IS
elr? Cette forme D’a-t-elle pis son analogue en arabe? N'est-cllc pas la source du kai des Crées; de Tac et du que des Latins?
2° La Bible noos fournil on texte confirmatif dans le verset 7 du psaume lxxxvii ; ctntri '3 O'VSn:, et enitlorei ut litieinet, ou et canloret 8IMUL ac ftbieines , omnei fimiet
met in le.
M. Et. duatremère. dans l'article sur les Numides, publié dans le Journai des Saoante, jnIN let 183B , prétend que les noms que nous offre la pierre de 'rhugga. appartenant à la langue des Numides, présentent des formes étrangères. Inconnues, qui n'ont pas le plus léger rapport avec ces dénominations signilicatives dont les monuments phéniciens nous retracent de nombreux exemples. Cette circonstance lui a paru devoir opposer toujours un grave obstacle an déchiffrement entier de l'inscription. Nous venons de voir que. en acceptant même l'assertion pour fondée, la conséquence n’en serait pas juste, puisque, si nous ne nous abusons, nous sommes parvenus à un déchiffrement complet, sans avoir eu besoin de nous occuper de la signification des noms propres . Nous allons surabondamment essayer de prouver que ces noms propres ne sont pas dénués de signification, et que c'est dans le phénicien ou l'hébreu qu'on en trouve l’explication.
1° Atmabax, l'r ligne. — Nom de celui qui repose dans le monument. Il est reproduit, comme noos l'avons fait remarquer, à la troisième ligne, ainsi que les deux suivants. Il peut signifier, dans sa composition, ou leniludo fUix, ou lentitudo œdificantis iscU. /dmiliam). Sa force réside dans la racine ;:k, léger murmure de l'eau qui coule; puis, par induction, lenteur de l'écoulement-, enfin, par extension, douceur, lenteur en général.
2’ Ipumathat, Pulchriludo ramorum (i. e, sobolis). — Rien de remarquable, si ce n'est celte association d’idées qu'cntraine la présence de la racine rnao, bdton, branche, qu'on retrouve dans p, qui peut aussi signifier rameau.
3°Pbei.ec. — Il suffit de faire remarquer que ce nom correspond au mot latin Snpfo, pour prouver qu'il a pu appartenir à une personne.
4' AiBAnos, 2‘ ligne. — Ce nom me parait, commeà M. de Saulcy, pouvoir être rapproché de celui qui est donné par Fl. Josèphe à on pontife de Tyr. Cependant l'orthographe n’est pas semblable è celle qui est proposée pour le dernier cas par Cesenios, savoir : t3n, que l’on trouve dans plusieurs passag& de la Bible, et auquel l’auteur aurait ajouté la terminaison grecque. .Mais tel qu’il est éerit dans l’épigraphe, Abbarot peut être composée de k 32 pour ni", comme H-<z pour .113, dansn'Ml3(Eiech., xxi,24), et decr pour ck'', ainsi que leditCesenius (Index I, p. 47&) ; il signlfienit alors : crassities eapUis.
je AnDAROBET. — Ce composé, que nous connaissons déjà parfaitement, n'a besoin d’aucune expUontion.
S* Ohab, 3’ ligne. — Me parait être, par aphérèse, l’équivalent de ioik, qu’on lit dans la Genèse, ch. XXXVI, V, U, etpaesim. En rapportant ce dérivé à lou, parler, l’aphérèse n’a rien d’extraordinaire, puisque ce verbe loi-même la subit, par exemple, dans le Ps. cxxxix, v. 20, et dans Esdras, V, 11,
7" Minci, 4* ligne. — Composé de la préposition in et de ’3, vallée, pourrait être en français littéralement rendu par nos noms J/eveau, Durai.
8” Cabascen. — F ormé de d 13 , solium, et de p, reclé disposilum.
9* Vavi, 5' ligne. — C’est le mot 11, crochet, avec le iod terminal, formatif du nom propre.
10" Thaman. — Du verbe ^on même, cacher.
