‹ Étude démonstrative de la langue phénicienne et de la langue libyqueChapitre 29 sur 66 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Phénicie proprement dite.

Les villes de Phénicie qui nous ont laissé des monuments sont : Arad, Carné, Laodicée, Gabala , • Maralhus, Byblos, Béryie, Sidon, Tyr et Aoo.

Nous y ajouterons Baalbek, de la Célésyrie, pour éviter des subdivisions trop multipliées

Tous ces monuments consistent en médailles, à l'exception de fun de ceux de Béryie, qui est une gemme.

§ 1". Arad et Camé.

On a attribué à .Arad on assez grand nombre de médailles diverses. Une classe portant le titre tPAAlQN ne laisse aucun doute à cet égard. Cette classe se compose : 1° du iiiédaillou tf argent représenté par Pellcrin, Recueil, pl. xc, n" 1, et de tontes les variantes dont les types resseiiihlent à ceux de cet exemplaire, soit dans l'Atlas du même auteur, suit dans celui de Miunnet : ^ des espèces en bronze ayant au revers un taureau courant à gauche; 3° on exemplaire en bronze à l’effigie de Yrajan. Ces espèces porteut au revers, outre une ou deux dates notées en cnractères grecs, une des lettres phéniciennes suivantes : k ,3 ,J ,,*t ,D ,n. Je ne chercherai pas à pénétrer la signification de ces lettres solitaires ; ce travail, qui n'aurait aucune utilité dans le plan que nous nous sommes proposé, compète plus particulièrement aux numismates*. Ce que nous avons à faire remarquer, c’est la forme insolite des figures ^ et Il est facile de déterminer les deux dernières en les comparant aux figures 5| et ér marquées sur des exemplaires du caliiiiet do roi, n^* 770 et 771 ; celle-là est évidemment un hé; celle-ci est le signe que nous avons provisoirement considéré comme un tamech en traitant de la première athénienne. (Juani

(I) il serait cependant possible que le rszA de la médaille deTrajanfût le comnieaceineot de l'oribographe roaad. arini llement suivie parles Arabes.

à la prrmièrr, raasimilalion qai nous parait Ir plus pmliablp, c’est aussi relie du sameek tracé coraiTemenI, comme la portion de ganrhe de la nonvrlle variante du hé dont nous venons de parler.

Sor une série d’autres exemplaires représentés dans le Recueil de Pellerin, planrhe xc, n" tt, cl planche cxix, n“ t, 3 et 4, on ne trouve que l’abréviation AP en caractères grecs liés en monogramme. L’exemplaire 12, planche xc, ne porte que l’initiale A. Ces sigles ne laissent non plus aucun doute sur l'attribution des monnaies dont il s’agit. L'exemplaire 14 de la planche xc, dépourvue de légende phénieienne, ronduit toutefois à l'attribution dés exemplaires 16 à 22 de la planche cxix de Pellerin, qui n’ont aucun des titres d’origine en caractères grecs que nous venons d’indiquer, mais qui ont avec ce n* 14. pourvu do monogramme AP, une identité manifeste de types et de fabrique. 11 est évident que l’analogie s’étend aux variantes 14 et 15, pl. cxix, qui ne diffèrent qu’en ce que, snr le droit, une tête féminine est accolée à la tête barbue et laurée, regardant à dniile, qui est unique sor les autres exemplaires.

Dans cette série, les espèces n«* il et 12, planche xc, n’ont qu’une légende phénicienne écrite à l'exergue do revers, au-dessous d’une proue. Cette légende, commençant par rc, est évidemment une date, savoir, dans le premier cas. An 20; dans le second, An 42. ' '

Les antres exemplaires, outre la légende numérale de l'exergue, en ont une seconde au-dessus de la proue. Lorsque le monogramme grec existe, il coupe celte légende, composée de deux figures, en deux parties, l'une à droite, l’autre à gauche.

Sur les exemplaires 14 et 16 de la planche cxix de Pellerin, celle légende parait être mais sor un exemplaire de ma collection pareil au n* 14, et sur plusieurs exemplaires du cabinet du roi, la leçon est évidemment sn, la tête de la seconde lettre étant fermée par le prolongement du Irait vertical.

De même, sur l'exemplaire I U de la planche précitée, les deux lettres du champ semblent être encore, tandis que sor une pièce de mes carions c’e.st aussi et indubitablement Cette dernière leçon doit être ceriainement sultsiiioée partout où les planches donnent ou ; c'est, comme AP ou A à l’égard do nom grec, une abréviation du nom phénicien de la vUie que la 9

Bible noos montre écrit il'ii.

Une observation semblable s’applique aux n°* 15 et 19; au lieu de p, on doit lire, comme au n" 4, sy, et ce groupe est équivalent au précédent ; il y a simple mutation de Vale/ih en alu.

M. Lindberg, qui regarde aussi le groupe ny comme une abréviation du nom d’Arad, rapporte, pour ce motif, à la même ville la pièce d'argent décrite par Mionnet, tome V, page 643, n" 30, de cette manière : • personnage coiffé de la tiare, la main droite levée, debout dans un char attelé de deux chevaux allant à ganrhe, conduits par un jeune homme; une autre figure soit le char à pied, etc. iÇ Galère avec pilote et rameurs; des.sous des flots, etc. • Cette médaille a, dans le champ do droit, on groupe bilittèrc qui se lit sans diflicolté ly ; sur le revers, au-dessus de la galère, est la date 12. M. Lindberg donne la même attribution à une autre espèce, pareillement en argent, décrite aussi dans Mionnet, tome V, page 642 ; elle a pour types et pour légendes ; • Homme barbu, debout, portant la tiare, revêtu d'un long vêtement, lançant de la main droite on globe dont il frappe la tête d'on lion dressé devant lui : dans le champ y : le tout dans un carré. Bj Trirème avec rameurs; au-dessous, des flots; au-dessus, "«y. i- On reconnaît facilement à ces traits deux espèces des monnaies phénico- persanes attribuées à la Cilicie. Chacune offre une variante où le reth de la légende, au lieu d’être régulier comme dans les exemplaires que nous venons de citer, est modifié de manière à présenter une forme pareille à celle do reth dans la variante I des monnaies de Tyr (pl. 3I i de Gesenios), c’est-à-dire du R retourné (cojfrx, pour l’une de ces variantes, la vignette gravée en tête du Ree. det méd. de rots de Pellerin). La restitution à Arad me semble an-dessus de toute attaque. Il est possible que quelques médailles aux types persans et à légendes phéniciennes appartiennent à. la Cilicie. Mais il est certain que, lorsque les Perses occupaient simultanément celle contrée et la Phénicie, ils ont fait frapper, dans

Itl

rnoe comme dans l'aalre, des monnaira à lean types. Nous ne tarderoos pas à coostater qo’ii but rapporter à Galiala et à Byülos des moonaies du mtme style, et noos seroos ameaes à coi^ctarer, avec b plus grande vraisemblance, qu'il en faut attribuer d’autres à Baalbec et Aco, celle-ci', par parenthèse, offrant les mêmes types que ta première des deux que nous \rnoiK de rendre à Arad.

Gesenius objecte à l'explication du groupe ce bit, que nous avons précedemment énoncé et dont nous nous sommes servis pour interpréter le groupe la, savoir que, dans la Bible, le nom d'Arad commence, non par on aln, mais par un alepk. Nous avons déjà dit que c'est une simple mutation. L'assertion est confirmée par la légende d'une médaille où le nom phénicien d’Arad est écrit en toutes lettres et indubitablement de cette manière : 117 ; il s'agit de l’exemplaire indiqué aux lettres D et E de la pUnebe 36 vi de Gesenius.

Depuis Bayer, cette médaille est attribuée à Camé; mais la légende n'en avait pas encore été fidèlement retracée, ni, par conséquent, exactement interprétée. J'en donne, d’après un bel exemplaire que je possède, une copie correcte qui rend évidentes U lecture et U version (top. pl. 2, n" 2).

Cette médaille porte au revers une corne d’abondance autour de laquelle est écrite la légende qui se divise en trois parties ; l'une se lit de haut en bas, dans le champ de gauclte ; l'autre »<»"« le même sens, dans le champ opposé ; la troisième, intermédbire, est écrite horizontalement an niveau de la pointe de la corne d'abondance qui la coupe en deux parties, l'une de deux lettres à droite, l'autre d'une lettre à gauche.

La première partie de la légende est ainsi aimposéc jip ; c'est évidemment le nom de la ville, auquel la corne d'abondance bit allusion comme emblème parlant, puisque le nom phénideo, origine de variantes qui ont la même signification dans un grand nombre de langues, veut dire au propre came.

La seconde partie est une date.

La troisième est celle qui doit plus spécialement nous occuper. Les deux lettres de droite, qui avaient été prises par Bayer pour des lettres numérales grecques sont, depuis Fabricy, considérées par tout le moude, et avec raison, comme phéniciennes et iues 17. Mais b lettre de gauche s toujours été mal figurée, partant mal déterminée et mal interprétée. La légende D de Gesenius est empruntée à Bayer, l'autre à Mionnet et à M. Lindberg. L'erreur du dessin, prononcée surtout dans la dernière copie, provient sans doute de ce qu'on a confondu avec les traits appartenant à b lettre ceux des petits ornements qui s’échappent de la partie inferieure de la corne d'abondance.

Bayer prenait la figure dont il s'agit pour un daleik on pour un (au, et , la joignant aux trois lettres placées au-dessus, il lisait: ijip on n:ip. Faliricy préférait y voir un alepk, et qui lui donnait K:ip ; il regardait les lettres voisines, 17, comme numérales et formant une seconde date. M. Lindberg, plus égaré par on dessin plus défectueux, trouvait dans b figure de gauche une ligature des lettres *'7, et, unissant ce groupe aux deux autres qui y aboutissent, il lisait : ]ip '17 'Z, Aradut, cornu Tpri.

