ID
Troisième classe.
Il CO e»l de même des especes diverses qui constituent I* troisième classe. Les monnaies nous paraissent de fabrique africaine. Pellerin avait reçu de Tunis on grand hronre semblable à celui de la lettre Q, table 38 ix de Cesenius. La tête de femme, couronnée d’épis, représentée sur le droit, est un svmbole commun sur les monnaies de .Sicile; mais on le retrouve sur la monnaie de Mago dont il a été parlé plus haut, ainsi que sur plusieurs monnaies d'Espagne. Il n’y a donc rien d’élonnant à le voir sur celles d’Afrique.
Les lettres marquées sur les revers de ces médailles sont-elles les initiales des noms d’autant de villes? Il est impossible de le décider. Elles appartiennent par la forme à l’alphaltet normal. Noos devons toutefois faire remarquer qu’on exemplaire dont nous avons reproduit la légende planche t, n° 39, présente une ligature dont un des éléments est évidemment un beth, mais dont l’antre, formé par une harre coupant à angles droits la queue de ce 6elA, semble constituer avec elle un nwm nomidique. Celte particularité annoncerait une origine moins ancienne.
Nous devons signaler aussi l'existence , sur quelques pièces, do méAir que noos avons déjà mentionné à l’occasion d’une monnaie de Bocchus à type persan.
^ IV. Himire.
Nous attribuons à llimère un petit bronze reproduit planche 3, n» 30, qui offre avec celui dont il a été parlé en dernier lieu, à la fin du paragraphe précédent, cette douhle analogie que la légende contient une ligature et que l’un des éléments de cette ligature parait être un mem nnmidiqne. L’autre élément serait un resh. Or, comme la lettre précédente est évidemment un cher, il en résulterait ce groupe Tsn, c’est-à-dire le mot regardé comme le nom phénicien d’Himère par Bocharl,Damaker et Cesenius. La ville dont il s’agit était renommée pour les sources thermales qui existaient dans son voisinage; le nom '"n avait Irait à celle circonstance; Bochart dit en effet : ■ Ah aquis calidis Himeræ nomen. Res manifesta, cum Syris isn, hamar, sit incalescere. « llamaker appuyait cette opinion en ces termes : • . . . Nomen ilimeræ, a therm.imm vicinia repetilum, derivem a verbo ■'cn, incalescere, effervesetre, ebullire. • Enfin Cesenius, à son tour, s’exprimait ainsi : - Mimera opp. Sic. cum thermis, a 'izn, ferbuit, teslisarit afua. • On peut donc dire qu’il y a unanimité sur cette étymologie, et, d’un antre cdté, il me .semble impossible de lire autrement que lan la légende dont il est question.
La médaille doit être ainsi décrite : Guerrier armé d’une lance et d’un bouclier combattant à droite; crabe, au dessous la légende. Ces types se montrent aussi sur les monnaies grecques d'Himère. Ainsi, dans le lomeT'' de Mionnet, on lit, sous la rubrique llimère: • 261. Coq tourné à gauche. nJ crabe. Champ concave. — 278. IMEPAIHN rétrograde. Partie antérieure du ba nl à face liumainc tourne vers la droite. nJ Guerrier armé d'une lance et d'un bouclier combattant à droite. •
L’existence d’un mem en forme de croix indique un temps déjà assez bas, une époque correspondante à celle où l’on voit sur une inscription de Carthage, ainsi que nous l’avons fait remarquer, un schin nomidique. C’est dire qu’il s’agit de la ville reconstruite par les Cartliaginois et qui prit parmi les Grecs le nom de Dcfuxi.
Ce petit bronze, d’une belle conservation, fait partie de ma collection ; il m'a été donné par M. de .Sauky.
S V. Caiane.
Je tiens de la bouche de jM. Kalbe qu’il attéiboe à Catane les monnaies dessinées planche 2, n" 31 et 32, qui ont pour légende r.n. Je ne me fais pas garant absolu de cette opinion qui ne
m'a i'ti- ronfiéi' qoa dans la rnnversaliun ; mais alli' ma paraît asse 2 plausil>le pour qae je la croie arrcicc et (|a’au surplus je l’adupte. On sait que Catanc était une des plus importantes possessions pliéniciennes. Les médaillés dont il est question ne présentent, du reste, rien de notable, si ce n’est la variante du /«« sur l'exemplaire fi. Il est un assez grand nombre d’exemplaires qni n'offrent qu'un cAel sous le cheval; d'autres, tels que ceux décrits par Mionnet, t. 1", p. 33t. n*' 39, lû, 41, et par liellermann, III, 17, ont sur l'avers un palmier, au-dessous les lettres rn, sur le revers un cbcval, au-dessous n ou rtrt.