11°Me8edil, 6' ligne. — J'avoue qu’ici je n’ai pu trouver auenne signiBcation. Je suis tout disposé à adopter le rapprochement fait par M. de Saulcy entre ce nom et celui de Meululus, cité par Tite-Live et mentionné par Appien sons la forme Mis»ruXo<. La syllabe mes, qui fait partie de ce nom, et qui a été, avec raison, signalée par M. de Saulcy, indiquerait qu’ici, pourila première fois, il s’agit d’un nom véritablemeni libyqoe. M. Ét. Quatremère dit, dons l’article déjà cité sur les Numides : «Noos avons vu que dans les noms numides, un grand nombre com-
mençaient par la syllabe mas, qui se changeait quelquefois en mis. Nous trouvons, chez les écrivains anciens, le nom des deux grandes tribus qui composaient l'empire numide, les Massylien.<i et les Massésyliens, et les noms propres de Afassinissa, Mastita, Massugrada, etc. Or, dans la langue des Berbères, le mot mes désigne un fils. N’est-il pas naturel de croire que les Berbères mettaient sou vent en tête des noms de leurs tribus le mot qni signifiait les (ils de? ... C'est ainsique les mots benou et teeled, qui ont le même sens, précèdent toujours les noms des tribus arabes. Que ce mut ait également été placé en tète des noms d'hommes, la chose, à coup sûr, n’a rien d'étonnant. Les Arabes sont aussi dans l’usage de désigner un homme en supprimant son véritable nom, et en mettant le mot ebn, fils, devant le nom de son père ou de son aïeul. •• C'est donc dans le berbère aus.si <|u'il faudrait chercher la signification du second compo-sant St ; mais les dictionnaires berbères ne contiennent pas cette racine; elle existe au contraire en hébreu, où elle signifie eveclio, elatio; on la trouve, par exemple, dans ces noms propres reSt, *n'ST, evexit Dominas. C'est là, sans doute, un exemple de cette lingua commista connubio Numidarum dont parle Sallustc.
12 “ Nekephcsix. — Ce nom e.st peut-être un des plus curieux de cette longue légende. On trouve comme noms d'homme, d'une part, dans Esdras, ch. ii, v. 50, Nephusim, et
d’autre part, dans Néhémie, ch. vu, v. 52, C'itf'E:, fiephischesim. Or Siinonis, dans son Onomasticum, traduit le premier de ces noms par dilalaliones, amplificaliones ; et il prétend que le second est composé de □*d‘S 3 ce qui signifierait ; dilatatio dilatationum , t. e. dilatalio amplissima; le premier de ces mots venant du chaldéen n't:, crevit, aurtus est, arab., dilatatus fuit, et le second de es;, chaldéen aussi, voulant dire expandit, extendit, arab., ampliaeil. Notre inscription ne présente-t-elle pas sous une autre forme, dans le nom dont il s'agit, une combinaison des mêmes éléments? Nenephusin étant le père de Mesedil, ce dernier nom doit se rapporter à l'aïeul.
130 Anocan. — Me parait être le pronom personnel avec addition d’un nun augmentatif, cette lettre étant une des serviles que les Hébreux ajoutaient fréquemment, dans ce but, à la fin de leurs noms propres.
14® IsAï. — Variante de 'fx, qu’on trouve dans les Paralipomènes.
15® Saphat, 7® ligne. — Ce nom, dont il e.st inutile d’expliquer la signification, se rencontre littéralement identique dans plusieurs endroits de la Bible, et particulièrement dans Esdras.
16® Balbl. — A, quant à la forme, de l’analogie avec SHs, qu’on trouve aussi dans Esdras ; mais il en diffère pour le sens : Phalel correspond à rogitans, Balel à confundens.