Notre exemplaire prouve définitivement que le caractère en question est un dalclh très régulier et qu'il doit é're joint aux deux lettres écrites dans le même sens, ''7, ce qui bit i'<7. variante du nom d’Arad, dont nous avons vu les deux premières articulations employées seules, par abréviation, sur d'autres monnaies, parallèlement à cet autre sigle : ''N. L'union de ce nom à celui de Camé annonce une alliance entre les deux villes, qui étaient en effet si rapprochées et si liées entre elles que Strabon, livre XV, appelle celle-ci le port dé b première.

On a encore, par suite de b ressemblance ou de l'analogie des types, attribué à Arad les exem • plaires retracés aux n** 22, 1,2,3, 12 et 13 de b pl. cxix du Recueil de Pellerin, ainsi que celui dont je reproduis ci-après la légende, pl. 2, n° 1.

Le dernirr a pour légende, au revers, au-dessous d'une proue, une date, Ah 1 13 ; au-dessus

un groap« bilittère dont le premier signe est on qdpk i eette initiale nous rappelle immédiatement le nom de Carné; nous devons dès lors penser que le jambage qui suit est un retk, détermination autorisée par la variante de cette lettre sur plusieurs esemplaires monétaires de Tyr (Gesenins, pl. 31, I, K. L, M). Nous avons donc une abréviation do nom de cette ville, ip, analogue à l’abréviation du nom d'Arad dans la plupart des cas précédemment étudiés.

La premièlc variante du n° 32 de Pellerin noos offre, dans un groupe quadrilitlère, le nom entier de Camé, pp, suivi d’un autre signe que la seconde variante prouve être un alepk; celte dernière lettre est certainement l'initiale et le aigle du nom d'Arad.

L’exemplaire n” 1 de Pellerin offre d’aliord un caractère entièrement semblable au sebin du mol rc. année, qui commence la légende inférieure ou numérale; on ne peut s’empétfher de lui donner la même valeur. La ligure suivante, en comparant ce groupe à celui du n° 3, parait un reste du monogramme grec AP. La dernière lettre est évidemment un mem. La légende phénicienne est donc cc; je n'en trouve pas d'explication sufTisamment plausible. La légende du n“ 3 parait éire semblable à celle-ci ; un trait du mem n’a point marqué ou a été effacé.

Sur le n” 3 les ligures phéniciennes, séparées par un monogramme grec qui semble indiquer Gabals, sont, la première un Uadé, initiale probablement du nom de Sidon ou de Tyr, et la seconde le monogramme ''st.

Enfin les médailles des n"* 13 et 13 de la planche précitée de Pellerin doivent un peu plus longtemps attirer notre attention. Nous en avons parlé déjà, dans le dernier chapitre du livre précédent, au sujet des deux lettres placées sur les cdtés des pointes réunies des cornes d’aliondance; nous avons dit que, sur le n' 13. au lieu de deux (au, il faut lire pa, comme sur l'exemplaire que nous reproduisons sur notre planche 3, n° 4. Nous n’avons à nous occuper en ce moment que du groupe gravé dans le champ à gauche.

Ce groupe, sur les deux exemplaires de Pellerin, est composé d'abord d’un mem, puis d’une figure inconnue, et, au-dessous de ces deux signes, d’un beth; sur un exemplaire que je possède, celui dont j’ai fait dessiner les légendes sur la planche 3, n* 4, le mm est remplacé par un beth; ia figure intermédiaire n’est pas nettement tracée et la lettre inférieure est un ghimel.

Dutens. qui ne connaissait que la première de ces deux variantes, la lisait tND (Explication lie quelquet méJaillet phénicienne!. Dissertation xi, pag. 148 et suiv.), et il rapportait la monnaie h Mariamé ou Mariammé, ville située à l’orient de Marathns, entre l'Elcutcre et l’Oronte. La variante de notre planche renverse cette attribution.

Cesenius, on ne sait pourquoi, classait ces espèees parmi celles de Sidon.

M. Lindberg s’est moins éloigné de la vérité en les décrivant parmi celles d’Arad.

Les mutations de la première et de la dernière lettres indiquent que ces lettres ont chacune sé parément une valeur propre. Je suis porté à les considérer comme des initiales de noms de villes associées ; le mem, par exemple, représenterait Maratlius ; le beth, BaUnée ou Béryte ; le ghimel, Gibcl ;Byblos).

Heste à expliquer la figure intermédiaire. Cette figure me parait être uo monogramme composé d’un gôpk semblable, sauf une légère différence de direction, à celui qui se montre dans l’inscription de la table 87 LXiv de Gesenins, et d’un reih formé par un simple trait vertical, comme sur plusieurs monnaies de Tyr. Nous aurions donc xp, c'est-à-dire Carné, et le groupe entier donnerait : 3 .xp .c, ou J .xp . 2 , savoir ; lUaraIhui, Carné, Balanèe, ou Balanée, Carné, Gibet.

Les types persans de plusieurs des médailles que nous avons examinées dans ce paragraphe en font remonter la fabrication à une époque antérieure à celle d’Alexandre le Grand. Il y a lien de s'étonner de trouver déjà sur quelques-unes de ces pièces la modification du reth que noos ai ons signalée, et qui ne reparaît ensuite qu’aux temps les plus bas sur quelques monnaies de Tyr ou sur les monuments de l’Afrique et des contrées environnantes; mais cette modification s’explique précisément par la présence d’une population étrangère qui ne connaissait pas assez la langue

phénieipnne pour a'élre pu (ouvmt pmbarruaée par la similitade de la r»rnu' primitive de celte lettre avec celles do keth et du dalttk.

Le* pièee» de» époques ultérieures portent, comme on l'a va, dea dates prérisès écrites tantdt en caractères grecs, tantôt en signes phénidens. Ces dates paraissent appartenir à l'ére d’Arad, qui commençait en 2.59 avant J.-C. Celles en signes phéniciens s’étendent de l'an 20 à l’an 163; celles en caractère* grecs, de l’an 96 à l’an 375; la médaille à l’effigie de Trajan ett dans le dernier cas. Ainsi les dates grecques chevauchent sur les dates phéniciennes; il en est de même, dans chacune de ces classes séparément, des dates de certains types sur celle* d’autres types.

Nous avons particulièrement à noter, comme conclusions de ce paragraphe :

I* Un nouvel exemple de mutation de l’afepA en ain, exemple qui a cela de remarquable qu’il se présente en Phénicie même ;

2’ Les variantes graphiques do hi et do sameek;

3" L'aplatissement de l’atn sur l’un de se* côtés;

4' L’exemple de monogrammes phéniciens.

§ IL Marathus.

Celle ville a fourni un grand nombre de médailles à types divers, dont plusieurs sont dessinées sur la table 35 v de l’allas de Gesenius. Le revers de la plupart porte une légende composée, comme celles de plusieurs médailles précédemment étudiées, de trois parties : une à droite dans le cliamp, se lisant de haut en bas P'C ; une opposée, à gauche, consistant dans une date qui se compte de bas en haut ; la troisième, intermédiaire et horixontale, formée des deux lettres p «U ru, séparées par les pieds du personnage figuré sur ce revers, le betk à droite au-dessous de n?0, le Run ou le tau à gauche, entre le personnage et le commencement de la portion numérale.

P"'’C, M»T, est le nom de la ville, Mâpjtloc, iioXi; «bs, (Strabon', XVI).

Le mot intermédiaire ^3 ou nu signifie, comme noos l’avons dit plusieurs fois, dgé ou âgée de.

C’est à Barthélémy {Journal dti Sçavani, 1760) qu’on doit la détermination de cette médaille que Swinton avait coofondoe parmi celles de Sidon. Notre illustre compatriote avait remarqué que la quatrième lettre du champ, h droite, est on betk qui, se trouvant placé dans un sens perpendiculaire à celui des trois autres caractères, ne doit pas se lier avec eux ; il pensa que ceux-ci forment exclusivement le nom de la ville, et présuma que le btik devait se joindre avec la lettre isolée, de l’autre côté, aux pieds de la figure; mais il crut à tort que ce groupe désignait le mois où la médaille avait été frappée. En outre, comme le bttk a quehpiefois la queue très courte et que cela le fait, jusqu’à un certain point, ressembler à l'oin, Barthélemy admit la possibilité de celle dernière valeur et avança que, dans ce cas, on pourrait lire rmï, Martkah au lieu de Marath.

M. Liodberg a adopté comme règle cette pensée; il fait toujours un oïn de la quatrième lettre do champ de droite et lit constamment vP’'’:* Dans cette lecture, outre que l’on méconnaît l’analogie graphique, on se place dans l’impossibilité d’expliquer la signification de la lettre isolée de gauche.

Gesenius a, avec raison, écarté cette opinion dont l’erreur se trouve démontrée par la pièce n* 1 dont j’ai on exemplaire dans ma collection et où la légende, exclusivement contenue à gauche, ne présente pour nom de la ville que mtu.

Mais de son côté, se fiant trop aux copies de Mionnet, bien qu’il termine son article sur Marathos par cette remarque : • Cœterum etiam horom nomorom exempla turpiler deirita esse soient, ut litterarom figura sœpc agre discemator, • Gesenius rapporte plosieur* leçons de la

partie intermédiaire de la légende qni n’exntent pas. Ainsi, à la lettre A de sa table 35, 1:2 doit se lire simplement p ; on a pris ponr an rapk an petit vase placé à gaacbe, ao milien do champ, au-dessos da noii. La même erreur a été commise au n° t6 de Mionnet, où, de plus, on a eonfonda le btlh avec an aln. Cette dernière méprise a eu lien aossi dans plosiears antres cas. Sot d'antres exemplaires, tantôt le beA, tantôt le nun ou le tau ont été pris pour an mem.