§ M. Ltontini.
Nous avons annoncé , dans le paragraphe concernant Paoorme , que c'est non à cette ville, mais à Leontini. qu’on doit attribuer lea médailles en argent qui ont au droit une tête de femme ornée d'une coiffure phrygienne, au revers un lion à droite devant un palmier, et au-dessous la légende ou mre: aytt, ou le lion à gauche avec la légende rétrograde.
Le cabinet du roi possède un exemplaire de la première espèce ; la seconde espèce a été décrite par Barthélemy, Gesenios, et d’autres auteurs.
Ce qui prouve incontestablement que ces médailles appartiennent à Leontini, c’est qu’il existe .tussi au cabinet du roi, rangé , suivant l'opinion commune, parmi les pièces de Panorme, un exemplaire qui se fait remarquer par l'élégante singularité de la coiffure phrygienne de la tête de l'avers, coiffure marquée de raies transv ersales retroussées eu arrière eu forme de chignon, et que T. llurniann a représenté, table i\, n° 13, de son commentaire ajoute ausîculu de d’Orviile, une médaille en tout seniblat)le, si ce n’est qu'au lieu de la légende phénicienne elle a celle-ci : AEONTINON- La comparaison des deux pièces ne laisse aucun doute sur l'identite des types, et, par conséquent, de l’origine.
Le lion, on le sait, est dans ce cas un emblème parlant.
La légende phénicienne, semblable à celle des léiradrachmcs de Panorme, indique, comme nous ravoo.s dil, une inllucoce commune, l'autorité centrale de Carthage.
L'analogie avec les médailles de Panorme est d’autant plus grande qu’il existe aussi, avec un oicm .volitaire, des médailles qui paraîtront sans doute, d'après ce qui précî'de, devoir être rapportées à Leontini, puisqu'elles ont au revers, au-dessous de ce mem, un lion marcliant à droite ; l'avers toutefois diffère, car il présente la tête d'Uercule imberbe, coiffée de la peau de lion et dirigée à gauche.
La matière de ces dernières médailles, de moyen module, csl un alliage d'argent et de cuivre.
§ Vil. Syracuie.
Syracuse n'ayant été qu'en partie, et pendant peu de temps, occupée par les Carthaginois, on -n'arait pensé à atlribuer à cette ville aucun monument phénicien , lorsque Gesenios , dans son Monumenla, snnonça qu'il regardait comme devant Ini être rapportés les grands médaillons copiés snr la table 38 xi.
Nous partageons cet avis, mais nous n'adoptons pas l'interprétation de la légende proposée par ce savant antiquaire ; noua pensons que l’explication que nous en donnerons prouvera davantage l’origine syracusainc de ces magnifiques pièces.
Ces médaillons ont pour légende en exergue, au-dessous du Pégase Gguré sur le revers, les cinq lettres phéniciennes suivantes : rn-ina. Un plus petit e.\emplaire décrit par Bayer présente, au lieu de Pégase, un cheval ordinaire courant devant un palmier. Sur quelques exemplaires la première lettre de l’épigraphe manque, ce qui donne rt»'K.
Il n’y a jamais en ue doute sur la valeur des premier, troisième et dernier caractères de cette
ET UE LA LANGIE LIBYQl'E. lU-j
épigraphe lortqu'cllc est composée de cinq lettres, suit beth, reth et hiu, ou serond et dernier, lorsqu'il n’y a que quatre élémenu, soit resft et tau.
(pliant aux deux autres, dont la figure est idenlique, llarihélemy, avec, sa sagaeilé liahituelle, avait d'emlilée reconnu que ce sont des alryh, déclarant su surplus, comme le dit Prllerin, <|u’il ignorait à quel peuple devaient être rapportes ces deux monuments, qu'il présumait être venus d« Sicile.