17® Pepaï. — Peut être aussi rapproche, pour la forme, du nom suivant,
18 ° Bebaï, qni se lit plusieurs fois dans Esdras; mais ici encore l'analogie n’est qu'apparente. .Simonis regarde le dernier comme une contraction des mots .~ 2 N 2 , cum desiderio Dotnini. Pepai n’aUrait aucun rapport avec ce mode de composition, puisque la première lettre ne peut être on préfixe. Ce nom ne ferait-il point allusion à une difformité, et ne résulterait-il pas de la combinaison des mots .te et ’S, ce qui devrait s’entendre ainsi : Fissura oris, Bec-de-lUvre? Cette opinion me paraît assez plausible ; les vices du corps ou de l’âme ont été plusieurs fois, chez, les Hébreux, de même que chez tous les peuples, l’origine des noms propres, comme le fait remarquer Simonis, qui cite pour exemple les noms ; nH, Leprosus, ne:, Claudus, etc.
'Ainsi, la partie phénicienne de l’inscription bilingue de Thugga se trouve analysée, expliquée dans tous ses détails. Nous ferons remarquer, en dernier lien, combien cette explication est dans l'esprit de l’antiquité. Ainsi il est dit que, des amis dn défunt, les uns ont gravé l’épitaphe, les autres répandu des larmes ; c’est ce que TibuUe désire pour ses propres funérailles (lib. HJ, eleg. 2) :
El nostri memores lacrymœ fumlanlur eodeni ; Sic ego componi versus in os.^a velim.
Le rôle parlicalicr de chacun des personna^res se trouve ainsi indique, comme sur notre mnooment, dans une inscription rapportée par Bnnada (Carmina ex anl. lap., I, 3.16.) :
SEX • NAEVU»
LE- PVB VERECVNDO • SIG.N COU • Xlltl • NATO VERONAE-O.'iSA RELATA ■ DOMVM CINIS-HIC'ADOPERTA QVIE-SCIT-HEREDES TITVLVM-VERSICVLOS CORKELIVS ■ ERÜI CONLBGAE-ETAMICO.
Ces deux ciuiions, en les réunissant, donneraient presque le sens entier de l’épigraphe de Tbugga. En effet, dans la seconde comme dans le texte phénicien, on voit les héritiers faire construire le monument, puis un ami du défunt composer l'épitaphe. On trouve ce dernier soin mentionné aussi dans le distique de TihuUe, et, de plus, l'effusion des larmes, qui clôt ta cérémonie funéraire du mausolée libo-phénicien.
Noos allons, à l’aide do berbère, retrouver ces détails dans le texte libyqoe; cette contreépreuve sera, si je ne m’abnse, une démonstration péremptoire.
R. Partie libyque.
Le choix de l’idiome berbère, pour interpréter ce texte, est basé sur les considérations exposées comme il suit par M. Ël. Qoairemêre dans son article sur les Numides : • Il est certain que, longtemps avant l’établissement des colonies phéniciennes sur les côtes du nord de l’Afrique, les provinces septentrionales de ce continent étaient occupées par une population indigène et nomade, parlant une langue a part, qui, probablement, n’avait aucun rapport avec le phénicien. L'arrivé-e des Tvriens, des Sidoniens sur les rivages de l’Afrique , les rapports qu'ils eurent avec leurs sauvages voisins, durent faire connaître à ces derniers de nouveaux besoins, et, par suite, introduire dans leur idiome des termes qui leur étaient étrangers. Hais, à coup sûr, ces causes ne furent pas assez puissantes pour engJtger ces nomades à quitter leur idiome maternel pour adopter celui de ces marcliaods asiatiques qui venaient leur demander des terres et devaient bientôt s’ériger en conquérants et en despotes. Un peuple pasteur ne change jamais ni son langage ni ses liabitudes-, c’est ainsi que les conquérants arabes n’ont pu réussir à naturaliser leur langue au milieu de ces peuplades qui occupent encore aujourd’hui le nord de l’Afrique.