L'exemplaire! de Gescnios, qui l’a copié au masée de Londres, n'a, après nin. ni p ni r 3 ; il porte 113 , dont les trois éléments sont réunis horizontalement dans la portion droite du champ, au-dessoos dn nom de la ville. Ce groupe donne le nom d’Arad , selon la variante orthographique déjà signalée, d’Arad qui a eu en effet Marathus dans son alliance et même sons sa dépendance.

C'est cette circonstance aussi qui foarnit l'explication de la légende d'on exemplaire gravé dans la vignette de la première page du quatrième sopplément de Pellerin, légende qui doit se lire 'p ’k ' 2 , c’est-à-dire Marathus, Arad et Camé, indiquées par les initiales de leurs noms. Pellerin lisait ôk 2 et attribuait par conséqnent la pièce à itageddo de Galilée. Mais le symbole maritime figuré sur le revers, savoir la proue avec un mât, ne permet pas cette attribotion en laveur d'une ville située dans l’intérieur des terres. D’ailleurs la troisième lettre ne peut être admise pour un ghimel, avec lequel elle n’a aucune analogie; c'est certainement un dessin incomplet du gAph, tel qu'en présentent les copies jusqu’à présent publiées de la médaille de Camé, plus exactement reproduite sur notre planche 2, n° I (eoy. Gesenius, planche 36 E).

La portion numérale de la légende commence par r®, an; c’est sur un exemplaire des médailles de cette classe, conservé au musée royal de Copenhague, que M. Lindbcrg a vu n:® écrit en toutes lettres.

Le nombre 100 est marqué tantôt en chiffres, tantôt par le mot riK2, et, dans ee dernier cas, Valeph se présente sous deux variantes fort différentes.

La date entière varie depuis 87 jusqu’en 166, au dire de M. Linditerg, et comme c’est précisément en l’an 166 de l’ère des Séleoeides que Marathus a été détruit par les Aradiens, ce savant antiquaire m conclut, avec beaucoup de vraisemblance, que c’est cette ère des Séleoeides que suivait la cité dont il s’agit.

§ III. Gabcla.

On n'a jusqu'à présent rapporté à cette ville, qui était située un peu au-dessus de Marathus, aucune médaille phénicienne. Il me semble qu’on doit lui restituer celle qui est représentée par Gesenius à la lettre H de sa table 36 et décrite ainsi, page 384, parmi les iocertaioes de la Cilicie: • Léo eervum dévorant; epigr. V 31 'vh- Sine forma. Ex exemplo musei Britannici. In aliis aversa habet HereuUm ad S. dextra clavam, t. arc%an. Pellerin, iii, pl. 123, n° 10 (obi tamen épigraphe male picta est). Mionnet, tome Ul, page 663, n** 647, 649 (pl. xxii, n”* 20, 31), ubi in altero exemplo est sine V. »

Gesenius, qui repousse avec raison toutes les autres lectures, et par conséquent les interprétations diverses qu'on s'est efforcé d’en déduire, ajoute an paragraphe précédemanent cité : • Epigraphe in excmplis Parisiensibos et Londioensi admodum distincla jb^Z'ïhanc mooe-

tam indicat in Ciliciœ qnadam urbe {tumulus Baalit) dicta eusam esse : sed quomodo hæc a Crxcis appelletur, discere malo, quam docere : quum et adversm et aversæ typas pluribus hnjus regionis urbibus commuais sit. »

On voit que c’est à cause des types que ce savant archéologue s’est cru obligé de comprendre cette monnaie parmi celles de Cilicie ; mais nous axrona déjà annoncé et nous prouverons bientôt que ces types se retrouvent sur une médaiile appartenant incontestablement à Byblos ; la médaille qui nous occupe peut donc aussi, nonobstant cette analogie fort explicable,avoir été frappée dans une ville de la côte orientale de la Méditerranée. Dès lors il est facile d’y lire Gabdl, en se

rappelant qne l’afiiM proDonçait (onvent gattoralnarnt comme le phata dea Arabes, et ae rendait dans ce caa en grec par gamma, ex.: .-ns, TiO*, .iiï». l ouo^.

Cette monnaie remonte à l'époqoe de la domination persane.

§ IV. Bgbloi.

Deux médailles peovent être rapportées à cette ville. Sur la première (roj. Gesenius, table ,V6 vit, VIII, F) on lit : bu “St: S>i;'y ; sur la seconde : SlJ. La première légende signifie ;

OEnului, roi de Gibet. Cette lecture est due à M. le duc de Luynes. Elle est très importante, car c’est elle qui prouve incontestablement que les types persans, que Ton attribue exclusivement a la Cilicic, ne lui appartenaient pas tous, (|ue la cdle orientale de la Mediterranée peut aussi les revendiquer.

OEnuIus, on le sait, était en effet roi de Byblos lors de l'expédition d'Alexandre; Arrien nous apprend, comme le rapporte l'abbé Mignot dans son cinquième mémoire sur les Phéniciens', qu'il était avec ses vaisseaux dans la Hotte de Darius Codomanu.s ; mais que, lorsqu’il apprit que le héros macédonien était entré en Phénicie et s'était rendu ntaitre de Byblos, il altandonna Darius et vint avec toutes ses forces grossir l’armée navale do vainqueur.

O' un autre côté, l'on n'ignore pas non plus que le peuple à qui les Septante donnent le nom de BuSXtoi, et saint Jérôme celui de Biblii.oil celui des a'bude la Bible (Josué, xiti, 5; I R, v, 3j), et qu’aujourd'bui encore les Arabes appellent Gibelet, Gibil ou Gibail la ville qui existe sur le même emplacement. C’est le SzJ du Ps. lxxxiii, v. 8, et d’ExéchicI, ch. xxvii, v. 9, et c’est aussi ce nom que l'on retrouve seul sur la seconde de nos deux médailles, décrite par Mionnet parmi les incertaines de la Phénicie.

Les faits rapportés ci-dessus prouvent que la première des monnaies dont il s'agit a été frappée très peu de temps avant l’invasion de la Phénicie par Alexandre ou au début de cette invasion.

La seconde porte une date qui donne 31, époque appartenant sans doute à l’ère des Sélencides.

$ V. Béryle.

On a publié, comme monuments de cette ville, I* la médaille C de la table 36 vi de Cesenius; S* la médaille n* 3, tome V, page 33é, de Mionnet; 3* le cachet dessiné sur notre pl. 2, n° 1.

La première médaille, par les types et par les lettres AA0 qui le trouvent dans le diamp du revers, convient en effet à Béryte.

La légende phénicienne est composée d’un lamed, d'un belh, d'une lettre nouvelle, d'un reih et d'un lou. Le lamed est ta particule préfixe dont nous avons eu plusienrs occasions de conslatÀ la destination ; il est facile de reconnaître dans les autres lettres, en en exceptant même momentaaément la seconde, la charpente du nom de Béryte, savoir : b?kt. Le caractère inconnu ne peut donc être qu’une aspiration, puisque toutes les articulations du nom se trouvent dans les lettres que nous venons de rapporter. Or, Étienne de Byiance assigne pour étymologie à ce nom le mol IVip, voulant dire puilt ; 'EaAtiOa SU tô «ô«pn, Bè.p Tia sptaf saf sJtoîc. Le mot phénicien auquel il est bit allusion est donc 1H2, pmit, tilerite, au pluriel, mua ; ce serait ce pluriel , avec la snppreasion ordinaire du roti, qui serait écrit sur b médaille, ei, par une seconde conséquenee, le signe ineeunu, soit qu’il ait été inexactement dessiné, soit qu'il présente réeHement une forme nouvelle, serait nn olapA. Ce nom de ville earrespoodrait à eelui des Latins Buleali.

|ti StéM. de fAead. du buerifi. et Min-tKirM, io lt, ton» LXI, page 1T.

Sar U seconde médaille, la légende est réduite aux lettres ' 3 . C'est une abréviation, ou mieux, le singulier du nom précédent avec le retranchement de i’aieph, de même que 'n''N3 do I* livre de Samuel, ch. iv, v. 2, et eh. xxiii, v. 37, est contracté en 'n"!! dans le 1" livre des Paralipomines, ch. xi, v. 39.

Enfin le cachet gravé au n“ 3 a été décrit et interprété dans le Journal asiatique, cahier d'avril 1814, p. 310, par M. le professeur Benary, de Berlia H se trouve entre les mains do consul général de Prusse, en Syrie, M. de Wildenbruch , résidant à Beyrouth, l’ancien Béryte.

M. Benary lit et traduit comme il soit la légende de ce cachet :

Si'3'7

VtRTKln’

pSoS»K3

leorn

c’est-à-dire : 'j<3 np'7cS dSk Ok ir’SvnS, • A Balitbon, homme de Dieu, homme de Melqarth de Ber. •

Les explications de M. Benary sont trop nettes et trop concises pour que noos croyions pouvoir mieux faire que de les loi emprunter textuellement

« En ce qui touche la détermination des vingt- trois signes qui, d’après l’explication que je viens d’en donner, fournissent onze lettres, à savoir ; r ,e ,1 ,p ,7 ,3 .c ,S ,3 ,m l’interprète exercé des monuments phéniciens ne peut être incertain que dans les cas qui suivent :

• r Le premier signe de la seconde ligne. On pourrait le prendre, au premier abord, plotét pour on vau (comme sur les monnaies hébraïques) que pour un tod. Mais, quoique sa forme paraisse s’éloigner on peu de la figure ordinaire do ïod, cette déviation s’explique facilement, et le signe en question doit, en réalité, être pris pour un tod, parce que ni le cou, ni le tsw (seconde valeur que cette lettre pourrait aurai exprimer) ne donnerait ici on sens satisfaisant.

