‹ Étude démonstrative de la langue phénicienne et de la langue libyqueChapitre 40 sur 66 · ET DE I-A I.ANGLE UBYOHE · texte numérisé non relu

ET DE I-A I.ANGLE UBYOHE

Ptllrrin lisait sur les eseniplaires A, C, D, E, et, pour le premier groupe, sur l'exemplaire B, yrrS. ainsi que Swinion, sur les exemplaires F et G. 'xi'?. c'est-à-dire, suivant le docteur d'Oxford. EopclAas, dans l'iiede Chypre, et, selon le numismate français. Ltplu (mapna); la dernière partie de l'exemplaire B paraissait à Pellerin pouvoir se traduire ou Tt: 3’jz. jucunilitat soliludiniâ, ou Tt3 =7, juxta su/iiudinein; Swluton y lisait ‘'T 2 Z, qu’il considérait comme la lurnie originale do nom de Cyprus.

Court de Gebelin (,1/onde prim., t. III, p. 491) lisait le premier groupe 7pa'7.

Il y a, comme on le voit, controverse an sujet des deux dernières lettres du premier groupe, ainsi que de la première figure et des deux dernières do second groupe de l'exemptaire B.

Pour l'avant-dernier signe des deux groupes, il n'y a plus aujourd'hui le moindre doute ; ehaeun est d'accord pour y reconnaître le qàpk.

Le dernier signe du premier groupe est, inconlestablemenl aussi, on lod, ainsi que le prouve le parallélisme des exemplaires F et G, où il est remplacé par une ligure pour laquelle nous avons •■onslaté cette valeur.

Comme Pellerin l'a fait remarquer, la Brièveté de la queue de la dernière lettre du second groupe la distingue, pour en faire un dairth, du rcih, qui a avec elle, à part c.ette particularité, une grande ressemblance.

Enfin je partage aussi l'opinion de cet estimable antiquaire au sujet de la première figure du second groupe; je la considère comme on monogramme, une combinaison des lettres et 0< c'est-à-dire C7. qu'on a réunies pour établir de la symétrie avec le premier groupe.

Je traduis donc: Labtqa (Lambeqa), peuple de Boqud.

Nous avons déjà expliqué celte union do nom collectif C7 à celui d’une ville.

Il s'agit du Bocud, souvent nomme Bocehut, qui soutint si utilement le |tarii de Jules César et d'Ociave, et qui avait reçu du premier, pour récompense, le royaume de Juha, dont Lambesa était une des villes les plus importantes. Les effigies des exemplaires A et G. où se trouvent, d'un cOlé. la tète d'Ociave, de l'autre, celles d'Antoine et d'Oclavie, laquelle tète d’Oclavie se représente sur l'exemplaire B. sont d’accord par le synchronisme avec cette interprétation.

Gesenins transcrit ainsi les deux groupes; •spSs ’paS. Il regarde le Utmed qui commence le premier comme la particule préfixe et 1rs trois lettres suivantes comme formant l'orthographe phénicienne du nom de ville rendu en grec par Bàya, Oùdyx, en latin Fueca, Fayo, lequel nom lui parait être le subslaniif égyptien baki, voulant dire uiffe, ou une apocope pour 7 'pa.de la racine phénicienne napa, vallU, par extension, dans queiques langues affines, rtgio, campai.

Ce qui a déterminé MM. Lindbrrg etFalbeà repousser celte explication, c’est la judicieusi» oliservation que, sur les monnaies puniques, le lamed n’esl jamais employé comme il le serait ici ; il est toujonni remplacé par le mem.

Quant au second groupe, outre ce qui a été déjà dit au sujet de la dernière lettre, on doit taire remarquer rimpossibililé de prendre pour un Umed la seconde figure, entièrement semblable au beik qui occupe la place correspondante dans le premier groupe, tandis que le lamed placé au commencement de ce groupe a une forme tout à fait différente. La leçon ^ph'7 est donc inadmissible.

§ VI. Juba 1' et Juba II.

Nous noos sommes otx:opés,daos le second livre, au chapitre IV, de la légende de la médaille de Juba 1", dessinée sur la table de Gesenius 42 xx. A, et, au chapitre Vil, de la Icgendè des niédailles de Juba II représentées même ubie xxi, de la lettre D à la lettre L.

