CHAPITRE II
Petmioi», seconde et troisième inscriptions bilingues d’Athènes. — Médailles de Lie, de Sex et d’A (afcre.
— Dolcrmiiulion des lettres 3 n > n D D ÿ P 5!
L'inscription par laquelle nous noos sonimt>s proposé d'aliorder les reeberebes qui font le sojet dccechapllrc est gravée sur un niarbrc penléliquc qui a été trouvé vers la fin du siècle dernier près d’Athènes, et qui, après avoir successlvemem passé par plusieurs mains, est aujourd'hui conservé dans le musée militaire et naval de Londres.
Nous lui donnerons, à l’imitation de Gesenius, le nom de première athénienne (coy. tab. 9 de net auteur).
Let eararlérea phéniciens qui la composent se distinguent par leur élégante pureté.
Noos connaissons déjà la valeur de plusieurs d’enirc eux, savoir :
Les 1", 11% »• = n Les 11*, Ï3«, ’i». = i 7« = -1 50', so*. . . = :
Les t», t6' et 18' ont une ressemblance prononcée avec le Î8' ou Itadé; les 6' et 17* avec les ‘Ky et 30* ou nun ; noos aurons à décider s'il y a ou non équipollence.
En second lieu, nous connaissons le groupe px forme par la réunion des trois avant-dernières lettres.
Mais ce groupe n'est que le radiral brut dn nom de la ville. Or, si nous noos reportons au texte grec, nous verrons t|ue le mot qui y correspond, uiôwvioî, est à la forme adjeciive ou ethnique. Le nom phénicien doit donc présenter une inllexion corrélative. En hébreo, celte inflexion, pour le masculin, est exprimée par un iod suffixe. Il est donc probable que la lettre par laquelle le groupe est immédiatement suivi et l’inscription terminée remplit cette fonction et est on iod.
Sur le monument bilingue figuré sur la tab. tO de Gesenius, et dont nous désignerons la teneor par le nom de senmde alhénienne, le texte grec finit aossi par on nom ethnique, xititi;. de Cilium, ville de file de Chypre, et précisément le caractère dont il s’agit clôt pareillement le texte phénicien.
On ne le voit pas au contraire à la suite do mot iis, sur l’épitaphe d’Asepté dont il a clé parlé <lans le chapitre précédent et que nous indiquerons désormais sous le litre de quatrième athénienne. Cest qu’ici le sujet est féminin et que par conséquent ladesinence doit être differente; ce devrait,
KT DE LA LANGLE LIBYQI K. îî
suivant l'analogie hébraïque, être un hi; nous allons voir que c’est un (au qui n est einpIuNe eu hébreu que dans l'élat construit. Celte diirérence est un caractère de la langue phénicienne qui se rapproche par là des autres idiomes sémitiques, ainsi que noua l'avons déjà vu en analysant le passage phénieien de la première scèue du cinquième acic dans le Pornulas de Plante.
Le signe ainsi figuré P a quelque ressemblance avec plusieurs des variantes du Isudé qui comnieuce les noms de Tyr et de Sidon; mais, sur l'inscription dont il s'agit, la confusion n’est pas possible, car le Itadé, trois leiires avant, en lélc du mot pï, est dessiné de cette manière Cest ainsi que sur la première alhéniennt, les 1*, iC* et 18' signes, que nous avons signalés eonuue ayant une ressemblance prononcée avec le 38' ou Uadt, on diffèrenl cependant en ce que celui-ei est incliné de gauelir à droite et a l’appendice arrondi, tandis que les autres penchent de droite à gauelie et que l'appendice en est brisé à angle aigu. Il peut donc y avoir non pas identité, mais seulement analogie, et cette analogie graphique correspondrait k celle qui eiiste phonétiquement entre le (au et le t$adé.
Notre conjeclure va se elianger en certitude par l'analyse d’une autre inseriplion albc'nirnne, bilingue aussi, rapportée à la planche 3. Le teste grec est : Kfr.vij pj^syrti, Irène byzantine. Nous ne pouvons encore lire qu’en très pelitc parlie le leste phénicien, mais celle partie suffira pour nous éclairer sur le point en question ; cette transcription partielle porte sur les lettres suivantes ; 2' = ', 3" = :, 11* 13'
La seconde et la troisième IcUres, rrsA et nun, noos indiquant où se trouve le nom propre Irène, place naturellcmenl en tète de l'inscription, le second nun, ou onzième lettre, nous montre le point correspondant à Byzantia; par conséquent ce nun doit être suivi d'un (au qui, joint au «xf, donne 'ri:, terminaison de •n;tî, 'r::sou ’r;ïT3, Byzantium. Nous pouvons par anticipation annoncer que cette présomption se vérifiera entièrement dans le cours de ce chapitre.
