‹ Étude des alcalis de l'opiumChapitre 11 sur 16 · III. 1° Narcéine, Lanthopine · texte numérisé non relu

III. 1° Narcéine, Lanthopine

2°Oxyr^arcotine, (transitionau premier groupe).

3° Gnoscopine? transition au deuxième groupe? Ce groupement, qui nous paraît préférable, montre la narcéine en relation par ses voisins, avec les deux autres groupes, et en fait comme le point de convergence des alcalis de l’opium.

Cette manière de voir, soutenable à tous égards, et déduite de l’étude des réactions et des caractères connus actuellement, reste à vérifier expérimentalement par l’examen de ses produits de dédoublement.

Des expériences, actuellement en cours d’exécution, viendront prochainement j’espère, combler cette lacune regrettable, ce qui permettrait d’envisager les choses sous un jour nouveau.

11 serait temps, en effet, que l’étude des alcalis de l’opium, cantonnée aujourd’hui encore dans l’analyse poussée jusqu’au morcellement presque illimité, en sortît enfin pour rentrer dans des vues générales, tirées au moins de dédoublements PR. 172. 11

d’ensemble, du genre de celui qui sert de lien au groupe de la narcotine.

Mais il ne convient pas, quant à présent, d’insister sur des considérations actuellement encore hypothétiques, et justiciables, en fin de compte, de la seule expérience à qui il appartient de prononcer en dernier ressort.

propriétés physiologiques. — Elles ne nous apprendront rien qui ne soit en harmonie parfaite avec ce qui précède.

On sait quelle est l’importance prépondérante de l’opium en thérapeutique. C’est dire l’intérêt qui s’attache forcément à l’expérimentation physiologique des alcaloïdes auxquels ce médicament doit ses propriétés curatives.

Pourtant cette étude est de date toute récente. C’est Claude Bernard qui a ouvert la voie sur ce point, et magistralement, comme toujours.

Persuadé que la base de toute thérapeut ique scientifique consiste à élucider d’abord l’action de chaque principe considéré isolément, avant d’aborder l’étude de la résultante, il a entrepris l’analyse physiologique des propriétés des six principaux alcaloïdes contenus dans l’opium.

Claude Bernard ne considérait ses études sur ce sujet que comme un travail préliminaire, destiné à être repris et complété plus tard. Tout le monde sait pourtant que ce fut un véritable trait de lumière.

Nous devons nous borner à transcrire les conclusions, désormais classiques, de ces recherches longues et délicates.

« Il y a trois propriétés principales dans les alcaloïdes de l’opium ; 1° action soporifique ; 2° action excitante ou convulsivante ; 3° action toxique.

cc Voici l'ordre dans lequel on peut ranger les six principes que j’ai étudiés, relativement à ces trois propriétés. Dans l’ordre soporifique, nous avons au premier rang la narcéine, au second la morphine et au troisième la codéine. Les trois autres principes sont dépourvus de propriété soporifique. Dans l’ordre convulsivant, nous trouvons ; l u la thébaïne; 2° la papavérine ; 3° la narcotine;

4® la codéine; 5° la morphine ; 6° la narcéine.

Dans l’ordre de l’action toxique nous avons :

1° la thébaïne; 5° la morphine ; 6° la narcotine. » Comme on le pense bien cette analyse physiologique ouvrait des aperçus d’une merveilleuse fécondité, elle stimula puissamment l’expérimentation thérapeutique.

Claude Bernard, il ne faut pas l’oublier, opérait sur les animaux; des recherches entreprises après lui, dans des conditions semblables, ont confirmé dans leur ensemble les observations de notre grand physiologiste.

Restait à en faire l’application à l’espèce humaine : sur ce point les observations ont été extrêmement nombreuses. Elles ont fait ressortir certaines différences, mais ce n’est pas ici le lieu de traiter à fond ce côté de la question.

Aux études d’ensemble, faites à cet égard notamment par Bouchut et par Rabuteau nous empruntons le résumé qui va suivre :

Rabuteau range ainsi les six alcaloïdes :

I. Ordre soporifique : — Morphine, Narcéine, Codéine. — Les autres sont sans action.

II. Activité toxique. — Morphine, Codéine, Thébaïne, Papavérine, Narcéine, Narcotine.

III. Ordre analgésique : — Narcéine, Morphine, Thébaïne, Papavérine, Codéine. La Narcotine est sans action.

IV. Ordre anexosmotique : — Morphine, Narcéine. Les autres n’arrêtent pas le. diarrhée.

On voit qu’il n’est pas question de propriétés convulsivantes. Elles n’ont pas été constatées chez l’homme; quant à l’ordre soporifique, il convient sans doute de placer la codéine avant la narcéine, ainsi que l’indique Bouchut, qui conclut de ses expériences que la papavérine, à la dose de 1 gr., et la thébaïne à celle de 50 centig. de même que la narcotine, sont tout-à-fait sans action.

Ces résultats montrent avec évidence que l’expérience physiologique doit être faite à nouveau, sur chaque principe en particulier, et indépendamment des probabilités quelles qu'elles soient. Il semble, en effet, qu’il soit impossible de rien préjuger à cet égard. C’est ainsi par exemple que les prévisions qu’on peut tirer du voisinage immédiat, ou des relations, si étroites qu’elles soient, entre deux principes considérés, sont absolument sans valeur.

Rappelons les différences profondes, surprenantes, qui séparent l’action physiologique de la morphine de celle de l’apomorphine.

De même la cotarnine avec l’hydrocotarnine; de même la codéine et ses polymères, etc.

On ne saurait donc trop insister, avec Bouchut, sur la nécessité de ne mettre en expérience que des produits dont la pureté a été préalablement contrôlée avec la plus grande rigueur. Puisque dans quelques cas l’action paraît devoir être rapportée aux impuretés plutôt qu’au produit principal.

L’étude de l’action thérapeutique de la morphine, celles de la codéine et de la narcéine ont été refaites en ces derniers temps par différents observateurs parmi lesquels il faut citer MM. Laborde, Calvet, Barnay.

Ce dernier a consacré sa thèse inaugurale à l’examen comparatif des propriétés physiologiques des trois alcaloïdes doués de propriétés thérapeutiques. Les conclusions sont en faveur de la narcéine, dont l’innocuité est absolue, et dont l’emploi est exempt des accidents décrits sous le nom de morphinisme et de codéinisme chronique.

Mais encore une fois l’examen approfondi de ces questions nous ferait sortir du cadre de cette étude. Nous passons donc à la recherche toxicologique.

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