2* Le quatrième signe de la seconde ligne. Ce caractère, qui se répète, ligne 2, à la qrutrième place, peut à peine taire difficulté. On doit le prendre pour un aleph, parce qu’il ne peut être ni on mem, ni on lehin. La forme de ce signe s’éloigne à peine de la figure ordinaire de cette consonne, comme on peut s’en convaincre par la comparaison des monuments suivants : Inscript. malt., I. A., I. 3; Sfalt. li, I. 3 et 4, dans Gesenins, Monum. pluenie., tables 9 et 7. Mais, si l’on reconnaît ce caractère pour on aleph, puisqu’il ne peut être autre chose, il n’y a pas moyen de rester indécis sur le caractère suivant.

3* Ce caractère est le quatrième de la quatrième ligne. Ce signe se trouve, soit accidentellement, par le fait de la gravure, soit à dessein, joint au signe suivant, qui est on reth; mais la jonction a eu lien de telle sorte que ni Ton ni l’antre des deux caractères n’a rien perdu, ainsi que cela se voit sur une médaille de Tyr E. Il ne faut cependant pas prendre ces deux signes groupés pour on teadé et un reih (qui feraient tx, ou Tj/r), mais bien pour un aleph, comme le prouve déjà l’examen du premier caractère de la monnaie de Tyr elle-même, qu’on reconnaît comme différent du signe de l’inscription que noos avons sous les yeux. Une fois la valeur des caractères exactement déterminée, l’explication ne peut plus offrir beaucoup de difficulté.

Les sept premières lettres désignent le propriétaire de la pierre, Baalyithen, nom propre

véritablraient phénicien qui se trouve aurai dans la quatrième inscription cttùnne, I. 1 , joint aux noms hébreux Jonathan, EInathan et d’autres encore. D’autres adjectifs (formant autant de titres) sont donnés à ce Baalyithen. Le premier est dSh ck ; de ces deux mots, le premier, qui se représente fréquemment dans les inscriptions, et en particulier qui se voit deux fois dans celle qui nous occupe, doit se lire VH, c’est-à-dire tX'K. Le second doit se lire, non pas d'in = eSw, qui,

canme adjectif, signifie en aranéen rourajieujt, mais bien platAt cSm, c'est-à-dire D'Sm, de façon que le prédicat cHn 0m (c'est-à-dire c'Sm 0'm) répond complclement à l’cspression bébrak|u<' employée par les prophètes D’nSM 0 'm, l'kamme de Dieu. U est vrai que Sm sc trouve raremer.i en phénicien pour exprimer le nom de Dieu ; cependant l'index des noms propres de Gesenins et le nom phénicien Aüijliuot mettent hors de doute l’existence de celui de notre pierre. Mais, comme l'eipreniOD hébraïque qmSm 0'K est particulièrement un titre d'honneur pour le prophète, de même celle de notre inscription qualifie Baalyithen, moins comme on saint homme en ^néral que d’après sa dqpüté, qui doit être celle de prêtre; et, dans le fait, l’expression qui vient ensuite nous le représente plus positivement comme étant au service du dieu «ndïpéne Melcarth. Celle expression ntpSe 0m, à «n homme (fui est attaché) i Melcarth, n'a pa.s besoin de plus amples éelaircisaemenis. Les trois derniers caractères de l’inscription désignent plus positivement, comme la divinité de Béryte, l’Hercule Melcarth, bien connu pour être on dieu phénicien. Je ne puis, en effet, lire ces caractères autrement que tna. Or, c’est là le nom même de la ville de Béryte, soit que iki (c’est-à-dire let puile) passe pour une abréviation du pluriel niiMa (comnw ''pSe pour rtpho), soit que, et ceci est plus vraisemblable, la forme même du mot au singulier fAt le nom usuel de la ville, comme le dit Étienne de Byzance en parlant de cette cité.

Do contenu de l’inscription, aussi bien que do volume de la pierre, on peut conclure que le prêtre Kaalyitben, à qui elle appartenait, la portait en bague et s’en servait comme de cachet. •

§ VI. Laodicée.

Barthélemy le premier a lu comme il suit la légende phénicienne de l’exemplaire IV, table 35 de Gesenius, savoir: D.m nïtmSH, de Laodica, mère en Canaan.

Cette lecture n’est susceptible d’aucun doute, ai ce n’est peut-être pour le signe qui occupe la cinquième et la sixième place ; mais on peut se convaincre de sa valeur en se reportant à la première inscription citieniie qui présente deux fois le caph sous cette forme.

Deux villes portaient ce nom; Tune, à l'extrémité septentrionale de la Syrie; l’autre près du Liban, entre Béryte et Iléliopolis. A laquelle appartiennent les médailles dont il s'agit?

Barthélemy pensait que c'était à la première; • Elle rapportait autrefois, dit il, son origine à Sélencns Nicator (Strabon, tiv. XVI, p. 719), et de là on pourrait conclure qu'elle ne devait être habitée que par des Grecs et ne pas oHrir des lettres phéniciennes sur ses monuments ; mais Séleucos ne fit que la rétablir. Elle s'appelait plus anciennement Ramitha (Ét. de Byzance), et ce nom suppose que ses anciens habitants étaient Phéniciens. ■■

Les types maritimes que portent ces médailles, savoir l'effigie de Neptune avec divers attributs, notamment sur une proue de vaisseau, s’accorderaient parfaitement avec cette origine.

Mais Ecitbel (III, p. 109) a fait remarquer que le monogramme de l’exemplaire que noos venons de citer appartient aux médailles de Béryte. D’un autre côté, une monnaie de cette dernière ville a le groupe AA de nos médailles associé à BH. Enfin le culte de Neptune est indiqué aussi sur les monnaies de Béryte, soit par l’effigie entière do dieu, soit par le trident. Eckbel concluait de ces circonstances que les médailles dont il s'agit ne pouvaient être attribuées qu’à Béryte; mais Gesenius a fort bien fait observer que les rapports signalés ci-dessus pouvaient n’exprimer qoe la soumission de Laodicée à Béryte on une étroite alliance de ces deux villes. En effet, le groupe AA qui sc trouve, cooune noos l’avons dit, associé à BH sur certains exemplaires, et qui ne l’est point sur d'antres, avec ou sans légende phénicienne, ce groupe est, sans aucon doute, la première syllabe de AADAIKON, aussi bien qoe BH la première syllabe de BHPYTiniil; cette association indique donc l’union des deux villes.

L'éloignement de Laodicée-sur-Mer de Béryte n’est pas on obstacle snffisant pour repousser la possibilité de cette union, car nous verrons bientdt la preuve d’une relation semblable entre Ara-

us l)K I,A I.ANf.l’E l'IlÉMCIENNE

dus et Aoo, Pt Fabricy dit avpc raison, à une autre ocrasion : • Qaamqur (coneordiam) solemnibvs partis urlirs non vicinæ solom, aed eliain maxime di.ssiue inter se antiquitus sanriebant vel rrnovabant. « Mais Gesenlus a fait une objectiou plus forte en avançant que Laodicée-sor-Mer était à une trop grande distanre de la Phénicie proprement dite pour avoir pu être appelée Mire en Canaan, ce que représente, pour la légende grec(|uc, le monogramme de Texemplaire de Gesenius qui, ainsi que le pensait Pellerin, signifiait très probablement divavixr,;. Il croit donc que c’est à Laodicéc du Liban qu'il faut attribuer les médailles dont il est question; la position de cette ville expliquerait mieux, à son avis, les rapports avec Béryle, et ces rapports, à leur tour, justifieraient l’emprunt des types maritimes.

Malgré tout ce qu’il y a de .spécieux dans ces remarques, je ne puis y souscrire ; je maintiens l’opinion de Barthélemy. L’union de la ville dont il s’agit avec Béryte est incontestable. Or, prériséineot, un motif pareil à celui qui fait admettre cette relation, une identité de type prouve que c’est avec Laodicée sur-Mer qu’elle existait. Ainsi l’on trouve parmi les médailles de Béryle l’exemplaire cité par Pellerin. Bec., tome II, planche lxxxviii, n” Il ; cet exemplaire se distingue par la présence, sur le revers, de Silène portant une outre sur l’épaule gauche; ce type se représente sur un exemplaire reproduit par le même auteur. Mil., planche xviii, et ayant pour légende : Septima Serera l.aodirea eolonia melropolù, c’est-à-dire Laodieea tn Syria ad mare. Ce fait me semble lever tous les doutes.

L'ne légende marginale grecque existe en même temps que la légende phénicienne sur les monnaies dont nous nous occupons; elle consiste, sur une variante, en ces mots : llxaiXioi; Amoyou, et sur l'autre, en ceux-ci: B!u7tj.£ioî A).t;*v5pau; c’est, dans le premier cas, d’.Aiitiochus IV on Epiphaoe qu’il s’agit, et, dans le second, d’Alexandre Zébina; par conséquent les époques sont, d’une part, de 174 à 164 avant J.-C.; d’une autre part, de ISS à 121.

§ VU. Stdon.

Nous avons expliqué, dans le premier chapitre du second Livre de cet ouvragé, plusieors légendes phéniciennes des médailles de Sidon, légendes qui signifient, sur une série d’exemplaires, aiTsS, Del Sidonient, et sur une autre, pvS, De Sidon.

Nous n'avons ici à faire remarquer que les variantes graphiques, les nombreuses dégénérescences qu’clle.s présentent. Ces dégénérescences proviennent sans doute de ce que ces monnaies ayant été frappées sous le règne des Séleucides et au delà, les coins ont été très prabablement gravés par des Grecs.