Les variantes, ou, pour mieux dire, les dégradations des mem. dans le premier mot ope, et des scAùi dans le second tTS®, méritent d'attirer l'attention d'une manière particulière. Les mem des exemplaires D, D bit, E, K, peuvent, sans trop de difficulté, être ramenés à la ligure de ceux

*.'|S DE LA LANGUE HHÉMCtENNF.

'les csempUires F, G, L; le sekm des esemplaires F. G et celui de Texemplsirc E peaveni ftre comparés à des variantes bien délermlnées des médailles de Lis ; mais le me si linal et les trhi» de l'exemplaire H n'ont pas d'analoanes ; on n'en peut ronslaier la valeur que par le parallélisme diw lefçendes.

La légende des médailles de Julta 1" offre deux autres variétés, dont l'une appartient aux exemplaires A et C, l'antre à l'exemplaire. D.

La première de ces variétés se lit ainsi ; niS'S □' Il y a en outre, à la lin de la légende,

sur l’un et l'autre exemplaire, une ligure inconnue en forme d’S retourné, à laquelle nous ne pouvons donner aucune valeur certaine. Geseniua la regarde comme un nuR. expression du prénom possessif de la première personne plurielle. Pour nous, considérant qu’elle n’existe sur les légendes analogues, ni de la première variété que nous avons dit se lire rîSs D’ 'Va*' et se traduire • Juba, chtf du royaume, • ni de la troisième variété que nous venons de mentionner et que nous examinerons toot à l'heure, nous pensons que cette ligure est purement un remplissage calligraphique. Au surplus, ainsi qu’on va le voir, l'opinion de Gesenins peut fttrt bien se concilier avec la leçon que nous adaptons pour le reste de la légende.

Cette légende diffère de celle de la première variété, rappelée ci-dessus, par l'addition d’un «•hi’n en tête de la proposition. Il était naturel de considérer cette lettre comme une particule, et dè.s lors elle ne pouvait exprimer que le génitif que l’on trouve aussi sur un as.s« grand nombre de médailles grecques, (Mtr exemple : ItxnXsMt 'VÀi|«»îpou, BatnXii-x ’Avrio/ou, etc. Cette opinion, que nous avons déjà émise à l'occasion de plusieurs inscriptions numidiques, est pleinement jiistiliée par le cas analogue d’une légende hébraïque dans laquelle la présence d'un tchin prelixe, comme ici, a été jusqu’à présent regardée comme une faute de l'artiste ; nous voulons parler de la légende d’une médaille de Siméon fort eoimne et ainsi écrite : 'jiC'W* x'iï; De Simeon,

prince d' Israël. Ce schin est celui qui se trouve dans la particule plus compliquée Ht?, qui exprimait aussi le génitif et que nous avons vue avec ucite signification dans trois iiiscripliuns ntiniidiques.

I.A Icgende de la variélé doni noos nous occupons doit donc être rendue ainsi : « De Juba, chef du royaume, - ou, en admettant l'opinion de Gesenius relativement à la dernière ligorc: • l»e Juba, chef de notre royaume. •

C’est par l’exisienee de ce sehia préfixe que M. de Saoley justifie sa iradueiiun : A Juba (la royauté) ; mais celle joslification même est la condamnation du iransporl de cette traduction aux légende.*, à cela prés idenliques, qui n'ont point celle pré|K)sition, et réciproquement l’imiiossibililé de re irsnsport, là où il faut cependant une version commuue, s'oppose à ce qu'on adopic celle qui vient d’être rappelée, même pour le cas où le scAin préfixe existe

La troisième variélé, que l'on ne ronnait que par un des-sln de Bayer, a une légende double. Itartieaur le droit, partie sur le revers. La légende du droit se lit ce que l'on peut, sans

aucun doute, considérer comme le reste de la phrase rySc D"', et très probablement même ’ïav 'ta ou 'ïit'tï. l.a légende du revers présente d'abord un srAïn, puis un lamed •, mais ensuiic vient un caractère qui, tel que l'a figure Baver, ne i>eul être deiermiité, faute d'analogue, et cette circonstance nous interdit loule explication.

