G. DC
2° Le tétradraebme dont la légende est :
□ 2 ünc Cesenius, table 38 i.x, K.
3** Les médailles en bronze, de grand et de petit module, qui ont, au droit, une tête de femme couronnée d'épis et regardant à gauche ; an revers, un cheval debout, dirigé à droite, tournant quelquefois la tête en arrière ; placé d’antres fois devant on palmier. Sur le revers, on voit une lettre ou deux, variant très fréquemment de valeur, par exemple :
K. tT3. n. O.
y-R 03. srtî. f.
(t) zp vascutum eoneavum, H3p ventrtculiu ruminaatium asper.
Ji
n.E LA LANGUE PHÉNICIENNE
Prtmiire clone.
Btnliélemy, qui av«it très bien lu U légende r:ncn ci ou run'2 Am homnUianoih ou Am mahhoHoth, suivant sa iranseriplion, la rendait par populut casirorum, prenant le tau UnaJ pour la marque dn pluriel féminin ^ noos savons que cette lettre peut remplacer au singulier même le hé de l’hébreu n;rt 2 .
L'illustre abbé ne s’ciait pas trompé non plus sur la légende rctn P'p, qu’il traduisait par urbsnora.
La légende de l’esemplaire I. tab prèc. , est écrite à contre-sens; Barthélemy la lisait cyn rjnc.ou mieux pjns ci";; il pense avec Gesenius que la première lettre est, ainsi que sur l’esemplaire H. un srhin, signe du génitif, comme en tête d’une variante de la légende des médailles de Julia l"^,rar le jambage descendant, du moins sur l’exemplaire H, est manifestement plus petit i|ue celui de la linale de c; et de l’initiale de p:rrc. Cependant le mem solitaire qui se voit sur un assez grand nombre d’exemplaires étant l’initiale de Pirvc, les deux mem que j’ai vus, parfaitement conformés, sur un exemplaire appartenant à M. Rollin, doivent représenter riïTIC, c’est-à-dire le nom de lieu, précédé de la proposition d'origine : dès lors on peut prétendre que, dans la légende complète des exemplaires H et 1, c’est aussi cette proposition qui est placée au commencement, et que la brièveté comparative du jambage descendant tient à la rencontre de l’arc formé par le bord de la pièce. Il y a des analogies pour l'une et l’antre locution. Je croi.s toutefois, je le répète, que dans le premier cas la lettre en question est un srhin.
Les types que l’on voit sur l’exemplaire G de Gesenius ont visiblement, selon Barthélemy, rapport à Carthage.
Suivant le même auteur, la légende ou portion de légende rtrmrpp, signiGant nouvelle ville, doit aussi être regardée comme le nom de Carthage, car le nom de Carihada ou Carthage ne slgniliait pas autre chose chez les Phéniciens. Toutefois, il attribuait les monnaies dont il s’agit à Palcrme, se fondant sur les raisons suivantes ; f 11 est naturel de les rapporter à une ville habitée, ou par des Phéniciens, on par des Carthaginois ; or, suit ant Thucydide, Palcrme était une des trois villes où les Phéniciens s’étaient retirés à l’arrivée des Grecs en Sicile, et, suivant Polybe, elle était comme la capitale des Ëtaui que les Carthaginois possédaient en cette ile. 3° Paruta, qui écrivait en Sicile et à Palcrme même, les attribue à celte ville, et le père Lupi, qui y avait passé quelque temps, observe, d’après le témoignage des habitants, que celle du n" 3 doit loi être rapportée. 3" Sur le.s médailles que je publie, on voit une tête de femme entourée de dauphins, et la tête d’Hereole couverte de la peau dn lion; la première parait sur les médailles de plusieurs villes de Sicile, et la seconde sur celle de Palerme en particulier : les revers sont des symboles de Carthage, et prouvent que les médailles ont été frappées chez un peuple qui était dans la dépendance de cette ville...
• Pour prouver que .Mahhannt, qni signiGe un camp, désigne une ville, je pourrais citer les villes nommées Coilra Cmcilia, Castra Julia: je citerais, avec plus d’avantage encore, une ville delà tribu de Gad, qu’on nommait les deux camps...
• An reste, les deux mots que j'ai traduits par noueel/r ville |K>uiTaient absolument désigner ce quartier de Palerme qu'on appelait, suivant Polybe, la ville neuve; mais il est plus naturel de les rapporter à Carthage.»
Gesenius reste dans le doute sur ce point particulier.
