HÉBERT
de douches d'air chaud (Laquerrière) qui agit sur la douleur. La méthode des bains thérébentine est restée longtemps classique.
La méthode de Bier, hypéremie passive, oblenue par striction veineuse, compression élastique, est encore admise par quelques auteurs. Fresnay en parle avec faveur car elle permet, dit-il, la cessation rapide de la douleur et la mobilisation précoce de l'articulation. M. le P' Michel dans son rapport en 1926 la repousse complètement.
Nous n'insisterons plus sur l’électrothérapie proposée par Delherm. Cette méthode donne des résultats très rapides dès le début si on l’emploie avant la formation des exsudats fibrineux.
Elle est considérée comme dangereusé par Robin. Elle reste cependant indiquée comme traitement accessoire de l’atrophie musculaire.
Domiaici et Gv ont proposé récemment le traitement par le radium qui calme vite la douleur. Mais ce traitement est difficile à appliquer, dangereux et souvent inefficace. Oir lui préférera Île traitement par les eaux et les boues radio-actives.
Dans l2 même ordre d'idée on a proposé le traitement par les injections de mésothorium ou thorium qui. donnent des résultats inconstants et décevants.
Nous nous attacherons maintenant aux divers traitements chirurgicaux et biologiques proposés :
fmmobilisation, ponction, arthrotomie d’une part.
Vaccinothérapie et sérothérapie d'autre part.
L'immobilisation qui resta le seul traitement pendant
NL —
très longtemps a été prônée pour la première fois par Vidal Cassis, 1861, puis Verneuil, 1879. C'est Brun qui dans sa thèse de 4881 insiste tout particulièrement sur son influence favorable dans la forme pseudo-phlegmoneuse. Cette immobilisation par compression ou par appareil plâtré à le grand mérite de calmer rapidement la douleur et les phénomènes suraigus. Sous son influence la température et la douleur disparaissent.
Jusqu'à ces dernières années le traitement sera appliqué par la majorité des auteurs. Tout récemment - M. M. P. Weill le préconise encore dans certaines formes
d'arthrites suraiguës pour une durée très limités comme seule capable de diminuer douleur et fièvre.
Mais ses inconvénients sont énormes. Si la douieur est supprimée elle favorise immanquablement l’évolution vers l’ankylose et son seul avantage consiste quand cette ankylose ne peut être évitée à la maintenir en bonne positions
Il faut alors se rappeler l'opinion de Ollier : « Plus » l’ankylose est menaçante,plus nous devons diriger nos » efforts vers la conservation des conditions de la mo- » bilisation articulaire, aussi faudra-t-il avant toute » chose chercher à empêcher la fusion des cartilages et » adhérences qui tendent à se former. Mais malheureu- » sement les mouvements sont terriblement doulou- » reux et ne peuvent s’opérer sans détruire des adhé- » rences conjonctives et sans rompre quelques vais- » seaux (Ollier) ».
C’est sur ces idées que Le Fort a proposé la mobilisa-
tion rapide d'emblée sous anesthésie. Mais en réalité ce traitement n’a de chances d’agir que progressivement sans brutalité et le plus souvent ne pourra réussir qu'après un traitement chirurgical.
Ponction
La ponction a été proposée par Queyrat et lui a donné dans la plupart des formes d’hydarthrose simple de bons résultats. En tous cas elle permet rapidement la mobilisation (Micheland, 1912).
Malheureusement cette méthode est insuffisante si le liquide est un peu épais. C’est pourquoi Willems a proposé dans ces formes la ponction au bistouri.
Dans les formes deliquide séro-fibrineux ce traitement reste encore employé par un grand nombre d’auteurs.
Rendu a proposé l'injection après ponction de substances modificatrices sublimées, qu'il-laisse en place, méthode très douloureuse qui donne de grosses réactions fébriles. ;
Gaillard applique le lavage au sublimé mais retire le liquide aussitôt.
Pacou (1921) propose l'injection d'huile thérébentinée qui donne aussi une violente réaction.
Ramon et Lévy l'injection d'huile iodée.
[Il ne semble pas que ces divers traitements soient de beaucoup supérieurs à la ponction simple.
Dufour et Madame Alexeivsky ont en 1921 proposé dans certaines formes hydarthrosiques la ponction de
l'articulation et la réinjection sous la peau du liquide retiré. IIS obtiennent une cessation rapide des phénomènes douloureux et inflammatoires,
Traitement chirurgical
En réalité dans la grande majorité des cas c’est au traitement chirurgical qu'il faut avoir recours. C’est l’arthrotomie proposée en 1892 par Thierry.
