‹ Etude des bases de la connaissance et de la croyanceChapitre 26 sur 104 · Cf. notre étude Ire sur la Théorie fondamentale, ch. VII · texte numérisé non relu

Cf. notre étude Ire sur la Théorie fondamentale, ch. VII

2. La passion étant au contraire l'image de Y action, \\ suffirait à la rigueur (voir note p. 317) de prendre conscience de la passion de l'organe sensible pour connaître l'action extérieure qui le frappe. Sur ce rapport de V action à la passion, pourrait se fonder l'objectivité de la perception sensible, impossible à fonder sur le rapport de Vaction à la réaction (Cf. L'objectivité, lre partie).

Li'desio" ^0S savan^s <1 wi croyaient étudier des phénomènes savants, astronomiques, physiques ou biologiques étaient donc dans l'illusion ; ils n'observent réellement que des phénomènes psychologiques, sans proportion certaine avec les premiers, en sorte qu'il n'y a plus, redisons-le, en bonne logique kantiste, qu'une seule science, celle de nos idées, la Psychologie expérimentale.

Les astronomes, par exemple, croyaient pouvoir mesurer le mouvement des astres dans le temps et dans l'espace, et décrire le merveilleux mécanisme du système solaire, mais ils étaient victimes de l'erreur commune. Puisque le temps, l'espace, le mouvement et la figure même des corps sont des illusions de notre mentalité, ou tout au plus des symboles mystérieux de choses inconnues, la mécanique céleste n'a plus aucun sens, et devient aussi intelligible, dans ses données , qu'un problème ou une équation dont tous les termes, sans exception, seraient des symboles inconnus, des X et des Y, sans aucune donnée connue qui puisse permettre de dégager les inconnues. Un tel problème serait insoluble et vide de tout sens.

Non, aucun savant digne de ce nom, une fois qu'il aura bien compris cette diminution, cette abdication qu'on lui propose du savoir humain, ne pourra se résigner à une telle déchéance d'une science dont il est si légitimement fier, après ses merveilleux succès1. L'accord Ce n'est pas seulement l'accord de leurs idées entre iddéeeSn°ne e"es que poursuivent les savants, dans leurs patiensuffupas. leg et infatigak|eg recherches, c'est encore et surtout

1. La pensée de Kant a été ainsi comprise par ses meilleurs interprètes et traducteurs : «Ne va-l-il pas jusqu'à prétendre que le monde, tel qu'il nous apparait en vertu des lois de noire esprit, n'est qu'un phénomène, c'est-à-dire, pour traduire sa pensée, une illusion ! Que nous ne connaissions pas la nature intime des choses, soit ; mais comment prétendre que les choses ne sont pour nous qu'une fantasmagorie régulière, créée par notre esprit V » Barni, »rt, Kant, dans le Diction, de Franck, p. STtl.

l'accord de plus en plus précis et rigoureux de leurs idées avec la réalité, avec les faits et les lois de la nature. Ils sortent de leurs idées préconçues, ils observent, multiplient leurs expériences ; et lorsqu'ils ont découvert un accord nouveau ou plus complet avec le réel, ils s'écrient avec l'enthousiasme d'Archimède : eupjaa/ Que s'ils ne parviennent pas à saisir cet accord, ils le poursuivent encore de leurs espérances, de leurs travaux plus opiniâtres, et de leur foi invincible en la puissance de la raison humaine à atteindre ce qui est. S'ils meurent et succombent à la tâche, c'est avec la certitude que ce qu'ils n'ont pu trouver, leurs successeurs, plus fortunés ou plus habiles, le trouveront après eux. Ce que le xixe siècle n'a pas encore découvert, c'est le xxe ou les suivants qui auront la gloire de le découvrir. La vraie science ne désespère jamais de pouvoir atteindre son objet !

Après avoir réduit la science à n'être plus que l'accord de nos idées entre elles, le kantisme pourra-t-il tout au moins élever sur des bases solides l'édifice purement subjectif d'une science spéculative ? En d'autres termes, une science purement subjective est-elle possible ? Nous ne le croyons pas.

Outre que l'accord de plusieurs idées fausses, mais concordantes et logiquement enchaînées entre elles, ne saurait en faire des vérités, — on se demande d'après quelles règles et quels principes se fera cet accord de nos idées entre elles. S'il n'y a plus aucun principe objectivement et absolument certain, comme ils le prétendent, — ne serait-ce que le principe de contradiction ; — si ce principe n'est, comme les autres, qu'une habitude aveugle et innée de certains esprits, dont pourraient être dépourvus d'autres esprits, sur cette terre ou dans d'autres planètes \nous ne sommes plus abso-

1. « Il se peut (d'après Stuart Mill) que dans d'autres planètes, ou

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