‹ Étude démonstrative de la langue phénicienne et de la langue libyqueChapitre 58 sur 66 · KT DE I.A LANGUE I.IBYOIE SIM · texte numérisé non relu

KT DE I.A LANGUE I.IBYOIE SIM

Ci.» point completfinenl cotinup ; une brisure ay*nl fait disparaître ia dernière iellre, il ne nous en reste que deux et nous ne trouvons dans les dictionnaires aucun mut eommeneant ainsi qni puisse avoir quelque application à une épilaplie; mais en même temps, comme dans les cas précédents, nous n'en trouvons aucun autre qui réponde à l’idée répandre, épanrbrr, esprimée par le verbe pliéoicien. Le dictionnaire du ministère de la guerre donne ouzzd; mais ce mot me semble n’étre que la racine arabe, qui veut dire dinsrr, partager, distribuer. Au surplus, le verbe de notre texte contenant un beth, nous sommes endroit d’en rechercher l’origine ailleurs que dans le berbère, de la rechercher dans le phénicien ; mais ici encore l’absence de la troisième lettre nous ôte le moyen d’arriver à la certitude ; nous ne pouvons que proposer une conjecture en faveur de sraturirit, erurlavil, sur lequel J. Buxiorf s’exprime ainsi : ‘De fontibut proprii dicitur aijuam eructantibus: nien. r\T. n;”K, cruclaèo, lioc est, more sraturiginis proferam vel effundam, prov. t, 23, et sic ferè semper hic sumitur. •

Le mot suivant, on le régime, dégagé du nun préfixe et de la figure terminale, que nous regardons comme le signe idéographique du pluriel, reste réduit à deux lettres radicales dont la première est encore indéterminée, la seconde est un lamed. Ce mot, suivant le sens du pliénicien, doit vouloir dire douleur, ou mieux pleurs, les Berbères n’employant pas les termes abstraits ; or, le dictionnaire de Venture nous donne, pour celte dernière acception, Tela, nSp : le signe resté inexpliqué ne serait-il pas le tau cruciforme, semblalile à l'avant dernière lettre de la seconde ligne, et dont on aurait omis de reproduire le trait vertical, comme Borgia, pour celte même lettre de la seconde ligne, avait négligé de rendre le trait horir.ontal (roy. Cesenius. pl. 20 ivi A)7

En adoptant celle leçon, qui me parait très vraisemblable, nous nourrions transcrire et traduire la ligne entière comme il suit : sre (dés. pl.) p:;, effudenint facry-

mas Saphal F. Balel, Pepai F. Bebai ’.

Revenons maintenant à la cinquième ligne, pur l’intelligence de laquelle l’analyse que nous venons de poursuivre nous sera d’un grand secours.

En nous reportant au texte phénicien, noua voyons qu'après le mcmlirc de phrase posl introttum ejus in domum guielam viennent les vestiges de cinq lettres effacées, puis les noms propre.s Kan, Thaman, Carasren. Or ces noms propres ne puvent point se rapporter au premier membre de phrase dont le sens est complet; ils supposent donc un verbe qui a dû exister là où se trouve aujourd’hui une lacune ; c’était très prubablemenl, comme au commencement des autres phrases, un prticipe pluriel précédé de l'article

Dans la partie libyque, les mêmes noms propres viennent immédiatement après le premier groupe de la ligne ; ce groupe ne peut donc qu'exprimer l’aclion dont ils sont les sujets , comme le verbe qui occupait la place correspondante dans la contre-partie phénicienne, et le premier membre de phrase de celle-ci n’aurait point été rendu dans l'inscription libyque ; la brièveté de la ligne comparativement à celle du texte phénicien vient à l'appui de celte remarque, qui s'accorde d'ailleurs avec celte déclaration de Venture : • L'habitude apprend aux Berbères à faire des phrases courtes pour exprimer leurs sensations. •

Le verbe dont il s’agit doit être à la troisième personne plurielle du prétérit, et, parcoiiséqueut. caractérisé par le nun final : nous trouvons en effet cette adformante après les trois premières lettres Vo3 qui constituent le thème; elle est elle-même suivie d'un autre sulfixe, d’uno, dont nous parlerons un peu plus loin.

La racine hoz ne ligure point dans le dictionnaire, et l’absence du verbe phénicien nous enipêclie d’en connaître le sens.