Pellerin. peu de temps après, prit d'abord pour des qAph les deux caraclères dont il s’agit, mais il ne tarda pas a se ranger à l'avis de Itartlielemy ; puis il revint à sa première opinion \ pui.enlin, et irrévocahlemcni. à la seconde.
Bayer et Itellermann ne l'adoptèrent qu’en partie, savoir, pour le premier des deux caracicres ; l'autre fut par eux considéré comme Itadi, et ils lurent la légende de cinq lettres nï'xs, c'està-dire Byna. Mais, outre qu’il n'y a aucnne raison de donner au quatrième signe une valeur différente de celle do second, qui lui est tout à fait semblable pour la forme, on ne pourrait pas, avec cette lecture, expliquer la variante où manque le belh initial. D'ailleurs, le nom de la citadelle de Carthage s’écrivait en phénicien .Tvïa ou rtssi, .0iira. et ce n’est très probablement qne par les étrangers que la sibilante a été transposée.
M. Lindberg, mû sans doute par le besoin d'une lecture qui s’accommudât à la légende d(quatre lettres comme à celle de cinq, reprit pour sou propre eompte la première opinion de Pellerin, et il lut, dans un cas, rpip. d'tns l’autre, rp'pa; puis il ajoute : « Equideni literas aliter legi possc nego, sed de ri cla inscriptionis expitcationc dubito', numos tainen quomiiius ad Car- Ikaj/inem referam, nihil videtur impedire, aique in épigraphe Karkal nomen Cartliagtnis ali.^s ignotnm , ex quo Græci quod a rein P'p vulgo , sed haod commode, derivari soit i ,
formasse videmur, laterc vcrisiinile admodum est. <•
Cette explication avait été donnée déjà par Pellerin, suppl. i, p. 23.
Mais, malgré la formelle dénégation de .M. Lindberg, il est eertain que les deuxième et quatrième caractères , dans les légendes de cinq lettres , ou premier et troisième sur les exemplaire.s quadrilillères, peuvent et doivent être déterminés aatrernent qu’il ne l'a fait ; le p,xrallèle des variantes de la légende des médailles d'Enna prouve ineontestablemcnt quo ce sont des ttlcfik.
Aussi Gesenius n’hésilc-l-il pas à consacrer la lecture de Tiariliélemy, savoir : rsiN 2 .
Mais l'illustre orientaliste n'a pas été aussi bien inspiré dans l'interprétation qu’il prnpo.se ; s< fondant sur une particularité qu'il dit avoir rcm.irquée sur un seul exemplaire, celui du musée de Londres, et qui consiste en une légère séparation entre les trois premières lettres et les deux antres, il pense que la légende doit être scindée en ces mots ; nx 1 X 2 , qu’il traduit par ; Fons iigni, miraculi.
Cherebant alors à quelle ville de la .Sicile les Phéniciens avaient pu donner ce nom , Il pen^a d'abord aux Thermat Uimerenui, qui auraient clé ainsi appelées à cause des sources chaudes que Minerve cl les Nymphes étaient réputées y avoir fait jaillir pour soulager Hercule.
M. Grolefend, sans rejeter entièrement cette opinion, croit approcher davantage de la probabilité en proposant Lilybée , qui , au dire de Diodore, tenait son nom d’un puits (ixi) situé dans le voisinage , et aoprés duquel Annibal, lors de son débarquement , avait pour la première fois planté ses étendards* ; aussi donne-t-il à rx, dans ce cas, non le sens de siÿiie miraruleux, mais celui d'ensetpne mililaire.
Gesenius fait observer que cette conjeetnre, d’aillenrs ingéniense, ne parait pas admissible, parce que les monnaies connnes de Lilybée ont des types tont à fait différents de ceux des médailles dont il s’agit. Il avoue en même temps que ce motif s’oppose aussi à l'attribution en faveur d’Himère.
La comparaison des types fut ponr Gesenius un trait de lumière. Considérant en effet que la
(t) Gelie eiyiBologie est réfutée par («cliart. — Voy Càaii , I, 27.
lête de Cérès, entièrement semblable à celle du médaillon, et l’image de Pégase, sont très com* munes sur les médailles de Syracuse, il pensa que c’était là définitivement qu’il fallait chercher la source du miracle, et son hésitation se fixa bieniAt sur l’Aréthuse, cette fontaine si fameuse dans l’antiquité, surtout dans les chants poétiques, et dont on croyait que les ondes, unies à celles de Uamonreux Alphée, venaient du Péloponèse à travers le fond de la mer. Il y avait bien là de quoi ^gltimer la dénomination de fontaine merveilleuse.
