‹ Etude des Brulures Etendues: Leurs Traitement Actuel Par Les Methodes NouvellesChapitre 10 sur 26 · COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS

Les accidents infectieux guettent le blessé après la période de toxémie. Ils constituent la complication la plus importante et la plus redoutable, car elle est la cause essentielle de l’effroyable mortalité des brûlures étendues. L’infection est si fréquente que certains auteurs considèrent toute brûlure comme une plaie contaminée. Les microbes habituellement en cause sont le streptocoque hémolytique parfois associé à d’autres germes aérobies ou anaérobies et le staphylocoque doré. Nous connaissons îe danger du tétanos chez les brûlés auxquels il faut administrer le plus tôt possible du sérum anti-tétanique.

Dans les brûlures du deuxième degré, l'infection grave est rare et son retentissement généra! reste modéré. Elle est surtout le fait des brûlures profondes où le derme est 1ésé dans toutes ses couches, mais sans carbonisation.

L’infection s’annonce par des signes locaux : la peau entourant la plaie devient rouge et présente tous les caractères inilammatoires. Sur les bords de la croûte, une exsudation purulente se fait jour, La douleur est vive. La surface de brûlure est bien- ‘Ôôt transformée en un véritable clapier sphacélique et fétide, d’où s’éliminent des débris de tissus purulents (Rudler). L'état général est très altéré. La température qui prend une allure oscillante, s'élève à 40°.

Dans les cas graves l’hémoculture devient positive vers le 9° jour (Wilson). Une septicémie ou une septicopyohémie se développe rapidement. L’organisme déjà profondément intoxiqué est bientôt incapable de lutter contre l’infection qui se propage facilement sur le terrain débilité. La mort emporte le malade. L'évolution peut être plus favorable lorsque les moyens de dé-

fense de l'organisme sont suffisants. Les accidents infectieux restent plus localisés, On observe des pyodermites, lymphangites, phlegmons et érysipèles.

Vers le 7° ou & jour apparaissent parfois des érythèmes toxiques morbilliformes où scarlatiniformes qui sont transitoires.

Les complications pulmonaires sont toujours à craindre : la bronchite et la broncho-pneumonie souvent mortelle. Les injections intra-veineuses trop copieuses de sérum physiologique ou glucosé favorisent l'æœdème aigu du poumon.

Le foie fournit l’effort le plus considérable dans la lutte contre l’intoxication qui provoque à son niveau des lésions de congestion et de dégénérescence. Les troubles hépatiques et en particulier l’ictère sont assez courants chez les brûlés; l’anesthésie générale à l’éther, parfois employée à tort au début du traitement, facilite leur développement.

L’épaississement du sang favorise la formation de thromboses veineuses et artérielles. Les embolies produisent des infarctus dans les différents organes (rein, foie, rate, surrénales).

Les brûlures étendues et profondes laissent des cicatrices indélébiles, hypertrophiques (chéloïdes) et rétractiles qui sont la cause d’impotences graves (face hideuse, main palmée, soudure du bras au tronc),

Une complication tardive et particulièrement grave est le

Cancer greffé sur une cicatrice de brûlure. II se présente sous deux formes :

a) Le cancer aigu se déclare au plus tard un an après la brûlure, quelquefois même avant toute cicatrisation. Il est de nature Spino-cellulaire et radio-résistant, De très grande malignité, il ne pardonne jamais. Son évolution est très rapide et le malade succombe au bout de quelques semaines.

b) Le cancer tardif apparaît de 2 à 65 ans après l’accident; il est surtout spinocellulaire. Son siège de prédilection est la tête ou les membres. L’hyperkératose et les taches naeviques semblent être des causes prédisposantes. On distingue une forme ulcéreuse où même térébrante et une forme végétante, li entraîne le plus souvent une issue fatale; néanmoins, on peu:

arriver à sauver le malade par une intervention chirurgicale orécoce qui doit être large et mutilatrice.

Nous allons citer deux observations recueillies dans le Service de Chirurgie du Professeur Guyot; elles concernent deux maades qui présentaient un cancer tardif, suite de brûlure.

Observation I. —- Mme G.., âgée de 58 ans, entre à l'hôpital St-André, le 21 mai 1937, pour une tumeur végétante du cuir chevelu qui ne cessait de grossir. A l’âge de ? ans, ses cheveux se sont enflammés alors qu’elle s'était approchée imprudemment du feu de la cheminée. Elle avait conservé une cicatrice située au sommet du crâne. Une biopsie pratiquée sur la tumeur a donné les résultats suivants : Epithélioma du cuir chevelu greffé sur une cicatrice de brûlure.

Histologiquement : Type spino-cellulaire avec globes épidermiques. On observe une intrication de bourgeons épithéliaux envahissants avec des dispositions papillomateuses prédominantes indiquant que la dégénérescence maligne a été vraisemblablement précédée

par une assez longue phase d’exubérance papillomateuse.

Observation II. — M. H..., F..., 45 ans, se fait admettre le 18 août 1935 pour une tumeur à la partie inférieure de la cuisse gauche. Il présentait à ce niveau une ancienne cicatrice de brûlure. On ignore la date de l’accident.

Examen histologique de la tumeur : Epithélioma pavimenteux lobulé, avec très nombreux globes épidermiques. On pratique l'am-

putation de la cuisse au 1 /3 moyen.

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