‹ Étude des alcalis de l'opiumChapitre 3 sur 16 · PR · texte numérisé non relu

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expression, évaporez l’eau mère et faites cristalliser.

Les cristaux ainsi obtenus constituent un chlorhydrate double de morphine et de codéine. Ils ne sont pas encore purs. Dissolvez-les dans l’eau chaude, et ajoutez une quantité de charbon animal lavé, égale an poids des cristaux. Faites digérer à une température qui ne doit point dépasser 88°; filtrez, et concentrez la solution. Elle laissera déposer des cristaux parfaitement blancs d’un chlorhydrate double de morphine et de codéine.

Pour retirer la morphine de ce sel, on le dissout dans l’eau chaude, et l’on ajoute de l’ammoniaque à la solution bouillante : la morphine se précipite, la codéine reste en dissolution. On recueille le précipité sur un filtre, on le lave avec de l'eau froide, on le dëssêche et on le dissout dans l’alcôol bouillant ; la morphine, cristallise par le refroidissement (Codex).

Il est nécessaire de faire remarquer que le sel de Grégôry, d’après les observations d’Andersôn, n’est pas un sel double, mais bien un simple mélange de chlorhydrates de morphine et de codéine. Quant à l’eau mère, elle n’est pas moins intéressante à étudier que le produit principal.

Sans parler de la codéine que Robiquet y a rencontrée, ces eaux mères ont successivement lourni la thébaïne, la papavérine, dont les eaux mères en ces derniers temps, soumises à leur tour par Hesse à un traitement qui doit être considéré comme la continuation et le développement du

procédé de Grégory et Robertson, ont permis à ce savant d’isoler les nombreux alcaloïdes dont on lui doit la découverte.

C’est donc la méthode générale de préparation des alcaloïdes de l’opium.

Un troisième procédé est celui de MM. Thiboumery et Mohr, basé sur la solubilité de la morphine dans les solutions alcalines, et en particulier dans de l’eau de chaux. L’opium estd’abord épuisé par l’eau bouillante et la liqueur concentrée est versée par petites quantités dans un lait de chaux (contenant une partie de chaux contre quatre d’opium) en ayant soin de maintenir le liquide en ébullition. Dès que le soluté d’opium est ajouté en totalité, on passe, on filtre, on exprime le dépôt, on le lave avec un peu d’eau bouillante et l’on concentre les liqueurs ; l’addition de chlorhydrate d’ammoniaque en quantité convenable, sépare ensuite la morphine en un précipité jaune grenu que l’on purifie en l’engageant dans „ une combinaison saline.

—Merck a proposé de remplacerpour la précipitation l’ammoniaque par le carbonate de soude qu’il ajoute en grand excès à l’extrait aqueux d’opium en solution sirupeuse. On chauffe tant qu’il se dégage de l’ammoniaque, puis on laisse refroidir, et, après 24 heures de repos, le précipité est recueilli, lavé à l’eau froide et épuisé par l’alcool froid.L’alcool est ensuite çh«ssé par distillation, et le résidu est traité, toujours à froid, par l’acide acétique très-étendu qui dissout la morphine

en laissant la narcotine. La morphine étant purifiée par transformation en chlorhydrate, ainsi qu’il a été dit plus haut.

On voit que Merck s’attache à éliminer la narcotine, c’est qu’en effît le plus ordinairement la morphine est souillée par une certaine quantité de ce produit, dont on peut constater la présence de plusieurs façons. Ou bien, en dissolvant dans de l’acide chlorhydrique que l’on sature ensuite parla potasse caustique. La morphine se redissout complètement tandis que s’il y a de la narcotine sa présence est signalée par le trouble ou l’opalescence de la liqueur.

On peut aussi essayer la morphine en solution saline, au moyen d’un bicarbonate alcalin, après addition préalable d’acide tartrique en excès. Dans ces conditions la morphine ne donne pas de précipité, quand elle est pure, tandis que, quand il y a de la narcotine on obtient un précipté volumineux et blanchâtre.

On peut également, en opérant en liqueur neutre, traiter la solution de morphine par le sulfo-cyanure de potassium. La narcotine fournit un abondant précipité coloré en rose, ce qui n’a pas lieu quand la morphine est pure (Oppermann).

propriétés. — La morphine appartient au système orthorhombique. Elle se présente en prismes incolores. Formes observées: me 1 ; mm— 120° 20’ ; m<7*==lt6°20’ ; ^‘e 1 =132°20’; eV=95°20’ — Clivage suivant g 1 .

Il y a hémiédrie gauche. En outre, on observe

des apparences variées, et mêmes bizarres, quand la cristallisation s’est produite en présence de certaines matières étrangères, impuretés ou autres (Decharme).