Gesenius justifie fort bien d'ailleurs l’idée de faire figurer sur une médaille l’image d’une source; il lui suffît, d’une part, de citer cette remarque d’Eckhel au sujet des médailles de Sicile : •> Amabant Siculi in moneta sua proponere fluviorum suorum nomina et effîgies. Eomm octo sont comperli, Acragas, Agrigenti, Amenanus Catanæ, Arethusa Syracusarum, etc. Eorum effîgies sunt forma humana, etc. ; » d’une autre part , de rappeler les exemplaires des médailles grecques de .Syracuse où l’on trouve le nom APE002A.
Mais, plus cette démonstration est convaincante, plus on s’étonne que Gesenius en ait laissé échapper la conséquence immédiate. Il persiste à lire riN ins; il s’évertue à prouver que •’xs, qui signifie généralement un puits creusé , peut aussi revêtir le sens de source, de fontaine. Mais, bien qu’il ait dit lui-même , au commencement de son article : « Prima littera in nonnnilis exemplis deest, « il oublie, comme Bayer et Bellcriuann, cette particularité, à laquelle il faut pourtant que l’interprétation satisfasse. Cet oubli l’empêche de voir que sa version est inadmissible, puisqu'elle ne rend pas raison de la variante hkik ; il Pempêche de découvrir que c’est le nom même de l’Aréthuse, Areth, correspondant à APE002A des médailles grecques , qni est transcrit en caractères phéniciens, à peu près comme l’avait supposé Bochart.
Le heth initial, dans les variantes où il se trouve, n’est qu’un préfixe, ainsi que Pellerin l’avait compris; c’st la préposition signiGant ad, ad Arethusam, comme dans le Bruitiuin , entre beaucoup d’autres endroits, et pour ne pas nous éloigner de la Sicile, on disait : Ad Angiiulum, ad aquas Mallias. La Bible fournit plusieurs exemples de l’emploi du beth préGxe dans l’acception ad, apud; ainsi : iin, ad /ontem, I Sam., xxix, 1; — ■n3in:i,ad/I«umm Caboram, Ezech., x, 16.
Pellerin a décrit, dans son premier supplément, un petit bronze dont je possède un exemplaire et dont je reproduis la légende sur la pl. 2, n° 29. Cette monnaie porte d’un cAté un palmier, et, de l'autre, un Pégase galopant à gauche, et, sons lui, un alepk. Il y a là évidemment une ressemlilance frappante avec la variante da médaillon où se trouve la légende nNltt. Je rendrai cette ressemblance bien plus éclatante encore en signalant un autre c.xemplaire (planche 2, n° xxx) que j'ai aussi dans mes cartons, et qui est en tout identique au précédent, si ce n’est qu’au lieu d’un (ileph, il y a on betk; c’est ici l’initiale de la variante légendaire : Pellerin prétend que
la fabrique de Fexemplaire dont il a parlé démontre une origine carthaginoise. Cette observation, qui s’appliquerait aussi au second de ces bronzes, car la fabrique est identique, mais que je suis loin d'admettre, ne détruirait point mon explication. Toutefois j’ai un troisième exemplaire de même modale, de même fabrique, où l’on voit, au droit, la tête de Cérès dirigée à gauche ; au revers^ Pégase galopant à gauche; au-dessus, un dessin linéaire du Triquetra; au-dessous, les lettres ÏYPAK en très petits caractères. H ne peut donc subsister aucun doute.
Dutens {Expi. dequelq. mid., etc., p. 7 ) fait une observation précieuse, c’est que, sur les médailles de Syracuse, le Pégase caractérise particulièrement celles de Hiéron II; cette circonstance explique naturellement l’existence de nos médailles, puisqu'elle rappelle l’époque de l’alliance de ce prince avec les Carthaginois.
§ VIII. HéracUe.
Aopp a le premier attribué à Héracléc, ville maritime de Sicile, surnommée Miuoa, les médailles figurées sur la table 38 x de Gesenius.
