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CHAPITRE V

LES ARTHRITES GONOCOCCIQUES

A. — Classification ,

Qu'’elles surviennent au cours de la grossesse ou dans les suites de couches, l'aspect clinique en est peu modifié.

L'époque d’apparition n'a aucune influence sur l'allure clinique de larthrite et l’on peut retrouver toutes les formes qui ont été décriles comme appartenant à l’arthrite gonococcique. :

Depuis longtemps déjà-les auteurs classiques avaient élé frappés cependant des caractères communs à toutes ces arthrites qui leur donnaient une unité clinique et avant l’ère bactériologique permettaient de décrire ce rhumatisme comme une entité clinique indiscutable.

Bégouin en 1898 résume ces caractères en insistant Sur :

1° l'allure chronique, la lenteur de l’évolution qui atteint plusieurs mois.

2° Ja tendance de la localisation monoarticulaire ;

3° le peu de réaction générale ;

4° la tendance à l’ankylose et l’atrophie musculaire.

Tous ces caractères sur lesquels il insiste, se re-

trouvent en effet dans presque toutes les observations que nous avons pu réunir.

Il rapproche ces formes cliniques de celles décrites par Fournier en 1885 et comme lui distingue:

L'hydarthrose, les arthrites aiguës et les arthrites chroniques d'emblée.

Cette description classique a été adoptée par tous les auteurs, mais en recherchant les diverses observations publiées sur le rhumatisme puerpéral nous avons constaté la très grande fréquence des formes aiguës passant ultérieurement à la chronicité.

Du reste, reprenant la question au Congrès de Chirurgie de 1926, M. Mondor insiste également sur la remarquable fréquence de ces formes aiguës.

Il précise certains caractères des arthrites et insiste sur cértaines formes mal éludiées et plus fréquentes que ne le pensaient les classiques.

Il faut, dit il, bannir le terme de rhumatisme dont ona baptisé dans le vague et la mollesse une lésion infectieuse mordante et par la faute duquel tant de malades ont perdu la fonction d'un genou et d'un coude. La localisation articulaire, c'est l'arthrite. |

En effet sans nier la réalité des formes arthralgiques et septicémiques pures, elles soñt certainement peu fréquentes dans les formes puerpérales. Mais surtout elles sont souvent le prélude de formes monoarticulaires apparaissant ultérieurement qui signeraient le diagnostic de la blennhorragie lors de leur apparition, diagnostic malheureusement souvent trop tardif.

Les manifestations polyarticulaires arthralgiques sont un des modes de début les plus fréquents de l’arthrite puerpérale blennhorragique et un interrogatoire permet presque toujours de le retrouver.

B. — Modes de début. Date d'apparition

Il ressort des diverses statistiques publiées que les premières manifestations de l’arthrite gonococcique surviennent vers la fin de la grossesse au moment où le gonoccoque devient peut-être plus virulent — 25 cas sur 50 dans les trois derniers mois d’après Fresnay — et d'autre part dans les premiers jours des suites de couches.

C'est donc à ce moment qu'il faut guetter les manifestations de début de l’arthrite chez toute femme qui présente une leucorrhée un peu accentué surtout s’il y à en même temps cystite. En un mot si l'on retrouve des signes de réveil d’une blennhorragie latente ou d’une blennhorragie nouvelle exaspérée par la puerpéralité (Dujol).

= Le plus souvent le début est insidieux marqué par de la polyarthrite. M. Mondor insiste beaucoup dans son rapport sur la fréquence de ce début (97 sur 118 cas), Dans les observations que nous avons recueillies nous trouvons ce début dans 58 % des cas (statistique de 69 cas).

Toutes les articulations peuvent être prises successivement et nous notons épaule, coude, genou, articulation du poignet et du cou, avec une remarquable iré-

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quence. Il s’agit le plus souvent d’arthralgie simple. Parfois un léger gonflement articulaire avec impotence.

L'état général est souvent peu atteint et c'est là un symptôme important. On note fréquemment cependant des frissons répétés et une fièvre légère qui restent les seuls (émoins de la phase septicémique.

Si nous insistons particulièrement sur cetle phase c'est à cause de la difficulté de son diagnostic.

Il faut retenir :

Les similitudes du rhumatisme articulaire aigu et de la polyarthrite blennhorragique afin Ce ne jamais se croire autorisé à nier d'emblée cette dernière et cela sur la foi de petits signes trop vantés (angine, sueurs profuses, herpès).

Il est impossible à cette phase de savoir quel sera l'articulation touchée par la monoarthrite. Parfois c’est la première prise en date, parfois c’est une articulation touchée dès le début mais qui paraissait peu atteinte.

Parfois au contraire le début est brutal se localisant d'emblée sur une articulation qui reste la seule prise — ce début est souvent (rès douloureux, parfois fébrile — et c’est d'emblée la phase d'état. |

Mais ce début est-il réel ? Un interrogatoire précis permet souvent de noter les jours précédents quelques douleurs articulaires vagues.

Et l’on ne saurait {trop à ce propos rappeler que l’on

a dit:

Si la polyarthrile à été légère, vite migratrice, vite oubliée, la monoarthrite est aiguë, violente, atrocement dou-

loureuse. Si la polyarthrite a été vive, violente, prolongée, la monoarthrite terminale n'a pas les caractères aigus brutaux que nous verrons.

Quoi qu'il en soit, celte phase passée, la monoarthrite se développe avec tous ses caractères classiques.

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