Toulefots, après la terminaison verbale :, vient, comme nous l’avons vu, un mmerh; Venture

il) .V PaccasioD de dm dilTércnds avec le Maroc ea IS44, tes jouraaui ont cite un nom propre csb)le XeOiai, quia onerrappoate reuemtilance avec celui-ci.

DE LA LANGI E l'HÈMUENNE

noQS en donne l'explii.'àiion dans ces termes: - Le pronom de la 3' personne du singulier, lorsqu'il est régi par un vérité, est désigné par un S mis à la fin du verbe. C’est là, l’on n’en saurait douter, la destination de notre c, et cette circonstance avertit que le verbe indique une ac- I

lion transitive qui se rapporte directement au défunt, peut-être celle décrite dans le dernier vers d'une épitaplie que nous empruntons à l’ouvrage déjà cité de Bonada, et où nous trouvons un nouvel exemple du partage des rôles dans les funérailles ;

Il S

IIKCIMUS A l’Itl.’IlA SECT.ATVS CASTRA IVAKNTA CIRCITOR MOBIOR PKAEMIA l’ARCA .SENEX yVl NVLLl GRAVIS EXTITER.AM DV.V VITA MANEBAT HAEC EVNCTO AETERNAM SIT Hllil TERRA LEVIS DAT PATRVO OB MERITVM FERALEM Fl AVIVS VRNAM SINNIVS ET CINKREM SPARGIT ODORE GEMENS

Ce n’est pas .sans motif que je prends cet exemple où il s’agit de parfumer, odorare, tpargtre odore. En effet Gesenius dit de Sc: : oRad. in verlin minus usilata qoam in nomin. derivatis divers.x- significationis. Primaria poteslas videtur carnosut, piiiÿuij /’uiT. • Or l’idée de graisse amène celle de parfum, comme on te voit par le mot nirp dont notre savant lexicographe dit aussi : • t) tu/limenlum ■ . .2) eu vicliniæ pan qua adoleri tolel, adept. Ps. i.xvt, IS : r'Cp C'S'B, adept arietum. •

.Ainsi nous aurions pour la ligne entière : Odoraeerunl eum Vavi, Thaman, Caraieen. Mais ceci n’est qu’une supposition ; les formes grammaticales do verbe étant seules constatées , c’est du temps et de nouvelles découvertes qu’il faut attendre la confirmation ou la révélation de son sens intrinsèque; aujourd’hui nous ne pouvons réellement lire que : ...nint eum Faut, Thaman,

Carateen.

Le texte complei serait donc :

F. Iphiualhjt F

ros F. Cailostoris.

. Diar F. Tliaban F. Iplimathat F. Plielec, llingi F. Carasren.

(Odorave?) runl eum Vavi, Thaman, Catascen.

Exsculpserunt carmina Mesedil F. Nenephustii, Nmam F. .sal.

EIIiHierunl Relus .^taphat F. Balei, Pepai F. Bebai.

l-a concordance avec la partie phénicienne est évidente.

Il résulte de cette longue analyse, comme déductions générales applicables à la langue libyque :

t° Que l’alphabet a deux signes pour exprimer le tuta, deux pour le tatnerh, deux pour le tau.

Cela indique probablement des nuances de prononciation;

2" Absence de conjonction ;

3" Formation de la 3' pers. plur. do prétérit au moyen d'un non sotVixe ;

4° Expression do pronom de la 3' pers. sing. régime d’on verbe, par un tamech sullixe ;

.A* Réduction des phrases aux termes les plus simples ;

6” Fréquente suppression de l'alepk initial;

7“ Emprunt à l’Idiome régnant dans la contrée d’un grand nombre d'expressions. particuUèrement de celles qui sont relatives aux idées d’an et de religion.

Les six dernières propositions prouvent l’analogie de la langue libyque avec la langue berlw-re.

ET DF. I.\ LANdl'E I IBYyEE. til

Elle s'en diülingue :

1“ Par l’uaage d’un nun préfixe, comme signe de l'accusatif, usage qui la rapproche de l'ancien égyptien, mais qui ne parait cependant pas entièrement aboli dans l'idiume berbère et qui n’y est peut-être devenu rare que par l'influence de la langue arabe;

2" Par l'emploi d'un signe idéographique et invariable pour peindre unirormcment le pluriel, en faisant abstraction des terminaisons phonétiques, autre rapport avec les inscriptions antiques de l’Égypte. Ce n'est toolefais qu’une particularité d'écriture qui u’afTecte pas le fond de la langue et ne peut être considérée comme une véritable différence.