CIIAIMTKE \.

Maurtlania.

On trouve, sous re litre, dans le catalogue de MM. Falbe et Lindbecg :

I* (iuiia, médaille autonome panique ;

'J' lut, médaillé autonome punique ;

KT bE LA LANGUE LlliVgi E. ly j

}• Lixut. mrdiillet talonomes, tant arrc légendes pnoiqnet qoe bilisf^uei, savoir ; gréro-pa niques et Ulino-puniqurs;

4" Salla, médailles aolooomes puniques;

5° rinyù, médailles autonomes puniques.

Nous no connaissons de ces monumenis que deux médailles de (ihercliell, l'une de l'eimque a laquelle cetle ville portait le nom de loi, l'autre du temps où elle avait reçu celui de Lesaree, et les médailles de Lix ou Lixus, aujourd'hui Ël-Araeb, dont nous avons parlé à diverses reprises dans le deuxième livre. Nous y ajouterons une médaille généralement attribuée a Juba U, et qui, si cetle attribution est fondée, nous parait avoir été frappée peu de temps après la translation de In résidence de ce roi à loi, ainsi qu'une médaille de Bucebos fabriquée à SIga.

§ I. loi OH CéMrée.

La médaille de loi à laquelle nous avons fait allusion en premier lieu est celle que nous avons mentionnée dans le précédent chapitre, à l'occasion de Constantine, comme ayant, au revers, mus on cheval galopant, la legende Sh (eoy. pl. 2, n° 13). Ce mot me parait être le meme que celui des Hébreux H'x ou Sx qui signilic chine, et ce serait la première de ces deux formes qui aurait entraîné la prononciation Nous devons l'aire remarquer la correction graphique des deux lettres composant le groupe dont il s'agit.

La médaille que l'on doit rapporter à la même ville, mais au temps où elle avait reçu le nom (W t'.ésarée, est deasinée au n“ 14 de la planche ï; elle a été trouvée à Cherchell par mon ami ledocteur Bonnafont. Elle pot te sur le droit une tête d'Ilercule imberbe, revêtue d'une peau de lion, et sur le revers un cavalier galopant à droite ; devant le poitrail du cheval, une étoile ; en exergue et en caractères très lins, kaiîa au dessus de la légende, entre les Jambes du cheval,* un raph phénicien semblable à celui que l'on voit sur la piemiére et les deux dermirei maltaises; ce raph est, sans aucun doute, Tinitiale du nouveau nom de la ville passé dans la langue pbéni- «•ienne, comme celui de Laodicée et plusieurs autres. I.a légende en lelire.s grccque.s porte s croire que c'est pen iant la vie de Cléopâtre que cetle monnaie a été frappée. Elle est (>ar consequeni moins ancienne que la précédente, que, à la ressemblance de ses types avec ceux de la médaille de Constantine, on est autorisé à regarder comme ayant été fabriquée au moment même où JuIhi II a quitté la Numidie (tour régner sur la Mauritanie.

L’analogie des types de la troisième espèce de médailles attribuées à la ville t|ui porte aujourd'hui le nom de Cherebell (Gesenius, table 42 xxi, A, B, C) avec ceux de la première espèer entraîne à leur assigner à peu près U même époque.

La légende de relie dont il noos reste à parler est écrite en earartères très tins,- aussi a-t-cHe clé lue différemment, du moins dans les trois premiers éicmenis. par les auieurs qui s’en sont ■xtcupés. Gesenius. n’ayam point vu les pièces et n’en traitant qoe par conjecture, a essayé de refaire un texte parlicuher à l’aide des diverses leçons qu'il connaissait. Nous verrons tout à l’heure qu'il n’a pas réussi; nous ne noos arrêtons donc point ,x son opinion.

