CHAPITRE I
COKSIDÉIlATIOÜg GÉNÉRALEg.
Barthélemy dinit. dè« son premier Mémoire sar la langue phénicienne, In en 1768 à l'Académie dea beiiei-lettres : - Les lettres phéniciennes ne sont pas essentiellement distinguées de« samaritaines , mais la plupart ont, suivant la difTérence des pays et des temps, éprouvé tant de variations qu’on perd bien souvent la trace de leur origine. Ainsi on alphabeth phénicien ne doit pas être uniquement fondé sur le rapport de ses éléments avec ceux des alphabets connus; il faut le tirer do sein même des monuments qui s’offrent à nos yenx, et. par une conséquence nécessaire, il faut le varier suivant que les monuments présentent une écriture différente.
De Guignes, près de neuf ans pins tard, exprimait la même remarque en ces termes dans si n JIfémotrs hùtorique et criligue tur lei langues orientalei : « Le caractère phénicien est contourné différemment suivant les différents cantons où il a été en usage. Le caractère de Palmyre semble tenir plus de l’hébreu ; celui de Carthage ou le punique, et celui de la Sicile on de l’Espagne avaient une origine commune et tenaient de celui des Phéniciens ; mais, malgré l'identilc des flgurea, l’on y aperçoit des contours, des nuances, des altérations qui en rendent la lecture très diflicile à ceux qui ne liraient que le caractère usité en Phénicie. Chaque province, chaque siècle ont leur goût particulier dans la manière d'écrire ; il faut donc rassembler on grand nombre d'alphabets pour parvenir à la lecture de tous les monuments. -
La justesse de ces observations est vérifiée, en ce qui concerne les différences relatives aux cou trées, par les remarques que nous avons été, pour notre propre compte, à même de faire dans le cours des analyses contenues dans le livre précédent. Nous avons été frappés en effet des variations de la plupart des lettres, de la circonscription de plusieurs de ces variations dans les limites de certaines localités et particulièrement, ainsi que De Guignes, des modifications tranchées que présentent les lettres gravées sur les monuments trouvés en Numidie. Noos n'avons point eu occasion de porter notre attention sur les différences chronologiques.
Mous allons reprendre l’étude des monuments sous ce double point de vue, et nous serons ainsi amenés à achever l'analyse des inscriptions connues. Nous acquerrons par ce nouveau travail la confirmation de nos déterminations alpliabétiques.
Les contrées qui ont fourni des monuments phéniciens peuvent être séparées en deux grandes divisions, l’une orientale, comprenant la Phénicie proprement dite, la Célésyrie, la Cilicie, la Cappadoce, la Lydie, la Grèce, l’Égypte, les iles d'Arad et de Chypre ; l'autre occidentale, renfermant l'Afrique proprement dite, l’Espagne, Marseille, et les iles de la Méditerranée depuis la Sicile jusqu’à fviça. Nous suivrons cet ordre, si ce n’est qu'en considérant qu’Arad, bien qu'étant nne ile, était cependant très rapproché de la côte et comme intimement lie à la Phénicie coniinentale, noos pensons ne devoir pas l’en séparer.
QotDt ux détcrminxlions chranologiqaei, aoiu en paisfrona lei molifa, d’ane pari dans Ira indications dircctea que préaeotent queiques monamenu, d'une autre part dans le svnrhroniainr palrographique des inscriptions grecques dont plusieurs sont accompagnées.
La Phénicie et la Cllicie fournissent des médailles et des gemmes gravées ;
La Célésyrie a une médaille de Baalbeck ; la Lydie une médaille de Bagé, la Cappadoce une médaille de Mazaca;
La Grèce a conservé des inscriptions lapidaires ;
J.'Ëgyptc, des inscriptions lapidaires, des papyrus, des scarabées;
Chypre, des inscriptions lapidaires ;
L’Afrique, une gemme en forme de cachet, un grand nombre de médailles et d'inscriptions lapidaires, dont une en caractères latins;
L’tspagne bélique, des médailles;
Marseille, une très remarquable inscription lapidaire;
La Sicile, des médailles, des inscriptions sur une pierre et sur des vases, peut-être une gemme;
La Sardaigne et Malte, des épigraphes lapidaires; la première, en outre, des médailles;
Les Iles d'Aïa, de Cossyre, de Minorque, d’Ebusus, des médailles;
Enfin file de Gerbe, une inscription lapidaire.
C’est en parlant des monuments d' .Afrique que noos aurions à noos occuper des inscriptions libyques ; mais noos leur réservons un chapitre à part à la fln du livre.