La morphine dévie à gauche [<$— — 88°04 (Bouchardat),[a] i = — 89°8 d’après des déterminations plus récentes. Son pouvoir rotatoire diminue en solution alcaline.

Les longs prismes blancs de la morphine sont inodores et inaltérables à l’air, mais quand on les chauffe à -f-1'10 0 il y a perte de 6 pour cent d’eau ; et à 120° le produit fond en un liquide huileux. Cet état huileux de la morphine se retrouve, à la température ordinaire, au moment où elle se sépare des acides par déplacement, elle est alors beaucoup plus soluble (trois fois plus dans l’éther), que quand elle a pris la forme cristalline.

Chauffée à -j-200° elle commence à se détruire ; mais, en opérant sur de petites quantités, on parvient cependant è la sublimer (Decharme).

La morphine se dissout dans 5000parties d’eau froide et 4 à 500 d’eau bouillante. Elle est soluble dans 96 parties d’alcool à 95 n (Merck), 40 parties alcool absolu (Pettenkofer) ou même 20 parties (Duflos). A chaud il suffit de 30, et 13 parties. Elle est soluble dans le chloroforme, moins soluble dans l’éther acétique, presqu’insoluble dans la benzine. L’alcool amylique la dissout bien à chaud, à froid il n’en retient que 1/400 sensiblement. Il l’abandonne à l’état amorphe, de même que le chloroforme.

Les liqueurs alcalines dissolvent la morphine, cependant la solution ammoniacale, qui la dissout d’ailleurs plus difficilement, la -laisse déposer en presque totalité (sans doute par suite de l’évaporation de l’alcali). Les autres solutions alcalines de morphine l’abandonnent égalemement quand on y ajoute du sel ammoniac. Le noir animal absorbe et retient énergiquement la morphine.

réactions. — La morphine est une substance nettement alcaline. Elle bleuit énergiquement le tournesol, rougit le curcuma, verdit le sirop de violettes etc. (Sertuerner).

L’acide sulfurique concentré dissout lamorphine et la solution reste incolore, même au bout de 20 heures. Si c’est l’acide du commerce (qui contient des traces de produits nitreux) la coloration est jaunâtre.

A chaud (+150°) la couleur devient rouge clair. Si l’on ajoute 1 milligr. de molybdate de sodium par cent, cube d’acide sulfurique on obtient le réactif dit de Frohde. Il donne avec la morphine une couleur violette très-intense, qui passe au vert, au brun, au jaune et redevient d’un bleu violacé au bout de 24 heures. Cette réaction de Frohde est assez caractéristique.

L’acide nitrique concentré donne une couleur rouge qui passe au jaune. En combinant l’action des acides nitrique et sulfurique, en versant sur de l’azotate de potasse (Frohde), la solution devient pourpre,puis rouge et finalement orangée.

La morphine précipite en outre par les réactifs généraux des alcaloïdes.

D’après G. Nadler, l’oxyde de cuivre ammoniacal transformerait la morphine en une base amorphe qui bleuit l’amidon et réduit le nitrate d’argent. — L’oxyde d’argent dissous dans l’ammoniaque est réduit également à l’état d’argent métallique quand on introduit un cristal de morphine, réaction qui réussit, même avec l’acétate (Kieffer).

dérivés. — La morphine est une substance avide d’oxigène. En effectuant l’oxydation méthodiquement, M.. Schutzenberger a découvert l’Oxymoi*pli Lue. Ce chimiste fait réagir l’acide azoteux sur l’azotate de morphine, ou mieux l’azotite d’argent sur le chlorhydrate de morphine en proportions équivalentes. Il se produit un précipité abondant de chlorure d’argent. On porte alors le mélange à la température de 60°, le bioxyde d’azote se dégage en proportion considérable, pendant que la liqueur se teinte de jaune. L’oxymorphine se mélange au précipité de chlorure d’argent, et, pour la séparer, il suffit de recueillir sur un filtre et de traiter à chaud par de l’eau aiguisée d’acide chlorhydrique. On évapore jusqu’à cristallisation du chlorhydrate, que l’on décompose ensuite par l’ammoniaque.

L’oxymorphine cristallise en fines aiguilles nacrées, elle est absolument insoluble dans l’eau, même bouillante. On en peut dire autant de l’alcool et même de l’éther. L’ammoniaque en excès

la dissout, mais, par ébullition, l’alcaloïde cristallise de nouveau.