• Or il a existé et il existe encore, de nos jours, un langage qui est parlé avec très peu de différence dans une immense étendue de pav.s, depuis l’Égypte jusqu’aux rivages de l’Océan atlantique. Cet idiome que nous désignons, à l’exemple des .Arabes, par le uom de berbère, mais qui, chez les naturels du pays, porte les noms de echUak ou tamazigt. ne ressemble à aucun antre ; tout atteste son antiquité : il manque de beaucoup de mots, que des peuples étrangers à la vie pastorale auraient infailliblement connus; il n’a été importé dans cette contrée par aucun des peuples qui en ont fait ou tenté la conquête. On peut donc croire, avec tonte apparence de vérité, que cette langue était parlée, dès les temps les plus anciens, par les peuples nomades répandus sur le continent de l'Afrique septentrionale. Probablement les Numides, c'est-à-dire les Massy-
ET DE LA LANGUE LIBYQIE. il..
lieiM et tes Massesyliens, empluyaient le même idiome, qoi, mal^é taot de révotolions et de eonquétrs. s'est mainleau jusqo'à nos jours avec une admirable persévérance. •
Notre texte fonrnit de suite des applications frappantes de celte pensée, qui a été professée aussi par M. Joniard.
Venture, dans sa grammaire, déclare d’al>ord que les IterlxTes n'ont aucune conjoni-tion pour lier les parties do discours, comme et, mois; que pour dire : Je bois et je ris, ils disent simplement : Je boit, je rit. Or tandis qu'on lit, sur le texte phénicien de Thogga, lignes C' et 7* ; Metedil, fili de Nenepkutin, £T Anorun, filt d'hai; Saphat, filt de Balet, et Pepai, fils de Débat, le texte libyque ne porte que : .Metedil, /Ht de Nenephutitti Xocan, filt de Sut; Saphat, fil.» de Baltl; Pepaï, filt de Bebat.
11 ressort de plusieurs passages de Venture que les Berbères ont une grande lendanee à retrancher l'ilif initial. > Quand U première lettre de l'impératif est uii élif, dit notre auteur, cet élif i.st souvent élidé. Il en est de même pour la deuxieme personne singulière du prétérit, pour la première et la troisième personnes do pluriel. Les noms berbères dont la première radicale est un ilif, écrit-il plus loin, perdent cet éb/ dans la construction, et il se change en ou. » Cette suppression a lieu quelquefois, et sans aucune substitution, à l'état absolu, car on dit indifféremment, par exemple, Amoueran et .Moueran (grand). Le nom que les Berbères aiment à se donner, Amatirg (libre), parait s’être prononcé primitivement sans la voyelle initiale, si l’on en juge par les imitations que nous ont conservées les auteurs anciens et qui s'accordent toutes sur ce point, savoir ; Maeecei, lUarai (Maziketde Plolémce). Cette aphérèse, ainsi que la remarque en a été faite par M. de Saulcy. est ao.ssi l'un des traits caractéristiques de la partie libyque du monument de Tbugga; en effet, aux noms phéniciens Atkaban, Anocan, Itaï, correspondent ceux-ci : Thaban, Xocan, Sai.
Ce docte académicien trouve un argument de plus dans la leçon qu’il soit au sujet des figures corrélatives des deux textes auxquelles il attribue la puissance du eau. En effet, la figure de la ]>artie libyque, consistant en deux barres burizontalement parallèles, correspond, d'un côté, au mot P de la partie phénicienne ; or le dictionnaire berbère, publié en 1844 par le ministère de la guerre, nous apprend qu’une des formes employées pour exprimer l'idée filt est ou, son qui parait parfaitement répondre an tau. U'un autre côté, sur la partie phénicienne, la figure correspond souvent à la copule, et cette copule est généralement rendue en phénicien, cuiiime en l>ébreu, par le vau. Enfin, dans le groupe libyque qui répond au nom propre Abdastoret de la seconde ligne phénicienne, U syllalte Abd est remplacée par la figure dont il s'agit et un dalelh, ce qui, selon la détermination en question, donnerait Oud, soit, pour le nom entier, Oadottor. Ur Cesenius dit, dans son catalogue des noms propres d’hommes et de dieux, expliqués (lib. IV, cap. III, p. 403) : - ^oiiraf, «ùéésrup, dux )xeaus (Diod. Ex. Valet, II, p. 366 ; Mai, nov. collect.. Il, 53) est n'rtSïH Bedatlarel, servos Astartes (Carih., î) ; abjecto n, stepius etiam hoc noinen apud Pœnos contractom in Bosior, Bostar. >
Voilà, certes, des arguments bien poissants en faveur de la détermination dont nous nous occupons ; je ne le dissimule point et je ne pense pas qu’ils aient perdu de leur force au rapprochement que je leur al fait subir. Cependant j’al dit que je considère les signes dont il vient d’être parlé, autant sur la partie phénicienne que sur la partie libyque, non comme des rau, mais comme des capk ; je persiste dans cette opinion, et en voici les motifs :
1° Le mot ou qui, à proprement parler, n’a pas la signification filt, mais est l'exposant du cas oblique, s'écrit, non pas ^ simplement, mais ,f, c’est-à-dire 7N; 11 sc réduit quelquefois à une seule lettre -, mais ce n'est point le cou, c’est lélif; exemple tiré du dictionnaire du ministère de la guerre:
Kati ou Tchauan.