Ces médailles portent des dates marquées en caractères grecs. C’est l’ère propre de Sidon, que le cardinal Noris a prouvé remonter à Pan 643 de Rome, lit avant l'ère vulgaire. On a des exemplaires signés depuis l’an î jusqu'à l’an SIS de cette ère, c’est-à-dire depuis 109 avant J.-C. jusqu’à 2Û4 après sa naissance.

Les exemplaires portant commencent à 1,16 de l'ère de Sidon, et, jusqu’à Pan 169, on n’en a plus avec d’autre légende. Celle de l’an .31.1 n’en diffère pas. Cette remarque porte à croire que la légende de l’exemplaire O, Gesenius, table 34, qui correspond à une époque inlermédiaire, savoir, 201, doit être dans le même cas et que, par conséquent, la figure qui la termine, laquelle ne se retrouve, avec une valeur alpbnbélique, sur aucun autre monument, n’eul point un mam, comme ou l’a cru, n’est même pas une leilre. mais que c’est un signe semMaMe à celui qu’oo rencontre, conune simple symbole, sur d’autres médailles, particulièrement sur plusieurs de celles de Cadix.

Il est (|ui'lques médailles de Sidon qui présentent une légende plus compliquée; ce sont les exemplaires T bit, U, V. W et X, Geseniu.s, table 34.

On reconnaît sans peine, à la première ligne, d:t»S, Del Sidonient.

Ln troii aotra lignes te lisent facUement ainsi :

raxsK

La dlqxMition matérielle est coosiammeot la mène sor chaque exemplaire; cela donne à présumer que chaque ligne a on sens. Ainsi le groupe qui se trouve toujours isolé à la fin, doit à lui seul former un mot, et nous sommes, dès le premier abord, disposés à y retrouver le nom de Tyr que noos avons vu ailleurs être ainsi écrit. Il est donc probable qu’il s'agit d’un rapport semblable à celui que nous avons reconnu être indiqué sor les exemplaires des monnaies de Tyr (page 31), savoir, c:is dm isS, De Jyr, mère dei Sidoniene. En effet, nous distinguons le mot BN en tète de la première ligne, c’est-à-dire de la seconde ligne de la légende entière. Les lettres suivantes, réunies, ne donnent aucun sens rationnel. Tous les auteurs qui ont voulu 1rs prendre dans leur valeur isolée ont été conduits à des explications aussi peu admissibles les unes que les autres. Ainsi de Guignes, qui avait parfaitement déterminé toutes les lettres de la légende (Journal du Sfavani, juillet 1763), la rendait ainsi :

OTTïS Sidoniorom

'3 03 OK metropolis strenna in

r3K ()K canspectu odii

T» Tvri

Hamaker (Miie., p. U9) traduisait comme il suit ;

OTiyS .Sidmnoniin

3 030K proOigantium

OatSSI mendacissimam Tlf Tyrom.

Un anlaur que Cesenins cite sans le nommer a proposé cette version :

Onï^ Sidoniornm,

'3 030M Qui percussemnl in

nne t|K ira sororsm

ny Tyrum.

Cesenins fait remarquer, et Fabriey avait fait déjà cette observation, qu’il est entièrement contraire aux habitudes des villes antiques de consigner sor des monuments numismatiques des invectives contre d’autres villes. Eu outre la leçon de de Guignes n’est pas hèltraïque; il a probablement supposé, ainsi que Fabriey l’a fait remarquer, que 03 pouvait être mis pour an, qu’au surplus il aurait fallu mettre au féminin, et il a confondu n3K avec n3M ou ni'x. La leçon d’Ilaroaker contient la faute grammaticale d’avoir placé l’adjectif avant le substantif. La dernière leçou est do moins irréprochable an point de vue philologique. Elle fournit d’ailleurs un trait de lumière ; c’est la pensée que, dans nsN, le eaph est substitué an ehet, et qu'on doit donner à ce groupe l’acception stnir.

les autres auteurs, jusqu'à Gesenius, et la liste en serait longue, s’étant trompés sor la détermination de plusieurs lettres, sont souvent tombés dans des aberration.' plus grandes encore. Cependant il en est deux, Kopp et Bellerinann, qui, au milieu de leurs méprises, ont touché juste

sur quelques poinls. Ainsi Kopp, qui a reprodoit pour la seconde ligne la leçon erronée de Mtffei. 133 DK, matrù cireuti, a rendu avec raison le groupe de la ligne suivante par ii»o uero, ''ï nnx ’IK, /ma vero tororis Tyri. Bellermann, de son côté, a eu l’heureuse Idée de penser que te titre zn devait être suivi de noms de villes; mais il en a fait une fausse application.

Aidé de ces antécédenu, Gesenius a trouvé définitivement la clef de la légende en considérant les trois dernières lettres de la seconde ligne comme des sigles, comme les initiales d'autant de noms de villes, et il a rendu la légende entière de la manière suivante, sauf qu'il mettait Melita au lieu de Marathi, qui me semble préférable :

gidoniorum

'3 '3 '3 5t< mairis Citii, Maralhi, BerUi, r3.'t Stt item sororis 1Ï Tyri.

Gesenius a fort bien justifié la locution : 5idt>niurum matrit rel me(ropoUot, qui avait été proposée avant lui et critiquée, en citant ces exemples empruntés à la numismatique grecque ; ' Avt'.o- (Frœlich., Ann. Syr. , p. 101, 1 1 1, 1 15), —vYvSx'rxxîfîv irpwrr.ç fltvi^wv (Eckhel, IV, 282;, etc. D'un autre côté, le titre de terur trouve aussi son commentaire dans ce passage de Strabon(Aer. geogr., lib. xvi) au sujet de la tétrapole formée par les villes d'Antioche, de ,Séieucie, d’Apamée et de Laodicéc : tXîyaino âUvéXm 5iè Tè,ï Jjuwoiïv.

Les médailles de cette classe, à l'exception d’un petit nombre d'autonomes, sont frappées aux efCgies des rois Antiochus IV, Oémétrius 1” et Démétrius III.

S VIII. Tyr.

Les médailles phéniciennes de Tyr comprennent, comme celles d'Arad, deux classes distinctes, l’une composée d'exemplaires présentant des lettres isolées, variables, accompagnées de dates, tantAt simples, tantAt doubles, en caractères grecs; l’autre formée par les exemplaires offrant fane ou l'autre des légendes propres de Tyr que nous avons étudiées dans le livre précédent.

Les lettres isolées que portent les pièces de la première classe sont, en grande partie, les mêmes que celles d’Arad ; il en faut seulement retrancher le ydgA et la variante du ïamech qui occupe les onxième et treiiièmc cases du tableau de Pellerin ; il y faut ajouter, au contraire, le mstn présentant les deux variantes des n°* 1 et 1 Ht, pl. 6 de Mionnet. Nous ne nous livrerons pas plus que pour les monnaies d’Arad à des conjectures sur la signification de ces lettres.

La légende □'is dm iïV appartient à un exemplaire d' Antiochus IV, c'est^-dire à la période comprise entre les années 1*6 et 164 avant J.-C., ou les années 136 à 147 de l’cre séleucidienne, laquelle cessa peu de temps après d'étre suivie par les Tyriens. L’explication de cette légende est due à Barthélemy, qui l’a donnée dans les Mémoirtt de P Académie dee Injcriptitmi, t. XXX, in-4’, p. 414; t. LUI, in-12, p. 37.

La légende simple ■'ïS coïncide avec l’ère propre de Tyr, qui commence sons Alexandre Zebina. l’an 628 de Rome, 126 av. J.-C. Cette légende descend jusqu’à l’an 281 , correspondant à 155 de notre ère, en s’altérant, se dégradant de plus en plus, comme celle des médailles de Sidon de la même époque. C'est en l'an 121 et par le refh que commence particulièrement cette dégradation. En 141, le reeh a la forme de notre R retourné. Depuis l'an 179 jusqu’à la fin, ce n’est pins qu’une barre légèrement inclinée de gauche à droite.

§ IX. Afo.

I.’anrienne Aco, nommée Ptolémaïs sous les Lagides et maintenant Saint Jean-d'Acre, a fait

Eï DE L.V LANGUE LIBVgl E.

fr«pp«*r di-s inonn»i*» phéniciennps qo’on pem r«ngcr en deax classer ; raiic, dont noos nous aoinine» cntrelenua déjà dîna le livre précédent, contient les médailles dont la legendo ne consiste que dans le nom de la ville, "jï, suivi d’une date (voy. Allât de Gesenius, table S5 m) ; I autre, des médailles dont la légende se compose de 1a même partie, plus, tantôt du monogramme /P, suivi lui-méme d'une date en chirirea phéniciens, de cette manière ; *)ê*lltWNhv : tantôt, comme daps reiemplalre-flguré par Pellerin (dern. suppl., Qeuron du titre), une ou deux lettres p) éniciennes placées à la suite de la portion de la légende relative à Aco.

C'est à Pellerin qu'on doit la lecture du nom * 7 , aa.

La légende de la première classe est remarquable par les variantes do capA et par celles des chiffres qu'elle présente. Ces chiffres ne s’étendent que du nombre 23 au nombre 36. Le synchronisme qu’ils indiquent est révélé par la légende de la seconde classe. Kn effet, le monogramme placé en tête de celle légende sur la première variante et suivi d’une date différente de celle qui est ajoutée au nom d'Aco don être, comme l’a avancé M. Lindberg. le sigle du nom d’Arad>, et. par conséquent, les chiffres qui le suivent doivent être ceux de l’ère de celte dernière ville, savoir 13 correspondant à 638 de la fondation de Kome, 2l6 av. J.-C. L'ère propre d’Aco Commençait donc dix ans plus haut, puisque le clitli're qui suit “j; vaut 10.