Ce corps résiste à la température de 200°, mais vers 250° il noircit et se décompose. Le chloroplatinate d’oxymorphine est jaune, amorphe, et très-altérable. Cette base paraît peu active, au point de vue physiologique, du moins jusqu’à la dose de 3 décigr. administrés a un lapin.

M. Schutzenberger a en outre décrit un hydrate d’oxymorphine.

L’oxymorphine de M. Schutzenberger se rapproche de si près, non pas seulement par la formule, mais aussi par les propriétés de la pseudomorphine de Pelletier, que nous croyons devoir les placer côte à côte.

pseudomorphine. C 34 H 10 AzO 8 . — Quand on prépare la morphine en suivant le procédé de Grégory et Robertson il reste en général dans les eaux mères qui ont déposé le chlorhydrate de morphine et le chlorhydrate de codéine un alcaloïde que Pelletier a isolé le premier, et auquel il a donné le nom de Pseudomorphine parce qu’il colore en bleu le perchlorure de fer. Son étude a été à peine ébauchée par lui, et c’est à Hesse qu’on doit réellement son histoire. C’est un isomère de l’oxymorphine, à moins qu’elle ne soit identique avec elle.

La pseudomorphine précipitée par l’ammoniaque retient une molécule d’eau qu’elle perd à 4-120°. C’est un corps blanc, cristallisé, insoluble dans la plupart des dissolvants, sauf les alcalis caustiques et l’alcool ammoniacal.

L’acide sulfurique la colore en vert-olive, l’acide nitrique en jaune plus ou moins foncé. En prolongeant l’action de l’acide nitrique étendu on obtient d’abord le nitrate de pseudomorphine, puis le nitrate’de nitro-pseudomorphine, composé assez instable.

Les sels de pseudomorphine présentent une réaction acide. On a décrit Yazotate, le chlorhydrate, iodhydrate, le chromate, le sulfate, ]esclhoro-mercurate , chloro-aurate et chloro-platinate ; enfin 1 ’oxalate et le tartrate.

L’iode se combine à la morphine pour donner un précipité brun amorphe, soluble à chaud et se déposant par le refroidissement. Ce corps s’obtient directement en mélangeant de parties égales d’iode et de morphine ou encore en ajoutant de l’iode à une solution de sulfate de morphine. Tri turée avec du mercure, Tlodonaoi-pliine se décolore, en même temps qu’il se forme du protoiodure. Pelletier a fait voir que les diverses apparences constatées dans ces conditions sont dues à la formation en quantité variable d’iodure de mercure.

sels. — La morphine se combine aux acides qu’elle sature d’une manière complèie, et les sels de morphine présentent une saveur amère prononcée. Ils cristallisent dans la plupart des cas, et sont solubles dans l’eau, l’alcool, et peu ou point solubles dans l’éther.

On doit à M. Decharme la description d’un

grand nombre de sels de morphine dont il a étudié les propriétés, les formes cristallines et les solubilités.

Le chlorhydrate de morphine cristallise en aiguilles soyeuses, solubles dans quinze parties d’eau froide, et dans leur propre poids d’eau bouillante. Il est-très-soluble dans l’alcool. Ce sel retient trois molécules d’eau de cristallisation et contient les 4/5 de son poids de morphine cristallisée, c’est de beaucoup le plus employé en médecine. On le prépare en dissolvant la morphine pure dans l’acide chlorhydrique faible. Le commerce le livre actuellement sous forme de petites masses cubiques d’une blancheur éclatante.

Ve 1 ioil <lo l’atcide clî loi* 1 iy cii'iquo concentré sixr* la iiioï'pïiixi©.— A.u lieu de dissoudre à froid dans de l’acide chlorhydrique faible, si l’on chauffe, comme l’a fait M. Matthiessen, de l’acide chlorhydrique en excès avec de la morphine, en opérant en tube scellé, à la température de—)-100° à-f-140 0 , la morphine subit une modification profonde. Elle perd les éléments de l’eau H*0 4 ,et répond alors à la formule G 31 H 17 AzO\ L’auteur a désigné ce corps sous le nom d’Apomorpliino. On isole la nouvelle base en neutralisant le liquide acide par du bi-carbonate de soude, le précipité qui se forme est recueilli et épuisé par l’éther ou le chloroforme, qui dissolvent l’apomorphine sans toucher à la morphine. On transforme ensuite en chlorhydrate d’apomorphine qui s’oxyde facilement à l’air eh se colorant en vert.

