CHAPITRE XVII. -« iNPLUBffCB bËS BN^ANTS SÛR LE DlVORCfi
En Sttissê, les chiffres ressemblent très rem&rquablemetit à ceut de la France.
Ea résumé; dans chacun de ces quatre pays, les époux hésitent beaucoup à se séparer lorsqu'ils ont des enfonts. Quand ils s'y décident néanmoins, c'est qu'ils ne peuvent faire autrement.
Nous verrons un peu plus loin qu'il en est de même en Suède. Il est beaucoup de pays où les documents statistiques ne relèvent pas ce renseignement ; mais tous ceux qui le donnent concourent à démontrer* cette règle générale, qu'on peut regarder comme parfaite** ment démontrée.
§ 73. -- ËtUde des Pays-Bas {suite). Fécondité des minages qui ditmtmt. ^-^ En Hollande, comme en France, il est possible de consulter, sur ce point, les documents rétrospectifs.
Voici par quelle méthode on y arrive :
Nous avons vu que, pendant les trois années 1876**78, les ménages stériles avaient été beaucoup plus exposés au divorce que les ménages avec enfants. Nous pouvions présumer ce résultat par le calcul suivant :
TABtlàU LIX.
Pats-Bas. — Couples dissous par divorcé et leur fécondité moyenne.
1876. 1877. 1878. Total.
Gonples disftoQs par divoree . J^
(nombre ftbedu) 153 155 168 471 ^Yû Cr^f)fH^
EttAints issus de cei mariages . / l^fv^Jl^h^'^ *^^
dissous (nombre absolu.). . 124 99 130 353 / ^^ ^'^''*'"'*V^
Un couple dissous par di- My^^^^^^**^
vorce (compte en moyenne) 0.8 enf. 0.6 enf. 0.8 ent. 0.75 enî^ (y^"*^ rJ^^Jy^ '
Pas même un enfant par ménage I
Il est manifeste que c'est là une fécondité extrêmement inférieure à la moyenne des Pays-Bas. Si la présence des enfants n'avait aucune influence sur la tendance au divorce, les ménages divorcés présenteraient la fécondité moyenne, c'est-à-dire au moins 3 enfants vivants par ménage (1). Or ils eu présentent trois ou quatre fois moins ; c'est donc
1. La fécondité moyMine des ménages est de 4 naissances vivantes par mariage (encore ce chiCTne est- il probablement inférieur à la vérité). Cela suppose environ 3 enfants vivants à un moment donné. Il est vrai que je parle de ménages ayant une durée moyenne, c'est-à-dire environ vingt ans : or les ménages rompus par divorce ont une durée Baeyeaae d^enviroo dix ans. Itais il résulte de statistiques fort nombreuses que les enfants eurvienneal presque esctasivement dans iss premières années du mariage.
[VVA.
qu'un grand nombre d'entre eux ont très peu d'enfanls ou plutôt n en ont pas du tout.
Hé bien ! nous pouvons ajouter qu'il en est ainsi depuis fort longtemps dans les Pays-Bas. Voici en effet quelques chiffres qui se rapportent à des périodes plus anciennes :
Tableau LX.
Pays-Bas. — Couples dissous par divorce et leur fécondité moyenne,
Couples dissous par
' divorce 475 107 114 113 111 446
Enfants issus de ces
mariages 368 90 119 92 99 400
Un couple dissous par
divorce compte • . 0.77 enf. 0.84 enf. 1.0 enf. 0.8 enf. 0.9 enf. 0.9
On le voit, c'est toujours à peu près la même chose. Toujours la présence des enfants a contribué fortement à détourner les époux hollandais du divorce. Quand ils y ont recouru malgré la présence d'une petite famille, c'est qu'ils ne pouvaient faire autrement.
§ 74. — Elude des Pays-Bas {suite). Rareté du divorce dans les familles nombreuses. — Les Pays-Bas ont voulu pousser dans ces derniers temps cette étude plus loin encore.
Nous venons de voir que les ménages stériles étaient plus portés que les autres au divorce. Mais on peut se demander si la présence d'un enfant suffit pour détourner du divorce, ou bien si, au contraire, le nombre des enfants aurait une iniluence dépressive sur la fréquence du divorce. Ils ont donc relevé les couples divorcés suivant qu'ils avaient 0, 1, 2, 3, 4... enfants.
Voici ces chiffres : .
Tableau LXI.
Pays-Bas (1877-78). — Nombre des couples divorcés.
Sar lOJ cotples
diTorcés, combien
de chaque catégorie
N'ayant pas d'enfants . . .
Ayant 1 enfant
— 6 et plus
Total •