1 ,000 époux séparés, il devrait y en avoir 845 qui eussent des enfants. Or il n y en a que 604. Donc la présence des enfants détourne de la séparation.

Ce raisonnement est fort plausible.

On peut supposer avec grande vraisemblance que la proportion des ménages stériles et des ménages féconds est aujourd'hui en France à peu de chose prés ce qu'elle était en 1850. La natalité, il est vrai, a un peu décru depuis cette époque, et peut-être (le fait a été soutenu) la stérilité absolue de certains ménages y a-t-elle contribué (i). Mais il est permis de croire qu'en somme le nombre des ménages sans enfants a augmenté de peu de chose, à moins qu'il ne soit resté stationnaire.

Nous pouvons donc admettre comme probable que la proportion des couples mariés sans enfants est encore aujourd'hui de 155 pour 1 ,000, ou qu'elle est de très peu supérieure à ce nombre.

D'autre part, nous trouvons que parmi les époux séparés la proportion est toujours restée (comme il fallait d'ailleurs s*y attendre) extrêmement voisine de ce que nous avons établi dans le tableau précédent.

C'est ce que prouvent les chiffres suivants. Les nombres absolus varient extrêmement, allant toujours en croissant rapidement. Mais leur rapport est toujours resté, à peu de chose près, le même :

Tableau

LVIT.

Frange.

— Demandes en séparation {accueillies ou non).

Époax

CAfflfl

"®"5^/"«*»''"*- dont la lituation est .î^!r Sitoation connae, combien

valla

enfiints.

avec eDfonts.

ioconmie. saot enfanta?

avec enbttts?

1. C'est ce que nous ne savons pas, grâce à l'inqualifiable paresse de Tadministration. Voyez la note ci-dessus.

138 ETUDE DEMOGRAl^HIQUE DU DIVORCÉ

Si nous parcourons des yeux les deux dernières colonnes de ce tableau, nous serons frappé de la constance remarquable des chifires.

On remarquera aussi que la proportion des époux demandeurs sans enfants va quelque peu en diminuant avec le temps, à mesure que les séparations deviennent plus nombreuses. Cette diminution des demandeurs sans enfants ne se produit d^ailleurs qu*avec une extrême lenteur.

§ 72. — Élude de pluskure autres pays. — Ce dernier mooe de calcol, dont nooi n'avons pas dissimulé les défauts, mais qui peut nétmnoins donner d'atiles indications, est lo seul qui nous soit possible dans les pays étrangers, car il n'en est aucun (du moins parmi ceux dont nous avons les documents) qui relève la présence des enfants .simultanément dans les documents judiciaires et dans le recensement.

Nous devons donc, pour mesurer l'influence de la présence des enfants^ nous contenter du tableau suivant :

TiaLEAu LVni.

Sur 100 couples ditoreés^ séparés ou ayant demandé la séparation :

France (demandes en séparation : 1851—60) — ( — — 1875--80)

Italie* (séparations prononcées : 1866—79).

Pays-Bas (divorces prononcés : 1876—78) .

Suisse' (divorces prononcés : 1877 — 80). .

Le résultat de ce tableau est des plus nets.

Nous voyons en effet que, en Italie et en Hollande, la proportion des époux séparés ou divorcés ayant des enfants est encore plus faible qu'en France. Or il est évident que la proportion des ménages féconds dans la population générale est au moins aussi élevée qu'en France (3). Donc la présence des enfants exerce son action favorable à la conservation des ménages plus activement encore que dans notre pays.

1. La statistique italienne distingue soigneusement les enfonts provenant du mariage même dissous par le Juge, et ceux qui proviennent d'un mariage antérieur.

Nous reviendrons sur cette utile distinction. Iei« afin de rendre les chiflhes comparables i ceux des autres pays, nous ne tenons pas compte de Torigine des enfants.

2. En Suisse, on ne parte ici que des enfants provenant du mariage rompu par divorce. Ainsi on regarde comme sans enfants des veufs remariés qui n'ont d enfants que de leur premier lit.

3. Elle Test même très probablement davantage, car la natalité de ces deux pays est supérieure à celle de la France.

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