Éne remarque reste à faire relativement à nuire texte, c'est que les mots phéniciens employés pour rendre les mêmes idées sur l'une et l'autre parties ne sont point identiques : tanidl ce n'est qu'une variante d’orthographe, comme entre "O et l'tr; dans les autres cas. ce sont des différences radicales, telles que n: (pour ïn;). ou i; (pour au lieu de I2ï, 333 au lien de Œ'n, T33 au lieu de '^C3. Ct fait porte à croire que les Libyens de Tbugga avaient fait passer dans leur langage les termes étrangers dont il s'agit à une époque assez éloignée de celle à laquelle ils ont construit le mausolée qui sulcsistc encore sur leur territoire; peut-être même qu'ils les avaient reçus d’une antre peuplade phénicienne que celle à laquelle ils étaient alors unis.

.M. de Saulcy a publié dans la Serue archéologique (nov. 1845) une note fort curieuse sur l'antique alpliabet de la langue des Berbères. Cet alphabet, d’après une lettre de M. Bois.sonnet, capitaine d'artillerie, chef du bureau arabe de Constantine. parait subsister parmi les Touangs, dont Karl Ritter parle en ces termes (Géogr. gén. et comp., trad. de Buretet Oesor, t. III, p. 3G4) ; - Les Touariks, beaucoup plus nombreux et plus puissants que les précédents (les Tibbos), lorment la majeure partie des habitants des oasis ; ils habitent au sud-ouest, depuis le Fezzan jusqu’au Bornou ; au sud, jusqu'au .Soudan et à Timbouclou; à l’ouest, jusqu’à Fez et Maroc. Ils s'approchent à l'ouest du pays des Berbères et se confondent avec eux ; plusieurs de leurs colonies habitent dans le Fezzan (à Sokna), à Augila, a Siwah; ils parlent la langue berbère, qui est la langue du commerce dans tout le nord de l'Afrique. Un rencontre des Touariks sur toute la ligne d’oasis qui s'étend sous le méridien du Fezzan jusqu’à Cascluia, dans le Soudan (par Tabou, Gbanet, Tagazy, Gazer, Agliadez, Tegama). C'est là la grande route commerciale qui forme la communication entre le centre actif de l'Afrique et le nord. Dans la direction de l’est à Poursi, l’influence des Touariks a’étend depuis le désert libyque jusqu’au haut Atlas. Tous sont adonm-s à la vie nomade ; ce sont des courtiers, des guides de caravanes, des marchands. Mais ils n’oui pas conservé partout leurs mteurs et leurs manières de vivre originaires; à l’est, ils se sont confondus avec les Tibbos ; à l'ouest, avec les tribus berbères ; au nord, avec les Arabes. Ce peuple, parlant la bingue berbère, est en possession de toutes les colonies commerciales de l'Afrique. »

La lettre de M. Boissonnet, que nous croyons devoir reproduire textueilement à cause de l'importance du document, est ainsi conçue ; • Quelque incomplet qu'il soit, il faut bien que je vous donne mon alphabet turguyr, puisqu'on prétend que M. Limpéri (israélitc de Tunis, je crois), a retrouvé i’écritnre libyque ; il ne me faut point attendre pour vous communiquer le |)ctil bout d’écriture tifinag que m’a donné mon tonaly EI-Hadj-Abd-el-Cader, secrétaire du cheikh de Touggoort. Il y a six à huit ans que mon savant n’a point revu le pays des Touarigs ; mais il prétend se rappeler parfaitement bien la valeur des caractères qu’il a tracés. J'ai été frappe dès l'abord de leur identité avec ceux de l’inscription libyque de Thongga. Je voulais seulement attendre, pour voua en faire part, que la communication pùt être plus complète et surtout à l'abri des erreurs que laisse supposer un souvenir éloigné. Mon hadji me promettant de m’envoyer un alphabet complet et une page d’écriture turguza à sa première rencontre avec un des tbalebs de cette nation, j’espérais prochainement vous faire tenir ce spécimen si désiré de l’écriture berbère. Enfin, telle qu’elle est, et précipitée par les circonstances, cette communication ne me paraît pas devoir manquer d’intérêt pour vous. Il me semble qu’elle donne la valeur de quelques signes (onnus, mais non détermim's, e' quant à ceux qui ne .sont point compris dans l'inscripiu».

iïi ÜE LA LANGL’E PHfeMCIK.NNE

(lo Tliougga, formés de plusieurs points isolés, il ne serait peut-être pas impossible encore de les rattacher à ceux de cette pierre, surtout si l'on admet que les souvenirs du touaty étaient moins parfaits qu'il ne l’assurait. Enfin, soit lihyque, soit berbère. Je tiens pour authentique ce spécimen d'écriture tifinag et veux croire la mémoire de mon touaty aussi (idcle que l'importance du sujet doit le faire désirer.»