Si dans la seconde athénienne le caractère final est en effet, comme nous l'avons supposé, le wd ethnique, le radical étant probablement ro. ce caractère doit être précédé d'abnrd d'une figure semblable à celle dont nous venons de recherclier et de rapporter au (au l'attribnlion alphabéUque, pois d'on autre caractère possédant la puissance du ea/ h.
La première de ces conditions est en effet remplie ; nne simple inspection le prouve. Il ne pourr.i donc subsister de doute sur la valeur des deux derniers signes de celle inscription, si pour le précédent nous tunstalous celle du caph.
Deux classes de médailles qui ont entre elles une grande analogie, et dont les légendes sont reproduites les unes sur les lab. 40 et 41 de Cesenius, XVI, les autres sur notre planche 2, vont nous fournir les moyens d'atteindre ce but.
Les unes, pl. 2, n°* 16 à 20, sont bilingues j elles sont pourvues de la légende latine LIXuu LLXS, et de la légende phénicienne dont les variantes sont transcrites sur la planche précitée '.
Les autres, prises individuellement, ne sont qu’unilingues; mais l’exemplaire n" 23, dont les types et la fabrique révèlent la même origine, nous indique que cette monnaie apparleiiail à la ville de l’Espagne béllque nommée par les Romains FlRMüM IVLIVM, et avant eux SE.X, SEXS, SEXTI s.
Les deux noms latins, réduits à la forme primitive et dépouillés de la voyelle, à l’instar des mots hébraïques, devaient s’écrire LOS et SCS.
Les légendes phéniciennes présentent d’abord quatre lettres qui se trouvent sur les médaillesdc Lix comme sur celles de Seat, savoir : l,0)tC i puis trois autres qui diffèrent dans chacune de ces classes et qui sont, pour Lix ■ 7 ^'^. pour Sex fs-yf». Les quatre lettres communes existent aussi sur des médailles où elles sont suivies de quatre autres caractères différents de ceux
^11 Aanoncc d'un ouvrage sur tes médaillea de t'xn. (2) Voy. Reeherebes sur la vtuntrnaitgiie ynoiHrvv cienne xtriqur, |vrr MM. Patbe cl Lindberg, Copeabague, par M. de Saulcy. — Uétn. de TScad. dca inacr-rt. Xv, IBia. a* partie.
qui 1rs arrompagnrni, soit sur 1rs pièces de Lix, soit sur celles de Sex. Enfin, sur quelques variantes des monnaies de Sex.itn lettres sont supprimées. (Koy Gesenius, loe. cil., II. 1, K.) Elles ne sont donc point essentielles; elles n'appartiennent donc |K>ini au nom de la ville; elles expriment prolrablrment une locution générale. C’est donc exclusivement dans 1rs trois signes propres à chaque classe de médailles qu'il faut chercher les noms phéniciens correspondant à LES ou à SCS. et déjà nous devons remarquer de part et d'autre l’égalité do nombre d’articulations. Les deux noms latins, sous la forme que nou.s leur avons prfice, ont deux articulations communes, rariiculatioti médiale C et la dernière S; mais le S latin peut correspondre à des articulations diverses de l'alphabet liébraïque ou phénicien; c’est probablement pour cela qu'il y a di.ssimililude entre les deux derniers signes des groupes de nos légendes. Mais l'identité .se trouve entre les .signes médiaux qui doivent équivaloir au C ; il est donc probable que c'est celte lettre commune, et par conséquent te raph, qu'ils représentent.
Nous ne conserverons aucun doute à cet égard, si nous faisons ailenlinn que les deux antres «lémenis du nom phénicien de Sex, éléments identiques entre eux, ressemiilent à plusieurs variantes de celui que nous avons reconnu valoir isadé dans les légendes de Tyr et de Sidon, et que nous pouvons par conséquent lire ï:s. Le Itadé, articulation complexe, se rendait, en grec et en latin. lantdt par T, comme dansTspoe, Tyrus, lanidl par S, comme dans Sidon; le nom
phénicien peut donc en toute légitimité se transcrire SCS. La forme SEXTI ou SCST a conservé un indice de la double pui.s.sancc du Isadé.