M. de Saulcy, au contraire, rejette positivement l’attribution de ce monument à Panorme. Voici comment U s'exprime à ce sujet : • Tontes ces monnaies présentent, au revers, des types africains et non siciliens ; mais sur plusieurs d’entre elles nous retrouvons la tête de Proserpine, comme sur les monnaies siciliennes... L’une porte à la fois le mot Mekhanalet le mot Kart-Kbadicha, qui n’est autre chose que le nom de Carthage ; on est donc amené à considérer cette belle
ET DE LA LANDLE LlBVgl E.
monnaie comme ayant été frappée à Carthage même... La fabrique en esl africaine... Les trois autres monumenta peuvent être et sont iiiêine probablement gravés par des artistes siciliens. Il devient donc asseï difficile de classer toutes ces pièces sans courir la chance de sc tromper. Pour ma part, je renonce prudemment à le faire, et je me bornerai à émettre, sans y attaclier la moindre importance, une opinion que je ne voudrais pas défendre plus qo'elle ne le mérite, Ne seraitil pas possible d'admellrc que ces monnaiits, offrant le mol Mckbanat, eump.et la formule aoi hcmekhanal, le peuple du camp, au lieu de la formule .Miliaàli Mckbanai, qui esi consacrée loriqn'il s'agit d’une cité, étaient de véritables monnaies fabriquées sur place, aus types de la métropole et pour l’usage des armées que Canbage enirelenait consiammeni à sa solde? O serait alors le plus ancien exemple coniin de l’emploi de ces nutnt caelreneet, dont l'usage est devenu si frequent dans les temps pins muderoes. >
Duiens avait déjà ein'is et cherelié. par d’asset longs déveluppemcnls, à juslilier cette supposition.
Quelque ingénieuse qu’elle soit, nous croyons pouvoir lui en substituer une plus vraisemblable.
Sous devons d'abord faire oltaerver que la formule r:n'C 3ï,r;n2 rve n’apparlient pas exclusivement aux pièces, aux types de Panorme; celles qui oui au revers uo lion, telles que celle de l'exemplaire I de la table 38 ix de Gesenius, appartiennent très certainement à Leonlinl, ainsi que nous le prouvernos ullèricurement.
C'est donc à une circunstaoce commune aux deux villes qu’il faut rapporter cette formule iden tique ; celte circonstance commune ne me paraît pouvoir être que l’indicalion de la métropole.
Je pense donc aussi que la légende ritfftn pnp esl le nom de Carthage, et, par corollaire, je regarde la légende p;nc ou r:nc 37 comuie le nom de la partie extérieure et principaUv de cette ville, à laquelle les Grecs et les Komsins ont donné les noms de Megala, Magalia, Mcijara, Megaria, Magaria. Ces variantes prouvent que le mol esl corrompu ; c'est, à mon avis, une alteration de n:nt3, Mechana ou Mehhatux, suivant les diifcrenlea manières de transcrire le chel. Ce tkel se rendait en latin par g, ainsi qu'un le voit dans le mol cartàa-90 lui-même, abréviation où go correspond à la première syllabe, c'esi-à-dire au n de nvin. Il ne reste donc que U substitution du l au n. Or, celte aubstitulion est très fréquente ; Gesenius dit en effet daus son Lexique, page âll : • Lamed permulatur 1 ) cum reliquis.consooautibus liquidis s. scmivocalibus, ut a cum j, V. c. ynS et ^5, ursit, rui: cbald. yih, «ith, vagins. cl conclave, ceila.
in quibus cxemplis n primilivum esse vidrtur. • M. Glaire cite aussi dans sa grammaire, 1843, page 21, comme l'un des exemples des frét|uenles permulalions des consonnes d’un mcinc organe, sans changement dans la signification des mots, les verbes ynS (làhats) et (nàJiats), U a preteuré. On peut ajouter les synonymes npj et npH, if a pria, etc. On on trouve une antre preuv e dans le nom mênve de Palerme, substitué s Enfin, pour le mol r,:nc, et c’est un argu-
ment décisif, nous voyons le nun se convertir en lam en passant dans l'arabe. En effet, cette langue nous présente nVnc, signifiant dioersorium, nunaio; «icua «rbis; eaeira. N'cst-ce pas évjdeimiient le mut liébreu,te mol phénicien, ayant subi la mutation dont il s’agit? Ainsi, Campomanes (Attlig. de Carlago, pag. 6 et 7) disait avec raison : • Ai rededor de Byrsa se hiio con el liempo uiia l’ublacion exiremadamente grande, en que consislia el grau vecindario de Cartago, y esta Poblicion rudeaba por tudoa lados la Fortaleia de Byrta, 6 antigua Cartago, como dice claramentc Apiano. Esta seguoda parte se nombra con variedad Megalia por algunos, de la vox Criega, que dciHila grande : Megara, à Mrgaria, segun olroi. Servie, en quien se lee Magalia, y lu tomo dt; CiToelio Nepote, afirma, que se denominaba assi, por fer la parle exierior de la ciudad. ^osolros iTvemoa se debe leer JfeAofat, que es lo mismo que Albergue, en Punico y Arabe j porque alli sr aivecgaron moebos Africanoa naturales del Pais, mexclados con los Cartagineses, y otraa gcnles advenedizaa, dedicadasà la mercancia, baxo la proteccion, leyes, y lengua de Cartago. Con el liempo, beebos eatos Pobladores à las eostumbres cartaginesas, formana uns misma ciudad, que los Griegoa UamaroD Megala, à Megara, con alguna corrupcionde la raéi Frnicia, Mebalat, u Al-
IM BE LA LANfilE PHÉNICIENNE
vergofria. Estas dos l’iudadas formaron en adelame la de Carlago ; cayo nombre fuè muy posterior à su fundacion. • En s’exprimant ainsi, répélons-nons, n'est-ce pas comme si Campomanes avait écrit JUehanat an lieu de Mehalat?