Barthélemy, jugeant d’après un exemplaire défectueux {Mim. de l'Acad. des inscr,, in-12.
ET DE LA LANGEE LIBYOl E.
UIJ, p. -17)1 avait lu la légoide liip:” CVi U ptupU ou Ut habitantt de Uinkarolh, rt il rapportait la monnaie à la ville nommée par les anciens Imaehara, Imirhara, Hemichara.
Kopp, d'après un exemplaire d’Eckhel, où la première lettre est mieux formée {Syll. I, num.
<■*(. anecd. Thés. Cat., table 2), avait lu nipSc B', qu’il traduisait par promonlorium Bermlit, ce qui s’accordait très bien avec le nom de Macara ou d’Héraclée.
Opposant à l'exemplaire d’Eckhel quatre autres exemplaires où la première lettre lui paraissait un oin, et prétendant d'ailleurs que l’aiii peut avoir une branche soit latérale, soit descendante,
M. Lindberg persistait à lire : n'pVl D7-
Geseniusa fort bien prouvé que la seconde lettre de la légende est non pas un mem, comme on l’avait cru jusqu’à loi, mais un sefcin. Quant à la première lettre, il a jugé avec autant de raison que c’est an retk sur ses exemplaires A et B, un aUpk sur les exemplaires C et E. Il ne décide pas si, sur l’exemplaire I>, c’est aussi un reth ou un eau; mais le parallélisme ne permet aucun doute à cet égard : c’est un retk dont on trait est effacé.
1.C professeur de Halle lisait donc dans un cas ; n’pVB wt, dans l’autre : mpS'C
Dans la première leçon, fi lui paraît être mis pour Cn-, et signitier cap. cap de Meti/art; dans la seconde, il pense que le reth existait aussi au commencement de la légende, cc qui donnait le mot complet cni.
La légende de l’exeiuplsirc F est rétrograde ; elle a été prise par Gesenios sur une pièce du musée de Londres.
Quelques auteurs, s’appuyant sur l’analogie des types et sur le sens de t::Kl ou ce, léle. ont pensé que ces monnaies devaient, de préférence, être attribuées à Cephahedium ^ M. de Saulcy ne parait pas éloigné d'adopter cette opinion. Je laisse à de plus compétents à décider cette que.stion, qui ressordt plus particulièrement à la numismatique.
§ I.\. Motya.
Dès le temps de Barthélemy, les médailles dessinées sur la table 39 xii de Gesenios étaient, quant à la lecture de la légende et à l’attribution, le sujet de controverses qui se sont prolongées jusqu’à nos jours.
Les dissidences relatives à la lecture portaient sur la valeur de la seconde et de la troisième
lettres.
Barthélemy regardait la seconde lettre comme un Utk; Pellerin soutenait que c’est un irhin.
Son opinion n’a pas ru d’adhérents sérieux; tout le monde .lujourd'hui professe celle de Barthélemy.
La troisième lettre, au contraire, a été tenue pour un rssà jusqu’à Cesenins, qui en fait un c«is. Avant M. Lindberg, chacun des auteurs, qui en avait fourni des copies, représentait cette lettre avec une tète fermée; Pellerin donne une variante où il y a, en outre, la petite barre appendiculaire formant, saufl'opposition de direction, ITl semblable à celui de l'alpbabet latin, variante • du rttk, qu’on voit sur un exemplaire des médailles de ’fyr et sur plusieurs inscripiious numidiques. M. Lindberg déclare avoir trouvé cette forme ; toutefois il affirme en même temps en avoir plusieurs fois vu une semblable à la forme de la même lettre sur les exemplaires de Gesenios. Or, comme ce dernier auteur le fait remarquer avec raison, sur deux exemplaires de la Bibliothèque royale de Paris, parfaitement conservés, cette ügure est franchement celle du eau. Il en est de même sur trois exemplaires que je possède, et dont un, en bonne condition, a une légende rétrograde.