M. de Saulcy, pensant qu’on doit lire les trois premières lelires comme Mionnel (tome 1, p. 548 et pl. XX, n“ 49) les a lues, savoir : px 3 , Bek, Bok, n’hésiie p.is. dit-il. à traduire la légende entière ; r:S'2'2n px3, A Borrhus la royauté. C’est la présence du hé d'ancienne époque, au quatrième rang, dans celte légende, qui a contribué à lui faire considérer comme devant avoir aussi la même valeur la figure semblalde au R rétrograde qui se trouve sur les médailles de JuIhi père, de manière à y lire, comme ici, r:'?csn après le nom projire. Ce parallélisme, on doit le reoonnaiire, a (juelqDC chose de séduisant. Hais ici aussi, comme dans les légendes de Juba 1" qui ne débutent point par le srhin servile, on se demande d’abord où est l'exposant du datif, necessaire pour former celte espèce d'acclamation? Celle objeciion a certainement de la force ; mais il en est deux autres qui sont péremptoires, c'esi que, d'une pirl, les deux premières

no DK LA LANGLK PII fiMCIENNE

lettres de la légende ne sont point telles qae le pense M. de Sanley ; d'nne antre pan. le nom de llocchns est écrit dilTéremment, savoir, tttpz, sur nne médaille de Siga, dont nous parlerons au paragraphe suivant, de même que nous avons déjà vu op 3 sur quelques médailles de Lambesa.

Après avoir examiné avec le pins grand soin l’exemplaire conservé au cabinet du roi, je me sois convaincu que le second signe est le demi-cercle ouvert à gauche qui forme le phi ou. dans l’alphabel de basse époque, le belh ; la forme normale des autres lettres porte à lui assigner la première de ces valeurs. Le premier signe, un peu moins distinct, me parait cependant, sans aucun doute, être on lamerà. .le donne, à la planche 2, n° 40. d'après cette lecture, une copie de la légende, qui se rend ainsi : ~E5, l'abondanrf du royaume.

On doit remarquer, dans cette légende, d’une part, sous le rapport paléographique, la forme correcte des lettres, de même que sur la médaille de Cnnstantine et sur la première de celles auxquelles ce paragraphe est consacré; d’une autre part, sous le rapport philologique, la présence de l’article devant le conséquent et celle do mem formatif du substantif, .luba II, dont le goût s’était formé aux écoles de Rome, pendant le grand siècle de la littérature, a très prohahleinent \ouhi ramener la langue phénicienne à sa pureté graphique et grammaticale.

S II. Siya.

La médaille dont il .s’agit se trouve au cabinet du roi, dans le casier des rois de 4faoritanie, l’O deux exemplaires; l’un de ces exemplaires, qui porte le n” 9, est un nioven hron/.e avant, sur l’avers, nne tête à droite, barbue et diademée, devant laquelle sc lit faetlemcnl la légende xs'pz (pl. 3, la, A); sur le revers, un personnage debout, tourné à gauche, que l'état de cecûté de la pièce ne permet pas de caractériser, et derrière lequel se lit toutefois sans hésitation la légende nïJ'C (même pl.. B). Le second exemplaire a le même avers: sur le revers est un personnage debout, tourné à gauche, tenant de la main droite un thyrse, je crois, et une grappe de raisin ; devant lui est un petit cheval regardant à gaoehe; la légende .uïJ'tr est enfermée dans un encadrement parallélogrammaliqoe.

Ces leçons, qui me paraissent incontestables, ne pemiellent pas de mettre en doute leur interprétation par les noms du roi Bocebus, d’une part, et de la ville de Siga, de l'autre part.

Ce Bocchus est distinct de Bocud, dont il a clé parlé an sujet des médailles de lambesa ; on lient consulter .sur ce point llamaker {Mitcell., pag. I53-IS4 cl 310).

§ III. Lix.

Nous reproduisons à la planciie 3 les variantes des médailles de cette ville publiées dans la notice de MM. Kalbe et Lindberg. Noos renvoyons, pour les explications purement numismaliques, à celle très intéressante notice. Nous nous bornerons ici à quelque.^ remarques succinrles empruntées à ces auteurs.

Ils font d'abord observer la forme insolite du scAin sur le n° 30; nous l’avons déjà signalée à la page 38.