Ainsi nous pouvons considérer comme un capk le signe intermédiaire et commun des nonss phéniciens de Lix et de Sex, et si maintenant nous le rapprochons de ranlcpénuliü me caractère de la teronde inscription athénienne, nous reconnaîtrons, malgré la différence de direction de la branche principale, une analogie qui nous permettra de prendre celui-ci aussi pour un raph et de lireTî répondant au mol Kivuûcdu texte grec. Nous trouverons plus tard l'explication de la différence de direction que nous venons de signaler, laquelle, au surplus, n’est pas constante, puisque la variante F des médailles de Sex présente un raph dont le jambage est droit.
Nous avons donc acquis :
I' La détermination de trois Icltn» de plus : et r :
2* La notion de l'emploi dn iod safGae, au masculin, et du tau, au féminin, pour établir la forme ethnique des noms.
Nous ajouterons, pour corroborer la première conclusion, qne la figure à laquelle, dans celte détermination, nous donmins la valeur du iod, ressemble en effet au iod samaritain, ainsi qu'à celai de l'ancien alphabet hébraïque, et que cet alpbalvet a ao.sai un capA pareil à celai des mon naies de Lix et de 5rx. Pour le iod, on en a la preuve dans l'une des légendes citées à la page 31 ; pour le caph, elle se trouve dans cet exemple :
qVian f m i n»
Jonathan, roi.
En appliquant au déchiffrement de la première inscription alAéiiieritte, un instant abaridonnce, les acquisitions que nous venons de faire, nous voyons que noua connaissons de plus, dans son contexte, les lettres saivantes :
Nous avons constaté aussi la formation intégrale du mot ':tx qui la termine et (|ui rend exaetcinenl le nom ZiSuvios du texte grec.
Ce texte, tout bref qu'il est, nous fournit encore un précieux secours ; c'est la rcpétiiion du composant ôupot.
ET DE LA LANGl E LIBYQIE. Î5
Nonf Rt découTroM dans le texte phénicien qn’nn gronpe qni loit ain»i répété: c'est celai qui est formé, d'une part, par les lettres 13, U, 15 ; d'aatre part, par les lettres 21, 22. 33, de celte manière : C) ^ ^ , Noos ne oonnaissons de ce groupe que le dernier élément qoe nous avons dit valoir daletk ; mais une médaille bilingue va nous donner la clef de sa composition entière ; nous voulons parler de la médaille représentée à la lettre D de la tab. J t , XVII, de l'atlas de Gesenlus.
Kntrc les colonnes d'un temple pentastvle, le revers de cette monnaie nous offre le nom latin AHDKKA, et sur le fronton de la façade de ce temple la légende phénicienne | ^ 9 9®.
Nous reconnaissons facilement, dans les trois premières lettres de cette légende, le groupe dont nous cherchons la signilication ; rette distinction d'ailleurs est évidente sur la vari.snte B où le groupe dont il s'agit est isolé par un tiret qui le sépare du suivant. Or, si nous eonpons aussi en deux syllalies le nom latin, de cette façon ABDE-RA, ou, en retranchant la voyelle muette, ABD-RA, nous avons d’abord cinq leltres, comme dans la légende pbéniciennei la troisième et la quatrième uni chacune une valeur que nous avons déjà accordée aux figures phéniciennes correspondantes lorsque nous nous sommes oceupés des médailles de Tyr et de Sidon, et nous trouvons ici une nouvelle preuve de la ressemhlance du daleth et du re$h, que nous avions dès lors signalée. Nous pouvons donc penser que les deux premiers signes équivalent à l'.A et au B de la h eende latine, be qui donne ABD-R. Nous omclloos le dernier caractère de la légende phénicienne dont nous ne pourrons nous occuper qu'ullérieurement.
Abd, qui entre si fréquemment, avec le sens sert ifeur, dans la composition des noms propres sémitiques, a pour initiale un uln, tsv. Or, dans l'ancien alphabet hébreu, l'otn est circulaire comme la première figure de notre groupe, ainsi qu'on le voit dans le nom de .Siméon, retracé à la page 21. l)'un autre côté, cet alphabet présente aussi un bttk parbilement semblable au second signe de ce groujie ; on peut le constater dans l’exemple suivant :
nn ’ 33m Vun frtsn fnj’
Jonathan, pontife suprême et chéri, magnifique.
