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CHAPITRE VIII

INFLUENCE DES ARTHRITES BLENNHORRAGIQUES PUERPÉRALES SUR LA GROSSESSE ET LES SUITES DE COUCHES ET RÉCIPROQUEMENT

Nous avons vu l’évolution des arthrites blennhorragiques puerpérales qui n’est du reste que peu modifiée par la grossesse. Comme dans toute arthrite gonococcique l’évolution vers l’ankylose est la règle. Le pronostic est cependant bien plus grave dans quelques: formes cliniques. |

Nous avons signalé en effet l’évolution souvent fatale des formes septicémiques, l’évolution fonctionnelle redoutable des arthrites pelviennes et des coxites capables de gêner considérablement un accouchement ultérieur. :

Il faut surtout retenir de ces diverses notions que le pronostic général est peu modifié par la puerpéralité.

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Nous voulons cependant envisager un peu à fond les diverses perturbations que larthrite peut amener pendant l’état puerpéral.

Influence sur la grossesse

Fruhinsholz établit nettement dans sa thèse que la blennhorragie aggrave la grossesse soit en interrompant celte grossesse, soit en la compliquant. Les idées ont été reprises et développées par divers auteurs (Lop, Dujol) qui ont montré d'une part la tendance abortive de la blennhorragie, d'autre part sa tendance à la généralisation sous l'influence de la grossesse.

Mais l’arthrite blennhorragique est-elle de même capable à elle seule d'interrompre la grossesse. Il ne le semble pas.

Lassort prétend cependant que lavortement ou Paccouchement prématuré sont la conséquence de cette arthrite. Mais ses observations ne sont pas elles-mêmes bien démonstratives.

Il cite un certain nombre d'observations où le salicylate peut tout aussi bien être incriminé que l'arthrite. En ne tenant pas compte de ces observations, il n’en reste que peu où la blennhorragie puisse être à juste titre mise en cause. L

Etencore n'est-ce pas plutôt aux lésions locales d’endométrite qu'aux lésions articulaires que l'avortement est dû. ILest difficile de le savoir car on n’a pasdanslesobservations de Lassort aucun renseignementsur l’état génital de ses malades.

Actuellement l'influence abortive de « l’arthrite blennhorragique » n’est pas admiseet dans la grande majorité de nos observations l'accouchement s’est fait normalement à terme, É

Influence sur les suites de couches

L'opinion est, à ce sujet, unanime et personne n’a contesté l’aphorisme de Lorrain.

Si l’on ne peut nier que l'organisme de la femme enceinte cherche à se débarrasser du produit de la conception, cause première du rhumatisme puerpéral, on est contraint de remarquer que le plus souvent le puerpérum y est indifférentet que son évolution normale n’en paraît nullement itroublée.

En aucun cas on ne voit soit la durée, soit l'aspect du post-partum modifié sice n’est par l’évolution de la blennhorragie génitale qui, commenous l'avons observé, est toujours aggravée par la grossesse.

Influence de l’état puerpéral

sur la blennhorragie

Pour cela les opinions ont été beaucoup plus variées et les discussions plus vives. A l'heure actuelle il est hors de doute que la blennhorragie est toujours influencée et souvent défavorablemernt par la grossesse qui lui donne un coup de fouet.

Frubinsholz en 1902, Dujol en 1913, ont montré que

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souvent, à l'occasion de la grossesse, les signes d’une blennhorragie ancienne se réveillent, que la cystite et l’écoulementre paraissent, que dans les suites de couches le gonocoque trouve dans les lochies un milieu de culture très favorable. Lea, Cumston ont remarqué une . modification des muqueuses vaginales et ulérines qui deviennent plus épaisses.

Il est donc naturel de penser que sous l'influence de l’état puerpéral l’arthrite sera également modifiée.

Lorain en 1866et Vaille en 1867 dans sa thèse estimalent que

De même que la cessation de l'écoulement urétral coïncide souvent avec la fin du rhumatisme, il y a coïncidence entre la fin dela grossesse, cause du rhumatisme et la guérison des arthrites (Lorain).

L'accouchement apporte quelquefois une grande amélioration, d’autres fois il est sans effet avantageux (Vaille).

Mais ces opinions purement doctrinaires ne sont pas vérifiées par les faits et dans la grande majorité des cas, le rhumalisme continue à évoluer malgré la fin de Ja grossesse,

Tison, du reste, en 1876, nie, dans la majorité des cas l'influence heureuse de l’accouchement.

La théorie de l'amélioration est reprise en 1883 par Mercier (thèse de Bordeaux) qui essaye de démontrer lPinfluence bienfaisante de l'accouchement sur larthrite blennhorragique. |

Tracou et Bué reprennent la même idée, proposent

avec Mercier d'interrompre systématiquement la grossesse. Or dans une dizaine de cas que nous avons réunis où la grossesse a été interrompue prématurément soit Spontanément, soit volontairement, on a vu le rhumatisme évoluer malgré l'accouchement.

Le pronostic fonctionnel n’en a pas été meilleur du reste puisque sur ces dix cas on trouve 5 ankyloses, 3 raideurs articulaires, 2 guérisons complètes.

Il ne semble donc pas que le pronostic en ait été meilleur que dans les cas où la grossesse a été à terme.

Cette opinion du reste a été absolument combattue par les auteurs modernes et même Bar en 1895, puis Bégouin en 1896 estiment que l'accouchement comme tout traumatisme aurait, au contraire, une influence aggravante.

Influence de l'allaitement

Pinard (thèse Paris 1878) qui s’est occupé des arthrites de l’allaitement pensait que celui-ci a une action nettement aggravante comme dans les diverses maladies infectieuses intercurrentes et conseillait formellement dans ces cas d'interrompre l'allaitement.

Mais dans les quelques observations recueillies où l'allaitement a été interrompu, nous n'avons pas observé un résultat fonctionnel meilleur. Mais par contre le résultat de l'interruption de l'allaitement maternel a été dans la majeure partie des cas très défavorable pour l'enfant.

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