Nous reproduisons, à la planche 30, la copie de ce spécimen.

M. de Sanicy en tire les conclusions suivantes : » Douze lettres arabes seulement sont accompagnées de leurs équivalents dans ce lambeau d'alphabet tilinag. Le mim, le ra, le ta sont identiques avec ceux que j'ai déduits de la pierre de Tbougga. Le signe que j’avais transcrit dubitativement pour un caph est précisément l'équivalent de cette articulation; enfin la lettre ouaou, représentée cette] fois par deux points superposés, n’est très probablement que le signe formé de deux petits traits horizontaux que j'ai assimilés à la lettre ouaou. Quant aux autres signes, il sera prudent d'attendre, pour en parler sérieusement, que l’alpliabet tifinag nous soit parvenu tout entier. Il ne reste pas moins constant, dès à présent, 1" que l'inscription libyque de la pierre de Tbougga est écrite en langue berbère; 2" que l’alphabet employé lors de l'érection de ce monument funéraire par les aborigènes s’est conservé jusqu’à nos jours chez les Touarigs ; S** que les valeurs que j’ai attribuées aux caractères que l’analyse de l'inscriptiou de Tbougga permettait de déterminer sont constantes et ne doivent pas être modifiées, ainsi que M. Judas a proposé de le faire. »

Ce jugement, comme je l’ai dit et comme je crois pouvoir le répéter, rendrait impossible la traduction complète des deux textes. Il faudrait cependant bien se rendre à l’évidenee, si elle brillait de son éclat irrésistible. Mais je suis loin de le penser. D’abord on ne doit pas perdre de vue toutes les précautions, toutes les réserves prises par M. Boissonnet lui-mciue pour garantir d'noc confiance absolue et prématurée. Cette prudence est d’autant plus louable qu’il est facile de voir une erreur manifeste dans la détermination du cercle ponctué, qui est certainement un belh, ci que le Touaty confond avec le cercle non ponctué ou resh. Mais en prenant, à part cela, les figuras et les déterminations telles qu’elles sont en ce moment présentées, en quoi est-il évident que ce signe

. rendu par caph, ne correspond pas à ceux-ci = izz '• Que celui-ci r , qui a pour

équivalent un «au, ne peut pas être considéré comme un vestige encore assez sensible de celui qui est ainsi tracé sur notre inscription et auquel j’ai assigné la même valeur? J’avoue que je trouve an contraire dans ce document, jusqu’à plus amples éclaircissements, des motifs de persister dans mon opinion.

J’en étais à ce point lorsque précisément on nouveau document m'a été communia, ué; c’est un second spécimen envoyé par M. le capitaine Boissonnet, que l’on ne saurait trop remercier do son zèle. J'ignore les explications que cet officier distingué a dû faire parvenir. Je place, sur la planche 30, son nouvel alphabet dans une colonne attenante à celle du premier, afin de rendre la comparaison plus facile. Ce spécimen contient quelques rectifications et de nombreuses additions.

Les rectifications portent sur la suppression du point dans le cercle formant le resh et sur les transpositions suivantes : 1** à l’atn le .signe d’abord affecté au hé arabe; 2° au phé celui affecté au hd; 3° au schin celui affecté au qôph.

Les additions concernent le beth, le ghitnel, le daleth, le hé, le chet (deux signes), le ieih, le lod, le lamed, le samech, le ghain, le (sadé (trois signes), le qôph, le #«’n.

Pour contrôler ces deux alphabets on en possède beureusement un troisième qui a été découvert par le voyageur anglais 'Walter Oudney et publié à Londres en 1826 (Narrative of iravelt and discoveries in the years 1822-1824, by major Dixon Denham}. Cet alphabet contient dixneuf signes que nous avons rangés dans une troisième colonne sur notre planche 30. Six de ces signes ne se trouvent pas sur les alp.iabets de M. Boissonnet; ce sont celui qui est indéterminé, le 6ct/i, celui que nous pensons être un tain et que M. Oudney nomme jui, celui qui parait être un

KT DE LA LANGUE LiBYQLE. ïio

rau PI qnp l'on désif^p nous le nom de jeu, le lod, enfin celai qae noas supposons f Ire un ghatn PI qui A le nom de jugh >otis empilons du doale sur la valeur de trois de ces signes, parre que le soin porte un autre nom, «s, le tau de mfme.joic; il est loulefois évident, par le système entier de dénomination, que ces articulations ont de raffiniié. Quant au signe que nous faisons correspondre au ghain. il peut aussi être un ghitnel; mais celte consonne a une autre ligure et un autre nom, jîgh.