Ur, dans la seconde variante, la première des deux lettres qui viennent après la date, sur l’exemplaire précité de Pellerin, est un <i/epA ; c’est aussi cette lettre qui parait seule sur on autre exemplaire ; comme ce caractère est l’initiale de l’une des variantes orthographiques du nom phénicien d’Arad, il est probable que l’on a l’équivalent du monogramme grec fi, et que la dernière lettre de l’exemplaire de Pellerin, dont les traits, au dire de cet auteur, n’étaient pas bien distincts, était on reth.

A la vérité, les médailles de la seconde classe, aussi bien que celles de la première, portent, outre les légendes dont nous venons de parler, une autre légende grecque constituée par le nom d’Alexandre le Grand, ce qui fait dire malicieusement à Gesenius, au sujet du synchronisme proposé par M. Lindberg ; • Sed quomndo in AUxandri Magni numn anni possint ah anno 236 a. Chr computari, vir doctus non docuii. » Barthélemy, dans sa lettre de 1760, Journal dei Sçarant, p. 600, et Pellerin, dans son quatrième supplément, p. iv, avaient d'avance répondu à cette objection. Barthélemy dit en effet ; - Il est impossible, quant à présent, de déterminer à quelle ère se rapportent ocs différentes époques -,11 parait seulement que quelques-unes sont postérieures à la mort d’Alexandre, car on a longtemps frappé des médailles avec le nom de ce prince, et j’ajouterai en passant qu’on en a frappé même dans les endroits qu’il n’avait pas soumis à sa puissance, etc. • Pellerin, de son côté, s’exprime en ces termes : . Il s’ensuit de cette date de l’année 36 de l'ère d’Alexandre que la présente médaille a été frappée seize à dix-sept ans après sa mort, arrivée en l’année 331 avant J.-C. En rapportant des médailles d'or et d’argent de ce prince avec des dates de même sorte, j’ai marqué que, selon toutes les apparences, elles avaient été ainsi fabriquées à son image et avec son nom à l’occasion des sacrifices et des fêles solennelles qui étaient célébrées chaque année dans les temples qu’on lui avait consacrés comme à un dieu de son vivant, et qu’on continua de lui rendre des honneurs divins dans ces temples, dont plusieurs subsistèrent longtemps depuis sa mort, témoin celui qui existait encore plus de cinq cents après dans la ville iTArca, appelée ensuite Céiorée du Liban, comme je l’ai marqué M. I, page 31, en y rapportant on trait de l’histoire de l’empereur Sévère Alexandre, savoir que Mammée, sa mère, étant allée à Area avec son mari pour y assister à une fête solenuelle qu’on y célébrait en l'honneur do roi Alexandre, elle accoucha dans son temple de cet empereur en l’année 208 de J.-C. >

Toutefois Pellerin s’est trompé sur l’origine de l’ère d’Aco.

(I) ta uns Hlm. I, 51t no. ISO pneterca roonogr. /P démit U. 4)s ex quo nuiDo irram acemem uno tVi a. <luod nutDum lub imperio i«radfi«i{wfR euHum «Tin- Cfar. n- inc<’piue colligo.

«il, addilur, et duplex zra, iclUcel acentit M- X et ora>

Enfin, df* m^mp qur noos avnns vu qu'nn doit rapporter à Arad des médailles aux types persans qui avaient été. jusqu'à M. LIndberg, fxrla.sivemenl dévolus à la Cilicie, je pense qu'on doit attribuer à .\co la médaille de même fabrique dont je reproduis la légende sur la pl. 2, n“ S, d'après un exemplaire de ma eolU'Ction ; en romparant cet exemplaire à celui d’Aco aux types d'Alexandre qui est représenté à rôté, il me semble iinpossililc de ne pas remarquer l’identité, sauf la direction inverse des deux lettres du droit de la monnaie persane avec celles qui forment, sur l'autre, le nom de la ville ; il me |>arait hors de doute qoe l'attribution doit être la même. La direction rétrograde de la légende sur l’exemplaire persan s’explique naturellement par cette remarijuequc les diverses écritures persane.s proetxisieiil toutes de gauche à droite. En n’adoptant point cette leçon, on aurait ‘sx ou gn qui échapperaient à toute explication.

§ Baalbek.

Je possède de petites médailles d'argent d’un fort joli travail, semblables, pour la fabrique, à plusieurs de celles que l’on attribue ii la Cilicie: elles présentent, sur l’avers, une tête casquee à droite, entourée d’un cercle de points; sur le revers et dirigé également à droite, un lion, tantAt assis, tanlAl dmorant un cerf, dans un encadrement de points disposés en carré. Au-dessus et s gauche du lion, dans la premièn; variante du revers, se trouvent, sur on exemplaire, les lettres jS, sur un autre La seconde variante porte cette dernière légende (*«y. pl. 2, n"* 7 et 8).

Il est évident que le groupe 13 est un nom, très probablement on nom de ville, dont, dans l’autre grou|ie, l’initiale se trouve seule, précédée, comme dans do lamed attributif.

Or, je ne doute nullement que ce groupe Bek, Beka, ne soit le véritable nuui de la ville célèbre de Baalbcb; Baal, y signifie eilé, comme dans un assez grand nombre de villes rapportées dans la bible, et de même que, de l’avis de Gesenius. s'jrn, mentionnée dans Neh., xi, 33, peut être la même ville que Tsnhïs, indiquée dans II 8am., xiii, 23, de même ~3, partie caractéristique du nom 13 S 73 , a pu être employé seul ; c'est ainsi encore qoe la légende ordinaire des monnaies de Sexti, ï3ïVi’3’3, est. sur quelques exemplaires, réduite à la forme simple ï3ï. £rAa, tout court, est encore le nom de la belle vallée près de la(|uellc gisent les ruines de Baalbek ou Héliopolis.

Ce nom substitué Hcliopolis a donné à quelques philologues le change sur la signification de Baalbek ; on a pensé que Baal était le nom du dieu, c’est- à-dire du soleil divinise ; qoe Btk était le mot égyptien Baki rille, et l’on a trouvé ainsi équivalence complète entre les deux noms. Mais d’abord l’inversion répugné au génie de la langue pliénicicnne, et, d'un autre cAté, le composé serait hybriile, ce qui ne serait pas moins insolite. La signification doit donc se cliercher entière dans la langue phénicienne même, et elle rentre dans celle de tous les noms analogues, c’est à savoir que Baal vent dire cité on possédant {voÿ. p. 30), et Bek, mreloppswunl, de 1^2 ou 13H, eoncofeo, imptico, verlo.

La faltriqne des médailles en ([uestlon, dont les lettres .sont fort pores, porte à les faire remonter à l’époque de la domination persane.

CILAPITHE Ml.

tfilicio, Cappudoce et Lydie.

On a attribué à la Cilicie toutes les médailles à légendes phéniciennes portant des types persans, parce que l’une de ces légendes se lit T^n ' 773 , Baal tarsien. Les exemplaires por-

ET DE LA LANGI E LIBYOIE. UJ

um cette légeode étaient rapportés à Tarse; les autres étaient considérés comme d'origine incertaine.

Mais nous avons déjà vu que deux d’entre elles doivent être rapportci s à des villes de l>hénicie, Byblos et Cabala ; d'autres, à Arad et a .Aco. Nous allons essayer de prouver que plusieurs appartiennent à Maraca de Cappadoce et à Baeé de Lydie. Nous continuerons de regarder provisoirement comme incertaines de Cilicie celles que nous ne pourrons (aire entrer dans ce cadre.

§ I. Mazaca.

Nous croyons pouvoir, avec Fabricy, rendre à cette capitale de la Cappadoce les mé,lailles ligurées aux lettres A. U et G de la table 36 vu, \ iii de Grsenius.

Noua avons déjà eu ro<-casion d’annoncer que ces monnaies se distinguent en ce que, sur les caractères qui doivent avoir une tète fermée, savoir le belh. le daUlh, l'ain et le resh, cette tête est ouverte supérieurcraeni, comme le sont quelquefois, parmi les anciens caractères hébreux des monnaies asmnnéennes, le belh et le re$h. Nous avons vu déjà des exemples de cette modilication sur le marbre de Carpentras. Cela parait évident en considérant les médaillés A à G incl. de la table précitée de Gesenius ; on remarque au premier coup d’œil que, sur aucune des légendes de ces monnaies, dont une, lettre A, est fort longue, U n'y a de caractère à tète fermée ; il est cependant impossible qu’il n'y ait ni belA, ni daleik, ni atn, ni reih; il faut donc que ces consonnes soient représentées par quelques- unes des figures qui leur ressemblent, sauf l’ouverture supérieure de la tète.

Les exemplaires A, B, C, D présentent sur le droit une ii^ende marginale identique; sur le revers, l’exemplaire A a une très longue légende dont les quatre premières lettres seulement se retrouvent sur l’exemplaire suivant ; les piisæs C, D, E ont une légende commune, mais différente de celle dont nous venons de parler, bnfin l'exemplaire G porte sur le droit quatre signes qui, nonolistant quelques légères différences de formes, paraissent être équivalents à ceux du revers du spécimen B.

Le revers de cet exemplaire G a uu groupe bilittère dont le premier élément est un belh. le .second un caractère inconnu que nous reverrons sur des médailles de Subitutu.qui nous fourniront seules les moyens d’en déterminer la valeur.