Le mot mit, dont il a déjà été parlé et qui est le véritable équivalent de filt, est égyptien. Or
• 16 DE LA LANGtE PHÉNICIENNE
les Éfiyptiens avaient pour synonyme représenté quelqoefois par le sigle^.- Les Libyens, dont ridinme a plasienrs antres similitndes avec celai des Égyptiens, ne pouvaient-ils pas avoir ce synonyme et le rendre par eapk? Plusienrs des hiéroglyphes qui sont pris phonétiquement pour s valent aussi K. M. Bunsen {Aegypl. ttelle, etc., p. 613) dit à ce sujet : « Die Erweichung des.
Ægypt. / zu dem kopt. y wird aueh bethaetigt durcli : /tvovifiç = »vrov Osisiùx (Plut., De h. et Ot., 37), welches gemu in dem kopt. il OClpI, «jil il Oc’, contrah. çyEtioC\p\,etc.. antgehl. > Or/E«osipi; pourrait signiher file d'Otiris, aussi bien que plante d'Otirit.
Mais, sans recourir à cette source, les dictionnaires berbères nous fournissent pour enfant, pour huted, le mot Acthùh; or, en retranchant de ce mot l’élif initial, comme nous avons vu précédemment que les Libyens avaient accoutumé de le faire, et comme cela a lieu dans le féminin |
Ta-cthith, il reste cihirh, lequel a son tour, dans les habitudes d’abréviation propres à récriture lapidaire, peut avoir été représenté par la simple initiale, ainsi que l’est souvent /ffitts en latin.
î” J’ai expliqué précédemment comment la copule peut être exprimée par le eapk, ainsi que 1
cela doit être d'après ma leçon. '
3” Quant à Oudoslor, en admettant momentanément celle orthographe, c’est une forme purement grecque, dans laquelle ou remplace B, comme dans le mot Ovarouaria de Plolémée, pour Barbaria, et dans une foule d'autres exemples; ce qui le prouve, c’est que la véritable orthographe est Oundotlor, ainsi que Hamaker a écrit, et, dans ce cas, la suhsiitntion de ou à B est plus évidente.
<' . Selon ma manière de voir, au lieu d' AbdastorrI du texte phénicien, on devrait lire ici Cadoi-
irrr. Celle leçon est justifiable de deux manières. j
V Les Hébreux employaient cip dans le sens de cotuacré d «ne dirmiré, et, remarque fort im- 1
'• |iortan(e, c’était particulièrement au culte d'Attarlé que ce qualiiicatir répondait, puisque seul il |
.■m[K>rlait souvent l’idée de consécration à cette déesse - « tmp, puer m«/h>, cinrerfiis, proprie eonsecratus, scilicet Aslariæ seu Veneri, • dit Gesenius dans son Lexique. Nous ax ons donc ici * anuetp, et, par la fusion des deux «cAin en un mtinp, équivalant parfaitement à Abdaetoret
du texte phénicien et analogue au titre n'n* Clp, Sacer Jehovœ, donné à Aaron dans le psaume cvii.