Le belh est tout à fait seinblahle à celui de l'inscription de Ttiugga. Il est facile de ramener le lod aussi à la similitude en se referant à cette déclaration de AV. Oudney, savoir qu’il est indifférent que les lettres soient écrites de droite à gauefae ou de gaurbe à droite, borizontalement ou autrement, nouveau cararlcre de ressemblance, soit dit en passant, avec l’antique écriture des Egyptiens.

Des autres ligures, cinq, [’aleph. le cou, le eaph, le mem et le tau, sont entièrement .semblables à celles des alpbabets de M . Itnissonnet ; le tehin est semblable aussi, sauf la direction, que nous venons de voip être indifférente. Cinq ne sont que légèrement modifiées; ce sont le ghimel, le dalflh, le :a>R, le reth et le sin. Le daleth et le rrth se distinguent par la substitution dre lignes droites, fléchies angulairement, à la ligne courbe, ce qui n’est qu’on artifice de graveur dont on trouve de frequents exemples dans les alphabets de toutes les langues qui ont laissé des monuments lapidaires. La forme du reih explique celle du belh sur le dernier alphabet de M. Itoissonnet ; nul doute que cette forme est incomplète et qu’elle doit être ainsi rétablie: ^ i^quivalant à O De même les formes triangulaire et carrée du leadé, avec un point central, .sont équipnllpntes h la forme circulaire, également intro-ponctuée, ne différant du bnk que par une moindre circonférence. Dans le pèimW de AV. Oudney, les deux points marqués près de l’extrémité supérieure de la ligne verticale remplacent la ligne horizontale qui occupe la même position sur le ghimel de M. Roissonnet. Enfin la similitude du loin est assez prononcée pour qu’il ne soit pas nécessaire d’insister. Ce signe ressemble, d’un autre cêté, au IrtA de la pierre de Tbugga ; or, en se rappelant la tendance des Berbères, que nous avons déjà plusieurs fois signalée, à substituer les sifflantes aux dentales, cette ressemblance, ainsi que M Jomard ' l’avait judicieusement conjecturé, s’explique très facilement.

Le caractère indéterminé de l’alphabet de W. Oudney paraît être celui assigné au g^ph dans l'alphabet de M. Roissonnet; cette figure se trouve tordes fragments d'inseriplions rapportés par M. Falbe.

Le Jhz et le jugh de AV. Oudney n’ont point d’analogues sur le tableau de M. Boissonnet. 1-c dernier, que nous avons assimilé au v, ghain, pourrait bien représenter les deux lignes conver gentes auxquelles nous avons donné cette valeur, au troisième rang de la dernière ligne de l’inscription de Tbugga.

Enfin le lamed et le nun de AV. Oudney, entièrement semblables à ceux de cette inscription, indiquent comment doivent être rectifiés ceux de M. Boissonnet.

Il y a donc au fond, entre ces divers documents, une concordance qui leur donne une solide importance.

Or, sur les trois spécimens, les deux signes dont la détermination est l’objet d’une divergem-e entre M de Saulcy et moi sont représentés de la même manière, si ce n’est que pour l’un les trois points qui le enmpo.sent sont directement superposés sur l’alphaltet de AV. Oudney, tandis que, sur ceux de M. boissonnet, le point intermédiaire est mis un peu en dehors, à gauche. Cette eirconstanee. je ne le dissimule pas, donne un nouveau poids à l’opinion de M. de Sauley. Mais ixtmme la que.stion me parait dominée par la possibilité de traduire la double inscription, et de la traduire d’une manière concordante, possibilité que je crois, je le répète, ne pas exister avec tes déterminations que je combats, autant sur le texte phénicien que sur le texte libyque, tandis que

'1) Setunde ni.it tue une pierre gravée (fxmrer rfoa» un onefen uwrrirom. — Pari», tst.v

j(* («me avoir atleint ce bot par les déterminations opposées, je ne me laisse point ébranler par cette apparence défavorable. Je n’accorde pas à des figures réduites à des points une importance supérieure, une importance égale à celle de la possibilité exclusive d’une complète traduction; c'est la, à mon avis, un argument prépondérant, qui ne pourra être brisé que lorsqu’on aura oppo.oé une autre interprétation k la mienne, car il serait bien extraordinaire qu’une inscription bilingue dont toutes les lettres seraient connues, et qui présente des dispositions matérielles aussi tranchées que celles que nous avons signalées, ne pût pas être traduite!