Nous sommes donc pleinement autorisés à lire X3", et ainsi noos connaissons deux nouveaux lignes 2 et y répartis comme il suit dans la première inscription athénienne :
Lettres 3", 8*, U’, 19*. 21* = 3: IS*. 21* = y.
Le mot X3y, dans la composition des noms propres, est toujours précédent; par conséquent, c'est après les deux groupes qui y correspondent que nous devons chercher les compléments des noms, dans l’épigraphe qoe nous analysons.
Mais, d'on autre cdié, les deux noms grecs, dont l'un est au nominatif, l'aaire au génitif, indiquent on rapport de Glialion. Or, en hebreu, ce rapport s'exprime par l’interposition du mot ■J3, file, et pois<{ue nous connaisanns maintenant les ligures de ces deux lettres en phénicien, rien de plus facile que de rechercher ai elles existent en on point où l’on puisse les considérer comme placées entre deux noms propres. C'est en effet ce qui a lieu; noos voyons, à la fin de la première ligne, ces deux caractères équivalents à p, tracés, d'une part, après les trois lettre.^ qui soivem le premier groupe I3y, et, d'une autre part, avant le second de ces groupes; oou.v pouvons donc leur attribuer la sigoiGcalion file.
Il reste alors, pour complément du premier nom propre, ri2D ; nous n'en saisissons pas le rapport avec Artemie qui y correspond dans le texte grec; nous ne trouvons même à ce composant aucun sens, ce qui est extraordinaire, puisque tous les noms propres hébreux sont signiGcatifs. Mais nous ne pouvons douter qu'il n’acbeve le nom propre, et comme son expliration n'importe
pas au sens général de l’inscripiion, noos pouvons passer outre; nous trouverons pent-être dans la suite quelque éclaircissement
Le complément du second nom propre est . Il correspond à 'HXto;, ou le soleil.
Or soleil en hébreu se dit ; sachant que la seconde lettre phénicienne vaut c, il est dilTicile de ne pas être frappé de la ressemblance matérielle du second groupe phénicien que nous venons de proposer avec le mot hébreu, et de ne pas lire serviteur du soleil.
Dans ce cas, la lettre qui suit ne peut être que l’article uni k et formant le Sidonien, ce qui serait très régulier. Or le hé a en effet la forme du caractère phénicien dont il s’agit dans les alphabets hébreu ancien et samaritain; nous en avons eu deux exemples, pour le premier alphabet, dans une des légendes rapportées à la page 21.
Il ne nous reste donc plus à déterminer, dans toute la première inscription athénienne, que les 2«, et 9' lettres.
La deuxième a du rapjwrt avec la 28®, ou Leadè, qui n'aurait pas été entièrement gravée on dessinée, ou plutôt dont quelques traits seraient effacés par le temps; mais la ressemblance n’étant pas entière, le sens seul nous apprendra si nous devons admettre on rejeter l’équivalence.
La cinquième lettre, an dire de Gesenius, qui avait lui-même examiné le monument, laisse de l’incertitude sur sa forme, parce qu’à la place où elle a etc tracée se trouve une veine dont quelques lignes sont difficiles à distinguer de celles qui ont été creusées par le burin. Ainsi cette partie 'Y' serait certainement le produit de l'art; mais Gesenius n’a pu décider si un trait oblique qui part de gauche à droite et de bas en haut de l’extrémité gauche de la branche supérieure, de cette manière fait ou non corps avec la lettre; il penche cependant pour l'affirmative. Le doute aujourd'hui n’est plus permis; ce signe en effet, qui existait déjà sur des médailles d’Aradus, se retrouve sur l’inscription d'Ipsamboul que nous avons déjà mentionnée et dont noos reparlerons ultérieurement (t'oi/. pl, 6). Il faut en demander la détermination aux contextes comparés.