L’apomorphine présente des propriétés physiologiques tout à fait distinctes de celles de la morphine. M. Matthiessen a observé, em effet, que l’ingestion de 15 milligr. seulement d’apomorphine, provoque au bout de 10 minutes environ des vomissements abondants joints à un effet purgatif très-marqué sans aucun mélange de symptôme soporifique (1). L’apomorphine peut également être extraite de la codéine en opérant d’une manière toute semblable, mais alors il y a production simultanée d’éther méthylchlorhyque conformément à la réaction suivante :

C 3G H 47 Az0 6 -j-HCl=C 4 H 3 Cl+C 3G H 47 AzO+HO.

Cette réaction tend à faire doubler la formule de la morphine.

— Le sulfate de morphine se présente en aiguilles prismatiques retenant 5 molécules d’eau de cristallisation. On l’obtient en dissolvant la morphine dans de l’acide sulfurique très étendu. On fait ensuite évaporer jusqu’à cristallisation. Mais il faut éviter de laisser dans la liqueur un excès d’acide sulfurique libre,sans quoi il y a décomposition du sel et formation de ce que l’on a appelé sull'oiïuorpliitlo. On le regarde comme renfermant les éléments du sulfate neutre de morphine moins deux molécules d’eau. Ce corps passe de la couleur blanche à la couleur verte au bout d’un certain temps,'surtout quand on chauffe vers

(l)Dans ces derniers temps les propriétés de l'apomorphine ont'été étudiées particulièrement par Quehl et Kœchler, Oberlin, (de Nancy), Patrouillard (,de Gisors), etc.

i50°. Il est soluble dans les acides étendus, insoluble dans l’alcool et dans l’éther. Les alcalis et les acides concentrés l’altèrent et le transforment en composé brunâtre.

Morplxétine. — M. Marchand désigne ainsi la matière brune et amorphe qu’il a obtenue en, faisant bouillir le sulfate de morphine en présence d’acide sulfurique étendu et de l’oxyde puce de plomb, jusqu’à ce que la liqueur ne précipite plus par l’ammoniaque. Cette substance mal définie rpugit le tournesol. Elle est soluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool.

La morphine forme aussi des sels doubles parmi lesquels nous signalerons le chloro-mercurale , le chlorure double de zinc et dé morphine, et plus particulièrement le chloro-platinate qui affecte la forme d’un précipité jaune caillebotté, que l’eau chaude ramollit et finit par rendre résineux.

La morphine se combine aux acides organiques. Les principaux sels sont : Yacétate que l’on obtient difficilement cristallisé, de môme que l’aspartate, le stéarate, le valérianate, le lactate, le camphorate, le méconate , les tartrates, etc. — Le tartrate acide donne naissance à un émétique de morphine. — Quand on chauffe la morphine avec du chlorure de platine en excès, la solution noircit et contient du chloroplatinate d’une base spéciale, ainsi que plusieurs acides signalés par Blyth. Nous n’insisterons pas sur ces corps peu étudiés jusqu’à présent.

Il nous reste à parler de l’action des éthers mé-

thyliodhydrique et éthyliodhydrique sur la morphine, ainsi que de l’acide îodhydrique, ce qui nous mènera à énoncer les quelques résultats actuellement connus, qui soient de nature à faire entrevoir la constitution de cet alcaloïde.

C’est chose remarquable d’ailleurs que la pauvreté de la science à cet égard. Depuis la découverte et malgré diverses tentatives, remarquables pourtant à plus d’un point de vue, la question n’a guère avancé. On peut dire que l’étude approfondie des dédoublements de la morphine n’a pas encore été sérieusement entamée, en sorte que, l’analyse faisant défaut, on manque de base d’opération pour les essais de synthèse.

Tout ce qu’on sait à l’heure actuelle, c’est que la morphine appartient comme la quinine, la quinidine, la cinchonine, la cinchonidine, la nicotine, etc, au groupe des alcalis tertiaires.

Quand on chauffe au bain-marie de la morphine en présence de l’éther iodhydrique en solution alcoolique, on obtient un corps soluble dans l’eau bouillante qui est Yiodhydrate d'éthylmorphine. Ce sel, inaltérable à l’air, n’est précipité ni par la potasse ni par l’ammoniaque.

L’oxyde d’argent lui enlève son iode, et la liqueur filtrée contient une base organique tièscaustique qui reste, par évaporation, sous forme d’une masse amorphe.

L’éther méthyliodhydrique fournit des résultats semblables.

Les acides polyatomiques, comme les acides suc-

cinique, camphorique etc., chauffés vers Î80°-200° avec la morphine, ou la codéine donnent des composés acides à fonctionscomplexes désignés par Wright et Beckett sous le nom d’acide morphisuccinique, codéisuccinique, etc.