Au surplus, il est possible que, dans la figure formée de trois points, l’un des points extrêmes représente le crochet qui se montre, sur les monuments libyques, à l’extrémité gauche de l’une ou des deux barres horizontales qui constituent pour moi le caph, de même qu’un crochet semblable est remplacé par des points sur le gkimel de l’alphabet de W. Oudney. N’y a t-il pas une preuve par induction dans celte forme même do ghimel, qui est évidemment un diminutif des deux barres en question, et semble ainsi exprimer le rapport phonétique des deux articulations, comme on le voit entre les deux légendes nun et lamed?

Une autre source d’inductions se trouve dans les rapprochements qu’on peut établir entre l’alphabet que nous étudions et celui des anciens Grecs, tel que Miunnet l’a reproduit dans son tableau paléographique. Ainsi le iod X. une des formes du toia; les variantes du tatnech C> se remarquent parmi celles du sigma. Or, la ligne flanquée de deux points est une des figures du phi, et le rapport du phi à Vupsilon ou vau est marqué non-seulement par l’analogie phonétique, ii;ais encore par l’identité matérielle des signes de l’une et l’autre lettre dans l’alphabet grec. Cette licne bi-poncluée existe aussi, avec la valeur F, dans l’alphabet étrusque.

.le crois donc, pour ces diverses et nombreuses considéra lions, pouvoir, dans l’état actuel des choses, maintenir mon opinion entière.

Les autres monuments libyques que la science possède sont réunis sur la planche 3:! '. Plusieurs sont inédits ; nous en reproduisons fidèlement les copies telles qu’elles nous ont été communiquées.

Ces monuments contiennent divers caractères qui ne se montrent point sur la pierre de l'hugga. Deux seulement de ces caractères se retrouvent sur le spécimen de M. Boissonnet, savoir celui qui se présente au troisième rang de la seconde ligne de l’inscription d’Honegger et du n** 3 des inscriptions de M. Falbe, et celui qui figure au premier et au cinquième rang de la dernière ligne .sur le fragment de M. Bonnafont. Le premier de ces deux signes se montre aussi sur le spécimen d'Oudney. 11 n’y a aucune équivalence ; sur le spécimen de M. Boissonnet, il prend ta valeur qôph. Le second, sur le même spécimen, est assimilé au lamed, qui a une autre forme sur l’inscription de Tliugga et sur le spécimen d’Oudney.

Parmi les autres signes nouveaux sont la simple ligne horizontale, classée déjà avec les caractères indéterminés par M. de Sanicy, et une espèce de N, soit direct, soit renversé. J’ai constaté la réalité de ces formes sur la pierre de l’inscription n° 6, qui a été rapportée par M. de Lamare, et qui se trouve déposée au Louvre.

Quant aux autres, il me paraît très probable qu'ils ne .sont que les vestiges, altérés par le temps ou par la main des copistes, de caractères déjà connus.

Ges incertitudes soit sur la valeur, soit même sur l’exactitude des figures, me font penser qu'il est prudent d’imiter la retenue qui a distingué Barthélemy dans ses études sur la langue phénicienne, et l’a préservé de ces écarts qui non-seulement ont couvert leurs auteurs de confusion, mais ont jeté un discrédit profond sur tous les travaux relatifs à cette langue, et affaibli, presque d'-truii, pendant si longtemps l’autorité des recherches ultérieures. Il importe de préserver de c* t écueil l’étude naissante du libyque. Je m’abstiendrai donc de toute tentative d’interprétation.

tU .l’ai reçu réceimncnl, par l’entremise de mon umi dois dire aulani d’une quatrième inscription, aasex tonte docteur Grellois, trois autres fragments qui ont été gur, qui a été dêeoiivcrle dans le m#me lieu, mais qui trouvés à Tiffedi ; mais ils sont trop inexactement copiés parait punique. p'Uir .qu'il soit possible d'en tirer le moindre parti. J'en

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