En conséquence de ces différentes lectures, Barthélemy voyait sur ces médailles ilatara, nom de la ville de Madaura, située en Afrique, ou celle d'un autre ville d’Afrique que Pline appelle Matarenu oppidum. Pellerin a fait, à cette opinion, trois objections indépendantes de la lecture de la légende; ces objections sont tirées : • l” de la matière, qui est d'argent, les villes d'Afrique
■te
JOi DE LA L.VXGl'E PHÉXICIEXNE
soas l« (lominMion do la ropntilique do Carlhaffo n'ayani pu faire battre, en Icnr nom, dea monnaies on Cf moial ; 2" de la présence du cralte sur l'un des exemplaires , ce type, commun à plusieurs ciios de la .Sicile, ne se Ironvanl que sur des médailles de villes maritimes qui on faisaient la péclio, tandis que la ville de Madaura était située dans rintorieur des terres, fort éloignée de la mer ; 3" des types et de la fabrique, qui ne sont point africains. • Cet auteur, qui lisait Mateh«ra, pensait - que la ville ainsi nommée par les Carthaginois était celle qui a été appelée Matara par les Grecs et par les Latins, lesquels, n’ayant point on leurs langues de caractères dont la valeur fût égale à celle do schin, ne pouvaient donner à cette ville un nom plus approchant de celui de Mafchara qu’en sub.stituant leur z au achin, prononcé à peu près comme nous prononçons irh en notre langue et les Anglais »h en la leur. > M. Lindbcrg reconnaît la même attribu. tion, bien qu’il lise Ns-cr:. Enfin, Gesonius est arrivé à lire niï-s, lHotye vel lUolya, et il n’y a plus aucun doute sur la justcs.se de cctie attribution. Après avoir donné de ce nom l'explication suivante ; • Quod ex usu inquendi Hcbraiurum est locus ubi sietur a radice .n-r, neril, » le savant orientaliste ajoute : « Quidquid auiem de etymo statuts, orthographia certa est, et refellitur bis numis conjectura bocharti (Can.y p. 509), qui Motyam à Phtrnieibus .nr,T scriptam esse pulabal.» *
^ X. Enna.
Il .s’agit, sous ce titre, des médailles représentées sur la table 40 Mv de Cesenius, médailles dont l’attribution, successivement appuyée sur des lectures différentes de la légende, a été, jusqu’à ces derniers temps, le sujet de controverses animées.
Après avoir été mentionnées par J. .Spon (Rech. cur. d'antiq., Lyon, 1683), qui tenait de Chaillou un exemplaire trouvé à Malte, elles ont été citées dans le dix liuitièmc siècle par Lastanoso, le marquis Sc. Maffci, l'abbé Kidolfino Venuli, de IJoie, Pcilerin et Sw inton.
Comme elles avaient clé trouvées en grand nombre à Malle, cette circonstance, jointe à la rcs- .•^lilance des types de l’exemplaire A avec ceux de plusieurs médailles qui porteut la légende grecque AACAITAIüJN, les avait d'abord fait rapporter à Malte.
Celte opinion, soutenue par J. Spon, ayant d’abord prévalu, de lloxe {llist. de VAcad. des mser., V, in-12, p- 246 cl suiv.) proposa de lire la légende "p, qu’il faisait venir de n'p, être chauve, aride, et qu'il regardait comme l’ancien nom de l’ile. De Fourniunt (.5îd.) rejeta cette lecture et lui substitua celle-ci : ''^3 pour n'SSc, eireumeisa, qui lui parut offrir une eoncurdance indispensable avec le nom grec. De Montfaocun (Aniiq. expliq., L II, ii, page 292), lisait riN, maledixit.
Ces premières tentatives d'explication ne doivent pas noms arrêter. Quant aux opinions qui se sont produites ullérieorcmeni, elles se sont classées en deux ordres profondément séparés, suivant que la première lettre a été considérée comme un qôpb ou comme un ateph. Celte dissidence s’est prolongée jusqu'à nos jours. Nous allons en suivre le développement parallèle.