Il peut s'agir d’arthrotomie simple sans fermeture de l’articulation avec où sans drainage suivie ou non de mobilisation articulaire.
On lui préfèrera surtout l’arthrotomie avec lavage articulaire et fermeture immédiate. C’est la méthode de Willems pour plaie de guerre. On ne draine jamais. Thierry propose le lavage au chlorure de zinc au 1/30. Willems le lavage à l’éther. |
Dans les formes pseudo-phlegmoneuses il faut faire en outre un nettoyage large des formations fibrineuses que l’on évacuera le plus complètement possible. On lave et on ferme comme dans les formes purulentes.
Mais surtout il faut le plus vite possible après l’intervention faire une mobilisation active de larticulation. Plus cette mobilisation sera précoce et meilleur sera le résultat. Nous citerons l’observation de Horion où la mobilisation fut appliquée dès le deuxième jour après l'opération et où les résultats furent absolument favorables et la guérison obtenue en moins d’un mois. Mais on se heurte fréquemment au mauvais vouloir de la malade pusillanime qui refuse de se prêter à la mobili-
sation active. Il reste alors fréquemment des raideurs articulaires.
En résumé l’arthrotomie reste le seul traitement chirurgical pour les formes puruülentes et les formes pseudo-phlegmoneuses. Elle est indiquée dans quelques cas de formes hydarthrosiques où la ponction pourra dans bien des cas lui être préférée.
Traitement biologique
Le traitement par la sérothérapie et la vaccinothérapie qui donne de bons résultats dans quelques €as est bien souvent inefficace et n'aura d'action que comme adjuvant à un traitement chirurgical. Il reste néanmoins le plus indiqué dans les formes septicémiques non accesibles à un traitement chirurgical.
La sérothérapie à élé proposée d’abord par Rogers et Torrey en 1906. |
Il peut s'agir de sérothérapie non spécifique par le -sérum antoméningococcique (thèse de Benassan) qui cite quelques résultats favorables. Il agit en tous cas” sur les douleurs.
On a essayé de même le sérum antidiphtérique souvent dangereux et le sérum de Sterian.
Vaquez à rapporté à la Société médicale des Hôpitaux quelques cas favorables dus à ce sérum polymicrobien. $
La sérothérapie spécifique par le sérum de Nicolle reste bien inconstante mais donne quelques bons résultats dans les formes des petites articulations,
Paraf enfin propose la sérothérapie intra-articulaire comme complément de la ponction en injection : 20 à 40 cm° de sérum dans le genou. Les résultats en sont en général assez favorables. Mais il faut craindre une arthrite sérique difficile à distinguer d'une récidive. Rouvillon propose le lavage articulaire au sérum après arthrotomie et obtient de bons résultats.
La vaccinothérapie donne des résultats beaucoup plus inconstants. Nicolle a proposé le vaccin antigonococcique Dmegon dont l’action est à peu près nulle mais qui ne donne que peu de réaction.
Le vaccin qui semble donner de meilleurs résultats semble être le lipovaccin et lipogon que l’on emploiera
de préférence.
En résumé tous ces traitements biologiques qui ont
donné quelques résultats favorables ne sont pas à présent assez constants pour pouvoir être employés conséquemment et doivent dans la majorité des cas céder le pas au traitement chirurgical.
On fera enfin un traitement des lésions génitales qui sont susceptibles d'entretenir les lésions articulaires et qui peuvent être cause de récidive.
Arthrites streptococciques
Ici le traitement est beaucoup moins discuté, L’ar- . thrite à streptocoque étant toujours une arthrite purulente le seul traitement applicable est le traitement chirurgical. Aussitôt le diagnostic fait on doit immédiate-
ment faire une arthrotomie.
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Dans notre observation personnelle (Maternité n° 83) nous avons fait faire par M. le Docteur Launay une arthrotomie large avec lavage à léther et drainage pendant deux jours. La mobilisation a été précoce et la malade est sortie sans ankylose. Mais elle garde cependant quelque raideur articulaire due à la mobilisation active insuffisante. En effet la pusillanimité des malades est là encore une cause fréquente d'échec partiel de l& méthode.
Quand les signes généraux restent très marqués il faut faire en outre un trailement général par les sels d'argent (électrargol) le mercurochrome qui augmente la résistance de l'organisme et aide la guérison.
Enfin on n'oubliera pas comme dans l’arthrite gonococcique de traiter les lésions génitales,cause même de l'arthrite, par la glace et les injections antiseptiques (solution de Tarnier).