L’action de l’acide iodhydrique donne naissance au composé C ,30 H 82 PAz 4 O“4HI (Wright) provenant de 4(OH 2, Az0 6 )+6HI—2H*0\

D où l’auteur déduit qu’il convient de doubler la formule de la morphine. Ce même composé s’obtient à partir de la codéine. Il est intermédiaire entre les deux alcaloïdes.

Il paraît résulter de ces expériences que l’action de l’acide n’a pas été poussée à fond. La molécule de la morphine en tout cas n’a pas été ramenée à ses carbures générateurs.

Polymères cl© la morphine. — On doit au même savant une série d’observations (en commun avec Mayer) sur les polymères de la morphine. Ils les obtiennent en chauffant la morphine ou son chlorhydrate, en présence du chlorure de zinc, de l’acide phosphorique, de l’acide sulfurique et même de l’acide oxali que.

Partant de la formule C 68 H 38 Az 2 0' 2 pour la monomorphine les auteurs ont décrit une tri morphin© obtenue au moyen de l’acide sulfurique. Il n’y a pas jusqu’à présent de dïmorphine; une t<5tra morphine, obtenue dans dès conditions semblables.

L’acide phosphorique, de même que le chlorure de zinc, fournirait de préférence des polymères

avec élimination d’eau, parmi lesquels l’apo morphine représentant la dimorphine C‘* 6 H T8 Az 4 0* 4 —4H 3 0\ (V. p. 28),

Enfin à la série tétrapolymérisée se rattachent les produits d’hydrogénation, notamment ceux que fournit l’acide iodhydrique.

Le même auteur (en collaboration avec M. Becketf), a fait connaître également l’action des anhydrides acétique, butyrique, benzoïque, sur les alcaloïdes, comme lamorphine et la codéine. Ils ont obtenu, par cette méthode, un grand nombre de dérivés. Lamorphinedonneainsitroisaceh/Zmorpftines isomères, une diacétylmorphine, une dibutyrylernorphine, une acétylbenzoylmorphine, etc. (1).

La codéine donne naissance h des dérivés semblables, mais homologues des précédents.

Tous ces composés, chauffés avec l’éther iodhydrique, en absorbent une molécule par chaque molécule d’azote pour donner naissance à des bases organiques comparables aux hydrates d’ammoniums quaternaires.

caractères des solutions. — La morphine est un agent réducteur, et les principales réactions qui la caractérisent sont fondées sur cette propriété.

C’est ainsi que les persels de fer sont colorés en bleu par les solutions de morphine. — Les deux substances doivent être exactement neutralisées.

(1) Ces désignations sont rapportées à la formule ordinaire (les auteurs doublent toujours).

Il convient d’employer dans ce cas le perhlorure de fer sublimé, et de dissoudre la morphine dans l’acide chlorhydrique par exemple, puis on évapore à siccité, et on reprend par l’eau. S’il y a excès de sel ferrique, la nuance passe au vert. La concentration pour la morphine doit être comprise entre 1/100 et 1/500 environ.

L’azotate d’argent est réduit à froid par la morphine; et il en est de même quoique plus difficilement, du prussiate rouge de potasse. Le chlorure d’or rentre dans la même catégorie. La réaction est plus énergique avec le permanganate et l’acide chromique.

Les acides iodique et périodique sont réduits et leur iode mis en liberté. — C’est là encore une réaction caractéristique surtout quand on l’effectue de la manière suivante, ainsi que l’a montré M. Lefortr

Quand l’iode a été mis en liberté et que l’amidon a fourni sa réaction spécifique on reconnaîtra si c’est bien à la morphine qu’est due la réduction de l’acide iodique, à ce que l’addition d’ammoniaque à la liqueur où s’est précipité l’iode en fonce la teinte, si c’est la morphine, et décolore dans le cas contraire.

Pour que la réaction présente une grande netteté il est bon que la dilution ne dépasse pas 1/2000 de morphine.

Les sels de' morphine précipitent en blanc le sulfocyanure de potassium.

Les solutions de morphine au 1/5000 précipitent

le phosphomolybdate, l’iodure double de bismuth et de potassium, le chlorure d’or, l’iodure ioduré de potassium et même le bromure bromuré (Dragendorff). Il y a production de trouble, avec des liqueurs de morphine au 1/1000 dans: les iodures doubles de mercure et de potassium, de cadmium et de potassium, le phosphotunstate de soude, le tannin.

Il faut arriver à la concentration de 1/100 pour le chlorure de platine, le sublimé, le bichromate de potassium et l’acide picrique.

Rappelons enfin, et principalement au point de vue historique, que Lassaigne a montré que la morphine peut être isolée en soumettant à l’électrolyse un soluté d’opium. On trouve alors au pèle positif l’acide mécomque, et, au pôle négatif, la morphine.

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