Une fois admi.se la conviction que plusieurs des lettres à tète échancrée doivent être prises pour les équivalents à tête fermée, il est facile de reconnaître, dans les trois premiers caractères de la tcgeiide marginale du droit des exemplaires A, B, C, le nom h~ 2 . Le signe suivant est évidemment un tau; celui qui lui succède, en suppasant une tête arrondie cl fermée au tien de relie qn’il a, serait un rtsh. On a ainsi tr, deux des élénienis du nom de la ville de Tarse, fl est donc probable que le dernier signe complète ce nom : c'est une simple ligne verticale. Nous avons reconnu à celte ligiu-e 1a valeur a sur quelques variantes des monnaies de Tyr; elle ne peut l’avoir ici si la dèterminalioo du caractère précèdent a été juste. Nous possédons un autre moyen de détermination dans les monnaies mêmes dont nous nous occupons. Eu effet , ainsi que nous l’avons dit un peu plus haut, il est très vraisemblable que la légende du droit de l’exemplaire G est équivalente à celle du revers de l’exemplaire B. Or, dans le second signe de la première de ces deux légendes, nous trouvons la forme normale du caractère dont il s’agit, et celte forme est identique à celle à laquelle nous avons attribué la valeur du xai/i dans la troisième alhém'enae. Cela noos donne donc effectivement la charpente trz, et la légende entière se lit, ainsi (joe SwiotOD fa indiqué le premier : tTl *7ïa.

Cette légende est susceptible de deux interprétations, ou bien l’on y verra simplement ville de Tarie, comme dans les légendes de Sex et de Ux, X3it dont nou.s avons sou-

vent parle, ou l’on comprendra Baal de Tarie, ce qui correspondrait à Aia; ’fipTes» qui se

m DK LA LANGl'E PHÉNICIENNE

trouve, ainsi que Belley l'indique {Mémoirei de l'Académie de$ imeriptione, LXVIII, in-12, p. 203), sur une médaille frappée par celle ville en l'honneur de l’empereur Hadrien. On sail. en cfTel, que la principale divinilé adorée à Tarse du temps des Grecs était Jupiter, qui prenait pour cela le nom de Tspotoc. Ce Jupiter a pu remplacer le Baal des phéniciens représenté précisément sur ces monnaies comme l’est Jupiter soit sur les monnaies émises ultérieurement par la même cité, soit sur celles d'autres villes.

Nous allons voir tju’il s’agit effectivemenl de Jupiter Tarsien, mais qu'on ne doit pas inférer que les monnaies qui noos occupent appartenaient à la ville de Tarse.

La longue légende écrite au revers de l’esemplaire A offre de très grandes difficultés, non pa.« tant à l’épellation qu’à l'interprélalion.

Trois caractères peuvent sustnler quelque incertitude sur leur détermination ; ce sont les 13'. 15' et 17'.

Le 13* ne se représente nulle autre part; en l’appréciant par analogie, on peut, avec aaser de vraisemblance, l’assimiler au hé.

Le 15' est mal figuré sur la table de Gesenius; je me suis assuré, en examinant avec le plus grand soin le bel exemplaire du cabinet du roi, qu’il est tracé, à très peu de chose près, comme l’avait déclaré l'abbé Peyrnn; Gesenius reconnaît que cette forme est celle d'un aleph.

Le 17* caractère est semblable à celui que nous avons déjà remarque sur une médaille de lléryle. Nous l’avons alors considéré comme un hé; mais ici il ne peut avoir celte valeur, puisque, quatre rangs avant lui, se trouve on caractère différent à qui nous l’avons déjà donnée. Gesenius, à l’exemple de M. Peyron. en fait un chef. Mais, sur un vase de Panorme que nous étudierons bicntdi, se présente une difficulté inverse à celle que nous venons de signaler, c’est-à-dire que la ligne qui commence par ce caractère se termine par un chet de forme différente, de forme normale; aussi, dans ce cas, nous le considérerons encore comme un hi. Nous sommes donc obligé* de demander la détermination à l’examen du contexte.

Les quatre premières lettres de la légende se trouvent séparées en nn groupe isolé sur l’exemplaire B de Gesenius ; ce doit donc être un mot . Il doit se lire ■■'tt:, car la seconde figure est semblable à celle qui forme le luïn dans le mot nn de la légende do droit.

Après les quatre signes suivants, on reconnait le groupe que l’on peut, selon toute probabilité, considérer comme le commencement d’un nom propre ; en effet, les trois lettres suivantes constituent le mot l.iv, qui correspond, ainsi que M. Peyron l’a avancé, au nom de la Ténus ou Arlémis des Perses. Le nom est donc AaiisonAa, serriteur de Ténus.

Gîci étant incontestablement établi, le commencement de la légende, scion Gesenius, serait : t.Tnay hv T'tS, slella tua iucida super Abdsohar. La phrase s’adresserait à Jupiter. Dans celle hypothèse, le groupe isolé de l’exemplaire B voudrait dire slella tua, et .sous-entendrait le reste de la légende. Cette supposition n’est pas vraisemblable ; le groupe isolé doit avoir un sens arrêté. Dutens et Kabricy oui pensé que ce devait être un nom de ville; mais Dutens se demandait à quelle ville pouvait .se rapporter ce nom Mazarca. Fabricy prétendait qu’on devait lire j:H3, et que c’était le nom original de Mazaca, de Cappadoce, adouci plus tard par les Grecs. Il est certain qu’on doit lire mais ce mol me semble pouvoir tout aussi bien être le nom primitif de la ville que nous venons de citer. Le culte de Jupiter Tarsien pouvait s’être étendu dans celte capitale, voisine de la Cilicie, et ainsi le type et la légende de l’avers se concilieraient sans difficulté avec nuire attribution Nous croyons donc pouvoir dire : Masarca pura roram Abdsokare....

Le reste de la légende est beaucoup plus difficile à expliquer. Je pense, avec Gestnius, qu’on ne peut y arriver qu’en considérant comme deux sigles Valeph et le ghimel qui suivent immédiatement le membre de phrase que nous venons de traduire, c’est-à-dire comme les initiâtes des mots VvJ (IX, Domino magno, se rapportant à Abdsohare. Ces deux mots doivent régir le suivant. Gesenius le lisait -]hn et le rendait par Ciiicxaf il traduisait ainsi la légende entière : Slella

ET DE LA LANGI E LIBYQl E. 12i

(IM (6 Jupiter) lucida êuptr Abd-$ohar, raeerdotem Ivel dotmnum) magnum Cilicùe. Mais, s'il s'agit rérUement de Maiaca, on ne peut adopter U version Cilicia; en cfTct, la dernière lettre, dont l’appendit* latéral est courbé vers le haut, ne peut être on caph, car nous voyons cette Icllrc au 4' et an 6' rang, présenter, pour appendice latéral, une perpendiculaire rectiligne, .le ne trouve de sens acceptable qu'en prenant la première lettre du groupe linal pour un rhel et la dernière pour un dalelh; on a alors, pour ce groupe, nS", terre, monde, et pour la légende entière : “Sri ’i 'î< 4ï “t ”|'tc. Maiarca, pure devant Àhdtnkar, eeigneur ptiu<an( de ta terre,

soit que l'on prenne le mot terre dans le sens restreint de contrée, ou, suivant la coutume empltatii|ue des Perses, dans le sens général et plus hébraïque de monde.

Geseniusdit, à la suite de la description de son exemplaire B : > In aliis, quorum plura in Moseo brilannico vidi, in aversa, infra leonem, sunt litteræ s:. • Il est probable que le savant auteur fait allusion ii une légende pareille i celle-ci ^ , qui se montre sur l'exemplaire 673 du cabinet du roi ; la ftgure de droite n’est pas no eamech, c'est un monogramme qui parait composé Je ’J. Les deux figures représenteraient alors "jiro *3, conformement à plusieurs noms de lieux désignés dans la Bible, et elles signilieraieot pays de Uaiarca. Cette leçon serait la confirmation de l’interprétation que nous avons donnée un peu plus haut. J'ajouterai, pour dernier argument, que le terme '3, au propre vallée, convenait très bien à U situation de Mazaca, assise, suivant •Strabon, au-dessous de l'Arguous, le mont le plus élevé de fAsie mineure, auprès duquel le Mêlas l'oulait dans une vallée profonde.

ij II. Bagé.

Bien qu'on trouve peu de traces do séjour des Phéniciens en Lydie, je crois que l’on doit attribuer à fone des villes de cette contrée, à Bagé, les médailles à types persans représentées par Gesenlus parmi les incertaines de la Cilicie, table 37, lettres N et O, dont l’une a sur le revers une légende phénicienne qui se lit N373. l'autre seulement un beth, initiale du même mot.

Dutens, qui a le premier décrit ces médailles' et qui en avait parfaitement lu la légende, d'ailleurs peu embarrassante sous ce rapport, même de son temps, les croyait originaires de Vaga ou Yaeea, en Afrique, opinion appuyée par Fabricy. La fabrique et le caractèn: persan prouvent qu’elles appartiennent à la classe de monnaies frappées sur le littoral méditerranéen de l’Asie pendant la domination médo-persane, et, dans cette condition, Bagé me semble la seule ville à laquelle on poisse les rapporter. Le type de la vache allaitant son veau, qui est marqué sur le revers, au-dessous de la légende, convient très bien à la Lydie dont le sol était d'une fécondité extraordinaire. Jérémie (xlvi, 20) rend la même idée, mais d’une manière moins expressive, lorsque, pour peindre la fertilité de l’Kgyptc, il la compare à une belle génisse. On sait d'ailleurs qu'on rapporte à la langue phénicienne le nom même de Sardee, capitale de celte contrée (ri'^ï, rochert).

§ III. /ncertainei.

Nous reléguons dans celte catégorie les médailles dessinées sur les tables de Gesenius 36 vu, ' vin, et 37, lettres C, D, E, L, M, I, K, Q, P et R.

Les (‘xemplalres C, D, L ontfao droit la légende et qui indique, sinon la fabrication à

Tarse, do moins le voisinage de cette cité, et ce qui entraîne la même conséquence pour les exemplaires E et M.