D’un autre côté les Hébreux possèdent, pour dire s'inWiner en siÿnc d'Aonnaur et de reapeci, on autre mot qui correspondrait parfaitement à abd devant un nom de divinité ; c’est Ttp, d'où viennent évidemment les mots grecs Kxw, qu’Hcsyclius rend par Wtpiuxi», Kéài.), Kdî;«, estro. onso, K»và<, honore dignus. Ce mot, qui est peut-être lui-même la souche de Ctp, formerait très bien le premier composant de notre nom Cadostor.
, A la vérité, c’est la valeur du caph que j’ai attribuée aux deux barres horizontales, et la lettre j
qui leur correspondrait ici, dans les deux mots hébreux, est un qôph. Mais chacun sait combien sont fréquentes les mutations entre ces deux gutturales; au dire de Gesenius, elles sont presque innombrables dans les diverses branches de la famille des langues sémitiques. Il n’y a donc point > lieu de s’arrêter à cette objection. D’ailleurs, on ne connaît aucun caractère libyque affecté au
qùph; il est possible que les deux articulations, qui n’ont entre elles qu’une légère nuance, aient été confondues dans un seul signe, comme elles l’étaient en grec.
Enfin, une autre objeetion pourrait être basée sur ce que ces deux mots appartiennent à la langue hébraïque, ou, ce qui est équivalent, à la langue phénicienne, tandis que noos avons |>osé en principe la différence de celte langue et de l’idiome berbère. Ce principe s'applique à la constitution grammaticale; mais, pour ce qui est du vocabulaire, il n'est pas aussi absolu, et Venture |
nous donne la réponse dès les premières lignes de .sa grammaire; on y lit, en effet, que les Ber- ;
hères empruntent aux Arabes tous les mots relatifs aux scienees, aux ans et à la religion ; évi- I
demment, et à plus forte rai.son, ils ont dù se comporter de même avec les l’henieien.s. 1
Ainsi, ma lecture consistant à maintenir la x aleur caph donnée par Gesenius aux signes soit du I
texte libyque. soit du texte phénicien, que M. de Saulcy prétend devoir sonner vav, s'tdaptc très
KT UK I.A l.AN(;i E LlUVUl'E.
birn à la (Mniliuii mol* drs deux texiexdaiit loqarls e«s (igiips jeirnuM-nl. Il me r^iiciifainr valoir en sa faveur une conaidéralion péremptoire, c’est qu'en acceptant la (.'éiemilDalinn de M. de Saulcy et corrélativement celle do caph, qu'il donne à la ligare que je regarde comme le vau, on ne pourra jamais, je ne crains pas de l'annoncer, traduire complètement ce double monuoient. tandis que ma lecture fournit un sens complet, natnrel, et, je vais en administrer la preute. parfaitement concordant entre les deux pages.
J'aliorderai d'abord la 6* et la 7* ligne, parce que la partie plienicicnne qui s'y rattache est complète; je reviendrai ensuite à la cinqniènte, qui n'offre pas cet avantage et ne peut être compri>e qu'à Paidc des données fournies par les deux autres.
Les points qui séparent les mots sur la partie libyque, conitnc sur la contre-partie phénicienne, nous font reconnaître , au début de la 6* ligne , le groupe 'jiz: : les dictionnaires berbères ne contiennent aucun mot temhlable. Ce groupe correspond an participe phénicien a'tff'nn, tncidentei; il doit, par conséquent , présenter aussi une forme verbale. Or Venture dit que, dans le berbère, les temps se bornent à l'impératif et au prétérit ; que celui-ci est le seul bien précisé dans la conjugaison des verbes. C.eci facilite les recherches; car c’est la troisième personne plorielle dn prétérit que remplace, par une tournure fort commune dans les langues sémitiques, le participe pluriel phénicien énoncé ci-dessus; le mot libyque doit donc se trouver à la troisième personne plurielle dn prétérit, et, en effet, il est terminé par on nun, que Venture désigne comme surTixe formatif de cette personne. Au commencement de la ligne suivante nous retrouvons, dan-s la partie phénicienne, on participe pluriel, D3r:n, diffundmlts, et le mot libyque correspondant est aussi terminé par un nun. Cette lettre est donc très probablement une adformante verbale, et, par conséquent, dans le premier mot de la r>* ligne, il noos reste pour thème : Z 2 Z.