• Il est tout naturel, disent-ils ensuite, de voir des légendes puniques sur les monnaies auto nomes d’une ville libre de la .Mauritanie, et ce qu'il y a de particulier en y voyant des légende> grecques et latines s’explique par la circonstance que de telles monnaie.^ ont dù être frappée.» pour oelle ville maritime et commerçante à l’époque de la puissance croissante des Romains en Afrique. Les légendes latines des médailles de Bocchus, des deux Joba et des Ptolémées font voir combien la langue romaine prédominait sur les monuments publics, même dans les Etats, indépendants ile Rome, soumis à ces princes. La légende greeque Ali ' s’explique comme une conséquence de la

(I) La aicdailte dont il s’agit ici a'rst pa.» tiguréc dans prot'.vUlcinenl Ali, Lijuf C.rappcdf r.visia; S dr«i*t la Boticc précitée de H.M. Faille et Litidhcrg;el1e est de- Iritrts prcMti'c cftacci-si à gauche, de* tetircv

celle aiaai : • S. Télé ouc imht’'he à droi'e; derriept- A e f«e**e, *

KT DE I.A I.ANGt E r.lBYQLE.

présenco do* oolons grecs qu’on »v»it sonli la nécessité d’appeler dan* ces tonirée» éloignt'c.s (ooy. Stratio, lib. XA'II, p. 1138). L'on peut croire aussi que cette médaille est contemporaine lie Cléopâtre et que la prédilection bien connue de cette princesse ponr tout ce qui était grec avait donné l’idée de composer le nom de la ville dans cette langue à l'instar des monnaies frappée* en Mauritanie pendant le régne de Cléopâtre, dont le* légendes qui eonliennenl son nom sont toujours écrites en grec. •

Cette dernière opinion noos paraît la plu* probable, .\insi les considérations précédentes font connaître, dans des limites asseï resserrées, le.* âges des variantes des médailles dont il s'agit.

^ous avons, à une antre occasion, fait ressortir l'importance de la tiare qui. sur quelques types, eom re une tête virile. Bouterouê, dans ses Rerherchet curieutet de» montiaïc» de France, avait déjà figuré on exemplaire semblable à celui du n* 18, mais avec une légende incomplète.

MM. Falbc etLindborg pensent qu’on doit considérer comme un «un le petit trait qui, sur le.* esemplaires 17 et 19, suit le mot Vïî. et lire par conséquent j'vvg'g, qu’ils considèrent comme le pluriel, à l'état absolu, signifiant a eiribus. Cette interprétation parait, au premier abord, d’autant plus plausible que. sur ces exemplaires, tri'? est à la partie supérieure de la médaille, et l’autre groupe de la légende à la partie inférieure, ce qui semble autoriser à lire dans cet ordre : îVïg": CzS, lÀx a ciriftuî. Mai.*, avec un peu de réflexion, on ne peut consentir a suivre cet ordre; indubitablement, à notre avis do moins, la proposition doit commencer par le groupe qui commence lui- même par le mem indiquant l’origine, quelle que soit, sur la monnaie, la position relative de ce groupe. D’ailleurs le pluriel par nu» peut être considéré comme sans exemple en phénicien. Noua avons déjà, dans la tr.xduction des scènes de Plaute, émis une semblable opinion sur le peu de probabilité de cette forme. Nous penson.* donc on que les traits dont il s’agit ne .srmt point des lettres et tiennent aux ornements du type, on que ce sont des («u qui donneraient rtSlfg’:. Toutefois, comme nous n’avons point vu les médailles, nous ne présentons cette opinion qu'avec une juste réserve.

CH.VIMTRK \|

lîspagnc.

Pour re qui concerne fEspagne, c'est exclusivement dans la Bétiqne que l’un a trouvé des médailles à légendes phéniciennes.

A l’exception de deux espèces, une de Besippo. l'autre attribuée à Belo, ces diverses médailles, savoir celles de Gadir on Cadix, de Malaca. capitale des Basluli-Pteni, de Sexti et d'Abdère, nommée aujourd’hui Adra, ont été analysées dans le cours du deuxième livre.

Parmi les dernières, celles de Cadix seules exigent que nous revenions d’une manière spéciale sur ce qui les concerne.