La légende do revers a été prise d’abord par Fulvio ürsini et même par S'ainton (Hiit. um'e., trad. de l’angl., tome XI, S. iii, L. ni, r.. 36, p. 667) pour le nom d’Annibal, qu’on supposait

(Il Kxplicatioads quelques médailles grecques et phraiciennes, avec uac paléographie numismatique; 2' éd.,

I undre», 1776, 4.

rp|irésenlé |>:ir l« t^lc caïquée. Celle opinion a été rejeléc par Pellerin el comliatlae aurtout par Dulens. Ce demirr nomiamale la lisait sans pouvoir l'capliquer. Fabricy lisait tcîsr,

qu'il interprétait ainsi ; • Win je en»... to vel Tarhin, verlmm 2 persooæ tnascuUnæ, ut gramniatirc loquar, futuri Biiihil. a Thrmate seu Radire, uii ainnl, 7 : ehoun. am roun. Prœparare, $labilirt, rfirtjere, et snum affixum. qood vocant. poelicum in psalmia, Jol», el proverbiis osorpaium, nempè JUo, Roi, loco toîi B vel an /Jem, mi in libris cæteris \ eteris ïestamenti Hcbrn>i illud vulgo adhibenl. <•

Bellermann a lu que Gcsenius dit pouvoir être interprété ainsi : - jb pr dihgeni magut

I. q. üa 21 (Jér., 3LXXIX, 3) arrhimagut, quo nomme summus sacerdos Olliensis apiwtllari (tolérât, cujnsque ntenlio a moneta Persicis iiguris ornata profcrto aliéna non fueril. »

Cependant Gesenius fait observer que la seconde lettre peut être regardé»' comme un resh plutôt que comme un rnpfc, celui-ci étant ligure différemment sur les exemplaires A et B, et la dernière pour un rau pluldl que pour un ghimel, l’extrémité supérieure étant arrondie dans plusieurs exemplaires.

La première remarque confirme celle que nous avons faite nous-mèntes concernant la dernière lettre de la légende du revers de l'exemplaire A. Quant à ce qui se rapporte aux médailles dont nous noos occupons en ce moment, noos pensons, d’après on examen très attentif des exemplaires du cabinet du roi, qu’en effet les deux lettres dont il s’agit sont un reih et un «au, et que la légende doit se lire ainsi ;

Gesenius croit avoir le premier fait connaître son exemplaire 0. Il dit à ce sujet : • Ex cxemplo parisino, ni fallor, inedito, quod meum in usum delincavit Hoblenbergius (lahlettc 61). - Une description et une figure plus complètes de cette monnaie se trouvent dans Fabricy, qui s’exprime ainsi, page 620 621 : •> Ex adversa parte, Jnvis sedens ac serainudus cernitur, diadematos, seu simplici ligula cincto capite, haslæque, cui insistit aqoila expansis alis, innixus ; sinistra, botmm lenens et spicas sive e modio, sive e calatho erumpentes; ante, vasculum aut cantbarus : in noiqi peripheria, épigraphe = VTi Sï3, Bdal Tan, i. e. Homînus, vel dotninaior Tarsi... Aversa pars, in quadrato non incuso, duos sistit slanles viros barbatos, simul culloquentes, Jovemqoe, quantum conjectura assequor, in vola vocantes : horum unes (>lane nudas, Ixva demissa, sinistra aoteni elevata, comparel ; tugatam vestem sinistra sublevans, dcxlra quicquain suu innoit socto, vel portendit : inlerjacet vasoulum, aut cantbarus, aut quodeuinque aliud ad Juvis sacra speetans. llinc inde épigraphe = IBjsn .Hit, JJinne Tachnemo. »

On voit qu'il y a dans cette légende un mot de plus que sur l’exemplaire de Gesenius ; ce mot est place derrière le personnage de gauche, parallèlement à celui qui est écrit au miUeu; les lettres en sont figurées ainsi : On a vu que F'abricy les transcrit ,t:n. Il traduit ce groupe

par Jîccr, el, le reliant à celui du milieu, il dit pour l’ensemlile : Rcce, dirige eot (6 Jupitert). Mais fl est évident, en premier lieu, que la première et la dernière lettres du groupe de gauche sont identii]ues ; en second lieu, qu’elles ne peuvent former ni le chet ni le hi; aucune analogie ne jus ifie ni l'une ni l’autre de ces déterminations. Ces caractères ressemblent an (au, surtout au (au carthaginois; mais celte lettre existe dans le groupe du milieu et elle n'a point d'appendice à gauche. Nous pen.soas donc que ce sont des aleph comparahles à celui qui occupe le IT* rang dans la légende du revers de l’exemplaire A. tulile 36 vit de Gesenius, el à celui que l’on remarque en tête du groupe l’oit sur l’exemplaire G des médailles de Gades, table 40 de Gesenius. Le groupe ei|uivaudrait donc à tcN.

La position des deux mots, chacmi à côté de l'un des interlocuteurs, semble indiquer qu'ils expriment les noms de ces personnages. Toutefois, à l'exemple des plus sages de mes prédécesseurs, je crois devoir rester dans le doute.

Les exetnpiaires I et I bis de Gesenius offrent une même légende ■j'i’zSïaV- Cette légende est fort nette sur deux pièces que je possède, et l’une explique rerrenr commise pour la seconde lettrcdclaiegende 1 6is de Gesenius ; celle lettre est un belh. il s’agit probablement de Üaal-Afufoch.

Eï DE LA LANGEE LIBVgl E.

Sor les esempUirn K et g U légende n’ert pu exneleinem reproduite ; la preuve ressort dis expressions mêmes de Gesenius ; en effet, pour le premier exemplaire, cel auteur trahit son incerlitode par ces paroles: - Quantum ex irilius eieinplis eflieio, ijuæ ante oêulos sont, épigraphe tuperiur ila legenda est... • Pour le serond exemplaire, il dit plus cxplieitcmenl : • Epigraphe bas lifteras conlincl SC'chc salit pertpicuat, nisi quod ment litl. 3 a litt. 1 et litl. 5 pullulum differt, siquidem linea media dlrecta ferc dubia est, et lillerm exirema; nonniti parvum vestigium superest. - Je possède un exemplaire K ; mais les lettres y sont emp.^tées et peu distinctes. Un exemplaire du cabinet du roi présente d’une manière fort lisible ; nSï

La legende de l'exemplaire P ne laisse pour la lecture aucune hésitation; c’est bien, ainsi que Fabricy l’avait avancé, “Hs p'ïiS. Mais que signifie cette phrase? l'ahricy confondait le premier mol avec JIK de la Genèse, x, 10, et il le regardait comme le nom d'un roi. Kopp et Lind herg l’ont pris pour le nom d’Arca rasarea ai Libanum; après avoir, pendant quelque temp.s, professé la même opinion, Gesenius l’a rejetée pour attribuer la monnaie à la Cilicie, comme l’avaleot fait Nllonnct et d’autres numismates; il s’appuie succès inoiifs que la fabrique est trop nette et trop élégante pour appartenir à la Phénicie, qu’on manque d’exemplaires authentiques d'une monnaie d’Arca, undis que le type de la pièce dont il s’agit se rencontre sur d’autres médailles de Cilicie (foy. Hionnel, t. m,u-677-68U, cf. 651,681), enfin sur ce que le nom bebreu Genese, x, 17, prouve que. dans la langue des Phéniciens, le nom de celte ville commençait. non par un alepk, mais par un olii. Cette dernière considération n’est peut-être pas péremptoire, puisque, sur les médailles d’Arad, mms avons vu le nom commencer Untôt par un aleph, ainsi que dans la Bible, laniùt par un o»n. Quoi qu’il en soit, nous croyons prudent de partager le doute de ce savant antiquaire.

Enfin, sor notre planche i, n* 39, nous rectifions, d'après une monnaie do cabinet du roi, les deux légendes de l'exemplaire B de Gesenius; mais nous avouons ne pouvoir en pénétrer la signification. “

CHAIMTKE IV.

Grèce.— Athènes.

Noos avons décrit, dans les cliapitres ii, ni, iv et vi du livre précédent, quatre inscriptions bilingues trouvées à Athènes.

Les deux premières ont entre elles une très grande ressemblance, tant sons le rapport de la tournure des eontextes que sous celui des caractères phéniciens ainsi que des caractères grecs. Ceux-ci permettent de fixer approximativement la date. Elle ne remonte pas, d'après les paléographes compétents ', au delà du temps de Démosthènes.

La quatrième présente des caractères moins purs. Elle se lie. pour le canevas formulaire du contexte, à la seconde ritienne et à la première maltaise. Elle se rapproche encore de la dernière par le dessin des lettres. Aussi pensons-nous qu’elle loi est contemporaine et qu’elle correspond, par consé<|uent, ainsi que nous le verrons ultérieurement, à une époque un peu inférieure a relie d’Alexandre le Grand.

L’autre inscription biKngue est rapportée au temps des Antonins, dans la seconde moitié du deuxième siècle de notre ère.

Une einquiéme inscription athénienne a été décrite et expliquée par M. de Saulcy dans les Annales de l'institut archéologique, 1" cahier de 1843. Nous la reproduisons sur notre planche 4.

;l) Borrb. Corp. Inser. I, p. 523-SlT.

i;k de la langue PHENICIENNE

La transcription de ce Tragnient, comme le dit le savant anteur que je viens de citer, ne présente ancone espèce de difficulté, et la lecture donne les mots :

-OP P chs; P fOïnnay AlKlasclmmun, fils de Sclialom, fils d’AbU

Le style de cette épigraphe est exactement semblable, sous le rapport paléograpliique, à celui de l’épitaphe d’Aseple; nous l’attribuons donc à la même époque.

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