Cette racine ne se trouve pas davantage dans le dictionnaire de Venture ; et en elTet, dans sa grammaire, le célèbre orientaliste déclare avoir remarqué que tous les mots où entre un beth ne sont pas originairement berbères Cependant la valeur des lettres est ici incontestable ; le mot a donc ceetainement été employé tel que nous le transcrivons; mais, d’un autre côté, il n'existe point d'autre terme berbère pour rendre l'idée dont il s'agit. C'est un nouveau cas de l’emprunt d’un terme aux Phéniciens. Le radical aw, d'après l’observation de Venture, n’appartenait très probablement pas aux Libyens, puisqu'il contient deux bttk et qu’il doit exprimer une idée d’art, celle de graver; il faut le chercher dans l'idiome du peuple avec lequel ils se trouvaient en communicalion. Or en hébreu, et par conséquent en phénicien, XU veut dire creuser, excacare, et ainsi, en ajoutant le nun d'inOexion, on aurait \11Z, exeavavtrunt, qui peut, sans aueon donte. avoir été pris pour synonyme de aoin.n, incidente» ou tncideruiil. M. Lethlerry-Barrois, dans scs Jlannes hébraïque», Paris, 184!, dit en effet : - 3'2 (ata), id quod 21 a:, concavum, vacuum, aXHCtlLFTL'M. -
Le n»ol suivant, sur la partie phénicienne, est le régime direct du verbe qui vient d'être cité, savoir ; l'B, carme», dans le sens du versus de Tibulle et du reriiculo» de l’inscription de Bmiada, c’est-à dire dans le sens d’épitaphe. Le groupe correspondant dans le texte libyque est composé d'un nu», d’un scAin, d’un caractèredont la valeur est inconnue, d'un resfc, et enfin d’un autre caractère indéterminé aussi. Dans une note insérée dans le Journal asiatique (avril 1844), j’ai fait remarquer que ce nombre d'éléments dépasse celui d'une simple racine, et que par conséquent il s'en trouve probablement qui expriment des formes grammaticales, savoir le rapport du régime avec le verbe précédent. La même observation s'applique au second groupe de la septième ligne qui doit rendre le mot phénicien )ii 2 tr, a/piclio», et qui est composé d'un nun, d’un caractère indéterminé, d'un lamed et dn même signe que celui qui termine le second groupe de la 6* Ugne, savoir trois barres horizontalement superposées. Or, comme d’une part ces deux groupes sont dans la même situation syntaxique, que d'une autre part ils ont deux caractères communs, le premier et le dernier, j'en ai déduit la conjecture que ce sont ces deux caractères identiques qui dénotent la similitude de position grammaticale et que les lettres intermédiaires constituent seules
Digit:.! y Coos
DK LA LANGIE PHÉNICIENNE
1rs radicales ; elles sr irooveraient en effet alors dans les conditions ordinaires ; au nombre de trois dans un cas et de deux dans l'antre.