Enfin la valeur de la neuvième lettre doit être cherchée parmi celles dont nous n’avons point encore trouvé la figure. Nous la voyons au quatrième rang dans la deuxième inscription athénienne. Or si nous remarquons, dans cette inscription, le jeu du mot p, que nous connaissons bien maintenant, nous verrons que l’épigraphe débute par un nom propre commençant par ce mot, le /amed qui précède étant l’exposant du datif; ce mot est complété par trois lettres, savoir, celle dont noos cberchons la valeur, plus un daleth et un srhin, sur l’attribution (lesquels nous ne pouvons plus avoir de doute. Ce qui prouve que celte série de caractères constitue un nom propre, c’est qu’elle est elle même suivie du mot p, qui revient successivement à plusieurs intervalles pour marquer tous les degrés de l'ascendance. Or. d’après le texte grec, le sujet de l’épitaphe, l'individu à qui le monument était destiné, ce qui est indiqué dans le phénicien par le lamed préfixe, est Aoupiy'vKx, c’est-à dire, suivant l’énergie de la terminaison «k. celui qui appartient d la nouvelle lune, celui qui est né pendant la nouvelle lune. C’est cette signification de la terminaison lo; que rend le p initial, car on sait que ce mot prend en hébreu beaucoup d’extension ; le pis de la nouvelle lune veut donc dire aussi celui qui est né pendant ta nouvelle lune.
La nouvelle lune, voupr.v, sc rend en hébreu par tinn, qui forme aussi dans cette langue on nom propre 2 , Or nous trouvons dans les deux dernières lettres de ce mot celles que nous avons déjà reconnues à la place correspondante dans le nom phénicien, savoir daleth et schin ; le chet, d’un autre côté, est une de celles dont nous n’avons point encore rencontré la figure; n’est-il pas très probable, n’est-il pas évident que c’est ce caractère qui se montre ici et (|uc l'on doit lire équivalent rigoureux et unique de Xoupijvioi: ?
(1) On verra plus lard en ert'et que ce mot doit se lira pulchra ut nova tuno; vel aala in uovilunio, qualcm ri 3 P. Grxcl vocaat rtiufi.ÿ’iicv, I Macc. 12, 16. — Sim. üno-
( 3 ) tsxn, C.aoDBsén, ir»ioialiolun«,not!alttna.i. c. mast, p 195.
ET DK LA LANGUE LFBYQUE.
La fif;are dont il s'agit a on efTct anc grande analogie aven une variante de celles du thet dans les alphabets hébreu ancien et samaritain. Il n'est pas non plus inutile de faire remarquer sa ressemblance, à une barre additionnelle près, avec le hè , ce qui s'accorde avec l'analogie phonétique de ces deux aspirées ; nous avons signalé à la page 33 un rappruchemeni du même genre entre le Uadé et le tau. Dans l'alpbabet cbaldalque, on observe un pareil rapport entre le M et le rhfl.
Ainsi la dernière lettre de la première inscription nlAéntenne que noos avions à déterminer est assurément on ehel.
L'inscription entière doit être transcrite comme il suit :
A partir da trelàèma aigne, nous poavons établir des groopes et tradalre de cette manière ;
pnamry
*rtï7ivocray
Abdtbacath. üls d^Abdshemesh, le Sidonien,
Ijg lamed qui précède doit être, comme an enmmeneement de la deuxième aihénienite dont nous avons déjà plusieurs fois parlé, l'eiposant du datif, et puisque ce préfise indique que c'est à un homme que le monument était consacré, c'est qu'il s'agit d’un tombeau.
Le reste de l'inseriptioa présente d'abord une série de quatre lettres qui se trouvent de même en tête de deux épigraphes figurées sur la tab. 13 de l’allas de Gesenius (3* et 33* ciliennee) , et qui, à la fin d'une autre représentée sur la tab. 1 1 (3' ctficnne), où les mots sont séparés par des points, forment évidemment un groupe, on mot distinct. Klles peuvent donc ici être considérées comme constituant un mol, et ce mot, qui est rzss, tièle, cippe, convient parfailemeot à la situation. C’est d'ailleurs la seule leçon que l'on poisse trouver. Ainsi se justifie l’ailribaüon que noos avons donnée au second caractère en le prenant pour un (iodé , nonobstant une légère différence avec celui qui occupe la vingt builicme place : l'idenlilé parfaite de ce signe avec celai qui lai correspond dans le même mot sur le.s inscriptions précitées de la table 13 de Ceseoios prouve que sa forme, malgré la différence qui vient d'être rappelée, n'est point altérée, nuis qu’elle doit être acceptée comme une variante.