Ces médailles offrent cela de digne d'attention, que la légende présente deux variantes bien tranchées par leurs formes grammaticales, et que cette distinction est constante, savoir : d'une part, tlâ.T nV":. de l’autre t-Jx Sjitg. La différence de l’article, toujours corrélative à celle du premier groupe, est surtout caractéristique; elle indique deux époques nettement séparées dans la production de ces médailles. Or femploi du ké pour article est la forme orientale, celle qui parait sur les monuments de Citium et d’Athènes; on la retrouve aussi sur les monuments de Carthage. Noos devons donc penser que la première catégorie est la plus ancienne ; elle peut remonter à l’époque de la dominatiun carthaginoise. On peut voir une autre preuve de celte ancienneté relative dans la forme du mem, qui ne présente pas la modification qu’on lui trouve sur les médailles de Sexti.

t6S DE LA I.ANGIÎE PHÉNICIENNE

On doit se rappeler que noos avons signalé la présence des deux formatives de l’article sur le monument d'Ipsamboul.

Les exemplaires D des médailles d’Al)dére annoncent authentiquement le règne de Tiliêrr ruœme celui de leur fabriuatiun.

Passons aux deux nouvelles espèces que nous avons à examiner.

S I. Bfsippo.

Parmi diverses monnaies que plusieurs auteurs, entre autres M. Lindberg, ailribuenl à tort à t'ossvre, il en est une que Gesenius a décrite aussi, page 32T, n° f, de son Afonumenla, et dont il a donné la légende sur la table 44 xxvi, lettres G, H, 1, K. Cette légende est inexactement retracée. D'après deux petits bronzes que je possisle et un pins petit encore du cabinet du roi (/n- Ctrl. d'Afrique, tablette 5, n” 914), où l'écriture est parfaitement nette, cette légende doit se lire •:tr;. HIe est dans chacun de ces exemplaires placée au dessous d'un crabe ; mais le revers diftï‘re sur mes pièces et sur celle du cabinet du roi ; sur celle-ci, c’est une léle à droite, imberlie et diadémée ou laurée, sans aucune lettre ; sur les miennes, c'est un personnage marchant à droite, la main droite tendue en avant, la gauche appuyée sur les reins et armée d'une petite massue, Hercule probablement ; devant lui les lettres p (coy. pl. i, 21).

Ce dernier groupe semble indiquer qu'une date correspondait dans le champ, à gauche; ce- {lendant il n’en existe aucune trace sur les monnaies que j’ai sous les yeux, ni sur celles citées ailleurs, savoir: dans Neumann, ;Yvtni inediti, t. 1, table i, n*l3; M. délia Marmora, Sayÿio, etc., tables i, iv; le Catalogne de la collection de M. Léopold Welzl de Willenheim, Vienne, 1814, n» 991.

La figure donnée par .M. délia Marmora, que je viens de citer, fait confusion avec une médaillé dont la légende est représentée pl. 2, n" 33, et dont il sera parlé, comme appartenant à .Vgrigenie, à la fin du chapitre relatif à Gossyre. Il est vrai qu'outre la présence commune d'un crabe au-dessus de la légende, les types de l'autre cùté ont une grande ressemblance; toutefois, sur le dernier exemplaire, le personnage, debout et dirigé à droite, a un bouclier que celui de l’autre exemplaire ne porte pas.

I.a légende, telle que je l’ai transcrite prcctxlemmcnl, me semble ne devoir laisser aucun doute ■sur l’interprétation que je loi donne, savoir Betibbooa Besippo.

Ces médailles, d'après la forme des lettres et la fabrique, semblent d'un temps intermédiaiie entre la haute et l:i bas.se époque.

$ II. Btlo.

Les variantes de la médaille dont il s’agit .sont dessinees sur la table 41 xviii de l’atlas de Gesenius. La légende se lit tantùt (A. C, B, H, E), tantdt riHyiC (E, F bis). Elle a été lue ainsi d'abord par .M. Lindberg, qui l'avatt à tort rendue par senufus. Gesenius a reconnu que c'est, tl’une manière absolue, le mot employé en conslruction sur d’autres monnaies et signifiant tille., r.ité. 11 a attribué la médaille à Belus ou Belo, ville maritime située sur l'cmltouciiure du fleuve >lu même nom.

La légende est remarquable par la dégradation des lettres, et parliculiè; enieiit du (au, qui se réduit à une simple ligne verticale, comme sur plosieurs monnaies d'Abdère. Elli> n'est donc vraisemblablement pas d’une époque plu.s reculée.

KT OE I.A I.AN(il K MBVgllE.

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