SwintOD, prenant , ramme dans la légende de Cossyre, la première lettre ponr un q6ph, pois bi seconde pour un lamed, et la dernière pour on nu«. lisait j^p pour j'Vp, dan* lequel il voyait le pluriel d’un nom ethnique dont la racine, par conséquent, était Sp. U dit, relativement à l'élimination do iod : • J’ai fait voir ailleurs que de pareilles suppressions n'etaient |ias rares clier le» Phéniciims et les Carthaginois. «
■•D'après cela, continue-t-il, il ne nous sera pasdifticilc d'indiquer l'endroit où ces médailles ont été frappées. Il y s dans la Méditerranée, à cinq milles de Malle, une petite île appelée anciennement Gaulas par les Grecs et par les Romains, selon Diodore de Sicile, Mêla cl Pline. Cette île, qui a environ dix lieues de circonférence, fut habitée très ancfenoeiuent par les Phéniciens, et ensuite par les Grecs. Pendant l’occupation de ceux-ci, la capitale, appeli'-e aussi Cnulos, était une de ces villes libres et inde|iendanies qui se gouvernaient par leur* propres lois. C’e»t pour-
Eï DE LA LANGUE LIB\Q;üE. m
quoi l’on peui supposer que les Carthaginois, qui succédèrent aux Grecs dans cette île, tirent battre monnaie dans la capitale avec une inscription punique. Je puis donc assurer que ces médailles ont été frappées dans Tile de Gaulos, aujourd’hui Gozzo, et non dans celle de Malte,, comme plusieurs antiquaires l’ont prétendu. Ia>s habitants de Gaulos avaient des médailles portant sur le revers le mot f AYAlTtON tant qu'ils furent sous la domination dc-s Grecs. On peut objecter que l’ile de Malte est plus considérable et plus habitée que celle de Gozzo, et que la plul>art des anciennes médailles dont il s’agit venant de la première de ces îles, on en doit conclure, avec l’abbé Venuti, qn’elles y ont été frappées. Mais on peut répondre que, comme ces deux îles .sont voisines l’une de l’autre, qu'elles étaient toutes les deux des États libres, qu’elles battaient l'une et l’autre monnaie, qu’elles étaient habitées enfin par des peuples de môme nation et de même religion, leurs monnaies avaient réciproquement cours sur les deux territoires, puisque l’on a trouve, dans chacune de ces iles, des pièces qui appartenaient à l’autre. »
Swinton explique de même la ressemblance des types. •• Puisque les habitants de ces deux îles étaient, dit-il, de la même nation et de la même religion, comme nous l’avons remarqué, il est naturel de supposer que les uns et les autres imprimaient sur leurs médailles l’effigie du dieu ou symltole religieux qui leur était commun. »
Dutens présentait la leçon ];p. Fabricy soutenait qu’on doit lire SSp, c’est-à-dire Cullu, Cvllops magnu$, ville d’Afrique située dans le golfe de Mnmidie. Enfin, revenant à la leçon de Dutens, M. Lindberg regarde ]:p comme équivalent à l'auXtl; dans la signification commune uler. cadus.
L’opinion consistant à regarder la première lettre comme un gôph est aujourd’hui insoutenable. Il est incontestable que c'e.st on aleph.
Cette valeur généralement admise, de nouvelles dissidences se .sont élevées sur la puissance des deux autres éléments. Bayer et, après lui, M. l’abbé Lanci ont lu SStt, et le dernier de ces deux auteurs en donne l’explication en disant que ce mot est mis pour S'xStt, qui signifie le dieu Bélier ou Jupiter Ammon, ce qui répondrait à la représentation de la tête du bélier qu'on voit sur le revers de l’exemplaire D. Kopp a propo.sé la transcription qu’il croit formé de ':n, vaisseau, ySuXo;, au moyen de l’addition d’un nun formatif du nom propre l'SvXoç. Gesenius adopte cette transcription, en faisant observer, avec tonte raison, qu’il ne peut y avoir aucun doute sur la valeur de la première lettre; que, quant aux deux antres, elles sont d'abord tout à fait identiques et par conséquent homophones, et que, d’un autre côté, leur queue descend trop bas pour qu’on les prenne pour des lamed, pour autre chose que des nun. Mais l’illustre antiquaire n’approuve pas l’explication de Kopp; il pense que le nom dont il s’agit est une contraction de par une modification semblable à celle de graviditas, qui se change en et môme, comme Hamaker l’a fait observer avec bonne foi, en l'in. Le sens de ]:n, vaisseau, lui parait concorder parfaitement avec celui de l'SuXoî, qu’il interprète ainsi : » l'SuXx grœca vox esse videtnr, origine eadem atque youXô; (secundum grammalicos etiam yôEuXoî, v. Schweigbauser adHerod.,ïll, 136) navisoneraria, maxime phœnissa(Ilerod., III, 136, 137, VIII, 97).» Hamaker rejette cette leçon par des considérations spécieuses, mais qui ne pourraient certainement pa.s prévaloir sur celles de Gesenius.