Pour saisir niainienant an sens, il faut pas-ser aux lettres 8, 9, lO et 1 1, savoir D>rt3. La signification de ce groupe se révèle aa premier aspect; c’est, sans aucun doute, la location : Parmi les vitanis, résultant de 2, préfixe, voulant dire dans, parmi ; et de D'n, pluriel de 'H, ciconl, comme noos avons vu a:ns, c'est-à-dire l'addition d'un mrm suffixe, faire le pluriel de lis.
Ainsi nous avons déjà un sens très naturel : Cippe... parmi Us vivants à Abihacatk, fils d* AbdshemesS. te Sidonien.
Le mol formé par les lettres 5, 6 et 7 doit entrer dans ce sens et s'j accommoder; or, de toutes les combinaisons que l'on fasse, en partant de la connaissance des deux autres éléments 1 et 3, on n’arrive qu’à cette racine n:i, qui cadre convenablement avec l’ensemble. ■'51 en effet, à l'état verbal, signifie se souvenir, garder la snémoire, à l'état nominal, mémoire, souvenir, mémorial.
Nous pourrions donc supposer que la lettre sur la forme de laquelle nous avons des doutes est un sain, quelle que soit cette forme, d'autant plus que la figure n’est pas très éloignée de celle du xafn cbaldaique, et aiuai nous lirions et traduirions l'inscription entière de la sorte :
P romapS otd nat ravo >nxn TOimp
Cipp«de comnu-moration parmi les vivants à Abdtiiacat, fils d’Abdshemesh, le Sidonien.
Mais noos verrons, d'une part, le xain figuré difTéremment dans la cinquième athénienne; d'une autre part, le signe dont il s’agit avoir la valeur sameeh dans l'inscription d'Ipsambool, où nous avons déjà dit (|u’il se trouve aussi. Nous pensoas donc avec Gesenins que la véritable pui.ssance de ce caractère est celle du samech, substitué ici an sain, ainsi qu'on le voit souvent dans riiélireu. Le xaïn, dont on ne trouve pas la figure parmi les anciens caractères hébreux, parait n’avoir pas été usité chez les Phéniciens -, on ne le rencontre que dans la transcription des deux noms propres de villes. Tarse et Byzance. En chaldécn, dans le même mot, le sain est remplacé par un daleth.
Gesenius cite fort heureusement un passage du 2' livre de Samuel, ch. xviii, v, 18, a^ant avec notre épigraphe un si grand rapport, qu’il en est, pour ainsi dire, le commentaire ; le voici :
: 'l'C'c ray; ’h p raït:-ri< vn; ;n np^ c*.S\y;N*.
El Absalon s'était pris à so faire dresser de son vivant un cippe dans la vallée du roi; car il disait ;
• Je n’ai point do fils pour transmcUro la mémoire de mon nom.*
Ce passage emploie, dans un sens tout à fait semblable à celui de notre inscription, les doux premiers mots de celle-ci, sauf la mutation dont il vient d'être parle, ■^;î n;ïc; la troisième racine s’y présente aussi précédée du mais avec une forme grammaticale un peu différente.
■'3t, avec la terminaison augmentât! vc ^■, est souvejat employé par les Juifs lorsqu’on rappelant le nom d’un mort de distinction, ils ajoutent celte formule qui a aussi beaucoup de rapport avec celle de notre inscription : DS'yn Que sa mémoire parvienne jusqu'à la vie du
siècle à venir!
Tout s’accorde donc pour sanctionner intégralement l'interprétation que nous venons do donner an texte phénicien de la première inscription athénienne.
Il ressort de là et de l’ensemble de ce chapitre :
1° Que la lecture (ty proposée, dans le chapitre précédent, pour les trois avant-dernières lettres, est exacte, et que, par conséquent, les inductions que nous avions dès lors tirées de cette lecture sont légitimes ;
T Que notre alphabet monte à quinze lettres, savoir: x, n, n, :, S, c, y, i*. *, c, n,
dont six, 1 , S, c. S, n, offrent des variantes prononcées;
3* Que le beth a une grande ressemblance avec le daleth et le resch, dont nous avons dt^k aussi fait remarquer la propre similitude, mais qu’il en diffiTO par l'inclinaison de sa queue à gauche ;
4 ° Que noos devons ajouter aux notions grammaticales aci)ui.sos dans le chapitre précédent la connaissance :
A. De l’emploi du beth préfixe comme particule signifiant dam ;
B. De l’emploi du hé préfixe comme article;
C. De Prxpression de la forme ethnique par on iod suffixe au masculin et un tau au féminin.