I. -__ Traitement général
Le shock initial
Immédiatement après l'accident, le grand brûlé est souvent dans un état de shock intense. Dans l’affolement, des personnes bien intentionnées procèdent trop fréquemment sur place au déshabillage hâtif du blessé. Malgré toutes les précautions et la douceur apportées à cette opération, ces manipulations fébriles aggravent son état général et son refroidissement. La plaie exposée à l’air devient plus douloureuse. L’arrachement de lambeaux de peau brûlée et louverture des phiyctènes accroissent les risques d'infection. L’entourage de la victime est trop enclin à lui faire prodiguer les premiers soins dans une pharmacie, alors qu'il faudrait le transporter d'urgence dans un Service de chirurgie.
Le shock provoque une hypothermie qui se traduit chez le brûlé par une sensation de froid. Dès son arrivée à lhôpital, il faut le réchauffer sous une tente électrique ou un « shockroom », installation spécialisée pour ces malades. On le couche sans le déshabiller, la tête basse, dans un lit bien chauffé avec des bouiliottes ou un cerceau avec lampes électriques, On entoure son corps d’alèzes chaudes et de coussins électriques. S’il peut boire, on lui fait absorber des boissons chaudes alcoolisées. La première tâche du médecin est de supprimer la douleur surtout vive dans les brûlures du 2° degré par la mise à nu des papilles dermiques et des arborisations nerveuses cutanées. C’est faire œuvre divine que de soulager ces malheureux. On injecte un à deux centigrammes de morphine additionnée d’une ampoule de solucamphre ou de petites doses d’atropine (Spasmalgine) destinée à contrecarrer son effet dépressif sur le cœur.
La morphine est absolument contre-indiquée chez les enfants auxquels on administre du chloral ou des bouffées de chloroforme « à la reine », Le collapsus cardio-vasculaire menace la vie du blessé dans les premières heures. On lutte efficacement contre l’hypotension en lui donnant de léphédrine et quelques tonicardiaques sous forme de coramine, cardiazol ou sympatol.