Pour nous, tout en admettant la transcription ^:t<, qui est au-dessus de toute attaque, nous ne croyons pas que les monnaies qui portent cette légende aient appartenu à Gaulos ; nous pensons qu’on les doit attribuer à Enna, ville centrale et, comme on disait anciennement, l’ombilic de la Sicile.
Comme pour les monnaies de Catane, c’est à un aveu confié dans la conversation par M. Falbe que nous devons cette idée. Noos l’adoptons pleinement. Rien certainement ne convient mieux .sous le rapport de la légende. Il peut être fait deux objections : l’une concernant le lieu où l’on a trouvé ces monnaies plus abondamment, l’autre relative aux types.
Le lieu où l’on trouve ces monnaies le plus abondamment est Malte, dont Gaulos est si rappro
a((4 ÜE LA LANGUE PHÉNICIENNE
ché; on ni* dit pas rn avoir trouvé à Enna. Cette objection est assurément très forte. Mais, d’une part, noos avons vu qn'on avait déterré à Vieille-Tooloose une grande quantité de médailles d’Ebosas; le gisement, qn'on nous |>ermette cette expression, n’est donc pas une circonstance probante ; d’nnc autre part, Swinton {Philoi. Iraïu., t. LYIII, an 1768) lait observer que la plu^ grande partie de ces médailles s été apportée en Europe de Tunis.
Quant aux types, il est bien vrai qu’ils ont de la ressemblance avec ceux de plusieurs médailles grecques de l’île de Malle, et que. dans l’hypothèse ou elles auraient appartenu à Gaulos, le voisinage de ces deux îles et la subordination probable de la seconde à la première expliqueraient très bien cette ressemblance. Mais on trouve aussi sur le droit de quelques monnaies grecques de Malte le type de celui des monnaies phéniciennes de Cossyre. D’un autre côté, les mMailles grecques de Philistis, incontestaWemcnt frappées à Syracuse, ont plus exactement encore les tvpes de.s médailles dont nous parlons. Ces identités de symboles n’excluent donc pas les différences d’origine ; elles peuvent seulement faire présumer une émission contemporaine sons la même autorité. C’est ce que pensait .Swinton, tout en considérant ces monnaies comme appartenant à Caulos.
Quant aux lettres, considérées paléographiquement, elles sont d’une correction assez grande pour autoriser à porter la fabrication à une époque reculée de la domination carthaginoise.
La ressemblance des types de l’exemplaire avec ceux des médailles de la reine Philistis fixe l’époque de la fabrication au temps d'Iliéron TI, dont l’alliance avec les t’artiiaginnis pour résister aux Romains, appelés par les Mamertins, lit éclater la guerre punique.
tJXI. Ile'Saint-Panlalènn.
Cet dut, voisin de Marsala, l’ancienne Lilyltée, est trop rapproché de la bicile pour que nous n'enclarions pas dans le même chapitre l’élude du monument phéaicien qui y a été trouvé (coy. Gesenios, table 14 xliv).
C’est un marbre déterré en 1779 et maintenant conservé à Mazzara. L’inscription a été publiée pour la première fois par Cast. de Torremuzza et. plus tard, elle a été mal reproduite par Tychsen et M. Lindlterg.
L'inscription est lue et traduite ainsi par Cesenius, d’après l’exemplaire de Torremuzza ;
ÏO Sepulcrmn Mazo-
TYTI T ri, figuli.
La lecture me semble irrépréhensible; quant à la version, elle est certainement admissible. Cependant je suis porté à penser qu’il serait préférable de couper la partie qualificative de cette manière ns 'n, et de traduire : oriyinatre de Tyr. serait apocope de la même façon que ^n. J’abandonne toutefois au jugement du lecteur l’appréciation de cette acception qui n’a point de parallèle et qui n'aurait, en hébreu, d’autre analogie que celle qui vient d’ètre signalée.
La forme des lettres autorise à faire remonter le monument au temps même ou à une époque rapprochée de l’occupation cartltaginoise.
KT DE LA LANGI E I.IBYQrE.