Ce qui corrobore cette opinion, c'est que, ainsi que Gesenius l'indique (Monum., p. 392), ilagalia était aussi appelée Xeapolii par les Grecs ; Magalia Carthaginis etiam Meapoiü appellata sunt. • On trouve donc là l’équivalent de 1a légende complète. Enfin il importe de faire remarquer que quelques exemplaires, dans le champ de l'avers, portent on K, initiale probablement du nom grec de Carthage.
J’ajnoterai, pour justifler la présence des types siciliens sur plusieurs de ces monnaies, qu’elles étaient frappées en vue du commerce de la Sicile, et que, par consi’quent, selon la remarque judicieuse de M. de Saulcy à l'égard des médailles de Panorme, on adopta les types qui pouvaient évidemment favoriser le cours de ces monnaies.
Deuxiimt classe.
La légende de la pièce unique qui forme cette classe contient cinq lettres dont deux, la troisième et la quatrième, ont été diversement déterminées.
La troisième a été prise tantôt pour un scAm, tantôt pour on tnem,' la brièveté de sa queue, comparativement à celle de la première et à celle de la dernière lettre de la légende, qui sont de véritables mem, ne permet pas d'y voir autre chose qu’un scAtn.
La quatrième a été considérée tantôt comme on bftk, d’autres fois comme un resA. Cette divergence provient de ce que certains antiquaires ont vu la queue de cette lettre droite, ce qui en ferait, suivant la longueur, un dalelh ou un rcsA ; d’autres font vue coudée à gauche, ce qui caractériserait le bclh. Ainsi un dessin de Dulens la représente droite, et Gesenius prétend qu'il en est ainsi sur les exemplaires du musée de Londres, lesquels .sont au nombre de trois. Mionnet a liguré une légère inflexion, et M. Lindberg ariirme qu’elle existe aussi sur l’exemplaire do musée de Copenhague. Je puis faire la même déclaration pour un exemplaire que je possède; cette inilexion est telle qu'elle ne me laisse aucun doute sur son caractère et sa signification; il en ré- .suite incontestablement pour moi que c'est un beth.
Dutens, qui avait commis les deux erreurs précitées, lisait C'Snc, qu'il avouait ne savoir expliquer. Hamaker ne pouvant, faute d’avoir vu les originaux, se prononcer outre cette transcription et celle qui donnait satrrr^, interprétait l'une par Ab Himerensibui, tandis qu’il rendait l’autre par Ab Atpidemibus.
Gesenius, voyant obstinément un reih dans la quatrième lettre, lisait C'ï’ 'nc qu'il traduisait par h'anormus Romœ i. Romana, faisant de rvs une abréviation pour nsn-, do icAin la note du génitif et de ci le nom de Rome.
Ce qui a été dit on peu plus haut rendrait cette interprétation inadmissible, lors meme que la transcription ne serait pas fautive en ce qui concerne la quatrième lettre. Comment supposer d’ailleurs que, do temps do la possession romaine, on ait mis sur une monnaie une légende punique et uniquement une légende punique?
Hamaker, ainsi qu’on vient de le voir, considérait (Mite., 133) cutn, racine de la légende catsnn, seule leçon légitime, comme pouvant être rapporté à Hatp-U, Atp-U, qu’il expliquait, en le dérivant de l'arabe, par Atpera. On pourrait trouver une signification dans l’hébreu même; mais Gesenius a dédaigneasement rejeté cette opinion en faisant observer, d'après Cellarios {Geogr. ani., U, p. 881, sqq.), quels ville d’Afrique nommée Atpii avait été construite par Agathocle, tyran de Syracuse. Hamaker avait prévu cette objection et il y avait d’avance opposé des arguments qui méritaient plus de considération de la part de son antagoniste.
Pour nous, nous avouerons que nous ne savons à quelle ville attribuer cette monnaie; noos nous bornerons à déclarer que, très certainement, elle n’appartenait point à Panorme.
ET DE !.A LANGEE l.IBVQl E.