Sans nous préoccuper encore de leur signification, recherchons d’abord le réle des serviles qui y sont attachées; l’une cal initiale, l’autre terminale. D’après Ventore, c’est par des parlieoles préfixes que les cas sont exprimés en berbère, et parmi ces particules se trouvent en et n par l’aphérèse de l'êlif. Voilà prcci-sément notre nun initial; à la vérité, Venture ne le désigne que pour le génitif, et il s’agit ici de l’accusatif ; mais il faut aussi reconnaître que notre guide a préalablement déclaré qu’il n’était pas exactement instruit de l’usage spécial de chacune des prépositions dont il parle ; d’un autre côté, il cite des exemples de génitif, de datif, d’ablatif ; il ne dit rien de l’accusatif. Je pense qu’ici, comme dans le copte, l’n peut sendr simultanément à noter plusieurs cas, et particulièrement faccusatif; le dictionnaire publié par le ministère de la guerre contient, il est vrai, un grand nombre de phrases avec l'accusatif sans particules d’inflexion pour ce cas. mais ce peut être une simplification imitée des Arabes; j’en trouve d’ailleurs on exemple dans cette phrase du dictionnaire de Venture ; Apporte à manger, ateid en nilrh. Le ntm initial de chacun de nos deux groupes doit donc être la marque du régime direct.
Quant au caractère terminal, sa valeur n'est pas aussi facile à découvrir : cependant, par analogie avec l’écriture des anciens Égyptiens, Je suis porté à le considérer comme le signe idéographique et uniforme du pluriel, substitué à la triple répétition de l’objet par laquelle primitivement, dans l’écriture figurative, on indiquait ce nombre. Il est à remarquer que de part et d’autre le procédé identique de représenter le pluriel, non dans ses éléments alphabétiques, mais par une image purement idéographique, a amené des résultats semblables, je veux dire le défaut de fixité et conséquemment l’extrême variété, l’irrégularité des expressions.
Maintenant reprenons la S'iitc de l’interprétation des racines auxquelles s’appliquent les formes grammaticales que nous avons jusqu’à présent analy.sécs.
On n’a s.-ins doute pas oublié qu'au second groupe de la 6' ligne nous avons obtenu pour thème un mot composé d’un schin, d'un caractère inconnu, et d'un resà. Les dictionnaires berbères n’en contiennent aucun auquel celui-ci puisse se rapporter ; mais, d’un autre cdté, ils n’en présentent non plus aucun, d’origine berbère, qui rende l’acception du terme phénicien correspondant TïïT, savoir vers, insrriplinii, épitaphe : keitba, donné par le dictionnaire du ministère de la guerre, est arabe. Il est donc probable que l’expression de cette idée d’art avait aussi été empruntée aux Phéniciens. Or, précisément ce thème berbère possède deux des radicales du mot pliénicien, la première et la dernière, le schin et le resh; noos aurions le mot complet si l’on pouvait considérer comme un iod le caraclcrc intermédiaire, celui dont la valeur est jusqu’ici restée inconnue : le iod, à la vérité, est incontestablement figuré d’une autre manière dans plu- .sieurs noms propres, teLsque Naiet Bebai, à la fin des deux dernières lignes; mais le texte même i|ue nous étudions n'offre-t-il pas dans le ïamecà un exemple irrécusable de la possibilité de trouver une même lettre rendue par deux figures différentes (t-oy. ligne 5', lettre S", et ligne 6*, lettre 1 1*)? Au surplus, on écrivait aussi il®. Je ne puis me refuser à croire que ce soit cette forme qui ait été introduite dans le libyen, et que, par conséquent, le signe à déterminer ne soit un rau. Le cuu, à son tour, d’après notre manière de lire, se trouverait dessiné différemment à la S* ligne, lettres 6 et 7, dans le nom propre Kart : n*est-t-il pas possible que les Libyens aient adojtté des formes différentes pour distinguer la consonne de la voyelle? Quoi qu’il en soit, fanalogie de l’existence des radicales seàin et resh, daus les deux mots corrélatifs des parties phénicienne et libyque, me semble trop pressante pour ne pas entraîner la conviction qnc les racines elles-mêmes sont semblables.
|ji phra.se entière, composant la G' ligne, serait donc ; p; pçjjs (dés. pl.) ■'•® pa: •®;, excavaterunt curmina Bfcsedil, F. ffenephusin, JVocan A Soi'.
La 7* ligne, comme la précédente, commence, ainsi que nous l'avons vu, par on verbe à la troisième personne plurielle du prétérit, ce qui est indiqué par le nun terminal. La racine ne nous